Voter ou ne pas voter : on ne nait pas citoyen, on le devient

Un petit film spécialement dédié à Sydney.  Je pense que ça devrait te plaire 😉

République, vote, abstention,  élections,  démocratie,  démocratie représentative,  démocratie directe,  citoyenneté,  crise démocratique, tirage au sort, constitution, oligarchie, pouvoir, beaucoup de sujets abordés.  Où il est finalement démontré que la démocratie ne se résume pas à l’élection.

Article 2 de La Constitution Française de 1958 :

(…) Le principe de la République est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Affligeant !

C’était hier.  J’ouvre mon enveloppe et j’en sors le paquet imposant de feuilles A4.  Des (mini) programmes et des listes-bulletins-de-vote garnissent alors pêle-mêle mon bureau.  Eh oui, c’est que dimanche je devais aller voter dans LA région … vous savez … celle qui est déjà de toute manière déjà comptabilisée au compteur des Pen … Nord – Pas de Calais – Picardie.

Je repère, j’organise, je trie, je classe.  Mettre Maman avec Papa.  Les listes-bulletins-de-vote (quand elles sont fournies) doivent trouver leur profession de foi parente.  Voilà.   J’ai fait mes 2 tas habituels : un à droite pour … devinez … les listes de droite et un autre à gauche pour … bien sûr … les listes de gauche.  La France étant un pays de droite, rien d’étonnant à l’épaisseur du paquet … de droite.  S’y côtoie nonchalamment le FN de la future gagnante, l’UMP (ah non pardon LR) de l’ancien ministre Sarkozyste, Debout la France de Dupont-Aignan, l’UPR d’Asselineau , Nous citoyens, un machin que je ne connaissais pas et dont le survol rapide du mini programme a permis de vouer irrémédiablement à la pile de droite, et bien sûr, le PS, accompagné de son interminable cohorte de petites formations vassales dont la soumission n’a probablement d’égal que l’insignifiance.

J’examine alors plus précisément mon (petit) tas de gauche :

  • la traditionnelle liste de Lutte ouvrière,
  • une liste dénommée « le Rassemblement » estampillée Front de Gauche (ah, ben voilà, je sais ce que je vais voter … enfin !)
  • et une dernière liste … qui s’appelle … L’Humain d’abord (ah ben merde, c’est quoi ce bordel !) estampillée … Front de Gauche également.

Ma sidération passée, j’essaie d’authentifier cette situation ubuesque (comme si j’avais que ça à foutre !).  Peut-être y’a-t-il eu une erreur, de l’administration, de l’imprimeur, du préposé au remplissage des enveloppes, que sais-je !  Mais non, c’est bien ça, il y a bel et bien 2 listes qui se réclament du Front de Gauche.  Pour ceux que la tambouille politicienne ne rebute pas, tout est expliqué par M. Mélenchon lui-même ici.  Il a l’air fumasse.  Je le comprends.  Ce n’est d’ailleurs rien par rapport à ce que moi je ressens.  Non, mais si on veut pas vraiment prendre les commandes pour tenter de changer ce putain de système pourri, autant nous le dire tout de suite, qu’on arrête de se faire chier.  Affligeant !

Vous savez quoi, j’ai même pas envie (et pas le temps) de tenter de démêler cet imbroglio, de savoir qui est plus légitime que l’autre, de choisir entre tous ces connards.

Qu’ils aillent tous se faire foutre (version perso du défunt « Qu’ils s’en aillent tous ») !

Piketty, illumination ou opportunisme ?

La foule était immense ce dimanche 11 janvier 2015 pour … pour quoi au fait ?

