Rapport sur le crash du vol MH17 : comme disait mon ami Jean-Jacques …

« Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, et c’est alors seulement qu’il paraît vouloir ce qui est mal. »
Du contrat social, Chapitre III « si la volonté générale peut errer »,
Jean-Jacques Rousseau, 1762

Je reste encore quelquefois abasourdi (innocent que je suis) par le niveau qu’a atteint de nos jours la propagande médiatique, en toute impudeur, en toute irresponsabilité, en toute impunité.  Encore un exemple tout récent.

Cette semaine, les enquêteurs du Bureau néerlandais pour la sécurité (OVV) ont rendu leur rapport tant attendu sur le crash du vol MH17 au dessus de l’est de l’Urkaine.

Le jour même, la déferlante nous submergeait.

Dans la presse de référence française :

Poursuivre la lecture « Rapport sur le crash du vol MH17 : comme disait mon ami Jean-Jacques … »

Russophobie manipulatrice ou la crise Ukrainienne vue par M. Chevènement

Même si je n’en partage pas complètement toutes les analyses, je me permets de reprendre de larges extraits de ce texte de Jean-Pierre Chevènement paru dans le Monde Diplo de Juin 2015 (et réservé en principe aux abonnés, dont je suis) afin que chacun, et en particulier mes amis proches qui, pour la plupart, sont persuadés que je dors avec un portrait de Poutine au dessus de mon lit, afin que chacun, disais-je donc, puisse voir ce qu’est une réflexion lucide, pondérée, indépendante, cultivée, intelligente et, pour tout dire, à mille lieues du manichéisme ambiant qui règne dès qu’on évoque, par ces temps troublés, le mot de Russie ou pire, le nom de Poutine (vade retro !).

Vue la publicité que je leur fais en permanence sur ce blog, j’espère que le Diplo ne m’en voudra pas trop et qu’ils ne me poursuivront pas pour avoir mis en libre accès des pans importants d’un contenu normalement payant.  D’ailleurs, j’en profite pour en remettre une p’tite couche (on sait jamais 😉 ) : hé, mes amis, si vous en avez les moyens, abonnez-vous au Diplo, et voyez le monde autrement qu’au travers les verres déformants du LibéFigarObsMonde.

Crise ukrainienne, une épreuve de vérité

par Jean-Pierre Chevènement, juin 2015

(…) l’Ukraine n’avait été indépendante que trois ans dans son histoire, de 1917 à 1920, à la faveur de l’effondrement des armées tsaristes.

L’Ukraine telle qu’elle est née en décembre 1991 est un État composite. Les régions occidentales ont fait partie de la Pologne entre les deux guerres mondiales. Les régions orientales sont peuplées de russophones orthodoxes. Les côtes de la mer Noire étaient jadis ottomanes. La Crimée n’a jamais été ukrainienne avant une décision de rattachement imposée sans consultation par Nikita Khrouchtchev en 1954. La tradition de l’État est récente : moins d’un quart de siècle. Les privatisations des années 1990 ont fait surgir une classe d’oligarques qui dominent l’État plus que l’État ne les domine. La situation économique est très dégradée ; l’endettement, considérable. L’avenir de l’Ukraine — adhésion à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) ou neutralité — est ainsi inséparable de la reconfiguration des rapports de forces à l’échelle européenne et mondiale. En 1997, M. Zbigniew Brzezinski écrivait déjà que le seul moyen d’empêcher la Russie de redevenir une grande puissance était de soustraire l’Ukraine à son influence (1).

Un dérapage accidentel

Le rappel des faits est essentiel pour qui veut comprendre. La crise ukrainienne actuelle était prévisible depuis la « révolution orange » (2004) et la première tentative de faire adhérer le pays à l’OTAN (2008). Cette crise était évitable pour peu que l’Union européenne, au moment du lancement du partenariat oriental (2009), eût cadré la négociation d’un accord d’association avec l’Ukraine, de façon à le rendre compatible avec l’objectif du partenariat stratégique Union européenne-Russie de 2003 : créer un espace de libre circulation « de Lisbonne à Vladivostok ».

Il eût fallu, bien entendu, tenir compte de l’intrication des économies ukrainienne et russe. L’Union eût ainsi évité de se laisser instrumentaliser par les tenants d’une extension de l’OTAN toujours plus à l’est. Poursuivre la lecture « Russophobie manipulatrice ou la crise Ukrainienne vue par M. Chevènement »

La véritable Histoire d’Obama

Je te le répète, en préambule comme il se doit, Poutine n’est pas mon pote.  Loin s’en faut.  Ça, c’est pour mon ami Vincent qui tente de me taquiner quelquefois.

Mais faites gaffe, les gars !  À continuer ainsi vos éructations outrancières de haine biblique manichéenne, vous risquez, bien malencontreusement, d’aboutir à l’exact opposé du résultat escompté ; vous pourriez même réussir le tour de force de rendre ce mégalo de Poutine carrément sympathique aux yeux d’une bonne partie de la population, ce qui était pourtant, vous en conviendrez, loin d’être acquis a priori.

