Présidentielle 2017 : temps d’antenne CSA

Bien, après ces folles semaines de février, regardons de plus près, si vous le voulez bien, les temps d’antenne des candidats transmis au CSA par les principales chaînes de télévision et de radio.

Je sais que je vais me faire agresser par tous les suppôts d’Asselineau, de Dupont-Aignan ou bien encore de Charlotte Marchandise, mais je n’ai malheureusement (ou heureusement finalement) que 2 bras (et ils sont pas longs), 10 doigts (et ils servent pas tous pour taper au clavier) et 2 jours de repos par semaine (et je n’ai pas le job de Mme Fillon).  J’ai donc dû réduire mon étude aux 5 « principaux » candidats (Mélenchon, Hamon, Fillon, Macron et Le Pen), à 3 chaines de télé généralistes (TF1, France2 et France 3), 4 chaines d’info en continu (BFM, Itélé, LCI et FranceInfo) et plusieurs stations de radio.  En outre, je ne me suis intéressé qu’aux pourcentages totaux de temps d’antenne des candidats, c’est à dire le pourcentage de temps d’antenne que chaque chaine a accordé à chacun des candidats (la somme de tous ces pourcentages pour chaque chaine doit donc faire 100%, bon, là, en fait, ça fera un peu moins de 100% vu que je n’ai pris que 5 candidats, c’est clair ?).

Dernière précision, le temps d’antenne comprend le temps de parole d’un candidat, les interventions de soutien à sa candidature et l’ensemble des séquences qui lui sont consacrées, si celles-ci ne lui sont pas explicitement défavorables.

Tous les chiffres sont extraits des relevés du site du CSA pour la période du 1er au 26 février 2017.

La distorsion Fillon

Alors, clairement, le mois de février a été le mois des turpitudes Fillon and Co.  En gros, pendant un tiers de leur temps d’antenne, TOUTES les chaines audiovisuelles nous ont cassé les bonbons avec les embrouilles Fillon.  Il est donc « naturellement » très largement en tête sur TOUS les médias étudiés :

Une mention spéciale à la chaine d’info en continu FRANCEINFO qui a consacré presque la moitié (43%) de son temps d’antenne sur les présidentielles à Fillon et sa famille mafieuse.

Vivement qu’il aille au trou celui-là et qu’il disparaisse dans les poubelles de l’histoire pour qu’on puisse reprendre le fil normal d’une campagne électorale. Poursuivre la lecture de « Présidentielle 2017 : temps d’antenne CSA »

Mélenchon : les garanties demandées à Hamon

Jean-Luc Mélenchon a proposé un rendez-vous à Benoît Hamon en fin de semaine prochaine en vue de discuter d’un accord éventuel.  Cette invitation est formalisée dans une lettre ouverte « pour faciliter la conversation et donner [à M. Hamon] un cadre clair ».  Dont acte.

Voici les 7 garanties qui y sont demandées à M. Hamon pour envisager un accord :

  1. Garantie 1 : périmètre de convergence = présidentielle + législatives sans Macron
  2. Garantie 2 : rupture avec le quinquennat et donc engagement clair à abolir les mesures emblématique comme la loi El Khomri, le CICE et l’état d’urgence permanent et mise à l’écart des ministres du gouvernement
  3. Garantie 3 : convocation d’une assemblée constituante dans les trois premiers mois de la nouvelle mandature
  4. Garantie 4 : cycle vertueux du partage de la richesse (augmentation du SMIC et des minima sociaux, échelle des salaires et limitée de un à vingt, instauration de la sécurité sociale intégrale, et au minimum retour aux 35 heures réelle et retraite à 60 ans avec 40 annuités)
  5. Garantie 5 : changement de la matrice productive avec sortie du nucléaire et passage au cent pour cent d’énergies renouvelables
  6. Garantie 6 : récupération de l’autonomie économique (retrait du CETA après consultation du peuple, arrêt immédiat des directives européennes mettant en cause les services publics, plan B en cas d’échec des discussions sur la fin des traités budgétaires)
  7. Garantie 7 : indépendance du pays avec sortie de l’OTAN

Cela me paraît en effet un minimum (je rappelle ma position personnelle sur ce sujet exposée dans ce billet depuis déjà quelques temps).