Oublions bien vite la misérable cinquantaine de chefs d’État et de gouvernements venus pitoyablement tenter de récolter quelque notoriété sur les restes des victimes pas encore enterrées, écartons (pour l’instant) les lamentables récupérations et autres détournements politiciens qui commencent à affluer comme attendu, et écoutons simplement les français qui s’étaient donnés rendez-vous.  Selon les interviewés, ils se sont rassemblés pour montrer que la France n’avait pas peur, pour rendre hommage à Charlie Hebo, à nos forces de l’ordre et aux juifs de France, en mémoire des 17 victimes des trois attentats, pour montrer un front uni face au terrorisme, à tous les terrorismes, pour défendre la liberté d’expression, pour affirmer notre République une et indivisible, pour la liberté, pour l’égalité, pour la fraternité, pour l’amour entre les peuples, pour la paix (pour le ciel bleu et les p’tits oiseaux, nan pardon, là, j’déconne) …

L’image est belle même si, comme vous le savez, je n’y étais pas, ayant préféré organiser notre propre marche républicaine alternative.

Bien entendu, à l’exception de M et Mme Bisounours, chacun sait que cette pseudo « union nationale » ne peut s’afficher que le temps de l’évocation sur le mode émotionnel de thèmes tout à fait génériques, de vagues vœux pieux universellement consensuels, de mots d’ordre qui ne mangent pas de pain, et tant qu’aucune solution concrète ou mesure pratique n’est à l’ordre du jour.  Car dès lors, dès que l’on passe des objectifs aux moyens, comme toujours, le clivage entre les différentes manières de voir le monde reprend tout naturellement le dessus.  Et c’est bien normal.  C’est sain.  C’est la démocratie.

Et ce sera bien sûr également le cas du sujet que je voudrais aborder aujourd’hui.  Un sujet politique.  Un sujet noble.

Je veux parler du célèbre (surtout aux zétazunis) économiste Thomas Piketty, auteur du best-seller « Le capital au XXIe siècle », dont le constat implacable est porté aux nues par toute intelligentzia socialo mondiale sans pour autant vouloir en porter les conclusions dans les législations.  Adoncques, voilà-t-y pas que, dans une interview télévisée avec Pablo Iglesias, leader et fondateur du nouveau parti espagnol Podemos, Piketty, nouvelle girouette Filochienne, s’extasie sur la montée des partis anti-austérité, Syriza en Grèce et Podemos en Espagne, qui serait selon lui une « bonne nouvelle pour l’Europe ».

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Les Grecs choisissent la sortie de l’Euro


Après quelques heures pour digérer (brrrrp, pardon, c’est pas complètement passé encore), je me suis finalement persuadé qu’il fallait tout de même en dire un petit mot.  Je veux bien sûr parler de ça:

Les élections législatives du 17 juin 2012 en Grèce !

Grâce À cause du bonus des 50 sièges accordés au vainqueur, le parti de droite Nouvelle Démocratie (ND) aura 128 sièges (sur 300).  Et tout porte à croire, à l’heure où je dégueule ces quelques lignes,  qu’il trouvera même le moyen de s’allier aux restes du Parti socialiste (12% des voix, 33 sièges) pour obtenir la majorité absolue (151 sièges) afin de former un gouvernement pro-mémorandum, comme ils disent, c’est à dire, un gouvernement favorable aux plans d’austérité imposés par la troïka (Europe, BCE, FMI).

Il est indéniable que ce scrutin a été travesti sous les oripeaux d’un référendum sur le maintien du pays dans la zone euro.   Pur montage mensonger, puisque Syrisa est également fermement attaché à l’Euro, et même, probablement, plus encore que les autres formations politiques (mais j’anticipe mes conclusions, un peu de patience).  Lire la suite

La grenouille masochiste barbote placidement


Les Français ont (encore) voté.

