Le ruissellement des adrets ou le trickle-down pour les nuls


La théorie du ruissellement, ou trickle-down en anglonomique, est une théorie économique (absurde) d’essence purement libérale selon laquelle les revenus des plus riches contribuent, directement (par la consommation) ou indirectement (par l’investissement) à l’activité économique et donc à l’emploi dans le reste de la société (les gueux, les pauvres, les sous-merdes, nous autres, le bas peuple).  C’est cette théorie (débile) qui est avancée pour justifier les réductions d’impôt sur les hauts revenus et les grandes entreprises.

En bref, selon cette théorie (fumeuse), plus on laisse de fric aux très riches, plus les pauvres en profitent (par ruissellement depuis le haut de la montagne que constitueraient ces oligarques parasites, mon dieu que l’image est belle, que dis-je, poétique, j’en essuie même une petite larme à l’instant où je vous parle).

J’ai souvent évoquée l’ineptie de cette théorie, comme par exemple ici ou .

Une nouvelle preuve à verser au dossier (pour les irréductibles du Dogme).  Concrètement, la théorie du ruissellement, c’est ça:

En 1 an:

  1. les 500 premières fortunes de France se sont enrichies de 25%
  2. pendant que le SMIC aura augmenté de 2,3% et les retraites de +1,3 % (pour coller comme prévu par la loi à l’inflation), et pendant que le chômage, la précarité, la pauvreté et le nombre de sans abris explosent

Franchement, je pense qu’il est grand temps de sortir nos parapluies.  Ça ruisselle tellement qu’on risque sérieusement de se faire tremper!

Quelques chiffres qui donnent le tournis:

  • La richesse des 500 premières fortunes de France s’établit donc aujourd’hui à 330 milliards d’euros
  • Elle n’a jamais été aussi élevé depuis 1996 (année du 1er classement des « 500 » de Challenge)
  • Elle a quadruplé en une décennie
  • Elle représente 16% du produit intérieur brut du pays
  • Elle compte pour 10% du patrimoine financier des Français, ce qui signifie que un dixième (1 / 10) de la richesse est concentrée entre les mains d’un 100 millième (1 / 100 000) de la population

Oui mais attention!  Car depuis un an, on a à faire à un trickle-down de « gôche »!  Le ruissellement de droite, c’est fini!  Le changement est passé par là.

Maintenant, ça ruisselle sur l’adret de la montagne.

(J’espère que vous voudrez bien me pardonner cette commodité de style – puisque je sais qu’il n’existe point de tels choses que la gauche ou la droite en géographie – que je pourrais néanmoins expliquer, sous la torture par exemple, par le fait d’avoir toujours associé, de manière inconsciente, la gauche à l’adret, avec son ensoleillement, sa vivacité et sa chaleur, et la droite à l’ubac, avec sa froideur, son obscurité et son humidité.  Juré. :D)

Orgueil et préjugés … et apostolat


Je vous jure, c’est pas moi qui ai (re-)commencé ! C’est eux, promis. Toujours les mêmes. Le Doze, le Barbier … et tous les autres.

Il faut vous dire que, les jours de boulot, les matins sont pour moi des moments utiles pour m’informer sur notre monde. J’ai la chance de pouvoir également ponctuer mes journées de quelques autres parenthèses informatives pendant lesquelles je dévore quantité d’articles, soit en ligne sur le Net, soit dans la presse écrite à laquelle je suis abonné (Monde Diplo et Politis), mais le matin demeure important. Cela se passe inévitablement en deux temps (et beaucoup plus que trois mouvements). Il y a la phase où j’ingurgite mon petit déjeuner, temps propice à un zapping effréné sur les différentes chaines d’infos continues.

Et il y a la phase … comment le dire tout en restant dans la bienséance que la charte de mon blog impose … de transit inverse … pendant laquelle je lis principalement des essais, d’économie, ou de philosophie, ou de politique, voire, quand l’occasion se présente, d’économique politique ou de philosophie politique (il me reste encore à découvrir des ouvrages de philosophie économique ou d’économie philosophique, hum, ça doit être chaud, ça). Je trouve que le matin est une période propice pour ce genre de lecture quelquefois aride (si j’osais, je dirais austère) qui requiert une attention et une vivacité neuronale aiguisées que le fil de la journée émousse nécessairement. Combien de penseurs essentiels à ce que je suis (tels Rousseau ou Marx) ont ainsi défilé dans ce petit coin de mon existence ! (Pour info, si cela vous intéresse, espèce de petits curieux, sachez que je me réserve les romans comme gourmandises sucrées pour le soir.)

Et chaque matin, quel contraste ! Quelle opposition entre ce que je lis et ce que j’entends ! C’est tout simplement ahurissant.

La période actuelle est exemplaire de ce prodigieux décalage. Deux mots dominent actuellement l’actualité (si j’omets bien sûr les mots « intégriste », « islamique », « mosquée » et « pain au chocolat »). Ce sont, vous me l’accorderez bien volontiers sans que j’ai besoin de compiler de fastidieuses statistiques: austérité et compétitivité.

Or il se trouve qu’en ce moment, Poursuivre la lecture « Orgueil et préjugés … et apostolat »

Qui sème la social-démocratie récolte la droite réactionnaire


Est-ce suffisant ?

Combien de « leçons » de l’Histoire faudra-t-il encore subir pour que les électeurs socialistes ou centre-gauche ou écologistes se rende à l’évidence:

La social-démocratie assassine la gauche

En Espagne, quelques années de gouvernement socialiste Zapatero ont permis cet événement majeur: la majorité absolue pour Mariano Rajoy, un fervent défenseur du Dogme néolibéral, qui préconise dans cette situation de crise … « un assouplissement du marché du travail plus grand que celui décidé par le gouvernement précédent, une baisse de la fiscalité sur les entreprises, un plus grand nombre de privatisations et une forte baisse de la dépense publique ».  Tiens, comme c’est original.  Toujours la bonne vieille recette qui ne marche pas. Mais cette fois administrée, non plus par un prétendu homme de gauche mais par un assumé homme de droite. Quelle sera la différence pour le peuple ? aucune.  L’austérité quelle que soit sa provenance a toujours le même goût amer. Poursuivre la lecture « Qui sème la social-démocratie récolte la droite réactionnaire »