Maidanleaks


Puisque les journaux de désinformation nationaux ont choisi de ne pas en parler, voici donc [une partie de] la fameuse (pour ceux qui se baladent sur Internet 😉 ) conversation téléphonique fuitée entre Catherine Ashton, représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, et Urmas Paet, ministre estonien des Affaires étrangères.

Cet enregistrement est naturellement bien moins important, je vous le concède, que ceux de N. Sarkozy effectués par P. Buisson dans lesquels on apprend … ben, rien en fait (j’ai ma théorie la-dessus, mais je vous en parlerai peut-être un jour prochain).

Non, cette conversation rapporte juste 😀 que, selon une personnalité ukrainienne qui ne peut clairement pas être suspectée d’être un sous-marin pro-russe*, le médecin Olga Bogomolets, ce sont les mêmes snipers qui tiraient sur les deux camps sur la place Maidan à Kiev, sur les insurgés et sur les policiers.  Ce qui expliquerait, selon Urmas Paet de retour de Maidan, pourquoi la nouvelle coalition au pouvoir se refuse à lancer des enquêtes sur ces événements tragiques.

BHL, DCB, vous en pensez quoi ?

* Olga Bogomolets a fait partie des activistes de Maidan dès le début.  Elle encourageait les étudiants à prendre part aux protestions EuroMaidan dès novembre 2013. Elle est actuellement Cordinateur médical pour le mouvement d’opposition sur Maidan.  Ses couleurs Ukrainiennes pro union européenne sont affichées sur tout son site web (coin supérieur gauche).  Le 27 février, elle refusait un poste dans le nouveau « gouvernement » pour continuer de travailler pour le peuple de Maidan :

Tonight I, Olga Bohomolets, refused an offer to hold a post of the Deputy Prime Minister of Ukraine for Humanitarian Affairs in the new government. I inform everyone that I will continue working for the people on Ukrainian Maidans to support the unity of our country as much as possible.

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Le mauvais côté de l’Histoire


Le président du régime étasunien, Barack Obama, a affirmé, à propos de la crise en Ukraine, et sans éclater de rire (ce qui est déjà en soi une immense performance), que

« Ce qui n’est pas acceptable, c’est que la Russie (…) viole des principes fondamentaux reconnus par tous »

Il a ajouté, toujours très sérieux :

la Russie est « du mauvais côté de l’Histoire » en Ukraine

Je suis bien conscient que mon influence internationale pèse peu comparée à celle de ce prix Nobel de la paix (tiens, là non plus, personne n’avait pouffé), je me doute en outre que vous vous foutez royalement, et à juste titre, de mon avis sur la question, et je sais que je dois faire très attention à ce que mon anti-étasunisme (qui est loin d’être primaire mais tout à fait construit et argumenté) ne m’entraine pas dans des contrées trop extrêmes (j’ai pris mes cachets, ça devrait donc bien se passer), mais, malgré tout, permettez-moi de vous faire part de ce que je trouve, moi, tout aussi inacceptable.

Je trouve tout aussi inacceptable que le seul pays qui soit en guerre de manière permanente depuis plus de 70 ans (guerre ouverte, guerre secrète, coups d’états, etc) de partout sur la planète et au-delà, qui n’a ratifié pratiquement aucun des grands traités internationaux destinés à tenter de bâtir un monde meilleur, qui assassine régulièrement sur sol étranger principalement des civils (98% du total des morts selon le Bureau du Journalisme investigateur) avec des attaques de drones aveugles (rien qu’au Pakistan, au Yémen et en Somalie, le gouvernement d’Obama a lancé 390 attaques de drones en 5 ans, pour un bilan de 4000 morts dont 954 étaient des civils, et 225 des enfants), qu’un tel régime terroriste, disais-je, s’arroge le droit, ou se croit même tout simplement habilité à parler de paix au nom de « la communauté internationale » en lieu et place de l’ONU qui a été créée à cette fin.  Ça aussi, ce devrait être inacceptable, me semble-t-il.

Je trouve tout aussi inacceptable que la « communauté internationale » Poursuivre la lecture « Le mauvais côté de l’Histoire »

Les démocrates et le cas Ianoukovitch


Adoncques, Viktor Ianoukovitch était un dictateur, et l’Ukraine par conséquent, si je suis bien (du verbe « suivre » voyons, faut suivre les gars), une … dictature.  Voilà une chose avérée. Les Guignols, faisant honneur à leur patronyme, nous ont fait passer le message :

C’est également une évidence pour Catherine Ashton, la transparente chef (ou peut-être cheftaine devrait-on dire, hum, j’suis pas sûr) de la diplomatie de l’Union Européenne (si, si, y’en a une).  Pour Libé, n’osant pas assumer ses positions (mais pouvions vraiment nous attendre à autre chose de la part d’un journal de droite qui se dit de gauche), il ne l’est … qu’à moitié. « Ianoukovitch, un «semi-dictateur» jusqu’au-boutiste » titrait-il fin janvier.  Un dictateur à 50%, si vous préférez.  Pas à 20%, ni à 30%, mais … à 50%, quoi que cela puisse bien vouloir dire.

Selon Wikipedia :

« La dictature désigne un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu’aucune loi ou institution ne les limite. »

Pour l’Encyclopædia Universalis :

« La dictature est un régime politique autoritaire, établi et maintenu par la violence, à caractère exceptionnel et illégitime. »

Entendons-nous bien, les amis.  Loin de moi l’idée, et encore moins l’envie, de vouloir défendre cet abject oligarque dévoyé dont la cupidité ne semblait avoir d’égal que sa perfidie (et aussi sa cruauté, ah, pi y’a aussi sa malhonnêteté, ah oui, et j’oubliais sa couardise, et … bon j’arrête), mais les mots ont un sens, et nous devons nous efforcer de leur conserver leur sens. Sinon … ben sinon c’est la perversion de la cité qui s’installe et nous autres, pauvres citoyens, sommes complètement perdus au beau milieu d’un immense désert démocratique où tout est n’importe quoi, et vice versa.

Or, et même si peu de média le précisent, force est de rappeler que Poursuivre la lecture « Les démocrates et le cas Ianoukovitch »