Jeudi 12 mai, 14h à Denfert, on remet ça … contre la loi El Khomri

On continue …

Manifestation à Paris demain  contre la « Loi travail – El Khomri »

Manifestation unitaire CGT – FO – FSU – Solidaires – UNEF- UNL- FIDL
Trajet / parcours : rdv 14h00 à Denfert-Rochereau,
Manifestation en direction de l’Assemblée nationale

On s’voit à 14h00 au pied du lion, les potos.

Six minutes indispensables sur la loi El Khomri

Voici l’intervention à l’Assemblée nationale le 3 mai dernier de Pouria Amirshahi, député non-inscrit (depuis peu) de la neuvième circonscription des Français établis hors de France, lors du début de l’examen de la loi travail (aussi connue sous le nom de projet de loi El Khomri).

Tout y est dit en moins de 7 minutes.  Rien à ajouter :

Aussi, et même s’il tente de se justifier sur son site en listant tous les amendements qu’il a déposés concernant ce texte, est-on en droit de s’étonner tout de même, à l’écoute (et à la lecture – voir plus bas) de ce flamboyant plaidoyer, que M. Amirshahi se soit contenté de s’abstenir lors du scrutin sur la motion de rejet préalable qui a eu lieu le jour même en séance.  Peut-être, parce que cette motion était déposée par Christian Jacob, un thuriféraire de l’UMP, pardon, de LR, enfin bref, de la droite décomplexée ?

Quoi qu’il en soit, la motion de rejet préalable a bien entendu été … rejetée et le projet de loi peut donc continuer de creuser son petit bonhomme de chemin parlementaire jusqu’à son adoption définitive ou sa quarante-neuf-trois-isation finale :

Le détail du scrutin est donné (pour ceux qui voudraient y retrouver le nom de leur député) en fin de billet.

Quant à M. Amirshahi, rappelons qu’il s’agit de l’un de ces députés socialistes « frondeurs » qui ont souvent exprimé leur désaccord face à la politique de droite de la mandature Hollande sans jamais vraiment entrer en opposition.  Leur arme létale privilégiée étant … l’abstention … ouuuuh on tremble.  Notons tout de même à son crédit qu’il a voté CONTRE la ratification du pacte budgétaire européen TSCG, qu’il est à l’initiative d’une tribune parue dans Le Journal du dimanche, signée par une cinquantaine de parlementaires socialistes, appelant le gouvernement français à soutenir le gouvernement grec d’Aléxis Tsípras et qu’après les attentats du 13 novembre 2015 en France, il figure parmi les six petits députés français qui ont voté CONTRE le projet de loi (adopté par 551 pour, 6 contre et une abstention) prolongeant de trois mois l’état d’urgence « qui va au-delà des pouvoirs administratifs exceptionnels et s’appliquera sans contrôle démocratique véritable. »

Enfin, en mars 2016, il annonce son départ du Parti socialiste et du monde des partis en général et il annonce également qu’il ne se représentera pas aux législatives de 2017.

Transcription de l’intervention de M. Amirshahi

Mesdames et Messieurs les Députés, Madame la Présidente, Mesdames les Ministres,

A la suite des gouvernements Raffarin en 2004 et Fillon en 2008, vous envisagez à votre tour d’étendre encore un peu plus le champ et le nombre des dérogations aux accords de branches dans un sens moins favorable aux salariés. Vous invoquez la « lutte contre le chômage », comme vos prédécesseurs dont on a vu les résultats catastrophiques pour ces salariés licenciés, privés d’emplois ou précarisés. En revanche, quelques patrons et actionnaires rarement scrupuleux peuvent se réjouir de ce que vous légalisez leur chantage : maintien dans l’emploi –pour quelques-uns- en contrepartie d’un renoncement à leurs droits essentiels, parfois même à une partie du salaire…jusqu’à la délocalisation ou à la fermeture définitive de l’entreprise.

Les ouvriers ne sont pas dupes et voient bien que ce chantage ne fait que rétrécir la corde qu’ils ont parfois au cou.

