Deutsche Qualität


Écoutez donc Sahra Wagenknecht au Parlement Allemand ! Docteur Sahra Wagenknecht. Une parfaite synthèse en à peine un quart d’heure de la crise dans l’UE et de la guerre en Ukraine. Sans surprise, pour avoir l’esprit aussi clair, elle appartient à Die Linke, le Front de Gauche allemand.

Bravo Madame ! Et quel magnifique rouge, ce chemisier !

Regardez en parallèle cette pitoyable grosse conne de Merkel qui fait ostensiblement son courrier pendant l’intervention pour bien afficher son mépris de classe !

(Désolé, vidéo compréhensible uniquement par ceux qui entendent l’allemand parlé ou qui lisent l’anglais écrit en sous-titres – je traduirai peut-être un jour dès que j’aurai 1 heure)

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Le PS est un parti de droite libérale, et pis c’est tout


Nouvelle devinette.

C’est au sujet du projet de loi sur la « sécurisation 😀 » de l’emploi, vous savez bien, le projet de loi que le gouvernement a rédigé sous la dictée de Mame Parisot.  J’en parlais le jour même de l’accord entre le MEDEF et les organisations syndicales minoritaires signataires, CFDT, la CFTC et CFE-CGC.  Alors donc, qui a dit les choses suivantes, concernant ce projet de loi « socialiste 😀 » :

Cet accord est plutôt positif (…)
Il va notamment dans le bon sens (…)
Il reprend par exemple le bon principe des accords compétitivité-emploi, porté par Nicolas Sarkozy et la précédente majorité (…)
L’UMP (…) sera extrêmement vigilante quant à la transposition fidèle de ce texte dans la loi (…)
Le risque est réel que les parlementaires de gauche ne le dénaturent par idéologie (sic) (…)

Bon, c’était facile, c’est vrai.  La réponse était dans la question.  Eh oui, c’est l’UMP, sous la plume de son président, Jean-François Copé.  D’ailleurs, beaucoup de députés et membres de l’UMP, et parmi les plus ultra-libéraux, se sont ouvertement déclarés favorables au projet de loi en l’état (ils redoutent néanmoins que quelques amendements de gauche – sic – soient introduits lors des débats parlementaires, dans quel cas, ils hésiteraient à l’entériner … c’est tout dire).  Citons par exemple:

  • François Fillon, ancien premier ministre de Sarkozy
  • Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre de Chirac
  • Jean-François Copé, président de l’UMP
  • Luc Chatel, numéro 2 de l’UMP et ancien ministre de l’éducation de Sarkozy
  • Eric Woerth, ancien ministre du Travail de Sarkozy
  • Benoist Apparu, ancien ministre du Logement de Sarkozy
  • Jérôme Chartier, bras droit de l’ancien premier ministre et Secrétaire national de l’UMP
  • Xavier Bertrand, ancien ministre du Travail de Sarkozy, pour sa part, hésite encore pour savoir s’il votera le texte.

S’il fallait encore quelque preuve à certain pour comprendre que ce texte est un véritable texte de droite pure, un texte « donnant-perdant » pour les salariés (comme le résume la Fondation Copernic), un texte entérinant comme rarement autant de reculs pour les salariés (54 reculs très exactement tels que décomptés par Gérard Filoche), j’espère que cela devrait suffir.

C’est clair maintenant ?

Allez, une dernière couche, on ne sait jamais: 70% des sympathisants de droite trouvent qu’il s’agit d’un bon accord.  Et qui d’autre trouve qu’il s’agit d’un bon accord? Le Parti Socialiste, Hollande, Ayrault, Sapin, Moscovici, Cahuzac, Valls, Royal, et toute leur clique libérale.

La gauche, en revanche, s’oppose fermement à ce texte.

Le clou de la compétitivité


Bien sûr, c’était couru d’avance, ma pauv’Lucette.

