Des convergences européennes incontestables avec M. Maurel, vraiment ?

Essayons d’être plus clair, en espérant que quelque « responsable » insoumis tombera sur ce billet.

Tout ce que je demande pour pouvoir (continuer de) voter France Insoumise (FI) aux élections européennes de mai 2019, c’est que la FI, ainsi que tous les candidats présents sur la liste FI, ré-affirment clairement et publiquement au préalable qu’ils soutiennent notre programme, l’Avenir en commun (AEC), et qu’ils en acceptent évidemment toutes les mesures y compris et à commencer par celles qui clivent le plus, celles que les socialistes (au sens PS) ne peuvent imaginer sans défaillir, les mesures en rupture des traités européens.

J’ai écouté Monsieur Maurel lors de la conférence de presse commune organisée avec Jean-Luc Mélenchon et Younous Omarjee au parlement européen, conférence qui visait, selon les termes même des intéressés, à « présenter la coordination qui se met en place » entre eux, suite à la « scission » (sic) de M. Maurel du PS.

Passée la consternation qui me submergea (ça a même débordé au niveau des oreilles, c’est pour dire) à la vue de cette photo de famille pour le moins insupportable, j’essayai de comprendre ce qui pouvait bien valoir à M. Maurel un tel traitement de faveur, le propulsant ainsi directement du statut de « Médiseur opiniâtre de la FI » à celui de  « Candidat adoubé de la FI » sans passage par une phase de contrition affectée en place publique pour ces égarements passés, sans même aucune des démonstrations basiques d’adhésion à un projet pour tout militant sincère (collage d’affiche, réunion du soir, prise de bec sur les réseaux sociaux, discussion interminable devant la télé, lynchage de journalistes, ah non merde, ça, je devais pas le dire).  Pourquoi donc une « coordination » spéciale avec M. Maurel ?  Qui représente-il ?  Pour paraphraser quelqu’un de célèbre qui parlait alors du pontife catholique, Maurel, combien de divisions ? Quelle importance stratégique peut-il bien avoir pour la FI ?  Est-ce réellement pour récupérer au sein de la FI les 650 élus, cadres et militants exfiltrés du PS avec Maurel pour construire le nouveau PS, Génération.s, Ensemble, Après que se tient cette réunion ?  Ne trouvant aucune réponse convaincante à ces questions, je me demandai alors quel mandat avait bien pu recevoir MM. Mélenchon et  Omarjee de la part de quels militants insoumis pour entamer avec ce M. Maurel je ne sais quelle marchandage de boutiquiers alors que nous exécrons tant ces marchandages d’un autre temps ?   Et de quoi peuvent-ils bien discuter d’ailleurs ?  Le programme est connu et non négociable. Il est , au cas où M. Maurel veuille y jeter un coup d’œil.

Cette méthode me chagrine profondément, et picote franchement.  Et probablement que beaucoup d’insoumis ne seront pas aussi débonnaires que moi à passer aussi rapidement à autre chose.  Car j’en reviens au fond du soudain « ralliement » 😀 de M. Maurel.

J’ai bien écouté.  Parce que, pour parler honnêtement, je ne fais aucune confiance en ce M. Maurel, ni à lui, ni à aucun de ses semblables, mollusques socialistes dérivant en quête d’une bouée électorale à laquelle se raccrocher.

J’ai écouté en début de conférence les quelques 5 minutes de M. Maurel.  J’ai trouvé en moi la force de ne pas m’endormir et le courage de ne pas zapper.  J’ai écouté et entendu les enchainements de mots creux habituels, les ritournelles socialistes d’antan.  Des « ruptures fortes et radicales », une tonitruante « dénonciation des traités européens » accompagné d’un pitoyable « Notre ambition c’est de sauver l’Europe » qui a failli me faire verser une petite larme.  Jusqu’au fameux « renouer avec une certaine idée de l’Europe, une Europe au service des peuples » !   M. Maurel, conscient qu’ « on ne peut pas se contenter de réponses fades, de réponses convenues », avertit donc à la cantonade :

« On ne peut pas non plus se satisfaire d’une sorte de double langage, de duplicité qui consiste à dire pendant les élections le contraire de ce que l’on fait une fois qu’on est arrivés au pouvoir. »