En introduisant des dérogations au droit du travail au niveau des entreprises d’une même branche – voire au niveau d’établissements d’une même entreprise ou au sein d’un même groupe – vous créez de graves écarts entre les salariés. Qu’il s’agisse des conditions de recours aux astreintes, du dépassement de la durée maximale de travail, des conditions de repos quotidiens, des jours fériés chômés, des règles concernant le travail de nuit ou de la mise en place des temps partiels, vous touchez là à la dignité des femmes et des hommes au labeur, qu’ils soient cadres, techniciens ou ouvriers. Plus d’incertitudes et plus d’insécurité encore, voilà l’avenir dans lequel vous décidez de placer les travailleurs d’aujourd’hui et de demain.

Rendez-vous compte, mes chers collègues, à titre d’un seul exemple, qu’un gouvernement, en République et en temps de paix, veut rendre possible l’extension de la durée maximale du travail de 10h à 12h par jour. Tournant le dos à l’humanisme, qui est pourtant – dois-je le rappeler ? – votre mandat constitutionnel, vous instaurez là une norme irresponsable dans ses conséquences : baisse de la vigilance, augmentation des risques d’erreurs, mise en danger d’autrui, accidents du travail, etc.

Voilà où mènent votre renoncement et votre dogmatisme libéral.

D’ailleurs quelle représentation avez-vous réellement de ces salariés depuis ces longs mois où vous gouvernez, souvent contre eux ? Vous ne cessez de les jeter en pâture à l’opinion en répétant qu’ils sont un problème : « ils coûtent trop cher », « qu’ils ont trop de droits » et j’ai même entendu le premier de vos ministres se plaindre qu’ « on ne peut pas les licencier facilement ». Bref : ils seraient le problème.

Vous avez ainsi, avec le CICE et le pacte de responsabilité détourné plusieurs dizaines de milliards d’euros du budget de l’État et de la sécurité sociale vers les trésoreries d’entreprises, sans condition ni contrôle.

Vous avez ensuite systématiquement protégé des actionnaires et chefs d’entreprises aux revenus insolents en vous empressant, cette fois, de ne pas légiférer  et de demander poliment à ces derniers, je cite « une autorégulation exigeante ». Le cynisme ne vous a pas étouffé, qui vous amène aujourd’hui, à nouveau, à dénoncer des « rigidités » qui ne sont rien d’autre que les utopies concrètes du Front Populaire et du Conseil National de la Résistance.

Et quelques oripeaux mal ficelés au détour d’une mauvaise loi n’y feront rien : le fameux compte personnel d’activité reste à ce stade une coquille vide, alors que votre ambition, votre mandat initial aurait dû être de la remplir et de la sanctuariser.  Avant de dire ma conclusion, je veux informer les français d’un danger plus grave encore : celui de la généralisation de la précarité. Sachez mes chers compatriotes, que demain, lorsqu’un établissement au sein d’une entreprise ou une entreprise au sein d’une branche ou une enseigne au sein d’un grand groupe aura basculé vers moins de temps de pause, plus d’heures travaillées, moins de médecine du travail, alors les directeurs des entreprises, enseignes ou établissements voisins s’empresseront d’exercer à leur tour le chantage pour moins de contraintes, moins de droits, moins de protections, moins de salaires. La concurrence de tous contre tous nous tirera vers le bas tandis qu’elle diminuera la valeur réelle de nos entreprises. On a déjà le dumping social européen, désormais vous légalisez cette concurrence déloyale au sein même de notre pays…

Avec ce projet vous ne réglez rien, pas même la question du dialogue social, dont on voit qu’il a parfois chez vous le goût du flash-ball, nuisant au passage à l’image de la police républicaine.

Surtout vous démontrez votre incapacité à vous inscrire dans la modernité vraie, celle qui veut penser la transition économique exactement comme on pense la transition écologique (d’ailleurs les deux sont liés) : sortir progressivement d’un productivisme absurde, entrer dans un monde à croissance faible, partager, réduire le temps de travail et augmenter le temps pour soi, ambition que vous avez répudiée.

