Mais réveillez-vous, Nicolas Baverez !


Pour faire parfaite suite à mon billet d’hier, je me permets de reprendre in extenso cette critique jubilatoire de la dernière ode au libéralisme de Nicolas Baverez, « Réveillez-vous ! »

Comme on le sait, les « très importants » et « très intelligents » affectent toujours ce mépris amusé qui est le masque de leur caste pour balayer nos arguments. Nous sommes les exagérés, ils sont les omniscients. Que leur politique se traduise partout par un désastre, que nulle part au monde, jamais, leur médecine ait donné un autre résultat que des désastres et des souffrances inutiles, tout cela ne les affecte d’aucune manière. Une caricature de cet état d’esprit bouffi qui additionne les allégations sans démonstration, les poncifs les plus éculés de la doxa libérale est ce malheureux Nicolas Baverez, face contrite de la jubilation morbide devant les désastres. « Réveillez-vous ! », couine avec arrogance ce cauchemar ambulant, pour titrer son dernier livre.

Ce document regorge d’idées nouvelles auxquelles personne n’avait pensé avant cela : réduire les dépenses des États, réduire les dépenses sociales, augmenter la productivité du travail, flexibiliser le marché du travail. Ce document innove surtout en montrant que la concurrence des pays émergents, de la Chine et de l’inde, par exemple, est un problème majeur. Enfin il nous fait douche froide révélatrice en nous démontrant que notre pays n’est qu’une ruine vétuste et incapable. Tant de nouveautés, dans le contexte actuel, suscite un vif intérêt dans les médias de droite qui lui consacrent d’amples pages de bonnes feuilles et autres commentaires louangeurs. L’effet de rabâchage est garanti.

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L’austérité budgétaire affaiblit la croissance


Et ce n’est pas moi qui le dit, pour une fois ;-).

Ce n’est pas non plus Jean-Luc Mélenchon ou Pierre Laurent. Il ne s’agit pas non plus d’un nouveau tract revendicatif de la CGT, ni du dernier slogan déclamé à la fête de l’huma ce week-end. Ce ne sont pas non plus les centaines de milliers d’Espagnols et de Portugais déferlant dans les rues ensoleillées de la péninsule ibérique.

Non, non. Bien sûr, M. Mélenchon, M. Laurent, la CGT, le Front de Gauche, les citoyens d’Espagne, du Portugal, de Grèce, et d’ailleurs, de plus en plus d’économistes par le monde, de chercheurs, de trouveurs, d’analyseurs, d’investigateurs, de travailleurs, de penseurs, de blogueurs, de rêveurs, de simples viveurs, et également votre serviteur, ne cessons de le répéter depuis plus de 2 ans.

Ces propos se trouvent dans le dernier rapport annuel de la CNUCED, qui est, pour simplifier, la branche de l’ONU qui s’occupe d’économie mondiale. Avec de vrais économistes dedans. Quelques extraits du communiqué de presse:

« l’austérité budgétaire et la compression des salaires affaiblissent toujours plus la croissance dans les pays développés sans que soient obtenus les résultats escomptés en matière de réduction des déficits budgétaires, de création d’emplois et de rétablissement de la confiance des marchés financiers. »

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Merci d’avoir patienté


Je ne m’adresse pas à vous, bien sûr, what did you expect 😉

Je m’adresse, de manière ironique, est-il besoin de le préciser (mais sait-on jamais de nos jours, mieux maux prévenir que guérir, ma bonne dame), à M. Hollande, à ses 39 ministres (en comptant le premier), à ses 314 députés (en comptant les petits hommes et femmes vert(e)s), à ses 140 sénateurs (en comptant encore les écolos), à ses 24 présidents de région (sur 26!), et je m’arrêterai là pour ne pas rendre malades de jalousie les bandes d’umpistes sauvages qui déferlent toujours plusieurs nombreuses dans ce lieu de perdition.

Merci, leur dis-je donc. Merci de m’avoir attendu.

En effet, je suis rentré de congés le week-end dernier, et après un dépouillement peut-être un peu (trop?) rapide de l’actualité passée de ces trois dernières semaines, j’ai l’impression … de n’être pas parti. Non pas que mes vacances ne fussent pas formidables, merveilleuses, super, sensas, trop top de la folie qui tue de la mort, et tout et tout, non, merci, c’est pas ça, c’est juste que j’ai l’impression que le temps s’est arrêté pendant trois semaines. Je croyais en effet benoitement que ma rentrée bloggiste absorberait rapidement une grosse partie de l’énergie progressivement rechargée pendant mon arrêt réparateur estival, juste pour me mettre à niveau de toutes les lois et décrets que le nouveau gouvernement Socialiste n’aurait pas manqué d’enfiler pendant leur premier été de pouvoir total. Eh oui, c’est que j’ai un tableau de suivi de mise en œuvre du programme socialiste à tenir à jour, moi !

