Mais qu’ils se taisent ! Ou qu’ils s’instruisent ! Ou mieux, les deux !


J’ai tenu jusqu’au 26 janvier, mais là, c’est p’us possible, c’est l’overdose, faut faire retomber la pression, faut que ça déborde.  Et où donc est-ce que je déborde quand je dois … déborder ?  Ben ici même, sur mon blog bien sûr.

Désolé, mais je vais donc, moi aussi, vous infliger quelques commentaires probablement indigestes sur les deux sujets qui occupent (presque) entièrement le temps de cerveau disponible de nos illustres faiseurs d’opinions ces temps-ci.

Évacuons tout de suite le premier puisqu’il s’agit uniquement de lancer un n-ième coup de gueule contre l’utilisation ad nauseam de cette expression vulgaire de « première dame » qui illustre parfaitement l’américanisation rampante de notre culture, sous la tutelle de nos prétendues élites (identifiées comme celles et ceux qui parlent dans la petite boite à images du salon).  Depuis quelque jours, l’expression a totalement envahi l’espace médiatico-politique et a du même coup … totalement fait exploser mes bonnes résolutions pour cette nouvelle année 2014 que je me souhaitais pourtant plus sereine.   Aujourd’hui, c’est l’apothéose.  Une phrase sur deux débitée par nos médiacrates nous parle de première dame !  Qu’est-ce que ça peut m’énerver ça (à prononcer à la mode Jean-Pierre Bacri), vous n’avez pas idée !

Il n’y a jamais eu de première dame en France !  Point, barre.  Rappelons donc que cet américanisme insultant pour tout français républicain qui se respecte était totalement inusité au début de la Vème république (et j’vous parle même pas des 4 républiques précédentes) pour largement se banaliser à partir du régime de Sarkozy 1er jusqu’à atteindre aujourd’hui, sous Hollande 1er, un paroxysme proprement insupportable.  Je ne vous ferai pas l’insulte de vous expliquer pourquoi cette émanation puritaine du régime théocratique étatsunien n’a aucun sens dans notre République et vous laisse à imaginer ce que cette expression pourrait donner si notre président était célibataire (le premier rien?), une femme hétérosexuelle (le premier monsieur?), une femme homosexuelle (la deuxième dame?) ou bien encore un homme homosexuel (le deuxième monsieur?).  Tiens, encore un argument qui milite en faveur d’une refondation républicaine, pour changer notre république présidentielle monarchique en république parlementaire.

Venons-en au deuxième sujet.  Plus sérieux.  Il s’agit bien sûr de la conférence de presse du président de la République le 14 janvier et plus précisément de son pacte de responsabilité.  Et là aussi, ça déborde.

Bien entendu, je ne l’ai pas écouté, ce fourbe.  C’est plus fort que moi, j’peux pas.  L’écouter, ne serait-ce qu’une dizaine de secondes, réveille inévitablement en moi une nouvelle crise d’urticaire fulgurant (dans des endroits que la bienséance m’interdit de localiser).  C’était d’ailleurs la même chose avec son prédécesseur.  Hum, maintenant que j’y pense, c’est également la même chose avec tout un tas de ministres, parlementaires et autres personnages politiques dont seule la sournoiserie égale l’arrogance.  Hum, faudrait que je pense à consulter pour cette histoire d’urticaire fulgurant …

Bref, je ne l’ai pas écouté mais, comme d’habitude, je l’ai quand même lu, Lire la suite

Les exigences de l’Empire, An III


TITRE III – PACTE BUDGÉTAIRE – ARTICLE 3 – PARAGRAPHE 1 e/
Ce mécanisme [mécanisme de correction, NDLR] comporte l’obligation pour la partie contractante concernée de mettre en œuvre des mesures visant à corriger ces écarts sur une période déterminée.

TITRE III – PACTE BUDGÉTAIRE – ARTICLE 3 – PARAGRAPHE 2
Les parties contractantes mettent en place, au niveau national, le mécanisme de correction visé au paragraphe 1, point e), sur la base de principes communs proposés par la Commission européenne et concernant en particulier la nature, l’ampleur et le calendrier des mesures correctives à mettre en œuvre

TITRE III – PACTE BUDGÉTAIRE – ARTICLE 8 – PARAGRAPHE 1
La Commission européenne est invitée à présenter en temps utile aux parties contractantes un rapport concernant les dispositions adoptées par chacune d’entre elles conformément à l’article 3, paragraphe 2. Si, après avoir donné à la partie contractante concernée la possibilité de présenter ses observations, la Commission européenne conclut dans son rapport que ladite partie contractante n’a pas respecté l’article 3, paragraphe 2, la Cour de justice de l’Union européenne sera saisie de la question par une ou plusieurs parties contractantes.

