Don Sarkozy et l’argent Libyen transporté par Takieddine

Ziad Takieddine, l’homme qui a introduit Nicolas Sarkozy auprès de Mouammar Kadhafi, raconte comment il a apporté au ministère de l’intérieur de ce même Nicolas Sarkozy, entre fin 2006 et début 2007, plusieurs valises (3 livraisons) d’argent liquide préparées par le régime libyen, pour un montant total de 5 millions d’euros.

Comment se fait-il qu’un type comme celui-là [Sarkozy] puisse prétendre encore une fois à la présidence de la république

Le peuple français doit réagir

Ça va exploser !  Je vous dis, ça va exploser !

Même la mafia était un peu plus respectueuse que ça.

Ziad Takieddine, le 12 novembre 2016

Merci Médiapart

Aux 2 Jérôme fondus


Le fusible a pour fonction la protection d’un circuit en y créant subitement une coupure lorsque le courant électrique dans celui-ci atteint une valeur d’intensité dangereuse, ramenant ainsi l’intensité de ce courant à zéro.

Cette semaine, j’ai regardé une vidéo et j’ai lu un article.  Pas mal pour une semaine, nan?  Non, évidement, j’en ai visionné et lu bien d’autres, mais ces deux-là méritent vraiment à mes yeux qu’on s’y arrêtent deux minutes (en fait, un peu plus, mais j’ai pas pu faire plus court, désolé:-().  Pourquoi?  Parce que les bras m’en sont tombés.  Par deux fois! (oui, les bras repoussent très vite chez moi, comme la queue chez le lézard)!  Oh, bien sûr, on sait tout ça.  On croit savoir tout ça.  Mais, c’est chaque fois pareil.  Dès que l’on y est de nouveau (re-)confronté, sur un exemple précis, une histoire réelle, un cas exemplaire, on est saisi de nouveau par le même sentiment d’écœurement mêlée de colère que la toute première fois, quand on découvrait, des boutons pleins la gueule et Led Zep plein les oreilles, le capitalisme et toutes ces turpitudes.

Deux histoires de fusibles.  Ces histoires sont énormes.  Elles sont d’actualité.  Qui en parlent?

  1. J’ai regardé les questions de la Commission d’enquête sur le rôle des banques et acteurs financiers à M. Pierre Condamin-Gerbier qui raconte l’histoire du fusible Cahuzac protégeant un système de blanchiment de fraude fiscal généralisé de l’oligarchie française
  2. et j’ai lu l’article de M. Jean-Luc Mélenchon sur le rôle de la Société Générale et de l’État français dans l’affaire Kerviel qui raconte l’histoire du fusible Kerviel protégeant une banque systémique et des ministres

Les dessous de l’affaire Cahuzac

Vous me connaissez, avant de regarder la vidéo, j’ai fait mes devoirs.  Je ne connaissais pas ce Pierre Condamin-Gerbier.  Je suis donc allé le découvrir, histoire de pas me faire endormir.  Disons-le tout de suite, c’est un type de droite.  Un bon gros UMP.  Il a été, jusqu’en 2009, directeur de la délégation UMP en Suisse.  Suisse?  Ça vous fait penser à quelque chose?  Bingo!  En sus d’être sympathisant UMP, il est avant tout un banquier.  Un banquier en Suisse donc.  Un peu comme un torero en Espagne.  Ça vous plante le décor.  En effet, après un passage chez UBS, il a été de 2006 à 2009 associé-gérant de Reyl & Cie, à Genève, une société de gestion de patrimoine qui fait de l’optimisation fiscale, c’est à dire dans le meilleur des cas de l’évasion et la plupart du temps de la fraude fiscale, pour des grosses fortunes.  Et à ce chef, il a eu à gérer de nombreux dossiers de personnalités politiques.  (Au fait, pour l’anecdote, le fondateur de l’établissement Reyl, Dominique Veyl, n’est autre que le demi-frère du gestionnaire de fortune de Jérôme Cahuzac et conseiller patrimonial de Nicolas Sarkozy.)

