Seuls 3 députés de l’UMP ont voté contre un texte du PS


Il paraît qu’il est encore des gens pour croire que le PS est un parti de Gauche.

Si, si, Mame Lucette, j’vous le jure!  Pour preuve, j’ l’ ai encore entendu au journal de TF1 (ou France2, ou Canal+, j’sais plus trop, mais peu importe).  « La Gauche blablabla blablabla » qu’il disait l’ gars en parlant de Hollande et sa clique.   Voyez que j’ vous raconte pas d’ conneries!

Peut-être ne savent-ils pas ce qu’est historiquement la Gauche, peut-être ne connaissent-ils du mouvement socialiste que les récentes (vis à vis de l’Histoire) émanations (pour ne pas dire sécrétions) sociales-libérales telles que Blair, Schröder ou Zapatero (pour ne citer qu’eux, une liste plus exhaustive m’étant interdite par mon hébergement qui n’est pas illimité), peut-être ont-ils été sincèrement convaincus par les décennies de propagande ininterrompue du TINA (le fameux argument There is no alternative de la Thatcher dont on fête demain le début tant attendu d’oxydation), peut-être souhaitent-ils cacher leurs profondes valeurs droitières derrière une étiquette à connotation sensiblement plus humaniste, …

Quoi qu’il en soit, voici une nouvelle pièce que je verse à leur attention au dossier d’instruction en libéralisme du Parti dit Socialiste.

Le projet de loi dit (avec toute l’ironie destructrice de la novlangue en usage dans le monde politique des bien-pensants) de « sécurisation de l’emploi » a été votée en première lecture ce 9 avril dernier à l’Assemblée Nationale.  Vous savez, c’est le projet de loi qui sécurise la possibilité de se faire virer sans tambour ni trompette ni motif économique si on n’accepte pas une augmentation de son temps de travail, une baisse de son salaire ou un déplacement de son lieu de travail.  C’est le projet de loi qui stipule qu’un contrat d’entreprise, même défavorable aux salariés, aura maintenant une valeur supérieure à la loi.  C’est le projet de loi qui marque un recul de plus de cinquante années dans notre modèle social.

Eh bien, sachez que seuls 3 députés de l’UMP ont voté contre ce texte: Nicolas Dhuicq, Henri Guaino et Jean-Marie Sermier.

Dites, l’UMP, c’est bien la droite, non?  La droite décomplexée même, comme ils disent fièrement aujourd’hui?  D’accord.  Alors, relisez ce qui précède: seuls 3 députés de l’UMP ont voté contre ce texte.  Uniquement 3 députés de droite se sont opposés à un texte de portée sociale (on parle pas ici d’un texte déclaratif sur l’amour entre les hommes de bonne volonté ou la défense des jolis petits bébés phoques oh-trop-mignons, on parle d’un texte censé porté haut comme un étendard la différence structurelle de société entre la gauche et la droite, merde!) présenté par un gouvernement dit socialiste.

Tous les autres (191 quand même!) ont laissé faire.  Et j’ parle là de bons gros UMPistes bien droitiers.  Tiens, comme Bernard Accoyer, Benoist Apparu, Patrick Balkany, Claude Goasguen, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Luc Chatel, Christian Jacob, Éric Ciotti, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé, Olivier Dassault, Bernard Debré, Patrick Devedjian, Christian Estrosi, David Douillet, Thierry Mariani, Hervé Mariton, Laurent Wauquiez ou Éric Woerth.  Ils ont tous laissé passer le texte sans ‘y opposer!  Même Copé!

Et bien entendu (pour les archives) aucun député du groupe de la droite-qui-n’ose-pas-le-dire, le groupe UDI, le groupe de Jean-Louis Borloo n’a voté contre non plus.

Maintenant, si vous voulez vraiment continuer de vous convaincre que nous avons un gouvernement de gauche, qu’est-ce que je peux faire pour vous, hein?  Franchement?  Rien.

Quand je pense que l’ultra-libéral Dominique Strauss-Kahn, le bon docteur Strauss-Kahn affameur de la Grèce, arborait avec fierté un immense portrait de Jaurès dans son bureau de la rue Solférino!  Strauss-Kahn dont les émules (pour ne pas dire, là non plus, sécrétions, qui pourrait être fort mal interprété) les plus connus sont, je le rappelle, les non moins ultra-libéraux Cahuzac et Moscovici!  Non mais quelle déchéance de l’idée socialiste!

