Deux chiffres à mettre en parallèle


Le projet de loi de finances 2014 (PLF2014) du gouvernement est sorti la semaine dernière.

Je vous laisse le parcourir si vous y tenez.  Vous connaissez son contenu.  Et comme vous le savez, il s’agit d’un budget … d’austérité … pour changer.  Normal puisque nous sommes en pleine phase de récession, il faut donc rajouter de la récession à la récession pour s’en sortir, le b-a-ba de l’économie pour les nuls, voyons.  Il n’y a pas d’alternative, ajouterait fiévreusement la fort heureusement décédée Thatcher.

Mais je vois que certains au fond de la salle se demandent ce que signifie concrètement un budget d’austérité.  C’est simple, 15 milliards d’euros de coupes budgétaires supplémentaires qui s’ajoutent à la saignée de 20 milliards d’euros déjà engagée depuis le changement-c-est-maintenant de François Hollande.  Au total, en 2 budgets, ce sont donc 35 milliards d’euros de moins dans l’action publique et 40 milliards de ponctions fiscales supplémentaires, soit 75 milliards de moins dans l’économie réelle.  Pratiquement tous les postes sont concernés par les coupes budgétaires.  Sautez directement, à partir de la page 163, aux tableaux récapitulatifs listant les chiffres clés des « missions », pour vous en convaincre.  Cela vous épargnera en outre tout le bla-bla aussi inutile que pompeux qui encombre l’ensemble du document.

Mais mon but n’est pas d’entrer dans le décryptage (c’est à la mode, me dit-on de source sûre) de cette politique de droite débile (pardon pour le pléonasme), ni de remettre en cause les hypothèses macro-économiques débiles (pardon pour la répétition) qui a servi de fondement (fondation ?  vraiment ?  j’vais réfléchir) à l’établissement de ce projet de budget.

Non, je voudrais juste mettre l’accent sur un chiffre dont personne n’a parlé (me semble-t-il, je ne peux pas tout lire non plus, faut pas déconner ;-)).  Regardez page 45:

Charge de la dette (pour 2014): 46.7 milliards €

Comme il est maintenant de coutume, il s’agit encore du premier poste budgétaire de la France.  En d’autres termes, pour que chacun comprenne bien, on va donner, sous la forme d’intérêts illégitimes, plus d’argent à des banquiers, pourtant déjà bien trop gras et qui auraient dû en outre disparaitre en 2008 suite à la crise qu’ils ont causée, que l’on ne va en utiliser pour payer les salaires de nos enseignants, nos médecins et infirmières de l’assistance publique, nos policiers, nos juges, nos militaires ou encore nos contrôleurs fiscaux.

Ce chiffre, 46.7 Milliards d’€, est à comparer à celui Poursuivre la lecture de « Deux chiffres à mettre en parallèle »

Dettes publiques, la stupéfaction!


Franchement, j’en suis resté scié!

Je rattrapai un peu mon retard en actualités économiques accumulé cet été, quand je suis tombé sur le rapport d’Eurostat de juillet dernier concernant les dettes publiques européennes.  Et bien, figurez-vous que, contre toute attente :D, la dette publique de la zone euro … a continué d’augmenter sur le 1er trimestre 2013 « malgré » les plans d’austérité généralisés.  Elle a même explosé pour les pays … qui ont appliqué les mesures de restrictions budgétaires les plus drastiques dont bien sûr, ceux qui ont été forcés de suivre les recettes de rigueur budgétaire imposées par la troïka (CE, BCE, FMI).

Au cas où, comme moi, vous auriez loupé cette info (pour une raison certainement très valable que je ne veux pas savoir), j’en fait donc part ici.

Quelques chiffres pour les thuriféraires de la rigueur profonde (branche sado-maso), pour les glorificateurs de la misère généralisée (mais seulement pour les autres) et les adorateurs du couple Merkel-Sarkozy-Hollande  (couple moderne si l’en est):

  • À la fin du premier trimestre 2013, les ratios de la dette publique par rapport au PIB les plus élevés ont été enregistrés en Grèce (160,5%), en Italie (130,3%), au Portugal (127,2%) et en Irlande (125,1%), 3 pays ayant reçu « un plan d’aide » 😀 de l’UE et l’Italie qui, sans avoir subi officiellement de plan d’aide a appliqué par anticipation tout ce que la troïka était sur le point de lui imposer (un grand coup de lèche, en quelque sort).  L’Espagne (dernière lauréate du prix de bon élève européen) n’est pas très loin.
  • À la fin du premier trimestre 2013, le ratio de la dette publique par rapport au PIB s’est établi à 92,2% dans la zone euro (ZE17), contre 90,6% à la fin du quatrième trimestre 2012.
  • Dans l’UE27, le ratio a augmenté, passant de 85,2% à 85,9%.
  • Par rapport au premier trimestre 2012, le ratio de la dette publique par rapport au PIB s’est accru tant dans la zone euro (de 88,2% à 92,2%) que dans l’UE27 (de 83,3% à 85,9%).

Et attendez!  La Grèce!  La Grèce n’est toujours pas revenu au niveau d’endettement qui était le sien … avant « l’aide européenne » (entre 120 et 130%)!  Et ce, malgré une prétendue ré-structuration en cours de route!

Sérieusement, qui aurait pu se douter 😀

Sauf quelques bolchéviks hirsutes qui écrivaient au début de l’année 2012:

« Le problème de la Grèce, n’a toujours pas été réglé.  Bien au contraire, il va s’amplifier. »

Merde, je me rends compte que, du coup, j’ai raté également la série interminable de plates excuses du sérail médiatico-politique qui a dû déferler suite à ce rapport.

Trop bête.