Le fordisme et le taylorisme, adossés par ailleurs à l’exploitation intensive et abusive des ressources naturelles (souvent celle des autres d’ailleurs,  loin de l’esprit de coopération qui devrait nous guider), continuent de parcelliser et d’appauvrir le travail manuel comme le travail intellectuel. Leur application continue de distinguer ceux qui pensent le travail et son organisation et ceux qui le réalisent, rangés au rang d’opérateurs… Jamais depuis toutes ces semaines vous n’avez parlé des gens, de leur réalité, de la vie au travail ; jamais vous n’avez abordé la reconnaissance au travail, celle des qualifications et celle aussi des métiers, des nouveaux risques qui nous menacent, comme « l’ubérisation de l’économie ». Les gens veulent y participer. Car oui, la question du travail – et non la « valeur travail » comme vous dites – est une question autant sociale que démocratique.

Je conclus par le plus grave : en vous alignant sur les intérêts du plus fort, vous brisez l’adage de Lacordaire qui déclarait : « entre le fort et le faible c’est liberté qui opprime et la loi qui protège. » On ne pouvait pas faire plus belle synthèse, et de la Révolution française et de 1946. Sachez que nous serons quelques-uns à faire tout pour faire fructifier ce bel idéal et cette belle ambition républicaine.

Pouria Amirshahi, le 3 mai 2016 à l’Assemblée nationale

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La France complice de crime contre l’humanité

Encore une session historiquement infamante cette après-midi à l’Assemblée nationale.  L’accord Européen relatif à la Grèce a en effet été adopté par une écrasante majorité de nos chers députés Munichois :

Daladier Hollande est probablement heureux ce soir.

Et les députés « socialistes », comment dit-on déjà?, ah oui,  » frondeurs « , qu’ont-ils donc fait nos « frondeurs » ?  Ont-ils enfin « frondé » ?  Et les écologistes ?  Ont-ils écologisé (en osant s’opposer pour une fois dans leur grise vie à la finance internationale) ?  Nan … j’déconnais … à part 1 ou 2 déglinguos, des oufs de la rougitude qui se sont vaillamment abstenus (putain, ça fait peur des malades pareils quand même !), ils ont tous bien entendu voté comme un seul homme le texte avalisant le coup d’État qui vient de se produire en Grèce et avilissant son peuple.  Tout ça pour éviter la guerre (économique) avec l’Allemagne.   Au prix du déshonneur.  On a le déshonneur, ça, c’est fait, et … vous connaissez la suite.

La liste complète des salopards qui nous ont rendu complices de ce crime international est ici.

Je conclue avec quelques extraits du discours de Zoé Konstantopoulou, la présidente du parlement grec, prononcé le 11 juillet dernier.

(…)

Nous toutes et tous sommes et serons jugés au regard de notre attitude et de nos décisions, de nos oui et de nos non, de nos actes et de nos omissions, de notre cohérence, de nos résistances, de notre abnégation et de notre désintéressement.

Depuis cinq mois, le Gouvernement [de Tsipras] livre un combat inégal dans des conditions d’asphyxie et de chantage contre une Europe qui a trahi les objectifs inscrits dans ses statuts, à savoir le bien-être des peuples et des sociétés, une Europe qui utilise la monnaie commune, l’euro, non pas comme moyen d’atteindre le bien-être social, mais comme levier et instrument d’assujettissement et d’humiliation des peuples et des gouvernements rebelles, une Europe qui est en train de se transformer en une prison cauchemardesque pour ses peuples alors qu’elle a été construite pour être leur maison hospitalière commune.

Le peuple grec a confié à ce Gouvernement la grande cause de sa libération des chaînes du mémorandum, de l’étau de la mise sous tutelle et de la mise sous surveillance qui a été imposée à la société sous le prétexte de la dette, une dette illégale, illégitime, odieuse et insoutenable, dont la nature, comme l’ont démontré les conclusions préliminaires de la Commission pour la Vérité de la Dette Publique, était déjà connue par les créanciers depuis 2010.

Une dette qui n’a pas surgi comme un phénomène météorologique, mais qui a été créée par les gouvernements précédents avec des contrats entachés de corruption, avec des commissions, des pots-de-vin, des clauses léonines et des taux d’intérêt astronomiques dont ont tiré bénéfice des banques et des compagnies étrangères.

Une dette que la Troïka, en accord avec les précédents gouvernements, a transformée frauduleusement de dette privée en dette publique, sauvant ainsi les banques françaises et allemandes mais aussi les banques privées grecques, condamnant le peuple grec à vivre dans des conditions de crise humanitaire, et en mobilisant et rétribuant pour ce faire les organes de la corruption médiatique chargés de terroriser et tromper les citoyens.