En d’autres termes (moins abscons):

Si un pays (une partie contractante que ça s’appelle) n’est pas dans les clous (du pacte budgétaire), il a alors l’obligation de mettre en œuvre les mesures précises (très précises même puisque sont indiquées nature, ampleur et calendrier) que la Commission Européenne lui proposent sinon la Cour de Justice de l’Union Européenne sera saisie.

Bon, maintenant, vous appelez ça un peu comme vous voulez, mais pour ma part, quand on est obligé de faire quelque chose, ben, j’ai plutôt tendance à quand même appeler ça une … obligation … ou une exigence …  ou un diktat.  Je déconne là ou bien?  Ah oui, au fait, les articles que je viens de citer sont dans le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance de l’Union Européenne, le fameux TSCG contre lequel je vous ai si souvent mis en garde.

Je dis ça parce que depuis deux jours, j’assiste, médusé, à une véritable déferlante de simulation de rébellion exaltée contre la Commission Européenne au motif que cette dernière a eu, tenez-vous bien, l’outrecuidance de réclamer des réformes immédiates de la part de Paris et notamment sur son système de retraites.

« La Commission Européenne n’a pas à dicter à la France ce qu’elle a à faire »

a par exemple déclaré le président français, François Hollande, ce mercredi à Rodez.  Et c’est à qui donne l’image du gars le plus remonté, le plus indigné.  Tous s’y sont collés.  Gouvernement et « opposition ».  Tiens, Bayrou par exemple qui déclare « Quand François Hollande dit que ce n’est pas à la Commission de nous dicter ce que nous devons faire, il a raison. »  Et Claude Bartolone ce matin chez Bourdin.  Z’avez vu ça?  Tout rouge (si je peux me permettre pour un socialiste) qu’il était Monsieur Claude (@9’40 ») quand il éructe ;-) à l’adresse de la Commission Européenne:

«Qu’ils se taisent et qu’ils fassent leur boulot!»

Comme s’ils découvraient les choses de la vie.

Ils ont l’air tellement sincères.  On aurait presque envie de les consoler.  Ou alors, ils le sont vraiment, sincères.  Peut-être croient-ils réellement ce qu’ils racontent!  Peut-être sont-ils persuadés que la Commission Européenne n’a pas à dicter ses exigences aux pays de l’UE.  C’est surement ça!  Un tour de bocal, et hop, ils ont oublié qu’ils ont voté cet abandon de souveraineté au parlement européen il y a quelques mois.  Ou alors, ils n’ont pas oublié mais ils n’avaient tout simplement pas tout compris à ce qu’ils signaient à l’époque.  Sont-ils fourbes, amnésiques ou simplement niais?  Quelle question troublante.  Je pencherais pour un savant mélange des trois, dans des proportions différentes suivant les individus (typiquement, un Hollande possède clairement une prédominance du troisième ingrédient alors que pour un Bartolone, le mélange semble plus subtil).

Car enfin, Lire la suite

Un triste printemps 2013


Me revenait en mémoire par ce grisâtre dimanche de mai (quel triste printemps quand même que ce cru 2013, tout juste 2 bonnes nouvelles à se mettre sous la dent, et paradoxalement, il s’agit de 2 décès, celui de la psychopathe ultralibérale britannique Margaret Thatcher et celui de l’ancien dictateur argentin Jorge Rafael Videla) me revenait en mémoire donc ce que j’écrivais au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle 2012.

Pourquoi cette résurgence aujourd’hui, vous demandez-vous certainement (si, si, je le vois bien dans vos petits yeux chafouins)?  Indubitablement, à cause de ce qu’ai vu dans mon poste de télé.  Cette déferlante, toute honte bue, de la France cachée, de la France réac, de la France égoïste, de la France repliée, de la France rampante, de la France haineuse, de la France égoïste, de la France jalouse, de la France triste, de la France de RMC et d’ RTL réunies.