Je dois tout de même reconnaitre à M. Maurel une impassibilité aussi certaine qu’insoupçonnée pour avoir réussi à garder son sérieux pendant qu’il prononçait ces mots.  « L’ouverture socialiste » comme on l’appelle maintenant dans le monde politico-médiatique depuis le discours du Bourget de son ex (et futur ?) chef Hollande. Poursuivre la lecture « Des convergences européennes incontestables avec M. Maurel, vraiment ? »

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Une pierre insoumise dans le jardin des Européennes


Note préliminaire :

Maintenant que Macron a probablement récupéré mon nom, mes coordonnées et le nom de mon chat dans les fichiers de la France Insoumise aspirés le 16 octobre par sa police politique lors de la plus grande opération policière jamais organisée par un gouvernement français dans l’histoire récente (peut-être pendant la guerre d’indépendance de l’Algérie, faudrait chercher), je crois que nous devons maintenant revenir à la politique, celle de fond, je veux dire la politique qui parle programme, orientations, stratégies, idées, voire idéologie (pour ceux qui savent ce que ça veut dire).

Adoncques, nous en étions, si je ne m’abuse, à cet instant magique où quelques besogneux petits ex-PS venaient de faire scission (sic) d’avec le susdit PS et où la France Insoumise (FI), par la bouche de son fondateur, Jean-Luc Mélenchon, se disait prêt à éventuellement les accueillir sur une liste FI aux européennes, ou au moins à discuter le bout de gras avec eux, à parler programme contre place, ou que sais-je, justement c’était pas clair, en tous cas à mes yeux, et c’est justement de ça de que j’veux qu’on cause 😉

Et j’allais publier ce petit billet quand, patatra !, un beau matin, je tombe, en me connectant à mon compte Facebook (nul n’est parfait), sur la tête ébouriffée du susdit Jean-Luc, son portable à la main en mode selfie, visiblement pas content du tout et je le comprends, diffusant en live la perquisition qui avait lieu chez lui manu militari (manu polici ?).  Bon, n’ayant pas un petit cœur de pierre tout rabougri et me sentant affecté par cette histoire rocambolesque et solidaire de JLM dans cette épreuve, et vu que ce petit billet concerne plutôt un point de désaccord politique avec JLM et son équipe, j’ai préféré, par respect, par bienveillance, par esprit d’apaisement, pour marquer mon soutien, enfin vous voyez quoi, j’ai préféré repousser quelques temps sa diffusion. 

Il me semble qu’aujourd’hui la vague médiatique est sur le point de passer (même si il y a encore de violents ressacs sur BFM ou dans Libé) et il est temps, je trouve, de relancer la discussion sur les sujets de fond.  J’espère ne pas froisser d’autres insoumis qui considéreraient, eux, qu’il est encore trop tôt pour se (re-)prendre le chou.  Si ce devait toutefois être le cas, je me permets de vous suggérer, en toute amitié, de poser ce billet sur un coin de table, de laisser retomber la sauce en vous adonnant à ce à quoi vous vous adonnez habituellement pour penser à autre chose et de ne le reprendre que dans quelques temps quand la tempête sera passée.

Dans tous les cas, sachez que, étrangement, je ne goûte que très modérément les insultes 😉  Mais je vous concède que je suis bizarre.

Fin de la note préliminaire et de la trêve des perquisitionneurs 😉


Alors comme ça, d’un coup de baguette magique électoraliste, les Maurel, Lienemann et autre improbable Dray, après avoir fustigé et méprisé à longueur de discours et d’articles bileux le programme de la France Insoumise, l’Avenir en commun (AEC), ces opportunistes, dont la duplicité n’a probablement d’égale que la couardise politique, seraient donc finalement tombés d’accord pour sortir des traités européens ?   J’espère qu’ils ne se sont pas fait mal en tombant mais permettez-moi de douter, encore une fois, de leur sincérité (je sais, ce mot sonne étrangement quand on a leur image en tête).

Je rappelle ici à toutes fins utiles, et également à l’adresse des orateurs nationaux de la France Insoumise (FI) qui semblent l’oublier de plus en plus souvent dans leurs interventions, je rappelle donc cette évidence, expliquée dès le début de l’aventure insoumise par les économistes du mouvement, en particulier par J. Généreux, et d’ailleurs détaillée en toutes lettres dans l’AEC, dans sa section 49 , « Prendre les mesures immédiates et unilatérales de sauvegarde des intérêts de la Nation et d’application de notre projet », que :

«Pour appliquer notre programme, il nous faudra donc désobéir aux traités dès notre arrivée au pouvoir, par des mesures de sauvegarde de la souveraineté du peuple français.»