Cette dette, que ni le peuple ni le gouvernement actuel n’ont ni créée et gonflée, est utilisée depuis cinq ans comme instrument d’asservissement du peuple par des forces qui agissent à l’intérieur de l’Europe dans le cadre d’un totalitarisme économique.

Au mépris de la morale et du droit, l’Allemagne n’a pas acquitté jusqu’à aujourd’hui ses dettes à la petite Grèce résistante dont l’histoire reconnaît l’attitude héroïque. Des dettes qui dépassent la dette publique grecque et représentent un montant de 340 milliards d’euros selon les calculs modérés de la Commission de la Cour des Comptes qui a été créée par le gouvernement précédent, quand la prétendue dette publique grecque a été chiffrée à 325 milliards d’euros. L’Allemagne a bénéficié du plus grand effacement de dette après la Seconde Guerre Mondiale afin qu’elle se remette sur pied, avec le concours généreux de la Grèce. Or, c’est cette même Allemagne qui a accordé sa protection à des responsables d’entreprises coupables d’actes de corruption avec les précédents gouvernements et leurs partis politiques, comme Siemens, et elle les a protégés en les soustrayant à la justice grecque.

Pourtant, l’Allemagne se comporte comme si l’Histoire et le peuple grec avaient des dettes envers elle, comme si elle voulait prendre sa revanche historique pour ses atrocités, en appliquant et en imposant une politique qui constitue un crime non seulement envers le peuple grec, mais aussi un crime contre l’humanité, au sens pénal du terme car il s’agit ici d’une agression systématique et de grande envergure contre une population avec l’objectif bien prémédité de produire sa destruction partielle ou totale.

Et malheureusement, alors qu’ils devraient se montrer à la hauteur de leurs responsabilités et du moment historique, des gouvernements et des institutions se rendent complices de cette agression.

(…)

Soumettre le peuple et le gouvernement à des conditions d’asphyxie et à la menace d’une violente faillite, par la création artificielle et préméditée des conditions d’une catastrophe humanitaire, constitue une violation directe de toutes les conventions internationales qui protègent les droits de l’Homme, de la Charte de l’ONU, des Conventions européennes, mais aussi des Statuts mêmes de la Cour pénale internationale.

(…)

Les créanciers font du chantage sur le gouvernement. Ils agissent frauduleusement alors qu’ils savaient depuis 2010 que la dette n’était pas soutenable. Ils agissent consciemment, puisqu’ils reconnaissent dans leurs déclarations la nécessité de l’octroi d’une aide humanitaire à la Grèce. Une aide humanitaire pour quelle raison ? Pour une catastrophe naturelle imprévue et inattendue ? Un séisme imprévu, une inondation, un incendie ?

Non. Une aide humanitaire qui est la conséquence de leur choix conscient et calculé de priver le peuple de ses moyens de subsistance, en fermant le robinet des liquidités, en représailles à la décision démocratique du Gouvernement et du Parlement d’organiser un référendum et donner la parole au peuple pour qu’il décide lui-même de son avenir.

(…)

Le peuple grec est le deuxième à subir une telle agression à l’intérieur de la zone euro. Il a été précédé par Chypre en mars 2013.

La tentative d’imposer des mesures que le peuple a rejetées par référendum, en utilisant le chantage de la fermeture des banques et la menace de la faillite, constitue une violation brutale de la Constitution et qui prive le Parlement des pouvoirs que lui attribue cette même Constitution.

Chacun et chacune a le droit et a le devoir de résister. Aucune résistance dans l’histoire n’a été facile. Cependant, nous avons demandé le vote et la confiance du peuple pour affronter les difficultés et c’est face à ces difficultés que nous devons maintenant réussir.  Et sans avoir peur.

 

Et il ne restait personne pour protester

Ça y est, la loi dite « Renseignement », notre Patriot Act à la française, a été adoptée par l’Assemblée nationale :

Seulement 86 courageux de nos soi-disant représentants ont osé voter contre ce texte.  C’est Nathalie Saint-Cricq qui doit être aux anges !  Voilà déjà 86 pas-Charlie facilement « repérés ».  Ne reste plus qu’à les « traiter ».