Parfois, emporté par mon indéfectible optimisme, j’oublie que 80% des français sont de droite.  Voici ce que je me disais alors, ce 23 avril 2012 au matin:

« Aujourd’hui, je m’en veux énormément.  De m’être laissé aller, encore une fois, à croire que nous serions capables, nous français, en tant que peuple adulte et responsable, d’avoir le courage d’emprunter un nouveau chemin vers une nouvelle société, une société de partage, de coopération et de solidarité.  À mon âge!  Quel indécrottable jeune con je fais! »

Et aujourd’hui, je me faisais encore cette remarque:

« Mais putain quel monde nous pourrions bâtir si tous ceux que je voyais là, devant mes yeux interdits, se mobilisaient avec autant d’ardeur, de conviction et de ténacité pour défendre, par exemple, notre système de retraites, ou nos services publics, ou nos enseignants, ou nos hôpitaux, ou notre industrie, ou bien encore notre écosystème planétaire.  Car là, plus encore, il s’agit bien de l’avenir de leurs enfants.   Et si les médias accordaient ne serait-ce que le dixième du temps d’antenne accordé à la Manif pour Tous aux idées progressistes. »

Mais non.  Cette France de l’ombre ne sort du refuge de son salon tamisé (la lumière nuit à l’obscurantisme ;-)), que très rarement, et uniquement pour des causes qui en valent vraiment la peine, comme par exemple, pour défendre … la condamnation de l’interruption volontaire de grossesse (en 1975), ou pour défendre … la pénalisation du délit d’homosexualité (en 1981), ou bien encore, comme aujourd’hui, pour défendre … l’interdiction aux homosexuels de se marier.

Bref, et pour en arriver (par un chemin détourné, je vous le concède) à mon sujet du jour, emporté cette fois par mon insatiable soif de mots, je continuais alors de lire mon propre billet post-premier-tour (pardon pour cet auto satisfecit indélicat).  Et j’y relus un peu plus loin ce pronostic:

« La sécurité sociale et de le CDI ne sont-ils pas les prochaines cibles de la casse de l’intérêt commun déjà identifiées par les marchés et qui seront donc attaquées quoi qu’il en soit, par l’un (Sarkozy) ou par l’autre (Hollande)? »

Prémonitoire, non? Lire la suite

Êtes-vous résignés ou hésitants ou bien alors … résistants?


Peut-être faites vous partie de ceux qui hésitent encore, me disais-je.  Ou qui sont résignés.

Laissez-moi alors tenter de vous convaincre une dernière fois de venir manifester demain de Bastille à Nation avec nous.  Juste un dernier argument.  Vous n’êtes pas adepte d’une sixième république? Ou vous ne voyez pas vraiment ce que cela pourrait changer dans notre système « démocratique »?  Qu’importe.  Venez donc manifester contre l’austérité!

Car sur ce mot d’ordre-là, au moins, vous devez vous ranger à la raison: l’austérité n’est pas la solution.  Par temps de crise, c’est même le problème!

Je sais qu’ils sont encore nombreux à prétendre continuer d’y croire!  Des gens prétendument très compétents ne continuent-ils pas d’affirmer qu’il n’y a pas d’alternatives!  Tiens, comme cette misérable (à prendre dans le sens « funeste » bien sûr, et non pas « indigente », vous l’aurez compris) Christine Lagarde, directrice générale du FMI de son état (et bientôt repris de justice, espérons-le), qui a estimé jeudi dans une interview à la télévision suisse-romande qu’il n’y avait « pas d’alternative à l’austérité. »

Je sais que tous les gouvernements d’Europe, Hollande et ses soi-disant socialistes en tête, continuent d’enfoncer toujours plus leurs pays dans la spirale infernale de l’austérité.  Tiens, pas plus tard qu’hier, n’a-t-on pas encore appris un nouveau plan de rigueur du gouvernement portugais de Pedro Passos Coelho.   Une nouvelle couche comprenant la suppression de 30.000 postes de travail dans l’administration publique, le rallongement de la semaine de travail pour les fonctionnaires et le recul de l’âge de la retraite de 65 à 66 ans.

