Quelques anticipations sur le TTIP (le grand marché transatlantique)


En cette grisâtre veille de fête des morts, je me devais de lire quelque chose d’adapté.  Quelque chose de bien déprimant et de bien révoltant, vous voyez le genre.  Mon choix s’est donc porté tout naturellement sur un rapport économique étasunien, émanant du Economic Policy Institute, concernant les attaques législatives du régime étasunien sur le monde du travail aux États-Unis.

Pourquoi ce rapport concernant le travail aux États-Unis est-il intéressant, à mon avis, pour nous autres pauvres européens?  Parce qu’il préfigure ce qui nous attend.  S’instruire sur les conditions économiques et sociales aux US, c’est malheureusement un peu comme lire dans le marc de café concernant nos propres futures conditions.  Depuis l’avènement du capitalisme débridé, le régime étasunien constitue en effet le laboratoire lugubre où se concoctent les pires recettes qui sont ensuite exportées sur toute la planète, y compris sur notre vieux continent.  Cela me rappelle d’ailleurs quelques camarades étudiants, il y a bien des lustres de cela, qui déjà à l’époque répétaient sans cesse, des étoiles (environ une cinquantaine) plein les yeux, des bandes (environ une grosse douzaine) sur leur R8 gordini, à propos de tout et n’importe quoi: « putaingue (cela se passait à Marseille ;-)), on a au moins vingt ans de retard sur les ricaingues ici, mais tu verras, ça finira par arriver chez nous aussi ».

Le rapport, pour en revenir à lui, fournit une étude détaillée de toutes les lois, votées sur 2011-2012 à travers tous les états étasuniens, qui attaquent, portent atteinte, restreignent ou abrogent les standards, les protections et les acquis des travailleurs dans ce pays de damnés de la terre:

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Le peuple ne saurait prendre lui-même en mains ses destinées


« … car il est assez clair que ce peuple ne saurait prendre lui-même en main ses destinées » Paul Nizan, 1932

Cela faisait quelques temps que je n’avais pas trouvé le courage de baver ne serait-ce que quelques ridicules lignes de révolte ici-bas.  C’est vrai, ça, dans quel but ?  À l’intention de qui ?  Ceux qui me lisent assidument (je les en remercie) sont probablement déjà convaincus.  Et ceux qu’il faut convaincre afin qu’ils rejoignent nos rangs clairsemés … et bien ceux-là … ne me lisent probablement pas.  Beaucoup d’entre eux ne lisent d’ailleurs vraisemblablement pas grand chose, ou alors Gala, c’est à dire pas grand chose.  D’autres, peut-être Le Monde ou Libération, c’est à dire, pas beaucoup plus.

Putain, que c’est frustrant.

Tant pis.  Une nouvelle envie pressante de me soulager dans un Stradivarius m’a repris après le visionnage du film documentaire dont je vous parlais en janvier 2012, pour sa sortie en salle, il y a un an.

Il s’agit des Nouveaux chiens de garde, vous vous souvenez ?

Dénonciation virulente, quoique souvent sur un mode narquois maniant un malicieux second degré quelquefois déstabilisant, de l’inféodation des grands médias, et plus particulièrement de leurs vedettes, aux puissances capitalistes.  Décryptage d’une presse volontiers oublieuse des valeurs d’indépendance :-D, d’objectivité 😀 et de pluralisme 😀 qu’elle prétend incarner et mise à nu de ses journalistes, éditorialistes et experts médiatiques devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social.

Bon, je sais, c’est quand même 1h40.  C’est vrai qu’en 1 heure 40 minutes, on peut regarder plein d’autres émissions bien plus utiles.  Comme … j’sais pas moi … 2 épisodes des Experts, peut-être même 3 avec un peu de chance …. ou un Koh-Lanta … ou le Grand Journal incluant le Petit de Yann Barthès … ou un « C dans l’air » intégral … ou un 20h00 de Claire Chazal suivi d’un 20h00 de David Pujadas (putain quelle chance!) … ou un édito économique de Christophe Barbier sur i>Télé en boucle une bonne centaine de fois (le pied!) … ou un bon Sylvester Stallone qui sauve le monde avec son pote Bruce Willis pour se détendre parce qu’on a pas envie de se faire chier en rentrant du boulot avec les conneries de la politique, d’toute façon, c’est tous les mêmes, ma pauv’Lucette !

Pas grave.  Pour ceux qui ont du temps à perdre pour prendre en mains leur destinée, je me permets de diffuser quand même ce film afin de tenter de lutter, de manière dérisoire j’en suis malheureusement bien conscient, contre cet état de fait absolu énoncé par « ce brave » Franz-Olivier Giesbert (FOG pour les intimes) lui-même dans le film:

« Le vrai pouvoir stable, c’est le pouvoir du Capital.  Ça, c’est le vrai pouvoir.  Il est tout à fait normal que le pouvoir s’exerce [sur les médias] »

[EDIT 14/12/2012] J’ai retiré la vidéo suite au commentaire avisé de Marc Siramy ci-dessous.  Vous pouvez néanmoins acheter le DVD (chose que j’ai faite) ici, ici ou encore .  Tiens, voilà une bonne idée de cadeau pour Noël, pour votre belle sœur réactionnaire ou pour votre cousine indignée mais non votante.  Si vous ne pouvez vraiment pas vous le permettre, il faudra attendre que le film soit disponible gratuitement sur Internet.  Vérifiez régulièrement sur ma Télé, je l’y mettrai dès que ce sera possible.

Fiche technique

Documentaire – France – 2011

  • Réalisation : Gilles Balbastre, Yannick Kergoat
  • Scénario : Serge Halimi, Pierre Rimbert, Renaud Lambert, Gilles Balbastre, Yannick Kergoat
  • Production : Jacques Kirsner, Anne-Marie Marsaguet,
  • Image : Laurent Fénart, Alberto Marquardt, Guillaume Deffontaines
  • Son : Laurent Malan, Philippe Fabbri, Romain Degueltz, Olivier Walczak, Julien Cloquet
  • Direction artistique animation : Joris Clerté (Petite Ceinture)
  • Musique : Fred Pallem
  • Infographie : Arnaud Lamborion
  • Documentaliste : Valérie Massignon
  • Montage : Yannick Kergoat, Marie-Pierre Camus
  • Production : JEM Productions