Et Manuel Valls est au bord de l’orgasme.  Lui qui ostracisait les opposants à son projet de loi liberticide en qualifiant leurs analyses de mensonges, de fantasmes, d’interprétations et de mauvaise foi, voici que, comme il le souhaitait, une énorme majorité de députés, de droite comme de droite, a soutenu son texte et a donc approuvé la mise en place de la surveillance massive des données sur Internet (boites noires) et la légalisation des dispositifs d’interception massive des conversations privées (ISMI-catcher), le tout sans aucun encadrement judiciaire et hors toute procédure pénale.

Si vous voulez connaitre le nom des 438 traitres et des 42 sans-couilles dont l’Histoire retiendra qu’ils ont abandonné l’État de droit pour un plat de lentilles sécuritaires, vous trouverez comme d’habitude la liste exhaustive sur le site officiel de l’Assemblée nationale (car ils n’en n’éprouvent même aucune honte).

Tout se passe comme prévu.

Dormez bien, le plan se déroule sans anicroche aucune.

Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.

 

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester

Martin Niemöller

La politique sens dessus dessous


Tu m’étonnes que les gens se désintéressent de plus en plus de la politique !  Ou votent de plus en plus à droite (ce qui est la même chose) !

Dernier exemple en date, le vote sur le « projet de loi garantissant l’avenir et la justice du système de retraites« , vote qui s’est tenu à l’Assemblée Nationale mardi dernier, le 26 novembre 2013.  J’ai mis entre guillemets car comme pour la plupart des nouvelles lois que nous pondent nos « représentants » (voyez, encore une fois) de nos jours, leur contenu (aux lois, pas aux représentants) est bien souvent aux antipodes politiques de ce que leur titre promet.  Rappelez-vous par exemple la « TVA sociale » (profondément anti-sociale) de Sarkozy ou la loi de « Sécurisation de l’emploi » (qui permet aux patrons de virer plus facilement leurs employés) de Hollande.  Ces gars-là doivent avoir des cellules entières (grouillantes de polytechniciens dirigées par des Jacques Séguéla en maillot de bain et Rolex) dédiées 24/24 à la recherche des meilleurs oxymores aptes à masquer les turpitudes de leurs maitres.

Ben là c’est pareil.  Vous pouvez traduire sans coup férir « Projet de loi garantissant la justice du système de retraites » par un plus approprié « Projet de loi instaurant une plus grande injustice dans le système de retraite ».  Car, vous l’aurez compris, il ne s’agit nullement de la loi qui raccourcit la durée de cotisations à 5 années tout en augmentant la retraite à 21 millions d’euros (cette loi-là, ironiquement passée également cette semaine ne concerne que quelques grands parasites), mais bien sûr, de la loi qui augmente encore la durée de cotisation (déjà pourtant fortement augmentée par tous les gouvernements de droite précédents) à 43 années à partir de 2035.  En clair, cela signifie que nos enfants, pour ceux qui ont l’insouciance d’en avoir, qui entreront en moyenne dans le précariat actif à l’âge de 23 ans pourront partir en retraite à taux plein à l’age de … 66 ans.  En même temps, la bonne nouvelle est qu’après 43 années de (tentatives de) cotisations, ils seront tellement lessivés, leur santé aura tellement diminué (puisque c’est ce qui se passe dans tous les pays qui ont rallongé la durée de cotisation), qu’ils n’auront probablement même plus la force de venir demander des comptes à leur ascendance qui aura laissé faire cette ineptie.

Bref, la loi scélérate était présentée en vote solennel (dernière lecture) cette semaine et, sans surprise, elle a été adoptée.

Mon sujet n’est pas là puisque ce résultat était attendu.  Non, ce qui me sidère, c’est le moment politique que nous vivons.  Regardez bien et, si quelqu’un y comprend quelque chose, qu’il parle maintenant ou qu’il se taise à jamais.

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Seuls 3 députés de l’UMP ont voté contre un texte du PS


Il paraît qu’il est encore des gens pour croire que le PS est un parti de Gauche.