Sachant tout cela, vous pouvez maintenant vous lancer courageusement dans le visionnage de cette vidéo:

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Le concile du Bilderberg 2013, préhistoire 2


Ça y est la philo, c’est fini.  Les futurs bacheliers peuvent maintenant s’arrêter de (re)penser le monde et se consacrer pleinement à savoir comment se faire de la tune.  J’ai trouvé rafraichissante, à l’inverse des lecteurs du Monde (mais est-ce étonnant?), la politisation de certains sujets de cette mouture 2013.  Comme quoi, mes propres sujets proposés ce week-end pouvaient constituer une utile préparation.  Je retiens 3 sujets:

  1. Peut-on agir moralement sans s’intéresser à la politique ? (Série S)
  2. Être libre, est-ce n’obéir à aucune loi ? (Série Techno)
  3. Que devons-nous à l’État ? (Série ES)

Avec tout ça, je me rends compte que je n’avais pas fait écho à la dernière grand-messe du Bilderberg qui s’est tenue du 6 au 9 juin à l’hôtel Grove près de Londres.  Voci qui va être corrigé.

Comme vous le savez, ce rassemblement annuel est à l’Église du Libéralisme, ce qu’un concile est à l’Église catholique.  Les prélats de chaque département de l’Église (industrie, finance, politique, armée, média, enseignement, people, etc) s’y réunissent pour établir et faire évoluer ensemble, mus par leur engagement indéfectible et leur discipline sans faille, les règles et dogmes de l’Église ainsi que les moyens pour les répandre à travers le monde.  Les canons de la foi, en quelque sorte.

Les participants

Cette année, l’ecclésiastique choisi pour présider les séances était une nouvelle fois:

  • le comte Henri de La Croix de Castries, Chairman et CEO (ce qui veut dire « grand chef blanc ») du groupe AXA, et ami de Nicolas Sarkozy et de François Hollande.

Parmi les autres français, nous retrouvons des évêques et cardinaux habitués de ces petites sauteries:

  • Nicolas Baverez, arrogant endormi à la face contrite de jubilation morbide devant les désastres de l’austérité, dont son dernier opus d’allégations sans démonstration et de poncifs les plus éculés de la doxa libérale s’intitulait « Réveillez-vous ! »,
  • Nicolas Barré, le bien nommé, directeur de la rédaction des Échos, tout est dit,
  • Christine Lagarde, directrice générale du FMI, affameuse en chef de centaines de milliers de personnes de par le monde (en Afrique, en Amérique du Sud, en Asie et maintenant en Grèce, en Espagne, au Portugal, etc, liste malheureusement vouée à s’allonger), qu’il faudra bien un jour ou l’autre poursuivre, au même titre que Michel Camdessus ou Dominique Strauss Kahn, pour crime contre l’humanité,
  • et Jean-Dominique Senard, le patron du géant du pneu Michelin, qui tente actuellement de défendre habilement les suppressions de postes du site de Joué-les-Tour, et dont la rémunération personnelle pour l’année 2012 s’élevait à … plus de 2,1 millions d’euros.

Toujours côté français, quelques nouveaux curetons ont gouté aux plaisirs indicibles de l’entre-soi oligarchique, comme par exemple:

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Toutes les fortunes de France négocient leurs impôts


Je suppose que vous en avez déjà entendu parler, mais c’est tellement énorme que je ne peux pas ne pas le reprendre ici, ne serait-ce que pour en garder une trace:

« Toutes les fortunes de France négocient leurs impôts »

Et ce n’est pas votre serviteur, un bolchévik hirsute bien connu qui, puisqu’on en parle, arbore encore à la commissure des lèvres, en ce moment même, le sang bleu des enfants qu’il a dévorés au petit déjeuner, mais lui, Henri Guaino, ancien conseiller spécial du président de la République Nicolas Sarkozy et député UMP des Yvelines:

Bon, désolé de vous abandonner si vite mais je dois appeler l’Élysée pour prendre rendez-vous.  Car je m’en vais de ce pas négocier le montant de ma future retraite.  Ça marche bien pour « toutes les fortunes de France », ça devrait également marcher pour un sans fortune comme moi, non?  Vous ne croyez pas?

