La France complice de crime contre l’humanité

Encore une session historiquement infamante cette après-midi à l’Assemblée nationale.  L’accord Européen relatif à la Grèce a en effet été adopté par une écrasante majorité de nos chers députés Munichois :

Daladier Hollande est probablement heureux ce soir.

Et les députés « socialistes », comment dit-on déjà?, ah oui,  » frondeurs « , qu’ont-ils donc fait nos « frondeurs » ?  Ont-ils enfin « frondé » ?  Et les écologistes ?  Ont-ils écologisé (en osant s’opposer pour une fois dans leur grise vie à la finance internationale) ?  Nan … j’déconnais … à part 1 ou 2 déglinguos, des oufs de la rougitude qui se sont vaillamment abstenus (putain, ça fait peur des malades pareils quand même !), ils ont tous bien entendu voté comme un seul homme le texte avalisant le coup d’État qui vient de se produire en Grèce et avilissant son peuple.  Tout ça pour éviter la guerre (économique) avec l’Allemagne.   Au prix du déshonneur.  On a le déshonneur, ça, c’est fait, et … vous connaissez la suite.

La liste complète des salopards qui nous ont rendu complices de ce crime international est ici.

Je conclue avec quelques extraits du discours de Zoé Konstantopoulou, la présidente du parlement grec, prononcé le 11 juillet dernier.

(…)

Nous toutes et tous sommes et serons jugés au regard de notre attitude et de nos décisions, de nos oui et de nos non, de nos actes et de nos omissions, de notre cohérence, de nos résistances, de notre abnégation et de notre désintéressement.

Depuis cinq mois, le Gouvernement [de Tsipras] livre un combat inégal dans des conditions d’asphyxie et de chantage contre une Europe qui a trahi les objectifs inscrits dans ses statuts, à savoir le bien-être des peuples et des sociétés, une Europe qui utilise la monnaie commune, l’euro, non pas comme moyen d’atteindre le bien-être social, mais comme levier et instrument d’assujettissement et d’humiliation des peuples et des gouvernements rebelles, une Europe qui est en train de se transformer en une prison cauchemardesque pour ses peuples alors qu’elle a été construite pour être leur maison hospitalière commune.

Le peuple grec a confié à ce Gouvernement la grande cause de sa libération des chaînes du mémorandum, de l’étau de la mise sous tutelle et de la mise sous surveillance qui a été imposée à la société sous le prétexte de la dette, une dette illégale, illégitime, odieuse et insoutenable, dont la nature, comme l’ont démontré les conclusions préliminaires de la Commission pour la Vérité de la Dette Publique, était déjà connue par les créanciers depuis 2010.

Une dette qui n’a pas surgi comme un phénomène météorologique, mais qui a été créée par les gouvernements précédents avec des contrats entachés de corruption, avec des commissions, des pots-de-vin, des clauses léonines et des taux d’intérêt astronomiques dont ont tiré bénéfice des banques et des compagnies étrangères.

Une dette que la Troïka, en accord avec les précédents gouvernements, a transformée frauduleusement de dette privée en dette publique, sauvant ainsi les banques françaises et allemandes mais aussi les banques privées grecques, condamnant le peuple grec à vivre dans des conditions de crise humanitaire, et en mobilisant et rétribuant pour ce faire les organes de la corruption médiatique chargés de terroriser et tromper les citoyens.

Cette dette, que ni le peuple ni le gouvernement actuel n’ont ni créée et gonflée, est utilisée depuis cinq ans comme instrument d’asservissement du peuple par des forces qui agissent à l’intérieur de l’Europe dans le cadre d’un totalitarisme économique.