Si, si, Mame Lucette, j’vous le jure!  Pour preuve, j’ l’ ai encore entendu au journal de TF1 (ou France2, ou Canal+, j’sais plus trop, mais peu importe).  « La Gauche blablabla blablabla » qu’il disait l’ gars en parlant de Hollande et sa clique.   Voyez que j’ vous raconte pas d’ conneries!

Peut-être ne savent-ils pas ce qu’est historiquement la Gauche, peut-être ne connaissent-ils du mouvement socialiste que les récentes (vis à vis de l’Histoire) émanations (pour ne pas dire sécrétions) sociales-libérales telles que Blair, Schröder ou Zapatero (pour ne citer qu’eux, une liste plus exhaustive m’étant interdite par mon hébergement qui n’est pas illimité), peut-être ont-ils été sincèrement convaincus par les décennies de propagande ininterrompue du TINA (le fameux argument There is no alternative de la Thatcher dont on fête demain le début tant attendu d’oxydation), peut-être souhaitent-ils cacher leurs profondes valeurs droitières derrière une étiquette à connotation sensiblement plus humaniste, …

Quoi qu’il en soit, voici une nouvelle pièce que je verse à leur attention au dossier d’instruction en libéralisme du Parti dit Socialiste.

Le projet de loi dit (avec toute l’ironie destructrice de la novlangue en usage dans le monde politique des bien-pensants) de « sécurisation de l’emploi » a été votée en première lecture ce 9 avril dernier à l’Assemblée Nationale.  Vous savez, c’est le projet de loi qui sécurise la possibilité de se faire virer sans tambour ni trompette ni motif économique si on n’accepte pas une augmentation de son temps de travail, une baisse de son salaire ou un déplacement de son lieu de travail.  C’est le projet de loi qui stipule qu’un contrat d’entreprise, même défavorable aux salariés, aura maintenant une valeur supérieure à la loi.  C’est le projet de loi qui marque un recul de plus de cinquante années dans notre modèle social.

Eh bien, sachez que seuls 3 députés de l’UMP ont voté contre ce texte: Nicolas Dhuicq, Henri Guaino et Jean-Marie Sermier.

Dites, l’UMP, c’est bien la droite, non?  La droite décomplexée même, comme ils disent fièrement aujourd’hui?  D’accord.  Alors, relisez ce qui précède: seuls 3 députés de l’UMP ont voté contre ce texte.  Uniquement 3 députés de droite se sont opposés à un texte de portée sociale (on parle pas ici d’un texte déclaratif sur l’amour entre les hommes de bonne volonté ou la défense des jolis petits bébés phoques oh-trop-mignons, on parle d’un texte censé porté haut comme un étendard la différence structurelle de société entre la gauche et la droite, merde!) présenté par un gouvernement dit socialiste.

Tous les autres (191 quand même!) ont laissé faire.  Et j’ parle là de bons gros UMPistes bien droitiers.  Tiens, comme Bernard Accoyer, Benoist Apparu, Patrick Balkany, Claude Goasguen, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Luc Chatel, Christian Jacob, Éric Ciotti, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé, Olivier Dassault, Bernard Debré, Patrick Devedjian, Christian Estrosi, David Douillet, Thierry Mariani, Hervé Mariton, Laurent Wauquiez ou Éric Woerth.  Ils ont tous laissé passer le texte sans ‘y opposer!  Même Copé!

Et bien entendu (pour les archives) aucun député du groupe de la droite-qui-n’ose-pas-le-dire, le groupe UDI, le groupe de Jean-Louis Borloo n’a voté contre non plus.

Maintenant, si vous voulez vraiment continuer de vous convaincre que nous avons un gouvernement de gauche, qu’est-ce que je peux faire pour vous, hein?  Franchement?  Rien.

Quand je pense que l’ultra-libéral Dominique Strauss-Kahn, le bon docteur Strauss-Kahn affameur de la Grèce, arborait avec fierté un immense portrait de Jaurès dans son bureau de la rue Solférino!  Strauss-Kahn dont les émules (pour ne pas dire, là non plus, sécrétions, qui pourrait être fort mal interprété) les plus connus sont, je le rappelle, les non moins ultra-libéraux Cahuzac et Moscovici!  Non mais quelle déchéance de l’idée socialiste!