Et peut-être avez-vous oublié que le rejet de l’austérité n’est plus, depuis pas mal de temps maintenant, l’apanage du Front de Gauche seul.  Ce n’est plus une position politique, c’est aujourd’hui juste un constat de bon sens.  Bien sûr le Front de Gauche a été longtemps seul (avec le collectif pour un audit citoyen de la dette et le mouvement des économistes atterrés,) à lutter contre cette idée ces 3 dernières années.  Mais depuis, combien ont rejoint le bateau de la raison?  Tiens, vous souvenez-vous par exemple des signataires de la tribune des 120 économistes parue dans Le Monde le 3 octobre, des économistes de l’OCDE, des signataires du manifeste international pour un bon sens économique, des économistes de l’ONU, des lauréats du prix Nobel d’économie, comme J. Stiglitz ou P. Krugman, et tellement d’autres …

Tout cela ne suffit pas à vous convaincre?

Alors, regardez ceci:

source: Eurostat teina-225

Je suis allé vérifier Lire la suite

Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde


Mais comment fait-il pour toujours exprimer si parfaitement et avec autant de talent ce qui se bouscule parfois (souvent? pfft, ingrats que vous êtes!) si brutalement dans ma tête?

Je parle bien sûr de mon économiste atterré favori, celui qui souffle toujours plus fort dans sa pompe à phynance, celui qui réussit à me donner, à chaque fois, l’illusion d’être moins seul à partager mon propre avis ;-), le chirurgien virtuose des mots de l’analyse économique hétérodoxe, j’ai nommé l’incorruptible de la lutte argumentée contre le néolibéralisme, Frédéric Lordon.

Voici son dernier billet.  Un seul mot, waouw.  Rien à redire.  Attention tout de même, ça reste du Lordon pur jus!  Concentration maximum requise!  Peut-être l’enchevêtrement ordonné de son style a-t-il même franchi encore un cran.  Ou peut-être n’est-ce qu’une impression liée à l’effet des ans sur mes facultés.  Quoiqu’il en soit, toujours autant d’humour dans sa narration.  Un régal.

Le fond de son affaire?  Une démonstration aussi flamboyante qu’implacable de ce que votre serviteur essaye gauchement d’accoucher depuis quelques temps, comme ici, ou bien encore , à savoir que « le socialisme de gouvernement, après avoir abandonné la classe ouvrière pour se vouer aux dites « classes moyennes », puis « moyennes-supérieures », mais, formellement, toujours « dans le salariat », a maintenant fait, un cran plus loin, le choix de l’alliance… avec le capital ».  Ça s’appelle le « socialisme de l’offre ».  Et comme l’indique Lordon, « dans le langage châtré de la science économique, « offre » veut dire le côté du capital [par rapport à l’autre côté de la lutte des classes, le côté du travail, NDLR]. »   Ce juteux oxymore a donc l’avantage de très explicitement reconnaitre le nouveau « côté » du socialisme de gouvernement.

L’article passe donc en revue tous les abandons symboliques et les retournements stratégiques du parti dit socialiste, en particulier depuis l’automne 2012, pour étayer l’impressionnante continuité des politiques économiques entre ce gouvernement et les gouvernements précédents.  Continuité qui commence bien sûr « par la reconduction telle quelle des grandes contraintes européennes — objectif insane des 3 % en pleine récession et pacte budgétaire européen (TSCG) négocié-Sarkozy ratifié-Hollande —, mais complétée par le déploiement intégral du modèle compétitivité-flexibilité, simplement rêvé par le prédécesseur, enfin réalisé par le successeur » :

Si 1983 ouvre une longue période où, par simple reddition idéologique, les politiques socialistes se trouvent dévaler la pente néolibérale, 2012 marque une rupture d’un tout autre format : celle de l’entrée dans la collaboration délibérée avec le capital.

Et de prédire:

De même que Churchill promettait aux munichois, qui espéraient avoir évité la guerre au prix du déshonneur, d’avoir et le déshonneur et la guerre, le socialisme de collaboration — vrai nom du « socialisme de l’offre » — aura l’échec en plus de la honte.  Car tout est faux de A à Z dans ce petit calcul de paniqué (ou de vendu), aussi bien les détails techniques que les considérations stratégiques.