Au mépris de la morale et du droit, l’Allemagne n’a pas acquitté jusqu’à aujourd’hui ses dettes à la petite Grèce résistante dont l’histoire reconnaît l’attitude héroïque. Des dettes qui dépassent la dette publique grecque et représentent un montant de 340 milliards d’euros selon les calculs modérés de la Commission de la Cour des Comptes qui a été créée par le gouvernement précédent, quand la prétendue dette publique grecque a été chiffrée à 325 milliards d’euros. L’Allemagne a bénéficié du plus grand effacement de dette après la Seconde Guerre Mondiale afin qu’elle se remette sur pied, avec le concours généreux de la Grèce. Or, c’est cette même Allemagne qui a accordé sa protection à des responsables d’entreprises coupables d’actes de corruption avec les précédents gouvernements et leurs partis politiques, comme Siemens, et elle les a protégés en les soustrayant à la justice grecque.

Pourtant, l’Allemagne se comporte comme si l’Histoire et le peuple grec avaient des dettes envers elle, comme si elle voulait prendre sa revanche historique pour ses atrocités, en appliquant et en imposant une politique qui constitue un crime non seulement envers le peuple grec, mais aussi un crime contre l’humanité, au sens pénal du terme car il s’agit ici d’une agression systématique et de grande envergure contre une population avec l’objectif bien prémédité de produire sa destruction partielle ou totale.

Et malheureusement, alors qu’ils devraient se montrer à la hauteur de leurs responsabilités et du moment historique, des gouvernements et des institutions se rendent complices de cette agression.

(…)

Soumettre le peuple et le gouvernement à des conditions d’asphyxie et à la menace d’une violente faillite, par la création artificielle et préméditée des conditions d’une catastrophe humanitaire, constitue une violation directe de toutes les conventions internationales qui protègent les droits de l’Homme, de la Charte de l’ONU, des Conventions européennes, mais aussi des Statuts mêmes de la Cour pénale internationale.

(…)

Les créanciers font du chantage sur le gouvernement. Ils agissent frauduleusement alors qu’ils savaient depuis 2010 que la dette n’était pas soutenable. Ils agissent consciemment, puisqu’ils reconnaissent dans leurs déclarations la nécessité de l’octroi d’une aide humanitaire à la Grèce. Une aide humanitaire pour quelle raison ? Pour une catastrophe naturelle imprévue et inattendue ? Un séisme imprévu, une inondation, un incendie ?

Non. Une aide humanitaire qui est la conséquence de leur choix conscient et calculé de priver le peuple de ses moyens de subsistance, en fermant le robinet des liquidités, en représailles à la décision démocratique du Gouvernement et du Parlement d’organiser un référendum et donner la parole au peuple pour qu’il décide lui-même de son avenir.

(…)

Le peuple grec est le deuxième à subir une telle agression à l’intérieur de la zone euro. Il a été précédé par Chypre en mars 2013.

La tentative d’imposer des mesures que le peuple a rejetées par référendum, en utilisant le chantage de la fermeture des banques et la menace de la faillite, constitue une violation brutale de la Constitution et qui prive le Parlement des pouvoirs que lui attribue cette même Constitution.

Chacun et chacune a le droit et a le devoir de résister. Aucune résistance dans l’histoire n’a été facile. Cependant, nous avons demandé le vote et la confiance du peuple pour affronter les difficultés et c’est face à ces difficultés que nous devons maintenant réussir.  Et sans avoir peur.

 

De Juncker ou Tsipras, lequel ment ?

Comme chacun sait, le 26 Juin 2015 au soir, vendredi dernier, le gouvernement grec, après cinq mois de confrontation exténuante, renonçait à perdre d’avantage de temps et d’énergie dans de pseudos négociations avec les « institutions » – anciennement appelées la Troïka et qui comprennent toujours la Commission Européenne du malsain Juncker, le FMI de la nocive Lagarde et la Banque Centrale Européenne du pernicieux Draghi ; ajoutez à ce trio infernal le funeste Obama et vous obtenez les quatre cavaliers de l’Apocalypse.