En effet, hier, encore un pilonnage soutenu dans tous les médias de lavage intensif de cerveaux grand public (petit et moyen format) de France et de Navarre !  Comme si le régime de Washington n’avait jamais interdit lui aussi, tout au long de sa lamentable histoire, l’entrée sur son territoire à des centaines, voire des milliers, de personnalités.  Et encore tout récemment d’ailleurs, puisque les différents trains successifs de sanctions des US et de l’UE envers la Russie (comme avril 2014 ou en septembre 2014) incluent justement l’interdiction de visa pour certaines personnalités ciblées.  Et puis tiens, pour rigoler un bon coup, cochez donc la case « communiste » sur le formulaire d’immigration la prochaine fois que vous vous rendrez (si vraiment vous devez vous y rendre) sur le territoire étasunien et venez nous raconter ensuite à quel point ce pays est libre et ouvert 😀  J’en pisse d’avance.

Et pendant ce temps de commune et juste indignation otanesque sauce Charlie, le très bon et très charitable Obama (may God bless his holy name, and his beautiful wife, and his charming daughters, and his cute dogs, and his brilliant cabinet, and his great people – bon, j’espère que j’oublie personne) vient de prolonger d’une année supplémentaire l’état d’urgence nationale décrétée le 6 mars 2014 (par décret exécutif n°13660) pour, je cite, en essayant de garder mon sérieux (ou sinon les mots, y’seraient p’us tout à fait droits sur leur ligne) :

« faire face à la menace inhabituelle et extraordinaire, pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis, constituée par les actions et politiques [du Gouvernement de la Fédération de Russie] qui minent les processus et les institutions démocratiques en Ukraine ; menacent sa paix, sa sécurité, sa stabilité, sa souveraineté et son intégrité territoriale ; et contribue à l’appropriation illicite de ses actifs. »

Je ne peux m’empêcher encore une fois (à chaque fois) de relever (et dénoncer) l’aplomb ahurissant de ce tourneur d’Histoire et faiseur de guerre.

Soit, jouons le jeu.

Poursuivre la lecture « La véritable Histoire d’Obama »

USA Rés. 758 : raz-de-marée de delirium tremens

Ça y est !  Le 4 décembre 2014, la Chambre des Représentants étasunienne, l’équivalent de notre Assemblée nationale, a adopté la résolution 758.  Il ne reste plus qu’elle soit validée par le Sénat et ce texte totalement délirant aura force de loi aux États-Unis d’Amérique, le pire état terroriste de la planète, faut-il le rappeler.

Ce texte serait du plus haut comique s’il n’ était pas aussi dangereux.  Son titre plante abruptement le décor de la pièce de théâtre (on hésite entre comédie et tragédie) qui va nous y être racontée, puisqu’il s’agit d’une résolution

« condamnant fermement les actions de la Fédération de Russie, sous la présidence de Vladimir Poutine, pour avoir mené une politique d’agression contre des pays voisins visant la domination politique et économique ».

Appliquant méthodiquement la tactique classique (du pet dans l’ascenseur) qui consiste à accuser autrui de ses propres turpitudes afin d’embrouiller tout le monde (enfin, principalement les esprits faibles et peu clairvoyants), le régime étasunien, sous l’emprise d’une poussée fiévreuse de son syndrome chronique d’exceptionnalisme belliqueux, ne poursuit bien entendu par cette résolution qu’un unique objectif, celui de tenter de légitimer a priori, par anticipation si vous voulez, toute future agression des USA envers la Russie.  Ce texte est salement irresponsable !  En même temps, il faut bien reconnaitre que l’irresponsabilité (envers l’humanité) a toujours constitué l’essence même du matériel génétique de ce peuple égocentrique.

Au fait, avez-vous entendu parler de ce vote du parlement étasunien sur France Inter ou France Info ?  Sur TF1, France Télévision, Canal + ou Arte peut-être ?  Ou alors dans le Monde, Libé, le Figaro ou le Nobs ?  Non ?  Ben, moi non plus.  Normal, à ma connaissance, ils n’en ont pas parlé.  D’ailleurs, aujourd’hui encore, 4 jours après le vote, sur la recherche des mots « Résolution 758 Russie » dans Google, à part de nombreux bloggeurs et sites « non conventionnels » consciencieux, force est de constater qu’aucun des grands « sites d’information » français ne présente de résultat (je me suis arrêté à la 3ème page).

Alors regardons un peu la distorsion de l’histoire que les députés US aussi incultes qu’arrogants tentent (avec succès visiblement) d’implanter dans les cerveaux lessivés au Coca du « monde occidental » (comme ils disent).

Je ne m’occuperai ici que des attendus qui s’étalent sur les 9 premières pages (sur les 15) de la résolution, en zoomant sur quelques-uns des délires les plus hilarants (surtout dans la bouche d’étasuniens), des mensonges les plus éhontés que le régime de Washington tente d’imposer comme narrative officielle pour justifier sa future guerre.  Les 6 dernières pages donnent en effet grosso modo carte blanche au chef du régime étasunien pour déclarer la guerre à la Russie quand bon lui semblera.

Poursuivre la lecture « USA Rés. 758 : raz-de-marée de delirium tremens »

Autodérision rafraichissante et informative

Une chaine de média mainstream allemande, la ZDF, qui déconstruit, avec un humour fort efficace, la propagande russophobe va-t-en-guerriste des médias occidentaux (dont elle fait elle même partie, donc) sur la crise en Ukraine ! Les (quelques rares) résistants au grand lavage de cerveau otanesque sont aujourd’hui … en Allemagne. Bravo messieurs.

Voilà un modèle allemand que l’on devrait suivre, à l’inverse de son modèle économique bien sûr, hein Monsieur Doze !