Les parasites

Si je vous demandais, comme ça, à brûle-pourpoint, quelle est la monomanie des hebdos d’actus préférés des incultes de droite en quête d’un quelconque sens à leur triste vie égo-centrée, je parle des revues à faible valeur ajoutée telles que l’Express, le Point ou Valeurs Actuelles, vous me répondriez illico, je suis sûr, l’Islam et ses cohortes de barbares voulant détruire nos bonnes actuelles vieilles valeurs françaises …  Et vous auriez raisonJ’en parlais d’ailleurs encore il y a quelques jours.

Oui, mais non, c’est pas de ça dont je souhaite vous entretenir aujourd’hui.  Alors si je vous demandais quelle est leur deuxième marotte obsessionnelle, celle qui fait l’objet de leur Une et d’un dossier spécial dès que plus aucun massacre perpétrés par de quelconques fous de Dieu hallucinés ne fait plus l’actualité immédiate ?  Je vous en ai souvent parlé aussi.  Tiens, comme ici, par exemple.  Bien sûr, vous aurez deviné, il s’agit de ces pourris de fraudeurs-chômeurs (qui, dans leur bouche, est un pléonasme), ces crevures d’assistés de l’État providence, ces sales tricheurs de la carte Vitale, ces putrides tire-au-flanc de l’éducation nationale qui somnolent sous leur parasol, ces fonctionnaires paresseux (encore un pléonasme) qui n’en foutent pas une, se la coulent douce et se gavent sur le dos de « ceux qui en ont marre (et qui ont raison) ! ».

Il s’agit d’une véritable phobie compulsive.  Le Point et Valeurs Actuelles sont les preux chevaliers journalistiques qui osent pointer du doigt sans complaisance (car, croyez moi, il faut beaucoup de courage pour dénoncer les faibles et les sans voix) les parasites qui sucent le sang de notre si beau pays.  C’est très simple, une semaine sur deux, les parasites sont les musulmans, et la semaine qui suit, ce sont les chômeurs et les malades qui portent le chapeau.  Sans ces vermines, la France serait un véritable petit paradis sur terre dont pourraient enfin pleinement profiter nos chers éditocrates méritant, tels le FOG et le Barbier.  Ah oui, et sans les syndicalistes aussi, naturellement, cela va sans dire.  Allez, séquence émotion, souvenons-nous et versons une larme :

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Le coût du capital pour les nuls


C’est en apprenant en début de semaine l’annonce d’EADS de supprimer 5.800 postes d’ici à 2016, dont 2.600 en Allemagne et 1.700 en France, que j’ai voulu vérifier comment le géant européen de l’aéronautique se situait dans le classement des parasites (que je vous livre ci-dessous, ne vous en faites donc pas ma bonne dame).  Juste parce que j’ai mauvais fond, tout le monde le sait.

Et … bingo !  Encore un !

Ce tableau, paru le 5 décembre 2013 sur bastamag.net dans l’article d’ Ivan du Roy « Quand les actionnaires accaparent 60% des bénéfices des entreprises », liste les montants de dividendes que se sont accordés en 2012 les actionnaires des 47 entreprises (parmi les plus grosses sociétés cotées en France) étudiées par Basta ! et l’Observatoire des multinationales.

D’après ce classement, EADS a réalisé 1.228 millions d’euros (soit 1,2 milliards d’€) de résultat net et a distribué 379 millions en dividendes (soit 31% du résultat net).  La dernière colonne est intéressante (enfin, elles le sont toutes, mais la dernière présente un intérêt nouveau dans l’analyse de la prédation du capital) puisqu’elle nous indique à combien revient, par salarié du groupe, ce montant de dividendes.  En l’occurrence … 2.699 €.  Est-ce que ce chiffre est bien clair pour tout le monde ?  Hum … voyons.  Autrement dit, chaque travailleur d’EADS fait gagner 2.700 € (soit presque 2,5 SMIC net) de dividendes aux actionnaires indolents qui n’en foutent pas une, on rappelle.

Autre petit calcul rapide (et donc stupide, j’en suis bien conscient mais … je m’en fous 😉 ).  379 millions d’euros de dividendes, cela représente 65.345 € pour chacun des 5.800 postes qui vont disparaitre.  Soit 45 mois de SMIC brut.  De quoi voir venir avant de dégraisser le mammouth, non ?

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