Juncker, et dans son sillage la ribambelle de veules petits chefaillons dirigeant pour son plus grand malheur la belle Europe ainsi que la tripotée de serviles petits chroniqueurs et éditorialistes sévissant dans tous les bons médias près de chez vous, tente de nous expliquer, affolé, que la responsabilité de cette rupture incombe uniquement à ces fourbes de grecs :

« Vendredi encore, après des mois et des mois de discussions et de débats, nous étions une fois de plus déterminés, patients, autour d’une table à travailler au meilleur accord possible.  Cet élan a été brisé de façon unilatérale par l’annonce du référendum et par la volonté de faire campagne sur le « non » à cet accord, et surtout en ne disant pas toute la vérité », déclare-t-il

Le gouvernement grec de M. Tsipras ne dirait donc, selon M. Juncker, pas toute la vérité quand il dénonce un ultimatum inacceptable qui nie le choix démocratique du peuple grec (qui s’est exprimé clairement en janvier dernier pour la fin des politiques d’austérité à la sauce européiste).  M Juncker, après les rituels verbiages et creuses ritournelles à base de diverses permutations des mots « Europe », « Démocratie », « Paix », « Réconciliation », « Volonté », « Dialogue », « Vertueux », ou encore « Solidarité », et se laissant probablement emporter par une crise de vapeurs Eltsiennes, ajoute même :

Il n’y aurait, selon-lui, aucune réduction de salaires ni de pensions de retraites dans ce plan, se défend-il. Et ce serait même un plan d’équité sociale et de croissance économique !  Nous allons y revenir.

« Ce n’est pas un plan d’austérité stupide ! » déclame-t-il même, l’air inspiré, façon Actor’s Studio.  Mais c’est qu’il m’aurait presque fait douter, le fourbe !  J’ai donc voulu vérifier.  Rien de plus facile, car figurez-vous que le sieur Juncker, dont seule la balourdise dépasse la sournoiserie, n’a rien trouvé de mieux que de publier, croyant probablement que personne, et surtout aucun « journaliste », n’aurait l’outrecuidance d’aller jusqu’à … la lire, la dernière proposition de la Commission Européenne, celle-là même repoussée par M. Tsipras et ses vigoureux négociateurs.

La voici également sauvegardée sur mon site avec quelques passages importants surlignés.

Même si la question ne déborde pas d’un suspens haletant, voyons donc qui de messieurs Juncker ou Tsipras ment effrontément.

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Des nouvelles de … la Grèce … entre autres


Encore un petit billet sur l’international, désolé.

Ça y est. La Crimée a fait son referendum. Un referendum constitutionnellement tout à fait illégal, au moins aussi illégal que le nouveau gouvernement d’Ukraine (qui n’est nazi qu’à 20%-25% [1], ouf, rien de grave donc), ou que la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo en 2008 par exemple, ou que l’occupation expansionniste d’Israël en Palestine, ou évidemment, que l’ensemble des interventions et ingérences étasuniennes de par le monde durant ces 70 dernières années. Que va-t-il se passer maintenant ? Escalade belliciste avec sanctions économiques de « l’Empire du Bien » et contre sanctions de « l’Empire du Mal » (n’oublions pas en effet que s’il y a des FDI, investissements directs étrangers, russes aux USA ou en UE, il y en a également énormément des occidentaux en Russie, tiens je pense soudainement aux titres de dette souveraine en dollars ou en euros détenus par la Russie), accélération du processus de signature du Traité de libre-échange entre UE et Ukraine, balkanisation du pays ? Ah, si seulement l’UE avait accepté en novembre 2013, la demande de la Russie de les inclure dans une négociation tripartite sur les accords de libre-échange de l’Ukraine avec ses voisins au lieu de suivre les va-t-en-guerre OTANiens en soutien des surexcités de Maïdan.