Ben non. Rien. Pas encore. Pas tout de suite. Mais bientôt, promis.

Franchement, amis socialistes, déjà que le programme socialiste n’est pas réellement un programme de gauche, si en plus, les quelques malheureuses mesures progressistes et sociales qui y sont disséminées (probablement à l’insu de leur plein gré ;-)) sont mises en œuvre à cette allure-là, finalement, autant être de droite. Au moins, les Sarkozystes, eux, ils assument leur décomplexitude libérale chacun-pour-sa-gueulesque.

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Plus trop d’espoir, juste des principes


Allez, une bonne grosse dernière rasade de rouge qui saoule, avant de vous laisser tranquillement cuver l’éthanol de cet ultime billet estival jusqu’à mon retour prochain. Un billet que je commencerai par un carton … rouge, comme il se doit.  Mon sang … rouge, comme de très normal, n’a en effet fait qu’un tour lorsque j’ai lu qu’il existait des grands patrons français, CAC 40 et secteur bancaire confondus, qui avaient gagné en 2011 … moins d’1 million d’euros !  Inadmissible !  Ils sont même 2, pour être précis: Michel Lucas, Président du Crédit Mutuel qui n’a gagné en 2011 que 800 000 € et Philippe Wahl, Président du Directoire de la Banque Postale, qui lui, ne s’est fait que 833 000 €.  J’en reste sans voix. Heureusement, ce ne sont que des exceptions, des mauvais exemples, des canards boiteux, des brebis galeuses, des moutons noirs. En effet, soyons rassurés, à part ces 2 miséreux, les autres se portent parfaitement bien.  Merci aux Échos pour ces 2 diaporamas: la rémunération des patrons du CAC 40 d’une part et celle des dirigeants de banques d’autre part.  On y apprend par exemple que, pour les patrons du CAC 40, cette rémunération 2011 atteint donc 96,8 millions d’euros, pour une moyenne de 2,42 millions par dirigeant.  Je note avec satisfaction que:

  • le patron d’Arcelor Mittal, l’éponyme M. Mittal, a été récompensé de ces multiples plans sociaux (dont peut-être encore un nouveau prochainement) et de ses violations de lois nationales, avec une coquète somme de 2,9 millions €, soit une augmentation de +82% par rapport à ses revenus de l’année précédente (2010)
  • le patron d’Axa, M. De Castries, a été remercié par anticipation de l’organisation et de la présidence du Bilderberg 2012 avec également 2.9 millions €
  • le patron de GDF Suez, M. Mestrallet, a amplement mérité ses 3 Millions € pour les multiples hausses du prix du gaz qu’il a su courageusement imposées aux peigne-culs qui prétendent avoir besoin de se chauffer en hiver (non, mais franchement, ils nous prennent pour des billes !)

Je félicite en outre vivement Poursuivre la lecture « Plus trop d’espoir, juste des principes »

Debtocracy vous a scotché, Catastroïka vous passionnera


Vous vous souvenez peut-être (j’espère!)  de DEBTOCRACY, le documentaire sur l΄histoire de la dette grecque et des dettes illégitimes et odieuses plus généralement, un documentaire vu par plusieurs millions de spectateurs et qui est toujours accessible sur la chaine « dette publique » de « à ma télé ce soir » (pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, honte à eux ;-)).  Eh bien, les mêmes réalisateurs, Aris Chatzistefanou et Katerina Kitidi, reviennent avec une nouvelle production, CATASTROÏKA qui cherche les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.  En voici une bande annonce que je me suis permis de sous-titrée en français:

Le documentaire, qui est une véritable source alternative d΄information documentée, précise et chiffrée, revient sur les effets des privatisations, en détaillant plusieurs cas d’écoles historiques dans différents pays développés du monde et analyse comment ces processus sont reproduits également en Grèce actuellement.  Le pays est, en effet, comme vous le savez (j’espère!), sous le joug d’un mémorandum (délicieuse litote typique de la très parfumée langue dirigeante européenne) imposé par la Troika (BCE/UE/FMI) afin, prétendument, d’alléger le poids de leur dette publique.  Ce mémorandum de cheval inclue bien évidemment un programme de privatisations drastique.  Les parts détenues par l΄État dans les compagnies des eaux (Eydap-Eyath), pétrolière (Helpe), des Jeux (Opap), du groupe gazier (Depa) ont déjà commencé à être cédées à des groupes privés.

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