Nous verrons bien où cela va nous mener (à mon avis pas bien loin et je pense que c’est mieux ainsi).  Comme le dit lui même M. Mélenchon dans la conclusion de sa lettre :

Le mouvement « la France insoumise » s’est constitué sur un programme et une candidature qui le porte.  Rien d’autre.  Cela nous suffit amplement pour vouloir en convaincre le grand nombre.

Et je compte bien que, si accord il devait y avoir, M. Mélenchon ferait le nécessaire, comme il le promet en fin de lettre, pour

consulter les 250 000 personnes qui se sont personnellement engagées à [ses] côtés sur la proposition qui leur serait faite.

Quant à moi,  je connais d’ores et déjà ce que sera ma réponse, quel que soit l’accord. Car tout entente bidouillée avec le PS nous fera perdre immédiatement notre soutien populaire.

NON merci.

Rassemblement de Messieurs Hamon, Jadot et Mélenchon ?

Je viens, une nouvelle fois, de recevoir un énième pitoyable message pour signer un appel au rassemblement de Messieurs Hamon, Jadot et Mélenchon en vue de la présidentielle 2017.

Et là, j’ai (encore) envie de hurler : mais est-ce une une plaisanterie ?

Sérieusement, les gars,

sans même parler de l’aspect insultant qu’il y a à prétendre oublier que deux des trois susnommés, MM Hamon et Jadot, sont depuis tant d’années, personnellement et/ou avec leurs groupes parlementaires, partie prenante – en tant que membre de gouvernement, en votant pour, en s’abstenant ou en ne votant pas les motions de censure – de l’ensemble des régressions sociales, écologiques et diplomatiques mises en place par notre Assemblée nationale (TSCG, CICE, ANI, pacte de responsabilité, la loi Macron, lois sur les retraites et j’en passe) ou par le Parlement européen (semestre européen, six-pack, two-pack, pack ferroviaire, TAFTA, CETA, politique étrangère, alignement OTAN et j’en passe),

sans non plus évoquer l’aspect burlesque de la situation actuelle dans laquelle un des trois susnommés, M. Hamon, ose présenter un (pseudo-)programme pour la prochaine présidentielle qu’il lui suffirait pourtant, s’il était sincère, de demander à l’actuel Président et à l’actuel premier ministre d’appliquer immédiatement puisque tous deux ont apporté leur soutien au candidat (et donc, on suppose à son programme) et … qu’ils ont toujours le pouvoir pour encore trois mois,

il faut que les signataires de ce genre d’appels affligeants comprennent une bonne fois pour toutes que « l’Avenir en commun » n’est en aucune façon le « programme de M. Mélenchon ». Il n’en est aucunement propriétaire et ne peut donc en aucune façon en faire ce que bon lui semble. Il s’agit d’un programme pensé, mûri, discuté, construit, articulé, ficelé depuis des mois par des milliers de personnes inconnues, avec comme seul et unique objectif désintéressé, la recherche de l’intérêt général.  Il n’est donc tout simplement pas envisageable (lisez sur mes lèvres : PAS ENVISAGEABLE) que tout ce travail soit bazardé du jour au lendemain au profit d’une alliance politicarde bancale de dernière minute qui ne ferait en outre (et pour se  situer au même niveau stratégique que les signataires de ces appels) que renforcer les votes contestataires vers Mme Le Pen.

Afin d’illustrer mon propos, prenons ce dernier appel par exemple, appel signé par un certain nombre de personnalités (dont certaines que j’apprécie pourtant) comme Geneviève Azam, Gérard Filoche, Jean Gadrey, Susan George ou Denis Robert (pas toutes, hein, faut pas exagérer quand même).