Une chose est sûre. Les médias, perpétuellement à la recherche de sang frais, quitteront bientôt la place Maïdan et la Crimée (qui parle encore de la Syrie?).  Le chef du régime étasunien a réussi à foutre le bordel aux portes de son rival de toujours. Le tsar russe a réussi (ou va réussir) à récupérer la Crimée. L’extrême droite a réussi une nouvelle percée sur la scène « démocratique » européenne. Reste sur le carreau le peuple ukrainien dépossédé de sa légitime révolution. Le peuple ? Pfff, pas assez photogénique. Sauf quand il est en colère comme sur Maïdan ou Tahrir. Le rouge lui va si bien. Le rouge qu’il verse bien sûr, pas le rouge qu’il arbore. La presse aux ordres va maintenant pouvoir se concentrer de manière plus méthodique sur la nouvelle assignation du régime étasunien, la prochaine cible de la pensée officielle, le Venezuela bien sûr. La droite anti-démocratique vénézuélienne ne peut en effet compter que sur un tir de barrage nourri (façon pluie de bombes à la Curtis LeMay) des médias « occidentaux » pour espérer pouvoir reprendre illégalement le pouvoir (faut les comprendre aussi, 18 élections perdues et un coup d’état foiré, ‘sont un peu démoralisé les Kapriles, López et autre Machado). Pour arriver à se ré-accaparer le pouvoir et les richesses du pays sans attendre les prochaines élections, ils ont besoin de leurs brigades internationales de désinformation au meilleur de leur forme et de tout le vocabulaire de la manipulation quotidienne de l’AFP et Reuters (vous savez à base de « manifestation pacifique », « intensification du mouvement », « raz-le-bol populaire », « répression policière », « dictature », « régime totalitaire »), et pour ce qui nous concerne plus directement, de nos plus brillants artilleurs de la démocratie à vitesse variable, les Christophe Barbier, Jean-Pierre Elkabbach, Jean-Michel Aphatie, Nicolas Domenach, Renaud Dély, Yves Thréard, Jean Quatremer, Laurent Joffrin, Daniel Cohn-Bendit, Claire Chazal et Laurent Delahousse, j’en passe et des meilleurs. Aux abris [2], le pilonnage va commencer.

Mais je me laisse emporter … Le but de ce billet était juste en fait de vous faire part d’une petite info concernant … la Grèce. Lire la suite

Bac 2013, les sujets de philo


J’ai pu, par des moyens qu’il ne serait pas très magnanime de ma part de dévoiler ici et qui, de toute manière, ne vous regardent en rien ;-), j’ai pu, disais-je, mettre la main sur certains des sujets du bac de philosophie qui seront distribués lundi matin à 8h00 pétantes.  Comme chacun sait, cette épreuve constitue sans doute la dernière chance qui sera donnée à notre jeunesse de pouvoir réfléchir gratuitement, juste pour la beauté de la réflexion, à l’état de notre monde.  Car viendra très vite le régime lobotomisant universel: 1 comprimé de journal télévisé quotidiennement (13Heure ou 20Heure, France TV, M6, Arte, … ou même le générique TF1, peu importe la marque, la formule chimique restant toujours la même), éventuellement 1 suppositoire du Nouvel Obs ou de l’Express une fois par semaine, chez son dentiste si nécessaire, et de grands bols de soupes de télé-réalité et de séries US à satiété.  Il est précisé qu’une infusion vespérale du Monde ne nuira pas à votre traitement décérébrant.

Comme j’aime la jeunesse et que je tiens à ce qu’elle soit à la hauteur de l’événement, je retranscris ici les 4 sujets en ma possession, accompagnés, si vous me le permettez (ou pas d’ailleurs, c’est pareil), de quelques conseils ou quelques pistes de réflexion toute personnelle sur la question.

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Êtes-vous résignés ou hésitants ou bien alors … résistants?


Peut-être faites vous partie de ceux qui hésitent encore, me disais-je.  Ou qui sont résignés.

Laissez-moi alors tenter de vous convaincre une dernière fois de venir manifester demain de Bastille à Nation avec nous.  Juste un dernier argument.  Vous n’êtes pas adepte d’une sixième république? Ou vous ne voyez pas vraiment ce que cela pourrait changer dans notre système « démocratique »?  Qu’importe.  Venez donc manifester contre l’austérité!

