Macron, Valls, Hollande et les autres : droit d’inventaire

La saynète est savoureuse (quand on goute aux stratégies, plans et autres bidouilles de communication du Parti des Médias et de l’Argent, le PMA).  Elle est méprisable lorsque l’on n’y goute pas du tout, ce qui est mon cas, tu t’en seras douté, toi ami fidèle. En tous cas, le dernier enfumage du pouvoir s’étale sur les devantures de tous les journaux d’actualités du matin, écrit, radio, télé ou internet, en ce gris dimanche, douzième jour du mois d’octobre.

Notre jeune et flamboyant nouveau ministre de l’Économie, ce winner dynamique à l’américaine qui monte les marches d’escaliers deux à deux et qui ne dépaillerait certainement pas en trônant, avec un énorme cigare (Dominicain et surtout pas Cubain hein passeque la démocratie bla bla bla) entre ses dents de carnassiers, à la table du conseil d’administration de Fucktheworld Capital Inc., Emmanuel Macron, serait donc un p’tit trop à droite au goût à la fois de notre bon président et du parti qui l’a enfanté, le PS, qui-eux-par-opposition-seraient-donc-vraiment-de-gauche-zavez-compris-oui.

Que s’est-il donc passé ? Ben, en fait … rien.  Rien de nouveau en tous cas.  Notre malicieux Macron s’est prononcé, tenez-vous bien, en faveur … d’une réforme approfondie de l’assurance-chômage.  « Il ne doit pas y avoir de tabou ni de posture » a-t-il même déclaré, brrr.

Écoutez (quelques bribes de) l’orchestration impeccable qui s’en est suivie :

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Deutsche Qualität


Écoutez donc Sahra Wagenknecht au Parlement Allemand ! Docteur Sahra Wagenknecht. Une parfaite synthèse en à peine un quart d’heure de la crise dans l’UE et de la guerre en Ukraine. Sans surprise, pour avoir l’esprit aussi clair, elle appartient à Die Linke, le Front de Gauche allemand.

Bravo Madame ! Et quel magnifique rouge, ce chemisier !

Regardez en parallèle cette pitoyable grosse conne de Merkel qui fait ostensiblement son courrier pendant l’intervention pour bien afficher son mépris de classe !

(Désolé, vidéo compréhensible uniquement par ceux qui entendent l’allemand parlé ou qui lisent l’anglais écrit en sous-titres – je traduirai peut-être un jour dès que j’aurai 1 heure)

Le PS est un parti de droite libérale, et pis c’est tout


Nouvelle devinette.

C’est au sujet du projet de loi sur la « sécurisation 😀 » de l’emploi, vous savez bien, le projet de loi que le gouvernement a rédigé sous la dictée de Mame Parisot.  J’en parlais le jour même de l’accord entre le MEDEF et les organisations syndicales minoritaires signataires, CFDT, la CFTC et CFE-CGC.  Alors donc, qui a dit les choses suivantes, concernant ce projet de loi « socialiste 😀 » :

Cet accord est plutôt positif (…)
Il va notamment dans le bon sens (…)
Il reprend par exemple le bon principe des accords compétitivité-emploi, porté par Nicolas Sarkozy et la précédente majorité (…)
L’UMP (…) sera extrêmement vigilante quant à la transposition fidèle de ce texte dans la loi (…)
Le risque est réel que les parlementaires de gauche ne le dénaturent par idéologie (sic) (…)

Bon, c’était facile, c’est vrai.  La réponse était dans la question.  Eh oui, c’est l’UMP, sous la plume de son président, Jean-François Copé.  D’ailleurs, beaucoup de députés et membres de l’UMP, et parmi les plus ultra-libéraux, se sont ouvertement déclarés favorables au projet de loi en l’état (ils redoutent néanmoins que quelques amendements de gauche – sic – soient introduits lors des débats parlementaires, dans quel cas, ils hésiteraient à l’entériner … c’est tout dire).  Citons par exemple:

  • François Fillon, ancien premier ministre de Sarkozy
  • Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre de Chirac
  • Jean-François Copé, président de l’UMP
  • Luc Chatel, numéro 2 de l’UMP et ancien ministre de l’éducation de Sarkozy
  • Eric Woerth, ancien ministre du Travail de Sarkozy
  • Benoist Apparu, ancien ministre du Logement de Sarkozy
  • Jérôme Chartier, bras droit de l’ancien premier ministre et Secrétaire national de l’UMP
  • Xavier Bertrand, ancien ministre du Travail de Sarkozy, pour sa part, hésite encore pour savoir s’il votera le texte.

S’il fallait encore quelque preuve à certain pour comprendre que ce texte est un véritable texte de droite pure, un texte « donnant-perdant » pour les salariés (comme le résume la Fondation Copernic), un texte entérinant comme rarement autant de reculs pour les salariés (54 reculs très exactement tels que décomptés par Gérard Filoche), j’espère que cela devrait suffir.

C’est clair maintenant ?

Allez, une dernière couche, on ne sait jamais: 70% des sympathisants de droite trouvent qu’il s’agit d’un bon accord.  Et qui d’autre trouve qu’il s’agit d’un bon accord? Le Parti Socialiste, Hollande, Ayrault, Sapin, Moscovici, Cahuzac, Valls, Royal, et toute leur clique libérale.