Dans notre merveilleux monde capitaliste bienveillant et protecteur, le moindre signe de faiblesse des uns déclenche immédiatement chez les autres, non pas empathie et soutien comme nos dirigeants donnent l’impression d’avoir espéré, mais au contraire, arrogance et agression comme l’Histoire l’a toujours démontré.  Il n’a en effet pas fallu longtemps à la finance AmériKKKaine pour « récompenser », comme il se doit, les dernières professions de foi néolibérale de Hollande et de son gouvernement, sur lesquelles je ne reviendrai pas (budget austéritaire, pacte de compétitivité, etc), et qui ont donné lieu, me suis-je laissé dire, à des bacchanales patronesques endiablées dans lesquelles, parait-il, dame Parisot ne tarissait pas d’éloges sur son serviteur zélé.

Ah, et par pitié, arrêtez de parler de « virage à droite », ou de « renoncement », ou de « trahison », ou que sais-je encore.  Même Politis (mon hebdo préféré ;)) semble s’étonner de ce que Hollande fasse une politique économique et sociale de droite.  Certes, concernant le point précis de la TVA anti-sociale de Nicolas Sarkozy de François Hollande, remise au goût du jour par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault après pourtant avoir été abrogée lors de la première session parlementaire, il s’agit bel et bien là d’un splendide exemplaire de pure trahison de promesse électorale (comme souvent les socialistes savent nous gratifier).  Mais sur le fond, sur les fondements de la politique économique qui allait être menée par Hollande, tout le monde savait très bien à quoi s’attendre !  Enfin, je l’espère !  Son programme présidentiel est à peine saupoudrée, de ci de là, de quelques mesurettes rosinées aux entournures, principalement d’ailleurs dans le domaine sociétal, mesurettes que, de toute façon, il reniera probablement au cours de son quinquennat.  Mais l’homme, lui, sa « pensée », son « caractère », sa « vision », (je mets des guillemets tellement ces concepts semblent ne pas pouvoir s’appliquer à cet homme) on les connait.  Hollande n’a jamais été, n’est pas et ne sera jamais un homme de gauche.  Point.

Il n’y a donc eu aucun virage, à mes yeux, juste une franche accélération en pleine ligne droite néolibérale.  On accélère droit dans le mur et maintenant, on klaxonne en plus, on assume, on est un président responsable, parait-il.  Mais personne ne peut se déclarer surpris ou se considérer trahi.  Sauf peut-être les victimes (consentantes) informatives de … TF1, France 2, France 3, Canal +, Arte, Le Monde, Le Figaro, Libération, Le Nouvel Obs, Le Point, l’Express, l’Expansion, la PQR dans sa globalité, et j’en passe, bref, tous ceux qui s’évertuent, paresseusement ou malicieusement, à repeindre en Gauche ce qui est pourtant le B-A-BA d’une politique néolibérale basée sur l’offre.

Mais j’en reviens à notre affaire.  Après Standard and Poor’s en janvier dernier, c’est donc au tour de Moody’s de retirer à la France son sacro-saint (dans la religion néolibérale, s’entend) triple A.  L’agence d’évaluation financière (évaluation financière … :-D) a abaissé avant-hier, lundi 19 novembre, d’un cran la note de la dette de long terme de la France, de AAA à AA1.

Le vilain petit Moody’s Moodpecker donne trois raisons pour justifier sa  sentence ridicule, dont la première est … tatata … roulement de tambours … le suspens est insoutenable … voyons … quel est le mot à la mode … ah oui, j’y suis … attention … the number 1 reason pour laquelle Moody’s dégrade la France (dégrader la France, non, mais quand on y pense, pour qui ils se prennent ces incultes sauvages cupides, bref) est …

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Un Marker de la gauche qui disparait


Le cinéaste engagé Chris Marker est mort hier.

« Tant que la misère existe, vous n’êtes pas riche. Tant que la détresse existe, vous n’êtes pas heureux.  Tant que les prisons existent, vous n’êtes pas libre. »

« Vote le plus rouge possible, cela aura toujours le temps de pâlir. »

Pour ceux qui n’ont pas vu « La Jetée », ni « L’armée des 12 singes », son adaptation hollywoodienne excellentissime à ne pas manquer non plus (voyez que je ne suis pas complètement anti-américain), de Terry Gilliam, avec les stars Bruce Willis et Brad Pitt, voici de quoi vous rattraper.  Surtout, ne pas se laisser rebuter au démarrage par le caractère quelque peu « bizarroïde », ou pour le moins original, du film.  Des images fixes en noir & blanc, une voix off profonde, une musique de chœurs de cathédrale, des murmures en langue allemande.  Mais ça vaut le coup.  Et c’est moins d’une demi-heure.  Moins que le JT de TF1, alors, allez-y :

Puis, pour creuser.