Car sur ce mot d’ordre-là, au moins, vous devez vous ranger à la raison: l’austérité n’est pas la solution.  Par temps de crise, c’est même le problème!

Je sais qu’ils sont encore nombreux à prétendre continuer d’y croire!  Des gens prétendument très compétents ne continuent-ils pas d’affirmer qu’il n’y a pas d’alternatives!  Tiens, comme cette misérable (à prendre dans le sens « funeste » bien sûr, et non pas « indigente », vous l’aurez compris) Christine Lagarde, directrice générale du FMI de son état (et bientôt repris de justice, espérons-le), qui a estimé jeudi dans une interview à la télévision suisse-romande qu’il n’y avait « pas d’alternative à l’austérité. »

Je sais que tous les gouvernements d’Europe, Hollande et ses soi-disant socialistes en tête, continuent d’enfoncer toujours plus leurs pays dans la spirale infernale de l’austérité.  Tiens, pas plus tard qu’hier, n’a-t-on pas encore appris un nouveau plan de rigueur du gouvernement portugais de Pedro Passos Coelho.   Une nouvelle couche comprenant la suppression de 30.000 postes de travail dans l’administration publique, le rallongement de la semaine de travail pour les fonctionnaires et le recul de l’âge de la retraite de 65 à 66 ans.

Et peut-être avez-vous oublié que le rejet de l’austérité n’est plus, depuis pas mal de temps maintenant, l’apanage du Front de Gauche seul.  Ce n’est plus une position politique, c’est aujourd’hui juste un constat de bon sens.  Bien sûr le Front de Gauche a été longtemps seul (avec le collectif pour un audit citoyen de la dette et le mouvement des économistes atterrés,) à lutter contre cette idée ces 3 dernières années.  Mais depuis, combien ont rejoint le bateau de la raison?  Tiens, vous souvenez-vous par exemple des signataires de la tribune des 120 économistes parue dans Le Monde le 3 octobre, des économistes de l’OCDE, des signataires du manifeste international pour un bon sens économique, des économistes de l’ONU, des lauréats du prix Nobel d’économie, comme J. Stiglitz ou P. Krugman, et tellement d’autres …

Tout cela ne suffit pas à vous convaincre?

Alors, regardez ceci:

source: Eurostat teina-225

Je suis allé vérifier Lire la suite

Pot-pourri de graphiques édifiants


Putain que tout cela est décourageant !

Serge a tellement raison quand il affirme qu’on n’a plus le temps:

« On n’a plus le temps de se plonger dans un livre « trop long », de flâner dans une rue ou dans un musée, de regarder un film de plus de quatre-vingt-dix minutes. Ni celui de lire un article abordant autre chose qu’un sujet familier. Ni de militer ni de faire quoi que ce soit sans être aussitôt interrompu, partout, par un appel qui requiert d’urgence son attention ailleurs. » Serge Halimi, Le Monde Diplo, Octobre 2012

Plus personne n’a le temps de rien.  Et encore moins de s’intéresser aux sujets déterminants pour notre avenir de citoyen et d’être humain, je veux bien sûr parler de sujets tels que le prochain éliminé de Koh-Lanta, ou le poids du nouvel iPAD, ou encore le dernier but de Zlatan avec la Suède (magnifique, au demeurant).

Culture du zapping oblige, toute idée, tout argumentaire, tout concept, toute réflexion se doivent aujourd’hui d’être exprimés en 1 phrase unique de moins de 15 mots si possible, sous peine de perdre irrévocablement l’intérêt, a priori déjà très frêle, et l’attention, toujours vacillante, de votre interlocuteur ou lecteur.  Bien sûr, s’il s’agit d’exprimer un goût prononcé pour les fraises, ou pour Brad Pitt dans la pub de Chanel n°5, passe encore (quoique), mais lorsque vous souhaitez expliquer, par exemple, pourquoi la poursuite effrénée de la compétitivité est une obsession aussi inepte que dangereuse, là, c’est pratiquement peine perdue.