Que vous êtes défaitiste quand même!

Dimanche, je me rendrai dans l’isoloir en trainant des pieds


Ou pas.

Merde, vous voyez, juste le fait de l’écrire et me voici qui replonge dans l’hésitation.

Allez, je vais tenter d’aller jusqu’au bout de ce que j’ai à dire.  Sans trembler.  Sans reculer.  Sans renoncer.  Le fait de le coucher sur le papier, ou sur l’écran de mon ordi, me permettra de mieux structurer mon raisonnement et de là, de valider ma décision.   C’est également une manière de m’auto-contraindre.  Une fois écrit, comment pourrais-je en effet me renier?  Je suis conscient que les élucubrations personnelles qui suivent peuvent ne pas intéresser grand monde.  Je ne m’offusquerai donc pas si certains préfèrent retourner au passionnant grand-débat-d-entre-les-deux-tours, comme il est maintenant convenu de nommer le rituel qui se tient en ce moment même sur l’autel cathodique, devant des millions de télé-fidèles.  Pourquoi le premier candidat a-t-il choisi une cravate de couleur bleue marine et pourquoi l’autre en a-t-il plutôt choisie une de couleur … bleue marine, est-ce que les fauteuils dans lesquels trônent et pérorent nos 2 impétrants étaient à la bonne hauteur, est-ce que la température était plutôt proche de 19° ou plutôt de 20°, quelle petite phrase assassine et savamment préparée marquera l’histoire de ce cru 2012, … Voilà les questions de fond sur lesquelles plancheront ensuite les politologues et communicants avertis (mais y a-t-il une différence?) qui pullulent dans notre presse, écrite et audiovisuelle, afin de nous éclairer le chemin vers la lumière de la décision.  Ils appellent ça un « décryptage ».

Bref, pour ma part, je tenais donc à « décrypter », pour ceux que ça intéresse,  la position je j’allais bien pouvoir adopter pour ce second tour de l’élection présidentielle:  abstention, l’abstention offensive s’entend ;-), comme je me l’étais promis et comme tous mes sens me poussent à le faire ou … l’autre, le mou, le bouchon de liège, la feuille morte, le capitaine de pédalo.

Voici.

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When the streets have no name


Quand les mots n’ont plus aucune signification, quand ils ne servent plus à désigner sans ambigüité une chose ou une idée précise, mais son exact contraire,

Quand les politiques n’ont plus aucun scrupule, quand ils n’éprouvent plus aucune honte à dire une chose et son contraire, à dire une chose et faire l’inverse, à changer en permanence de positions,

Quand les journalistes n’ont plus aucune déontologie, quand ils ne se voient plus comme quatrième pouvoir, ni même comme contre pouvoir, quand ils ne s’imposent plus de connaître les faits et de les rapporter intacts au plus grand nombre, quand ils n’ont plus le désir ou les capacités de confronter leurs interlocuteurs à leurs contradictions,

Quand les citoyens n’ont plus aucune culture, quand ils ne se sentent plus le devoir de rester informés de leur histoire, de l’Histoire et de l’offre politique qui leur est proposée, quand ils ne respectent plus la condition fondamentale de la démocratie:

« quelque faible influence que puisse avoir ma voix dans les affaires publiques, le droit d’y voter suffit pour m’imposer le devoir de m’en instruire », Jean-Jacques Rousseau dès l’introduction Du Contrat Social