Tiens, je ne résiste pas à l’envie de terminer sur une citation:

« Le socialisme universel affirme à l’heure actuelle que pour émanciper les travailleurs il n’y a aujourd’hui qu’une solution (…) c’est, partout (…) où il y a séparation de la propriété et du travail, de remplacer ce qu’on appelle le capital, c’est-à-dire la propriété privée des moyens de production, par la propriété sociale commune ou collectiviste des moyens de production.  Et sans faiblesse, sans hésitation, sachant bien que cette formule générale saura bien dans son unité s’adapter à la diversité des conditions économiques, nous la proclamons pour le monde paysan comme pour le monde industriel. »

Discours Jean Jaurès sur l’idée socialiste,
Séance parlementaire du 3 juillet 1897

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Quelqu’un peut-il m’expliquer ce carnaval


Car je suis extrêmement perplexe (et passablement énervé, mais ça, c’est pas nouveau).

Cette semaine, vous le savez probablement, vous qui suivez de près ce que débite nonchalamment la petite boite à désinformation du salon (je crois me souvenir qu’ils en ont parlé entre 2 prières du pape des catholiques), l’Assemblée Nationale s’est exprimée sur une motion de censure déposée par la Droite Coppé-Umpiste.  Pour ceux qui ne maitriseraient pas parfaitement les procédures formelles de notre 5ème République, rappelons que nous parlons ici de l’application de l’Article 49 Alinéa 2 de notre Constitution qui donne en effet la possibilité à l’Assemblée nationale de « mettre en cause la responsabilité du Gouvernement » (c’est à dire, la possibilité de demander à ce que le gouvernement soit défait, explosé, éparpillé aux 4 coins de hémicycle – hum, pas facile ça, je vous le concède – façon puzzle) par le vote d’une motion de censure qui « ne peut être adoptée qu’à la majorité des membres composant l’Assemblée ».

En bref, c’est un moyen qu’ont les députés de dire qu’ils sont pas contents (mais pas contents du tout!) du gouvernement.  Bon, c’est un truc qui ne sert pas vraiment à grand chose puisque, par construction, le gouvernement est du même « bord » que la majorité des députés.  Mais bon.  Ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi, quand même, merde!  Ce devrait être, pour chaque député, une confrontation entre des visions opposées de ce qu’il convient de faire selon sa conscience civique.  Ce devrait donc être du sérieux.  Nan?

Alors expliquez-moi ça:

  1. Tout d’abord, pourquoi la droite dépose-t-elle une motion de censure?  En quoi les députés de droite sont-ils mécontents de la politique qui est menée par le gouvernement?  Qu’ont-ils exactement à lui reprocher?  Que n’auraient-ils pas fait eux-même s’ils avaient été aux affaires et que déferaient-ils s’ils y revenaient?
  2. Et conséquemment, pourquoi les députés Front de Gauche n’ont-ils pas voté cette motion de censure?  Sont-ils donc si satisfaits de la politique menée par le gouvernement?  Devons-nous en conclure qu’ils auraient fait la même chose s’ils avaient été aux commandes et qu’ils ne déferont rien quand 😉 ils y seront?

Sur ma deuxième interrogation, ok, soit, je veux bien reconnaitre que, quand on lit le texte de la motion déposé par M. Coppé, et particulièrement sa fin, on ne peut pas vraiment tenir rigueur aux députés Front de Gauche de ne pas s’être associés à cette véritable ode dogmatique aux mantras les plus débiles du néo-libéralisme financier dans toute son outrance:

« nous devons collectivement produire plus et produire mieux.  C’est le travail des uns qui crée l’emploi des autres (sic).  (…) La compétitivité au service de l’emploi, c’est la seule voie possible pour construire une France dynamique, qui attire les talents et les investissements. » et bla bla bla, et bla bla bla …

On y décèle également quelques perles de la vision ploutocratique du monde selon la droite, vision dans laquelle, la société ne compte plus aucun ouvrier, employé ou salarié:

Le pessimisme s’est ancré dans toutes les strates de la société : chez les ménages, les jeunes, les chefs d’entreprises, les travailleurs indépendants, les retraités, l’inquiétude domine.

Ok, ce texte est nocif, et il ne fallait pas le voter.  Mais, pourquoi la droite a-t-elle déposé une motion de censure en premier lieu?  Alors ça, vraiment, ça me dépasse.

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Mais où est donc passé le courage politique ?


L’Assemblée nationale a adopté ce 20 novembre 2012 le projet de loi de finances pour 2013, le budget 2013 tscgiste, austéritaire et compétitiviteur à souhait.

Pas un seul député Front de Gauche à l’Assemblée Nationale n’a voté contre ce budget que même la droite n’aurait pas renié.  Ah si, merde, finalement, ils l’ont renié puisque tous les UMPistes et UDIistes (sauf 3 abstentions) ont voté contre.  Pourtant, même la mère Parisot, elle le kiffait ce budget.

La droite qui vote contre un budget de droite et la « gauche » qui vote pour ou s’abstient !  Mais c’est quoi ce bordel ?  On patauge lamentablement dans les égouts de la démocratie représentative politicienne et carriériste.  L’autoroute pour le FN.  Quelle misère !

