L’austérité budgétaire affaiblit la croissance


Et ce n’est pas moi qui le dit, pour une fois ;-).

Ce n’est pas non plus Jean-Luc Mélenchon ou Pierre Laurent. Il ne s’agit pas non plus d’un nouveau tract revendicatif de la CGT, ni du dernier slogan déclamé à la fête de l’huma ce week-end. Ce ne sont pas non plus les centaines de milliers d’Espagnols et de Portugais déferlant dans les rues ensoleillées de la péninsule ibérique.

Non, non. Bien sûr, M. Mélenchon, M. Laurent, la CGT, le Front de Gauche, les citoyens d’Espagne, du Portugal, de Grèce, et d’ailleurs, de plus en plus d’économistes par le monde, de chercheurs, de trouveurs, d’analyseurs, d’investigateurs, de travailleurs, de penseurs, de blogueurs, de rêveurs, de simples viveurs, et également votre serviteur, ne cessons de le répéter depuis plus de 2 ans.

Ces propos se trouvent dans le dernier rapport annuel de la CNUCED, qui est, pour simplifier, la branche de l’ONU qui s’occupe d’économie mondiale. Avec de vrais économistes dedans. Quelques extraits du communiqué de presse:

« l’austérité budgétaire et la compression des salaires affaiblissent toujours plus la croissance dans les pays développés sans que soient obtenus les résultats escomptés en matière de réduction des déficits budgétaires, de création d’emplois et de rétablissement de la confiance des marchés financiers. »

Poursuivre la lecture de « L’austérité budgétaire affaiblit la croissance »

Merci d’avoir patienté


Je ne m’adresse pas à vous, bien sûr, what did you expect 😉

Je m’adresse, de manière ironique, est-il besoin de le préciser (mais sait-on jamais de nos jours, mieux maux prévenir que guérir, ma bonne dame), à M. Hollande, à ses 39 ministres (en comptant le premier), à ses 314 députés (en comptant les petits hommes et femmes vert(e)s), à ses 140 sénateurs (en comptant encore les écolos), à ses 24 présidents de région (sur 26!), et je m’arrêterai là pour ne pas rendre malades de jalousie les bandes d’umpistes sauvages qui déferlent toujours plusieurs nombreuses dans ce lieu de perdition.

Merci, leur dis-je donc. Merci de m’avoir attendu.

En effet, je suis rentré de congés le week-end dernier, et après un dépouillement peut-être un peu (trop?) rapide de l’actualité passée de ces trois dernières semaines, j’ai l’impression … de n’être pas parti. Non pas que mes vacances ne fussent pas formidables, merveilleuses, super, sensas, trop top de la folie qui tue de la mort, et tout et tout, non, merci, c’est pas ça, c’est juste que j’ai l’impression que le temps s’est arrêté pendant trois semaines. Je croyais en effet benoitement que ma rentrée bloggiste absorberait rapidement une grosse partie de l’énergie progressivement rechargée pendant mon arrêt réparateur estival, juste pour me mettre à niveau de toutes les lois et décrets que le nouveau gouvernement Socialiste n’aurait pas manqué d’enfiler pendant leur premier été de pouvoir total. Eh oui, c’est que j’ai un tableau de suivi de mise en œuvre du programme socialiste à tenir à jour, moi !

Ben non. Rien. Pas encore. Pas tout de suite. Mais bientôt, promis.

Franchement, amis socialistes, déjà que le programme socialiste n’est pas réellement un programme de gauche, si en plus, les quelques malheureuses mesures progressistes et sociales qui y sont disséminées (probablement à l’insu de leur plein gré ;-)) sont mises en œuvre à cette allure-là, finalement, autant être de droite. Au moins, les Sarkozystes, eux, ils assument leur décomplexitude libérale chacun-pour-sa-gueulesque.

Ironiquement, Poursuivre la lecture de « Merci d’avoir patienté »

Les perles des lecteurs du Figaro


Je comptais creuser un peu le nouveau plan de rigueur de 65 milliards d’euros que Mariano Rajoy vient d’annoncer en Espagne.  Plan dont la mesure « phare », la mesure qui montre la voie, est certainement l’augmentation de la TVA de 3 points, de 18 à 21%.  Ça ne vous rappelle rien ?  Grèce, Irlande, Portugal, Italie (même si finalement cette mesure est décalée à 2013) Sarkozy (même si finalement cette mesure est abrogée par Hollande, on l’espère), etc … la droite (représentée par les partis de droite classiques ou par les partis sociaux-libéraux prétendument de gauche) dans toute sa splendeur et son dogmatisme.  Je lisais donc comment tout un chacun présentait ce nouveau pas vers les ténèbres.