Quand les êtres humains n’ont plus aucune empathie, quand ils acceptent, sans même que cela leurs paraisse insoutenable, l’idée que l’on puisse dénier à d’autres être humains le droit à être soignés, le droit à être éduqués, le droit à rester en famille, le droit à se loger convenablement, le droit à éprouver plus de difficultés que d’autres sans pour autant devoir être condamnés à l’opprobre, l’abandon et l’oubli, le droit à essayer d’être heureux

Alors …

Alors tous les ingrédients sont réunis pour que soit parfaitement scénarisée, que soit quotidiennement jouée et que soit goulument dévorée l’affligeante parodie de démocratie qui nous est proposée aujourd’hui. La scène est grandiose et les marionnettistes bien cachés au sommet des cintres financiarisés.  Le spectacle qui nous est offert met en émoi le tout-France.  Les spectateurs-zappeurs-voteurs de se passionner pour ce vaudeville grandiloquent, ce jeu de rôle dans lequel seuls ont survécus Sarkopen, le Nain halluciné, et Hollandreou, le Mage déboussolé.

Tout le monde comprendra qu’il est fondamental pour les marionnettistes que nous continuions de croire que nous sommes en démocratie, que nous sommes donc maîtres de nos destins, que nous avons le choix entre une politique économique libérale de droite et une autre politique économique qui serait de gauche, que nous pouvons donc changer d’orientation, qu’une réelle alternative nous est proposée.   Que d’efforts déployés pour nous présenter cette farce de manière crédible.  Un exemple ?  Tiens, écoutons le Nain halluciné sur RTL, la radio des beaufs réactionnaires, hier matin:

Ce qu’assène péremptoirement, et à plusieurs reprises, M. Sarkozy dans cette interview est inexact.  Malheureusement!  Devrais-je ajouter en véritable homme de gauche.  Mais c’est totalement faux.  M. Hollande ne propose absolument pas dans son programme « d’embaucher soixante et un mille fonctionnaires ».  Non, il ne propose pas « de créer 60 000 emplois de fonctionnaires »!  C’est faux!  Pourquoi suis-je donc le seul à réagir, à m’indigner que l’on puisse ainsi mentir ouvertement?  Et un président de la République en plus!

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La MES est dite, amen


Les français ont voté.

Ils devront maintenant « choisir » au second tour entre une politique économique dictée par les instruments européens au service de la finance inhumaine (MES, TSCG, Pacte Budgétaire, Semestre Européen, Traité de Lisbonne) et … une politique économique dictée par les instruments européens au service de la finance inhumaine (MES, TSCG, Pacte Budgétaire, Semestre Européen, Traité de Lisbonne).  Ils ont donc choisi de ne se laisser aucun choix.

Peut-être n’êtes-vous pas très nombreux à lire mes billets.  Probablement qu’une très grande majorité des français a voté sans même avoir le début du commencement de la moindre petite idée de ceux que proposaient exactement les candidats.  Sûrement que ce billet ne servira encore pour pas grand chose.  Il est pratiquement certain que je vais redonner les 2 programmes qui restent en lice pour des nèfles.  Combien de gens vont les lire?  Mais tant pis, c’est plus fort que moi, je veux toujours parier sur un sursaut d’intelligence des citoyens.  Voici donc le non-choix que nous nous sommes laissé:

 

Aujourd’hui, je m’en veux énormément.  De m’être laissé aller, encore une fois, à croire que nous serions capables, nous français, en tant que peuple adulte et responsable, d’avoir le courage d’emprunter un nouveau chemin vers une nouvelle société, une société de partage, de coopération et de solidarité.  À mon âge!  Quelle indécrottable jeune con je fais!  Bon, je me trouve une excuse (il faut bien, c’est moi quand même ;-)) dans le fait que c’était la première fois depuis des lustres que cette perspective existait réellement dans un véritable programme de gouvernement, et était proposée démocratiquement aux français.  Dommage.

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