Rapporté au niveau national, même si je sais que cela n’a aucune portée dans notre système d’élections législatives à scrutin majoritaire à 2 tours (pas la peine, donc, de me le faire remarquer, merci ;-)), ça donne:

Que dire de plus que ce que je j’ai déjà exprimé au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle ?  Les Français confirment leur frilosité (pour modérer mes propos et ne pas parler, sous le coup de la déception, de couardise) en acceptant le discours ambiant, en adhérant totalement à la pensée unique, en proférant haut et fort aux yeux du Monde entier qui nous regarde, que l’immigré et « l’assisté » (comme ils disent) sont le véritable problème, pas le financier ni le banquier, que si on a des chômeurs, c’est parce qu’ils sont paresseux, car lorsqu’on le veut vraiment, on peut toujours (confondant ainsi naïvement, condition nécessaire et condition suffisante), que le fonctionnaire ne branle rien, z’avez vu ces profs qui ne font que 25 heures, mon pauv’monsieur, et en plus z’ont la sécurité de l’emploi, eux, que nous n’avons plus les moyens, en tant qu’État, de nous payer une protection sociale solidaire efficace, qu’il faut travailler plus longtemps, ma bonne dame, puisqu’on vit plus longtemps, logique, non (confondant ainsi le nombre de cotisants avec la richesse produite par cotisant qui augmente plus vite), que … j’arrête là cette liste de stéréotypes éculés mais pourtant tellement encrés solidement et, semble-t-il, durablement, dans nos pauvres cervelles ramollies.

Car, en tout état de cause, si l’issue du deuxième tour confirme que le groupe PS + EELV a bien la majorité absolue à l’Assemblée Nationale, Lire la suite

L’espoir renaît en Europe avec … Syriza


Menée par le benjamin de la politique grecque, Alexis Tsipras, la gauche radicale du Syriza s’est imposée dimanche comme le second parti en Grèce, loin devant les socialistes qui ne sont donc plus la première force politique de gauche, lors des élections législatives grecques dont personne ne parle mais qui constituent le réel évènement historique de ce 6 mai 2012.

Ce parti, qui n’avait pas atteint 5 % des suffrages aux législatives de 2009 (4,6 %), se retrouve, avec 16,4 % estimés, en position de pouvoir former le gouvernement si les conservateurs de la Nouvelle Démocratie, arrivés en tête des législatives, échouaient à y parvenir.

Proche de la gauche radicale allemande Die Linke, supporter du Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle française, Tsipras rêve d’offrir une alternative aux « politiques extrémistes ultralibérales du gouvernement de Sarkozy, de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne », comme il l’exprimait récemment dans un courrier à Jean-Luc Mélenchon.

Rêve ou début de réalité?

Je croise les doigts.  Espérons que la France ait le courage de suivre la voie tracée par nos frères grecs aux législatives prochaines.

Résistance!

 

La MES est dite, amen


Les français ont voté.

Ils devront maintenant « choisir » au second tour entre une politique économique dictée par les instruments européens au service de la finance inhumaine (MES, TSCG, Pacte Budgétaire, Semestre Européen, Traité de Lisbonne) et … une politique économique dictée par les instruments européens au service de la finance inhumaine (MES, TSCG, Pacte Budgétaire, Semestre Européen, Traité de Lisbonne).  Ils ont donc choisi de ne se laisser aucun choix.

Peut-être n’êtes-vous pas très nombreux à lire mes billets.  Probablement qu’une très grande majorité des français a voté sans même avoir le début du commencement de la moindre petite idée de ceux que proposaient exactement les candidats.  Sûrement que ce billet ne servira encore pour pas grand chose.  Il est pratiquement certain que je vais redonner les 2 programmes qui restent en lice pour des nèfles.  Combien de gens vont les lire?  Mais tant pis, c’est plus fort que moi, je veux toujours parier sur un sursaut d’intelligence des citoyens.  Voici donc le non-choix que nous nous sommes laissé:

 

Aujourd’hui, je m’en veux énormément.  De m’être laissé aller, encore une fois, à croire que nous serions capables, nous français, en tant que peuple adulte et responsable, d’avoir le courage d’emprunter un nouveau chemin vers une nouvelle société, une société de partage, de coopération et de solidarité.  À mon âge!  Quelle indécrottable jeune con je fais!  Bon, je me trouve une excuse (il faut bien, c’est moi quand même ;-)) dans le fait que c’était la première fois depuis des lustres que cette perspective existait réellement dans un véritable programme de gouvernement, et était proposée démocratiquement aux français.  Dommage.

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