Ici, commence la véritable démonstration.  Il est inutile de tout reprendre dans mon billet et il est de loin préférable de s’abreuver directement à la source (allez donc lire l’article, non de diou!), mais je ne peux résister à l’envie de vous citer quelques extraits choisis:

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Délit de déni de Brice ou décryptage de la propagande


Avez-vous noté comme je vous saoule nettement moins ces derniers temps ?  Non pas que mes mots soient moins alcoolisés, ai-je l’outrecuidance d’espérer, juste que leur débit a diminué.   Une petite brève joyeuse hier, sinon rien depuis plusieurs jours.  Un léger coup de « putain-mais-à-quoi-ça-sert-tout-ça ».  Une vague impression de remplir inexorablement mon violon des danaïdes de billets diurétiques parfaitement inutiles.  Une petite phase de ressac, en attendant le retour du sac bien sûr (et je ne parle ni du Service d’Action Civique, ni d’une besace en plastoc enchevêtrant des L et des V, ballots que vous êtes).

C’est alors que je suis tombé sur cette étude réalisée il y a quelques jours par IPSOS pour le compte du Monde, de la Fondation Jean Jaurès et du Cevipof, intitulée France 2013: les Nouvelles Fractures.

Ce n’est qu’un sondage, qui ne vaut donc que ce que valent les sondages.  C’est à dire, sur le sujet sondé lui-même, à peine le prix de l’encre pour l’imprimer sur mon écran d’ordinateur.  En revanche, les sondages en disent long sur la volonté de désinformation du sondeur.  Tout entier absorbé par ma déprime de motivation passagère, j’ai voulu brûler encore un peu plus de mon temps (pourtant inestimable, vous vous en doutez ;-)) à « décrypter » comment était présenté l’opinion « précieuse » de ces 1016 personnes interrogées par Internet du 9 au 15 janvier 2013.  Paraît-il qu’ ils constituent un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, grâce à la méthode des quotas sur le sexe, l’âge, la profession de la personne de référence au sein du ménage, la région et la catégorie d’agglomération.

Si on accordait le moindre crédit à ces divinations, sur le fond, certains chiffrent seraient alors plutôt réconfortant quant à la santé mentale des français.  Par exemple, sur l’Europe telle qu’elle est construite aujourd’hui, la mondialisation, les politiques ou … les médias ! Comme le dit l’Observatoire des Journalistes et de l’Information Médiatique:

L’écart entre le discours répété en boucle par les hommes politiques, journalistes, experts, etc… et l’attente des Français est devenu proprement sidérant.  Il s’agit d’un véritable déni de réalité de la part des élites qui ont fait sécession d’avec le reste du pays.

Et d’autres seraient en revanche plutôt d’ordre à écœurer, tels que ceux-ci:

82% « des français » sont d’accord avec l’affirmation: « On a besoin d’un vrai chef en France pour remettre de l’ordre » ou bien 70% trouvent qu’il y a trop d’étrangers en France.

Mais là n’est pas le sujet, en tout cas, pas le mien.  Ce qui a retenu mon attention, c’est l’analyse politicienne qu’en fait l’un des fameux peintres en chef de l’analyse politique des médias de France et de Navarre, l’un des experts omniscients auto-proclamés de la daube sondagière, j’ai nommé Brice Teinturier, le Directeur Général Délégué de Ipsos France.  Brice, c’est lui:

Vous le remettez maintenant, ça y est ?  Un fidèle évangélisateur omnichaine de la pensée unique, qui prend tout son éclat lors des soirées électorales.

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Le FMI aurait finalement quelques notions d’économie


Même le FMI semble commencer à comprendre !

Il y a 3 jours, le jour même du vote des députés français en faveur de la ratification du TSCG, je dressais la liste éloquemment internationale des économistes indépendants et des institutions économiques officielles qui, de par notre vaste monde globalisé, jugent totalement inepte et même criminelle (certains à retardement, mais, vieux motard que jamais, comme on dit) cette obsession à s’enfermer dans le cercle vicieux de l’austérité institutionnalisée.