S’agit-il, messieurs, dames, les « députés de Gauche », à l’instar de vos confrères socialistes et écologistes tant conspués (à juste titre) lors des votes des Traités de Lisbonne, du MES et du TSCG, d’une abstention dynamique et offensive ?

Pfff !

Les noms

Groupe de la gauche démocrate et républicaine (15)

Pour: 3

M. Bruno Nestor Azérot, Mme Huguette Bello et M. Gabriel Serville.

Abstention: 10

MM. François Asensi, Alain Bocquet, Mme Marie-George Buffet, MM. Jean-Jacques Candelier, Patrice Carvalho, Gaby Charroux, André Chassaigne, Marc Dolez, Mme Jacqueline Fraysse et M. Nicolas Sansu.

Je ne sais pas ce qu’ils foutaient au moment du vote: MM. Alfred Marie-Jeanne, Jean-Philippe Nilor

Même Mme Buffet !  Je suis sans voix.

Indéfendable !

Le parti socialiste participe à la création du Mécanisme Européen de stabilité


L’Assemblée Nationale ratifie l’accord autorisant la création d’un Mécanisme Européen de Stabilité.

J’avais anticipé cette nouvelle traitrise dans mon billet du 11 février « Le 21, le PS choisira-t-il enfin les barbares de la civilisation …« .

Et bien, voilà, c »est fait !  Les députés ont approuvé le texte par

  • 261 voix pour,
  • 44 contre
  • et 133 abstentions

permettant la création du Mécanisme Européen de Stabilité (MES), ce tyran financier intouchable voué au soutien de la spéculation financière transnationale contre les dettes publiques.

Le Front de gauche a bien évidemment voté contre.

Les socialistes se sont abstenus !  Ils ont cédé.  Encore une fois.  Comme pour la ratification du traité de Lisbonne, les députés socialistes se sont rangés du côté du « oui » pour laisser passer le texte sans s’y opposer.  Ils se sont donc encore une fois reniés.  Il s’agit d’une nouvelle traitrise.  Traitrise par rapport aux valeur de la gauche, traitrise par rapport aux grands effets de manche récents de F. Hollande contre la finance au Bourget, traitrise contre la majorité des militants ou sympathisants socialistes j’en suis persuadé, traitrise par rapport au progrès humain.

Voici la liste nominative des 16 députés socialistes (merci ami Cri du Peuple pour m’avoir averti de la sortie de cette liste ;-)) qui ont eu le courage de voter « non » et qui ne méritent donc pas d’être amalgamés à cette bande d’hypocrites collaborateurs:

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Le 21, le PS choisira-t-il enfin les barbares de la civilisation …


… ou continuera-t-il de soutenir les civilisés de la barbarie?

[Pour ceux qui n’ont pas suivi, je fais référence ici à l’extrait du livre de Victor Hugo « Les Misérables » qui a été lu par Jean-Luc Mélenchon en clôture de son discours du 7 février 2012 à Villeurbanne.  une page entière, un grand moment citoyen.  Je vous ai mis l’extrait en fin de billet.]

Je vous parle dans ce billet de la responsabilité qui attend les sociaux-libéraux, socialistes et écologistes, le 21 février au parlement français.  Ils vont avoir la chance de pouvoir enfin rompre avec leurs habitudes européennes et enfin accorder leurs actes à leurs paroles.  Lors de son discours du Bourget, François Hollande a en effet insisté sur le fait que son seul ennemi était la finance.  Très bien.  Députés socialistes et écologistes, montrez-nous à quel point vous résistez à la finance !  On vous attend.

Tous les français vous attendent.  En particulier ceux qui s’apprêtent à voter socialistes par habitude ou fainéantise ou soumission à l’injonction de « vote utile ».  En tous cas, je espère bien qu’ils vous attendent.  Et j’espère qu’ils sauront se souvenir de votre comportement lorsqu’ils déposeront leurs propres bulletins de vote en avril, mai et juin 2012.

Que doit-il donc se passer à cette date ?  Comme je vous le disais dans ce billet, à partir du 21 février 2012, l’Assemblée Nationale commencent les discussions, « sous réserve de son dépôt, [du] projet de loi autorisant la ratification du traité modifiant l’article 136 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne en ce qui concerne un mécanisme de stabilité pour les États membres dont la monnaie est l’euro » et également, « sous réserve de son dépôt, du projet de loi autorisant la ratification du traité instituant le mécanisme européen de stabilité ».  Ces 2 textes faisant l’objet d’une discussion générale.

Vous savez, il s’agit ici des 2 traités qui ont déjà été acceptés au niveau européen, y compris par les euro-députés socialistes et écologistes, et dont je vous ai déjà parlé: Poursuivre la lecture « Le 21, le PS choisira-t-il enfin les barbares de la civilisation … »