Je ne reviens pas ici en détails sur les raisons de cet impératif mais, coïncidence, dans un article fiction passionnant du Diplo d’Octobre, est justement abordé ce sujet crucial des mesures d’urgence qui seraient à prendre immédiatement pas un gouvernement progressiste de rupture qui viendrait à prendre le pouvoir (on peut toujours rêver, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise, comme dirait l’autre).  L’objectif évident est bien entendu de se protéger autant que possible de la guerre implacable que ne manquerait pas de déclencher alors le capital contre le nouveau gouvernement.  En bref, il s’agirait en priorité et très rapidement (plus rapidement probablement que ce que n’autorise le rythme normal des procédures législatives, donc, lorsque c’est constitutionnellement possible, par décrets), d’une part de se prémunir contre la fuite des capitaux (car les euros en régime de libre circulation des capitaux garantie par les traités européens peuvent sortir du territoire par tout un tas d’interstices financiers), et d’autre part de trouver les liquidités sonnantes et trébuchantes nécessaires pour payer les fonctionnaires, entretenir les écoles, etc, bref faire fonctionner le pays (car le robinet à liquidités de la BCE serait probablement rapidement coupé comme on l’a vu dans le cas de la Grèce en 2015).

J’espère que les mercenaires à la dérive de l’ancienne Hollandie en quête d’une liste européenne plus prometteuse sur laquelle s’échouer ont bien assimilé le fait que ces mesures d’urgence ne seraient en outre que le prélude à un chapelet d’entorses, de transgressions et de violations aux traités de l’Union européenne prévues dans l’AEC, des mesures de rupture réelle que ces mollusques politiques considéraient jusqu’à tout récemment comme des outrages inacceptables, voire impensables, quand on est membre distingué du clan des bons petits européens de l’axe du bien (entendre l’axe ultra-libéral forcené).

Je tenais donc juste à préciser ici (et nunc) pour ceux que ça pourrait intéresser, par exemple ceux qui déterminent la (nouvelle?) stratégie politique pour le moins fluide, pour ne pas dire visqueuse, de la FI, qu’en tant que véritable européen, amoureux de l’Europe, de sa géographie, de son histoire et de ses peuples, conscient qu’il n’est de paix et de solidarité européennes possibles qu’EN DEHORS de l’Union européenne, je ne pourrai voter pour la liste France Insoumise aux élections européennes qu’aux conditions suivantes (vous allez voir, je ne suis pas si exigeant) :

1. La FI, par l’intermédiaire de Jean-Luc Mélenchon en tout premier lieu, mais également à travers l’ensemble de ses divers orateurs nationaux, très bons au demeurant, Corbières, Quatenens, Coquerel, Bompard, Autain, etc, doit ré-affirmer clairement son appui total et complet à l’AEC et en particulier, au delà de la stratégie trouble Plan A / Plan B, elle doit ré-affirmer sa détermination sans failles à appliquer sans trembler lorsque le moment sera venu sa section 49,

2. Même s’il ne s’agit pas d’une élection nationale (merci, je crois avoir compris la différence, mais il s’agit d’une question d’honnêteté politique vis à vis des électeurs), il faut que la FI rappelle, illustre et détaille dès que l’occasion lui en sera donnée pendant la campagne électorale quelles mesures d’urgence précises seraient prises en cas de victoire, certes (de plus en plus) improbable, à la présidentielle prochaine, en insistant tout particulièrement « là où ça fait mal » sur les mesures entrant en conflit de traités européens actuels,

3. Les impétrants au Parlement européen sur la liste FI doivent bien entendu accepter TOUS les termes de l’AEC, et en particulier TOUTES les mesures en violation des traités européens.  Pour ceux qui viennent d’horizons européistes béats divers et variés (ex PS, PC, LREM ou que sais-je encore), une déclaration de contrition sincère (peut-être ponctuée de quelques flagellations vespérales 😉 télévisuelles – chez Hanouna ?) quant à leur fourvoiement antérieur sur l’UE serait en outre la bienvenue s’ils souhaitent avoir quelque espoir de me convaincre de leur revirement soudain (au minimum, quelque chose dans le style des explications convaincantes de Jean-Luc Mélenchon quant à son revirement sur son vote de Maastricht ’92 que l’on peut trouver sur son site)