Mais jusque-là, vous aurez remarqué (ben, merde, qu’est-ce que vous foutez!), le FMI ne faisait pas partie de ma liste. Normal, au FMI, la règle d’or, l’austérité, le serrage de quiquis, y’quiffent trop. C’est leur politique fétiche. Leur remède standard. Leur réflexe pavlovien. Toujours les mêmes recettes du Consensus de Washington. Toujours demander aux pays de réduire leurs dépenses publiques et de privatiser un max. Quel que soit le symptôme, quelle que soit la conjoncture mondiale, la solution est toujours « moins d’état », pour ces gens-là. Sans revenir sur toutes les crises (financières, économiques, sociales, alimentaires) causées par ces vautours incompétents (Afrique, Asie du Sud Est, ex bloc communiste, etc), souvenons-nous au moins de Michel Camdessus affamant l’Argentine et de Dominique Strauss-Kahn humiliant les Grecs. Et la Lagarde ne fait pas exception à la règle, bien sûr. On n’est pas ex-ministre de l’économie de Sarkozy, l’apprenti Reagan (le Stetson en moins), sans de solides et multiples connexions neuronales néolibérales.

Alors imaginez mon étonnement lorsque j’ai lu ces mots dans la bouche de Daniela Christine:

«Il est parfois mieux, étant donné les circonstances et le fait que de nombreux pays ont mis en place les mêmes instruments de politique économique pour réduire leur déficit, de se donner un peu plus de temps»

Estimant aujourd’hui qu’il faut changer d’approche, elle rajoute même:

«Nous ne pensons pas qu’il soit raisonnable de s’arc-bouter à des objectifs nominaux.»

Ce qu’elle tente d’expliquer avec beaucoup de difficulté, liée à la honte qu’elle doit légitimement éprouver par rapport à ses positions précédentes (je parle de ses positions sur la crise économique mondiale, bien sûr), c’est que les mesures mises en place en Europe (et figées dans le marbre de l’objectif nominal à 0.5% du TSCG) risquent de nous enfermer « dans une spirale diabolique, l’austérité déprimant les comptes publics, etc ». Oh putain ! Mélenchon, sort de ce corps immédiatement !

Pour mieux visualiser ce qu’elle n’ose exprimer clairement, à savoir que les remèdes miracles du FMI n’ont jamais fonctionné, nulle part dans le monde, et ont toujours au contraire apporté récession et chômage de masse, « je vous ai préparé un petit graphique », comme dirait l’inénarrable Lenglet, le transfuge de BFMTV qui a rejoint l’équipe France 2 lors du mercato d’été, en récompense, probablement, de sa dégoulinante interview du président de la République, Sarkozy le 1er (et le dernier espérons-le), réalisée il y a quelques mois.

J’ai choisi 5 pays européens qui appliquent aveuglément depuis 2010 la médecine de cheval du FMI. Trois d’entre sont sous le coup d’un de leurs « plans d’aide » dévastateurs et n’ont donc pas d’autre choix que de suivre leurs ordres sans pouvoir broncher une oreille. Il s’agit de la Grèce bien sûr, de l’Irlande et du Portugal. Et deux pays, l’Italie et l’Espagne, qui ont voulu anticipé les injonctions des 3 petits cochons de la troika (FMI, BCE, Commission européenne), les lèche-cul de la classe Europe si vous voulez, pensant ainsi s’attirer les bonnes grâces de l’enjouée professeur Merkel et du sémillant proviseur Barroso. (source Eurostat bien entendu)

Où l’on voit nettement la crise qui éclate en 2007-2008, le PIB qui commence à remonter en 2010, et là, paf … le chien, ou plutôt, paf … le FMI, application des « mesures salvatrices » et rechute immédiate. Pour 2012, les chiffres ne sont bien évidemment pas encore connus (il reste 3 mois, gros ballots) mais les prévisions sont catastrophiques puisque tous ces pays seront sans doute en récession (au dessous de 0%). Et pour 2013, au secours …

La courbe du chômage pour compléter cette image idyllique:

Attention, tout de même. Notre bonne Daniela Christine n’abandonne pas totalement les philtres, pommades, pilules, granules, élixirs, ampoules et autres suppositoires, aussi douloureux qu’inefficaces, qui remplissent la trousse thérapeutique du bon docteur FMI. Deux jours auparavant, elle recommandait en effet, pour la France, de mener des politiques conduisant à une meilleure compétitivité (tiens, comme c’est nouveau ça!) et elle y allait de cette petite préconisation aussi sibylline qu’incompréhensible::