Une histoire belge


Cela se passe en Belgique.  Mais bon, c’est la même histoire qui nous est racontée de partout, dans tous les pays de notre monde globalisé.  C’est toujours la même histoire.  Sauf pour les moules, les frittes et les privilèges fiscaux pour les très riches, bien sûr.  Ah non, merde, c’est vrai.  Les privilèges fiscaux pour les très riches ne constituent pas une spécificité de nos amis Belges.  C’est même une spécialité de la quasi totalité des pays soumis au Dogme.

Hum, hum, mais j’y pense alors, ne pourrait-on voir dans cette corrélation entre privilèges fiscaux pour les très riches et explosion des dettes publiques un lien de causalité direct ?  Mais non, mais non, Marc, tu délires, c’est mal d’oser remettre en cause les préceptes du Dogme, c’est très mal, repends-toi immédiatement, veux-tu !

[youtube.com/watch?v=V28vk6DVE1k]

Impayable !  La dette, bien sûr.

Soutenez la campagne sur http://www.onveutsavoir.be.

Nous aussi, Français, nous voulons savoir.

Nouveau plan d’ « aide » à la Grèce: les lois du saigneur sont impénétrables


Après des semaines de négociations, en fait principalement des menaces et des humiliations envers le peuple grec, le gouvernement grec et la zone euro ont fini par se mettre d’accord sur le plan d’aide final de l’Europe.  Il a été voté par l’Eurogroupe ce lundi 20 février (c’est à dire par les ministres des finances de la zone euro).  L’Eurogroupe l’a synthétisé dans une déclaration de 3 pages que je vous livre brut de fonderie, c’est à dire en anglais comme il se doit pour faire sérieux.

Vous en avez bien sûr entendu parler.  Quelques médias l’ont survolé.  D’autres ont donné un peu plus de détails.  Toujours sous l’angle officiel bien sûr: ces braves pays européens et ces gentils banquiers vont encore une fois se saigner aux 4 veines pour sauver ces branleurs et voleurs de grecs.  On connait.

Mais, je m’étonne (c’est une figure de style car évidemment cela ne m’étonne pas du tout ;-)) de voir que personne ne note le point principal.  Si je devais n’en retenir qu’un ce serait celui-ci:

Le but de cet accord est de « s’assurer que la dette publique grecque soit ramenée sur une pente descendante pour atteindre 120,5% du PIB en 2020 » (en anglais dans le texte: « ensure that Greece’s public debt ratio is brought on a downward path reaching 120.5% of GDP by 2020″.

Rendez-vous compte: 120,5% du PIB en 2020 !  Ce chiffre prend toute son absurdité lorsqu’on en rappelle un autre: la dette grecque était de … 127% du PIB en 2009 !  Le massacre implacable de ce pays, la paupérisation de son peuple, l’austérité, la précarité et la pauvreté comme unique avenir pour les décennies à venir, la mise sous tutelle totale de l’économie, l’occupation du territoire par la troika tyranique financière internationale (Commission Européenne, BCE, FMI), tout ça serait donc justifié pour réduire … de 6 malheureux points en 11 ans, en étant optimiste (dixit Junker), le rapport de dette publique à la richesse produite.  Je rappelle qu’il était clairement possible de ramener le niveau de leur dette à ce niveau, et même bien inférieur, et ce bien avant 2020 !  Il suffisait de permettre à la Grèce d’emprunter directement à la BCE au taux des banquiers !  Il n’était pas nécessaire d’étrangler leur économie et d’écraser leur peuple avec tous les plans de rigueur successifs.

Et cela ne choque personne !

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Encore, et toujours démystifier la dette publique


Dessin de François Feer
Dessin de François Feer

Aujourd’hui, l’actualité nous donne raison.  Encore !  Manifestations historiques au Portugal contre les politiques de la Troïka et du gouvernement, soulèvement en Grèce contre le nouveau plan d’austérité…  Partout en Europe, les peuples sont sacrifiés sur l’autel de la dette pour « rassurer les marchés ».

Il est urgent de renverser la vapeur !

Bien sûr, il y a les élections de ce printemps en France.  J’espère que tout le monde est bien conscient de ce fait: un seul parti, un seul programme, un seul candidat s’engagent à résister à cette vague collaborationniste du « rassurer les marchés »: le Front de Gauche  et son candidat pour l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.

Mais en attendant,  ce serait sympa 😉 de ne pas rester les bras croisés, la bouche en cœur et les bras levés devant Claire Chazal ou David Pujadas.  Il serait bien d’agir.  La première des choses qu’un citoyen peut faire (devrait faire) est bien sûr de bien comprendre ce qu’est la dette publique.  Après seulement, peut-être, pourra-t-il prendre parti pour la seule solution citoyenne et faire bouger les choses.

Comprendre la dette publique

Pour la n-ième fois: la dette publique n’est pas un problème de dépenses trop élevées des états !  C’est clair.  Combien de fois faudra-t-il le répéter.  Non, nous ne dépensons pas trop !  Non, nous n’avons pas à abandonner nos services publics pour « nous sauver » !  Je sais que ce discours va à l’inverse de ce que tout le monde entend et lit en permanence dans tous les médias mainstream.  Je sais que tous les candidats « importants » à l’élection préférentielle, sauf un, chantent la même chanson de réduction des dépenses publiques !  Je sais que tous les états européens se sont embarqués dans cette même galère (ou plutôt ce même pédalo flottant au fil des vagues financières) de plans d’austérités.  Mais, il est parfaitement possible d’avoir raison seul contre tous (enfin pas tous puisque la grande majorité des économistes sont d’accord sur notre analyse, ils sont juste boycottés sur les grands médias).  C’est d’ailleurs comme ça que tous les  changements radicaux débutent.

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