Frissons garantis, même si vous n’y étiez pas


Vidéo filmée depuis le haut de l’Opéra, une vidéo de Charlie Hebdo.

Les 2 plus grands chants révolutionnaires, l’Internationale et la Marseillaise, chantés par plus de 120 000 personnes à la fin du discours de Jean-Luc Mélenchon, le 18 mars à la Bastille.

Oui, parce que, n’en déplaise aux incultes réactionnaires de droite, la Marseillaise a toujours été et est toujours resté depuis sa création un grand chant révolutionnaire de la gauche internationale, connue et chantée dans le monde entier.

Juste un exemple pris dans un livre dont je vous ai déjà parlé, un roman qui vous prend aux tripes ;-), LA JUNGLE de Upton Sinclair paru en 1906.  Sa parution provoqua un scandale sans précédent : Upton Sinclair y dévoile l’horreur de la condition ouvrière dans les abattoirs de Chicago aux mains des trusts de la viande.  La Jungle fut très vite traduit en dix-sept langues tandis qu’Upton Sinclair, poursuivi par les menaces et les promesses des cartels mais porté par le mécontentement populaire, était reçu à la Maison-Blanche par le président Theodore Roosevelt.  Une enquête fut ordonnée, l’exactitude des critiques de Sinclair confirmée. Une vague de réformes épura les abattoirs et l’industrie alimentaire; elle s’étendit bientôt à la vie économique tout entière. Les révélations d’Upton Sinclair, son habileté à dénoncer la misère ouvrière et l’absence de contrôle sanitaire ne suffisent pas à expliquer le retentissement international de La Jungle.  C’est que ce livre a une force d’évocation, une puissance de conviction, un souffle enfin, qui transforment le message humanitaire en épopée. La Jungle est le plus spontané, le plus vigoureux, le plus engagé des romans à thèse.

Voici donc un extrait du Chapitre 29.  Je rappelle que l’histoire se passe aux USA, à Chicago pour être précis, en 1906, époque où il existait encore une gauche dans ce pays.  Il s’agit du moment où le héros, Jurgis, qui vient d’assister à son premier meeting politique, se libère enfin de son oppression et s’engage dans la voie du militantisme de gauche.

« Sur l’estrade, l’orateur avait regagné son siège.  Jurgis comprit tout à coup que le discours était terminé.  Quand, au bout de plusieurs minutes, les applaudissements eurent cessé, quelqu’un entonna un hymne que toute l’assistance reprit en chœur avec une ferveur qui fit vibrer les murs de la salle.  Jurgis n’avait jamais entendu ce chant et n’en comprenait pas les paroles, mais la force sauvage de la mélodie le subjugua: c’était La Marseillaise!  Il resta assis, les mains jointes, les nerfs à vif, pendant que l’audience s’époumonait, couplet après couplet.  Jamais de sa vie il n’avait été aussi ému.  Un miracle s’accomplissait en lui.  Il était trop abasourdi pour pouvoir penser.  Il savait pourtant que le bouleversement phénoménal qui s’était produit dans son âme avait fait de lui un autre homme, l’avait délivré de l’anéantissement, arraché à l’emprise du désespoir.  Le monde entier s’était transformé à ses yeux.  Il était un homme libre, oui, libre. (…)  Il ne serait plus le jouet des circonstances; il serait résolu, tendu vers un objectif.  Il combattrait pour une cause et mourrait pour elle s’il le fallait!  Des camarades étaient là pour l’aider et lui montrer la voie.  Il allait avoir des amis, des alliés, avec qui coopérer à l’œuvre de justice et, main dans la main, marcher vers le pouvoir. »

Je rappelle que j’avais posté quelques photos de ma prise de la Bastille, le lendemain même, dans mon billet « Le bruit et la fureur de retour à la Bastille« .

Et en bonus, voici les paroles de ces 2 chants mythiques.

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