Non mais sérieusement, une fois retirée toute la verbiage de bois insupportable, on est en droit de se demander : c’est quoi au juste ce putain d’appel de bisounours ?  Je lis :

Bla bla bla

« C’est pourquoi nous vous appelons à […] présenter une candidature d’union au service de la France […] en présentant avant tout un projet de société, une équipe pour le mettre en œuvre et une nouvelle perspective démocratique incluant la société civile. »

Bien.  Mais encore ?  Quelle démarche concrète proposez-vous pour aboutir à un tel vœu pieux ?  De reprendre à zéro tout le processus d’élaboration d’un projet ambitieux, complet et cohérent ?  Quel programme boiteux pourrait sortir d’une telle tentative de fusion en à peine deux mois de temps ?  Et qu’est-ce qui vous fait croire que les insoumis (qui ont déjà fait le travail une première fois) maintiendraient leur vote pour un tel improbable amalgame insoluble (quel que soit son porte-parole, M. Mélenchon compris) ?  Et en admettant que tel fût le cas, quelle majorité parlementaire pensez-vous pouvoir trouver pour ensuite appliquer un tel programme ? Pensez-vous sérieusement que Mme El Khomri, ou n’importe quel autre député PS de la future assemblée voterait une loi d’abrogation de … la loi El Khomri ?

Allons. Tout cela n’est évidemment pas responsable. Il serait grand temps d’arrêter ces suppliques aussi ineptes qu’indécentes. Que ceux qui veulent vraiment « l’union des candidatures de MM Hamon, Jadot et Mélenchon parce qu’elles sont compatibles sur l’essentiel » et que cela « apparaît comme le seul espoir raisonnable d’une présence et d’une victoire au second tour », que ceux-là demandent à MM Hamon et Jadot de prendre leur responsabilité en se désistant et en rejoignant la France Insoumise qui a déjà fait le boulot.

Pour mettre les points sur les i, si ça intéresse les belles personnes, qu’elles sachent que personnellement, en tant qu’insoumis, je ne voterai pas, ni à la présidentielle, ni aux législatives qui suivent, pour un programme qui, pour pouvoir être appliqué, devrait passer sous les fourches caudines des appareils PS et verts.  Ces derniers ont pendant des années voté (pratiquement) systématiquement à l’opposé de mes convictions et je ne m’attends aucunement à ce que cela change dans l’avenir juste parce que quelques nigauds prient très fort pour que cela advienne. Et pour qu’ils comprennent une bonne fois pour toutes que cela n’a rien à voir avec une quelconque idolâtrie, j’ajoute que telle serait ma position même si ce nouveau chimérique programme commun était porté par M. Mélenchon.

Clair ?

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La pauvreté est inacceptable, il faut supprimer … l’ISF

Coïncidence curieuse, le même jour, hier jeudi 17 novembre 2016, était publié le rapport statistique annuel du Secours Catholique sur l’état de la pauvreté en France 2016, et se tenait, sur une quelconque chaine du CAC40, le dernier débat de la primaire de la première droite (la seconde droite tenant la sienne plus tard, et la troisième droite ne tenant pas de primaire du tout).

Vous reconnaitrez qu’il serait négligent, au moins aussi inconséquent qu’un journaliste du Monde, de ne pas établir de lien entre ces deux événements concomitants .  Car, si le premier dessine clairement le paysage de la France des pauvretés où les inégalités ne cessent de se creuser, le second, Dieu merci (en hommage au secours catholique quand même), nous dessine tout aussi clairement le contour de l’ordonnance qu’il convient de méthodiquement et religieusement (toujours l’hommage) appliquer à notre souffrante France pour abattre le fléau.

Les 7 nains de la droite primaire, j’ai nommé Jean-François Copé, François Fillon, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Jean-Frédéric Poisson et Nicolas Sarkozy, rivalisent en effet d’astuces tout aussi ingénieuses que novatrices (autant que l’on puisse considérer le programme de l’ignoble Thatcher d’il y a 40 ans comme novateur) pour éradiquer en un tournemain cette affliction d’un autre age pour la 6ème puissance économique mondiale.