Tiens, je ne résiste pas à l’envie de terminer sur une citation:

« Le socialisme universel affirme à l’heure actuelle que pour émanciper les travailleurs il n’y a aujourd’hui qu’une solution (…) c’est, partout (…) où il y a séparation de la propriété et du travail, de remplacer ce qu’on appelle le capital, c’est-à-dire la propriété privée des moyens de production, par la propriété sociale commune ou collectiviste des moyens de production.  Et sans faiblesse, sans hésitation, sachant bien que cette formule générale saura bien dans son unité s’adapter à la diversité des conditions économiques, nous la proclamons pour le monde paysan comme pour le monde industriel. »

Discours Jean Jaurès sur l’idée socialiste,
Séance parlementaire du 3 juillet 1897

Quelqu’un peut-il m’expliquer ce carnaval


Car je suis extrêmement perplexe (et passablement énervé, mais ça, c’est pas nouveau).

Cette semaine, vous le savez probablement, vous qui suivez de près ce que débite nonchalamment la petite boite à désinformation du salon (je crois me souvenir qu’ils en ont parlé entre 2 prières du pape des catholiques), l’Assemblée Nationale s’est exprimée sur une motion de censure déposée par la Droite Coppé-Umpiste.  Pour ceux qui ne maitriseraient pas parfaitement les procédures formelles de notre 5ème République, rappelons que nous parlons ici de l’application de l’Article 49 Alinéa 2 de notre Constitution qui donne en effet la possibilité à l’Assemblée nationale de « mettre en cause la responsabilité du Gouvernement » (c’est à dire, la possibilité de demander à ce que le gouvernement soit défait, explosé, éparpillé aux 4 coins de hémicycle – hum, pas facile ça, je vous le concède – façon puzzle) par le vote d’une motion de censure qui « ne peut être adoptée qu’à la majorité des membres composant l’Assemblée ».

En bref, c’est un moyen qu’ont les députés de dire qu’ils sont pas contents (mais pas contents du tout!) du gouvernement.  Bon, c’est un truc qui ne sert pas vraiment à grand chose puisque, par construction, le gouvernement est du même « bord » que la majorité des députés.  Mais bon.  Ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi, quand même, merde!  Ce devrait être, pour chaque député, une confrontation entre des visions opposées de ce qu’il convient de faire selon sa conscience civique.  Ce devrait donc être du sérieux.  Nan?

Alors expliquez-moi ça:

  1. Tout d’abord, pourquoi la droite dépose-t-elle une motion de censure?  En quoi les députés de droite sont-ils mécontents de la politique qui est menée par le gouvernement?  Qu’ont-ils exactement à lui reprocher?  Que n’auraient-ils pas fait eux-même s’ils avaient été aux affaires et que déferaient-ils s’ils y revenaient?
  2. Et conséquemment, pourquoi les députés Front de Gauche n’ont-ils pas voté cette motion de censure?  Sont-ils donc si satisfaits de la politique menée par le gouvernement?  Devons-nous en conclure qu’ils auraient fait la même chose s’ils avaient été aux commandes et qu’ils ne déferont rien quand 😉 ils y seront?

Sur ma deuxième interrogation, ok, soit, je veux bien reconnaitre que, quand on lit le texte de la motion déposé par M. Coppé, et particulièrement sa fin, on ne peut pas vraiment tenir rigueur aux députés Front de Gauche de ne pas s’être associés à cette véritable ode dogmatique aux mantras les plus débiles du néo-libéralisme financier dans toute son outrance:

« nous devons collectivement produire plus et produire mieux.  C’est le travail des uns qui crée l’emploi des autres (sic).  (…) La compétitivité au service de l’emploi, c’est la seule voie possible pour construire une France dynamique, qui attire les talents et les investissements. » et bla bla bla, et bla bla bla …

On y décèle également quelques perles de la vision ploutocratique du monde selon la droite, vision dans laquelle, la société ne compte plus aucun ouvrier, employé ou salarié:

Le pessimisme s’est ancré dans toutes les strates de la société : chez les ménages, les jeunes, les chefs d’entreprises, les travailleurs indépendants, les retraités, l’inquiétude domine.

Ok, ce texte est nocif, et il ne fallait pas le voter.  Mais, pourquoi la droite a-t-elle déposé une motion de censure en premier lieu?  Alors ça, vraiment, ça me dépasse.

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