Si, ce dont mon humilité naturelle me pousse à douter, un membre éminent de la FI (un qui aurait l’oreille des responsables) lit ces quelques mots, il peut bien entendu les balayer d’un revers de main Macronien en considérant qu’ils n’émanent finalement que d’un pauvre type isolé sans réelle importance qui ne mérite de toute manière pas qu’on se fâchât avec des gens aussi importants que Maurel ou Dray pour son vote.  Vu mon état actuel de dépit concernant le cirque politicien, sachez que je comprendrais.  Sachez également que j’attendrais alors impatiemment le soir du 23 mai 2019, après une belle journée (on croise les doigts 😀 ) en ballade, à la mer, en montagne, à la campagne, enfin bref n’importe où pourvu que ce soit loin de l’obscurité des bureaux de vote, pour voir nos portes-paroles et orateurs éminents, entourés de leurs nouveaux amis Maurel, Dray et autres clowns exfiltrés, tenter de nous expliquer comment et pourquoi la FI s’est pris un tel gadin aux élections.

Et, en vieil insoumis (puisque, sans raconter toute ma vie qui n’a d’ailleurs aucun intérêt, j’ai gagné mes premiers gallons d’insoumis, d’insoumis réel, d’insoumis au sens juridique français du terme, dès 1986, quand je refusai de me rendre dans le régiment dans lequel j’étais affecté pour effectuer mon service militaire, mais je parle-là d’un temps que les moins de … 50 ans ne peuvent pas connaitre, veuillez m’excuser), bref, en vieil insoumis disais-je, je pense que je parviendrais même à en tirer quelque sourire jaune sous cape.

Il est temps

J’ai beaucoup hésité à prendre le clavier.  La campagne a été longue, soutenue, tendue et franchement, je ne vous en voudrais pas si, vous laissant aller à une saine envie de déconnexion, vous décidiez de ne pas lire ce billet.  Moi-même, en cet instant où je m’élance à taper ses premiers mots, je sais que je vais avoir au moins autant de mal à l’écrire que vous à le lire.  D’ailleurs, peu importe que vous le lisez ou pas car de toute manière, vous savez déjà ce qu’il y a dedans et vous n’y apprendrez donc probablement rien de nouveau.  Alors pourquoi se faire chier, me demanderez-vous grivoisement ?

Il ne s’agit pas, bien sûr, de vainement tenter de retourner à la dernière minute ceux qui ont déjà fermement arrêté leur intention de vote.  Il est temps d’admettre qu’on ne peut plus grand chose pour tous ceux qui ont décidé de voter pour un des « candidats réalistes », Macron, Fillon, Le Pen ou je ne sais quel autre Hamon, et si, à Dieu ne plaise, leur volonté devait finalement l’emporter le 7 mai, soyez assurés que je n’aurai alors de cesse que cette volonté glacée s’applique le plus rapidement et le plus complètement à leurs enfants et petits-enfants (qui sauront apprécier, j’en suis sûr, la vie qu’on leur aura ainsi façonnée).

 

Non, si j’écris ce billet, c’est tout benoitement Poursuivre la lecture « Il est temps »

Baromètre des intentions de vote : le raz-de-marée annoncé

Personne ne sait vraiment comment fonctionne ce baromètre, peut-être même pas ses concepteurs.  Mais comme beaucoup de monde le citait souvent, avant, quand Mme Lepen et M Macron flottait sur leur petit nuage, autant vous montrer sa toute dernière édition, toute chaude, d’aujourd’hui 16 avril, dans laquelle M Mélenchon passe devant Macron et se retrouve second à moins d’un point de Mme Lepen :

Selon les éditeurs du baromètre, cet outil « tente de déterminer les intentions de vote en temps réel à partir des citations exprimées au sujet de chaque candidat sur Internet (réseaux sociaux, etc.). Les citations à connotation positive ont un poids plus important que les citations à caractère neutre.  Servez-vous du baromètre davantage pour suivre de grandes tendances que pour obtenir des scores au dizième près. »

Quant aux tendances, je crois qu’il n’y a pas photo.  La déferlante FI emporte tout.

Tout ça commence à sentir très bon, je trouve, la même légère fragrance qu’au printemps 2005 et le referendum sur le TCE.