La gauche, en revanche, s’oppose fermement à ce texte.

Le clou de la compétitivité


Bien sûr, c’était couru d’avance, ma pauv’Lucette.

Dans notre merveilleux monde capitaliste bienveillant et protecteur, le moindre signe de faiblesse des uns déclenche immédiatement chez les autres, non pas empathie et soutien comme nos dirigeants donnent l’impression d’avoir espéré, mais au contraire, arrogance et agression comme l’Histoire l’a toujours démontré.  Il n’a en effet pas fallu longtemps à la finance AmériKKKaine pour « récompenser », comme il se doit, les dernières professions de foi néolibérale de Hollande et de son gouvernement, sur lesquelles je ne reviendrai pas (budget austéritaire, pacte de compétitivité, etc), et qui ont donné lieu, me suis-je laissé dire, à des bacchanales patronesques endiablées dans lesquelles, parait-il, dame Parisot ne tarissait pas d’éloges sur son serviteur zélé.

Ah, et par pitié, arrêtez de parler de « virage à droite », ou de « renoncement », ou de « trahison », ou que sais-je encore.  Même Politis (mon hebdo préféré ;)) semble s’étonner de ce que Hollande fasse une politique économique et sociale de droite.  Certes, concernant le point précis de la TVA anti-sociale de Nicolas Sarkozy de François Hollande, remise au goût du jour par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault après pourtant avoir été abrogée lors de la première session parlementaire, il s’agit bel et bien là d’un splendide exemplaire de pure trahison de promesse électorale (comme souvent les socialistes savent nous gratifier).  Mais sur le fond, sur les fondements de la politique économique qui allait être menée par Hollande, tout le monde savait très bien à quoi s’attendre !  Enfin, je l’espère !  Son programme présidentiel est à peine saupoudrée, de ci de là, de quelques mesurettes rosinées aux entournures, principalement d’ailleurs dans le domaine sociétal, mesurettes que, de toute façon, il reniera probablement au cours de son quinquennat.  Mais l’homme, lui, sa « pensée », son « caractère », sa « vision », (je mets des guillemets tellement ces concepts semblent ne pas pouvoir s’appliquer à cet homme) on les connait.  Hollande n’a jamais été, n’est pas et ne sera jamais un homme de gauche.  Point.

Il n’y a donc eu aucun virage, à mes yeux, juste une franche accélération en pleine ligne droite néolibérale.  On accélère droit dans le mur et maintenant, on klaxonne en plus, on assume, on est un président responsable, parait-il.  Mais personne ne peut se déclarer surpris ou se considérer trahi.  Sauf peut-être les victimes (consentantes) informatives de … TF1, France 2, France 3, Canal +, Arte, Le Monde, Le Figaro, Libération, Le Nouvel Obs, Le Point, l’Express, l’Expansion, la PQR dans sa globalité, et j’en passe, bref, tous ceux qui s’évertuent, paresseusement ou malicieusement, à repeindre en Gauche ce qui est pourtant le B-A-BA d’une politique néolibérale basée sur l’offre.

Mais j’en reviens à notre affaire.  Après Standard and Poor’s en janvier dernier, c’est donc au tour de Moody’s de retirer à la France son sacro-saint (dans la religion néolibérale, s’entend) triple A.  L’agence d’évaluation financière (évaluation financière … :-D) a abaissé avant-hier, lundi 19 novembre, d’un cran la note de la dette de long terme de la France, de AAA à AA1.

Le vilain petit Moody’s Moodpecker donne trois raisons pour justifier sa  sentence ridicule, dont la première est … tatata … roulement de tambours … le suspens est insoutenable … voyons … quel est le mot à la mode … ah oui, j’y suis … attention … the number 1 reason pour laquelle Moody’s dégrade la France (dégrader la France, non, mais quand on y pense, pour qui ils se prennent ces incultes sauvages cupides, bref) est …

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Un Marker de la gauche qui disparait


Le cinéaste engagé Chris Marker est mort hier.

« Tant que la misère existe, vous n’êtes pas riche. Tant que la détresse existe, vous n’êtes pas heureux.  Tant que les prisons existent, vous n’êtes pas libre. »

« Vote le plus rouge possible, cela aura toujours le temps de pâlir. »

Pour ceux qui n’ont pas vu « La Jetée », ni « L’armée des 12 singes », son adaptation hollywoodienne excellentissime à ne pas manquer non plus (voyez que je ne suis pas complètement anti-américain), de Terry Gilliam, avec les stars Bruce Willis et Brad Pitt, voici de quoi vous rattraper.  Surtout, ne pas se laisser rebuter au démarrage par le caractère quelque peu « bizarroïde », ou pour le moins original, du film.  Des images fixes en noir & blanc, une voix off profonde, une musique de chœurs de cathédrale, des murmures en langue allemande.  Mais ça vaut le coup.  Et c’est moins d’une demi-heure.  Moins que le JT de TF1, alors, allez-y :

Puis, pour creuser.