Faut-il tout de même avoir l’esprit chafouin, voire tortueux, pour ne pas reconnaitre Poursuivre la lecture de « La pauvreté est inacceptable, il faut supprimer … l’ISF »

Lenglet, Mélenchon et Morales

Juste un petit mot sur la dernière émission (ouf, Pujadas va peut-être enfin s’adonner à temps plein à la pêche à la mouche ou au perfectionnement des graphiques sous Excel) de « Des Paroles et Des Actes » (DPDA) d’hier soir que j’ai regardée dans son intégralité.  M. Mélenchon en était l’invité (ceci explique peut-être cela 😉 ) et, compte tenu de ce qui suit, s’en est très bien sorti, me semble-t-il.

Car l’émission a parfaitement collé à ce à quoi je m’attendais.  On aurait dit que j’en avais écrit le script au préalable.  Coups fourrés, coupures incessantes, harcèlements perpétuels, propagande éhontée sous couvert de questionnement « journalistique », débats sans queue ni tête (surtout celui avec Emmanuel Cosse qui, clairement, n’était pas venue pour débattre mais pour tenter de justifier – aux yeux de qui on se le demande bien ? – sa dernière pitoyable traitrise) avec des opposants en bois et bien sûr mépris de caste à peine dissimulé de la part de toute l’équipe des médiacrates endimanchée.  En fait, la partie la plus intéressante, a probablement été, à mes eux, le débat avec M. Gérald Darmanin, député maire de Tourcoing et membre de LR, un mec de droite donc, mais non sans culture 😉 quoi qu’un tantinet cabot.

Je passe rapidement sur les mini-débats (qui n’en furent pas, comme on pouvait s’y attendre) avec ce que la rédaction de France2 a présenté comme deux Français « ordi­naires », Djibril Bodian, un arti­san boulan­ger de la capi­tale, et Céline Imart, une agri­cul­trice exploi­tante, et qui au final s’avèrent ne pas être du tout des « français ordinaires » puisque le premier est … boulan­ger de l’Ély­sée, et la seconde, diplô­mée de Sciences Po et de l’Es­sec, et s’était essayée à la finance inter­na­tio­nale avant de devenir … vice-prési­dente du syndi­cat agri­cole des Jeunes Agri­cul­teurs (pas vrai­ment le profil le plus repré­sen­ta­tif du monde agri­co­le).

Mais j’en viens rapidement au sujet de mon billet.  L’altercation (qui débute à 49’43) entre M. Mélenchon et M. Lenglet, le soi-disant (et prétendu) monsieur économie à la mode sévissant depuis le service public jusqu’aux tréfonds des plateaux BFMiens, et sa complice de torture oligarchique,  l’aboyante Saint-Cricq, celle qui veut « repérer » et « traiter » les non-charlies, vous vous souvenez ?  En voici une transcription après que M. Lenglet a traité avec un aplomb effarant Evo Morales, président de la Bolivie, de corrompu  :

M. Mélenchon : Pesez vos mots M. Lenglet !  Vous êtes sans doute plus corrompu que ne le sera jamais M. Morales !  Pesez vos mots, hein !

M. Lenglet : Je vous demande de retirer cela immédiatement !

M. Mélenchon : Alors vous, vous retirez ce que vous venez de dire sur Evo [Morales] !

M. Lenglet : Je ne retire rien du tout.

M. Mélenchon : Vous avez une preuve ?  Vous êtes capable de dire … vous traitez M. Morales, président de la Bolivie, de corrompu ?  Vous, M. Lenglet ! (hilare)

M. Lenglet : La petite amie de M. Morales, qui est la mère de son fils, a bénéficié de 500 millions de dollars de commandes publiques ! (scandant sa phrase au rythme de son petit poing battant l’air pour mieux marquer son indignation, je suppose) …

Le ton de Lenglet était ferme, posé, ne laissant transparaitre aucune hésitation.  Franchement, à vous faire douter …

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