Dimanche, je me rendrai dans l’isoloir avec enthousiasme

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Et cela ne m’était pas arrivé depuis … hum … voyons voir … depuis 30 ans … ah non, même pas, puisqu’en 1981, j’étais jeune, insouciant tendance anarcho-allez-tous-vous-faire-foutre-je-ne-voterai-jamais-pour-aucun-de-ces-guignols … ben … depuis jamais alors!  C’est ça!  C’est la première fois de ma vie de citoyen que je vais allez voter en sifflotant, le pas alerte, les idées claires, la conscience reposée, le cœur en émoi et la main ferme.  Un véritable vote positif, d’adhésion, et non pas, comme ce fut souvent le cas, un vote par défaut ou par élimination.

Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas m’appesantir sur le sujet.  Je pense que vous savez d’ores et déjà pour qui je vais voter et pour quelles raisons.  Et, de surcroît, il y a de fortes chances que vous vous en foutiez grave.  Je comprends.  Pas de problèmes.  Laissez moi juste vous donner le lien vers un texte de John Marcus qui explique pourquoi il va voter Jean-Luc Mélenchon.  Tout d’abord parce que je trouve ce texte très bien écrit.  Très, très bien écrit.  Que c’est beau un écrivain … qui écrit … la nuit ou le jour, peu importe.  Ensuite et principalement, parce que j’y retrouve beaucoup de mon propre cheminement d’esprit.

Certes, à mon goût, il met trop en avant la personne de Jean-Luc Mélenchon par rapport au collectif du Front de Gauche.  Mais en même temps, il faut reconnaitre que, aujourd’hui, dans notre société du zapping continuel où notre attention intellectuelle a été éduquée à ne rester concentrée que par tranches de quelques secondes à peine, les plus belles, les plus généreuses, les plus ingénieuses, les plus innovantes, les plus séduisantes, les plus brillantes, les plus courageuses, les plus pragmatiques des idées n’ont aucune chance de se faire connaitre par le plus grand nombre sans une stratégie politique et/ou un plan marketing savamment étudiés.  Et il est indéniable que Jean-Luc Mélenchon possède les traits de caractère requis (qualités ou défauts, je laisse chacun se faire sa propre idée) pour porter et imposer nos idées humanistes sur le devant de la scène.  Et pour cela, je l’en remercie.  Comme le dit avec enthousiasme John Marcus:

A posteriori, il me semble que la réussite de [cette campagne], en un temps record, est tout simplement exceptionnelle et démontre l’intelligence stratégique et la bravoure de Jean-Luc Mélenchon. Il s’agit même, sans doute, d’un cas d’école qui sera étudié un jour sur les bancs de Sciences Po : bravo l’artiste !"

Si je devais résumer les motivations de mon choix … ben … je laisserais encore John Marcus le faire:

"Le projet [du Front de Gauche], contrairement à une subtile propagande, n’est pas une politique de la terre brûlée, motivée par d’anciennes idéologies mal dépoussiérées : il s’agit seulement d’en appeler à la responsabilité des citoyens afin que ces derniers puissent reprendre leur destin en main en replaçant l’homme sociétal au centre de leurs préoccupations et de leurs décisions. Vouloir construire une société meilleure qui n’accepte pas que le produit collectif soit confisqué par une poignée d’individus, qui refuse la destruction des communautés de destin à cause d’une accumulation excessive des fortunes, qui revendique que le vieil héritage commun de l’humanité – culture, science, capital, environnement – ne soit pas privatisé, qui s’oppose farouchement à ce que l’intérêt général soit sacrifié au bénéfice exclusif d’intérêts particuliers, n’est pas, en soi, un programme si révolutionnaire que ça."

Encore 2 mots.  Si vous me le permettez.

Je m’adresse d’abord aux gens de gauche qui ont encore, malgré tous mes efforts, l’intention d’aller voter pour le candidat du parti socialiste, croyant sincèrement qu’il va vraiment tenter quoi que ce soit pour lutter contre la finance et défendre le peuple.  Je les supplie de visionner les 2 films qui suivent.  Je les supplie d’avoir ce courage, d’ouvrir les yeux, de se rendre compte une bonne fois pour toutes de ce que représente François Hollande.  Un homme de droite (de centre-droit pour être sympa) qui a été choisi, après le naufrage de leur chouchou fmi-ien, par le système financier européen pour continuer la casse sociale démarrée en France par Sarkozy, puis imposé à la bonne foi des français par une propagande aussi sournoise qu’efficace, un lavage de cerveau médiatique constant, permanent, omniprésent et avoué des médiacrates, comme par exemple par Maurice Szafran de Marianne:

"DSK puis Hollande ont été les candidats de la presse, ils ont été soutenus par les éditorialistes qui sont plutôt de droite, (…) la presse de droite a soutenu Hollande"

Le premier de ces films était attendu puisque je vous en faisais le teaser ici.  Il s’agit d’une grande enquête de Pierre Carles qui explique comment la presse présélectionne les candidats à une élection au mépris des règles démocratiques.  Il est sorti.  Le voici:

Le second film est une interview de Nicolas Doisy, chief economist à Chevreux (Crédit Agricole), réalisée par François Ruffin, dans laquelle ce spéculateur nous fait part "du script qui est déjà écrit" (selon ses propres termes) en cas de victoire de François Hollande à l’élection présidentielle, je cite: "les électeurs seront plus perdants que les marchés":

Enfin, et promis c’est mon dernier mot, pour ceux qui envisageraient vraiment d’aller voter Sarkozy, je rappellerai juste le bilan de ce triste personnage:

Voilà, je n’ai plus rien à ajouter.  Ah si …

Résistance!

Un Américain pour sauver l’honneur … d’une profession

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La bonne nouvelle, c’est que ça commence à devenir insupportable pour beaucoup de monde.  Les féroces chiens de garde du système que sont les "grands" médias français, les "grandes" chaines de télé ou de radios, les "grands" titres de la presse écrite, leurs "grands" journalistes, éditorialistes, analystes et experts, sont maintenant découverts pour ce qu’ils sont par le très grand nombre.  Nous, nous le savions déjà et je le dénonce d’ailleurs souvent ici.  Mais qu’il m’est doux aujourd’hui de lire par exemple cet article de Marianne, en forme de mea culpa involontaire , qui dénoncent la partialité et le gigantesque fiasco journalistique que représente la campagne électorale de 2012.

Avant d’en venir au sujet principal de ce billet, un article paru récemment dans The Guardian, faisons un point rapide sur l’état de ce fiasco journalistique français (c’est pas moi qui l’ait dit, cette fois ;-)).

Personne ne doute plus aujourd’hui que, babines retroussées, crocs sortis, bave à la commissure des lèvres, jarrets tendus, toutes griffes dehors, nos braves médiacrates français n’ont pour seul et unique objectif que de défendre et évangéliser les bienfaits de la pensée unique, de la doxa néolibérale et de son arme de destruction massive, le bipartisme accommodé à la sauce du vote utile.  Jean-Luc Mélenchon, comme d’autres insoumis, est donc à leurs yeux un hérétique honni qui doit être remis au plus vite, si ce n’est sur le droit chemin, tout au moins dans sa boite de 3% d’intentions de vote.  Il subit donc, comme il se doit, le tir d’artillerie lourde de la part de nos grosses têtes de la propagande.  L’Acrimed a publié une excellente revue des "meilleurs" portraits stérilement et naïvement à charge éructés par quelques uns des plus célèbres médiacrates français à l’encontre du candidat du Front de Gauche.

Sur la forme, citons quelques perles de nos grands penseurs:

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