« Parmi les grandes économies de la zone euro, des politiques qui conduiraient à une demande intérieure plus élevée en Allemagne et à une compétitivité plus forte en France, en Italie et en Espagne seraient bénéfiques »

J’aimerais comprendre comment elle pense pouvoir augmenter la demande intérieure en Allemagne sans faire baisser leur sacro-sainte compétitivité ? Pour booster la demande intérieure, à moins de forcer les ultra-riches à rapatrier leur magot planqué dans les paradis fiscaux et de leur imposer d’acheter un millier de Porsche supplémentaires chacun, je ne vois pas vraiment d’autre moyen que d’augmenter les revenus de ceux qui dépensent ce qu’ils gagnent, c’est à dire les bas et moyens salaires, les pensions de retraite, etc. Mais ça, merde, ça augmente « le coût du travail » comme disent ceux qui ne travaillent pas, et ça réduit donc la compétitivité. De la même façon, augmenter la compétitivité en France, en Italie et en Espagne, ça veut dire baisser encore les salaires et les cotisations sociales. Peut-être même aller jusqu’à s’aligner sur la Chine, ou le Niger, pourquoi pas ! Je proposais même de remettre au goût du jour l’esclavage pour enfin obtenir un « coût du travail » nul. Pas mal, hein Madame Parisot, ça vous plairait ça, n’est-ce pas ? Mais si plus personne de peut plus rien acheter, ben alors … ça va faire baisser la demande intérieure. Hum … Pas facile, hein, Mame Lagarde ! Lisez donc le programme du Front de Gauche, vous verrez comment résoudre ce paradoxe. Allez, un indice, on est bonne poire. Le modèle de la compétitivité est une absurdité puisqu’il est basé intégralement sur l’exportation. Et pour qu’un pays puisse exporter, il faut qu’il y en ait d’autres … qui importent. Il est donc tout bonnement impossible que tout le monde soit « compétitifs » en même temps ! Ceux qui sont « compétitifs » le sont au détriment de leurs travailleurs ! Allez-vous enfin le comprendre ça, bordel de merde ! Pardon, je m’emporte.

Votre attention (vacillante, je suppose, à ce point-ci de ce billet soporifique) aura sans doute noter l’emploi des qualificatifs « douloureux » et « inefficaces » à propos des médecines du FMI. Douloureux, c’est indéniable. Mais inefficaces ? Je ne doute pas que vous placiez en moi une confiance sans borne ;-), mais permettez-moi tout de même d’étayer ces propos. Je rappelle que le but invoqué pour infliger autant de souffrances aux peuples est de réduire la dette publique. Bien, regardons donc:

Ah ben merde ! Ça continue de monter ! Ça marche pas !

Je suis mauvaise langue. Je sais pertinemment que le FMI a quelques notions d’économie. Ils ne sont pas complètements débiles, eux (par rapport aux médias qui ressassent inlassablement la grande fable du néolibéralisme et des bienfaits de la contraction de l’État tous azimuts). S’ils continuent dans leur dogme, c’est qu’il y a une bonne raison. Cela sert bien à quelque chose, ou à quelques uns, devrais-je plutôt dire. Regardez:

Bien évidemment, les intérêts ! Les intérêts que payent les états sur les dettes qu’ils contractent auprès des banques privées (au lieu d’emprunter directement auprès de la BCE comme on le préconise depuis des lustres). Ils ne cessent d’augmenter, ces intérêts. Attention, on parle pas de petites sommes, là. Pour l’Espagne, par exemple, pour un PIB en 2011 d’environ 1000 milliards d’euros, cela représente environ 25 milliards d’euros (de quoi largement combler le déficit de la Sécurité Sociale en France, par exemple). Et on ne parle que du remboursement des intérêts, là. Pas du service complet de la dette ! Le crime profite donc bien à quelqu’un, aux créanciers privés.

Le FMI est le complice de cette bande de malfaiteurs internationale, bande qui accueillera bientôt, grâce à la ratification du TSCG, un nouveau membre, tout aussi sauvage que ses bestiaux collègues, en la personne morale du MES, ce FMI made in Europe.

Et nos hommes politiques qui mettent en place le Traité de Lisbonne, le Six Pack européen, le semestre Européen ou encore le TSCG sont leurs créateurs, des Dr Frankenstein de l’économie qui devront un jour rendre compte.