Je fus très surpris du titre de l’Expansion, « Le nouveau plan de rigueur en Espagne risque d’amplifier la récession« .  Bon, dès la première phrase de l’article, on atteint cependant immédiatement les limites intellectuelles de ce journal.  « Difficile de concilier réduction des déficits et reprise économique. »  C’est sûr qu’en restant dans le cadre très limitatif de la pensée unique du Dogme, c’est difficile.  C’est sûr que si le seul levier que les gouvernements s’autorisent à activer est la rigueur, ce sera difficile.  Voire, impossible !  Je ne reviendrai pas en détails sur les différents moyens qu’il est possible (et qu’il sera nécessaire dans un avenir de plus en plus proche) de mettre en œuvre pour s’attaquer humainement et réellement à ce problème de dette.  Monétisation de la partie investissement du déficit budgétaire, emprunt forcé auprès des banques nationales pour se financer en dehors des marchés (et de leurs sacro-saintes notes délivrées par les 3 petits cochons de la finance, Standard and Poor’s, Moody’s et Fitch), déclaration d’illégitimité d’une grosse partie de la dette, etc …  J’en parlai par exemple dans ce billet, il y a quelques semaines.

Si vous me le permettez, accordez-moi encore une seconde sur article de l’Expansion.  Car il retranscrit avec une certaine honnêteté intellectuelle, que je m’empresse donc de féliciter ici, au milieu de la soupe au TINA habituelle, certains propos d’économistes, pourtant très bon ton, et par conséquent très éloignés, par exemple, des analyses de la revigorante bande des économistes atterrés, propos dans la plus pure veine de ce que nous autres, gauchistes sanguinaires et tueurs d’enfants, ne cessons de répéter à qui veut bien écouter (c’est à dire, peu de monde, somme toute), des propos du style « Les nouvelles mesures vont encore peser sur les perspectives de croissance de l’Espagne et renforcer nos prévisions d’une récession qui va se creuser et continuer en 2013« .  Bien entendu, ils ne vont pas jusqu’au bout du raisonnement, juste un cran plus loin, en rajoutant, « ce qui accentuera encore le déficit et par conséquent, la dette ».  Mais tout de même.  Respect.  Ah oui, juste un dernier truc sur cet article.  J’ai failli m’en étrangler de rire.  Voici ce que j’ai lu:

« l’économiste Josep Oliver Alonso, dans une tribune du journal économique Cinco Dias, affirment que ces mesures sont nécessaires mais que « Rajoy a oublié » de taxer aussi les Sicav, les revenus du capital ou encore les grandes fortunes. »

Merde, c’est ballot, ça.  Il a oublié !  J’en pleure encore.  Pardon.

Là, je suis tombé sur l’article du Figaro.

Poursuivre la lecture de « Les perles des lecteurs du Figaro »

Le diner de cons


Vous le savez, vous qui êtes féru d’actualités, les chefs d’État et de gouvernement des 27 membres de l’Union européenne se retrouvent ce soir, pour une rencontre informelle autour d’un diner, afin de préparer le sommet officiel des 28 et 29 juin. Au menu de la soirée intime: rigueur et croissance.

Je vous ai déjà raconté le film.  C’est plutôt du théâtre, d’ailleurs.  Unité de lieu, Bruxelles.  Unité de temps, une nuit.  Unité d’action, un nouveau sauvetage définitif (encore un!) du monde libre.

La mise en scène sera soignée, n’en doutons pas.  Des grosses berlines noires qui dégueulent des petits chefaillons d’état et de gouvernements européens sur un flamboyant tapis rouge.  Des caméras, des Nikon, des Canon, des flashs.  Des poignées de main en smoking.  Des sourires en robe de soirée.  Du glamour.  Des petites phrases.  Du strass.  Des tapes dans le dos.  Des paillettes.  Du vent.  Des riens.  Du néant enrobé de vide.  On parle même de Bruce Willis en guest star.

Quant au script.  Ficelles habituelles.  Il faut maintenir les millions d’eurospectacteurs dans l’exaltant suspens Marc-Levyien jusqu’au dénouement final.  Certainement dans la nuit.  Cela augmentera la dramaturgie de la scène ainsi que le mérite, que dis-je, la gloire de ces déjà-grands d’Europe qui discutent jusqu’au bout de la nuit pour le bien du peuple.  Il y aura l’annonce de mesures prochaines « favorables à la croissance », à confirmer en sommet officiel.  Et tous nos fins limiers et beaux penseurs du quatrième pouvoir de se répandre dès lors en louanges, sur la courage et la volonté du bon Docteur Hollande qui aura su faire retrouver raison à Mam’ Merkel.  La crôaaasance hollandaise sera commentée, disséquée, décortiquée, analysée, bref, décryptée, comme ils disent, sur toutes les chaînes et tous les journaux, en boucle, pendant les 72 heures suivantes.  Mais attention, toujours avec la retenue et le flou qui sied aux incompétents et aux fainéants.  Un peu dans le genre de l’article du Parisien de ce matin.  Bon, en même temps, c’est le Parisien, qui est à la presse écrite ce que RMC ou RTL est à la radio.  Allez, je ne résiste pas au plaisir:

Poursuivre la lecture de « Le diner de cons »