Ceci est vrai à l’oral, bien sûr, dans nos discussions quotidiennes.  Et que dire du sort réservé à l’écrit !  Sans même parler de livres, qui prend encore le temps de nos jours de lire de rébarbatifs articles techniques sur l’économie ou la politique (la vraie, celle des idées, pas la vie politicienne de tel parti ou de tel politocrate diffusée par nos « grands » médias).  Finalement, très peu de gens, quand on regarde autour de nous.

J’aurais aimé vous présenter, et je l’espère, vous inciter à aller lire, deux nouveaux documents sortis dans le silence le plus absolu en cette fin-octobre début-novembre, deux documents majeurs pour la compréhension de ce que pourrait concrètement être une alternative réaliste à la pensée unique dominante.  Chacun de ces deux document est l’antithèse parfaite d’un autre document dont vous avez en revanche été copieusement abreuvé ces derniers jours.  Le yin et le yang, en double:

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Les bœufs arrogants et les charognards psychopathes


Juste un petit calcul, rapide (euh, p’tre pas, finalement), parce que ça m’énerve trop.

N’ayez crainte, c’est très simple.  Tellement simple que je me demande comment il est possible que je n’entende personne en parler.  Ah si, pardon.  Suis-je béta, quand je m’y mets.  J’avais oublié ce que sont devenus nos « journalistes ».  Désolé, on ne m’y reprendra plus.  Juré.

Nous avons appris, grâce à une annonce de l’AFP du 21 mai 2012, le résultat définitif de l’opération de restructuration de la dette grecque liée au deuxième « plan de sauvetage » du pays mis sur pied par l’UE au début de l’année 2012.  Au final, donc, la dette de l’administration centrale grecque s’élève maintenant (mars 2012), suite à cette restructuration, à 280,292 milliards d’euros.  Ce qui correspond à une baisse de 23,8% sur un trimestre.  En effet, au 31 décembre 2011, la dette budgétaire s’élevait à 367,978 milliards d’euros.  Ce chiffre, tempère immédiatement l’annonce de l’AFP, ne représente toutefois pas le total de la dette souveraine du pays devant être annoncée ultérieurement qui sera d’un montant plus élevé, selon une source au ministère des Finances Grec.

Il n’en fallait pas moins pour que nos brillants médias s’enflamment et s’extasient devant ce qu’il est tout à fait légitime, estiment-ils, d’appeler un franc succès, à imputer, ne boudons pas notre gratitude, à l’intelligence de nos dirigeants politiques européens qui ont su inventer ce plan de sauvetage et à l’abnégation de nos banquiers financiers qui ont accepté de s’asseoir sur 107 milliards de créances.  Alléluia !  Gloire à eux !

Vous vous rendez compte !  Passer de 368 milliards à 280 milliards !  En un trimestre !

Une dernière couche pour que tout le monde comprenne bien à quel point nous sommes redevables à nos saigneurs et maitres.  On nous rappelle ainsi que, au total, la communauté internationale politique (états) et financière (banques privées) aura donc fourni un effort global de 365 milliards d’euros (2 plans de prêts à la Grèce + effacement d’une partie de leur dette).  Mais que grâce à « cette cure, accordée en échange d’engagements du pays à suivre un rigoureux régime d’ajustement budgétaire et de réformes » (expression qui doit être à l’art de l’euphémisme ce que La Joconde est à la peinture), la dette souveraine grecque est censée chuter de plus de 160% du PIB fin 2011 à 120,5% du PIB en 2020.  C’est exact, c’est bien ce que prévoit le mémorandum imposé aux Grecs par la troïka lors du deuxième « plan d’aide » (et que Syrisa va bientôt envoyer aux oubliettes de l’histoire de l’inhumanité, mais ceci est une autre histoire).

Oui, mais !  Comme toujours, je vois un gros MAIS dans leur propagande à 2 balles.

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