Vérités et mensonges sur la SNCF, de Gilles Balbastre

Le documentaire « Vérités et mensonges sur la SNCF » de Gilles Balbastre, journaliste et réalisateur à qui on doit également par exemple, les Nouveaux chiens de garde.

Tous les travers de la privatisation du rail anglais, que le réalisateur britannique Ken Loach dénonçait en 2001 dans son film The Navigators, deviennent comme prévu une réalité quotidienne en France suite aux « réformes » ferroviaires de 1997 et 2014 (incluant la loi Macron).

Spéciale dédicace pour tous les modernes, les raisonnables, les adeptes de la troisième voie, ceux qui vomissent en permanence les syndicats : les représentants du personnel, les CHSCT, les salariés savent de quoi ils parlent, même si leur parole a du mal à suinter à travers le tamis de la propagande libérale qui filtre tout l’espace public médiatique (afin d’ écarter les gros morceaux de bolchévisme hirsute que le pauvre petit travailleur harassé en quête de cauchemar en cuisine ne saurait digérer). Ah, ces fameuses prises d’otages corporatistes et archaïques par les cheminots !

Belle chemise, Monsieur Pépy 😉

Voir aussi l’étude d’impact qui a aidé à la réalisation de ce film, étude réalisée par Émergences : Conditions de travail et sécurité ferroviaire – Questions sur la réforme SNCF dans le Nord-Pas-de-Calais.

Contribution (inutile) sur la liberté d’expression

Bien, les Charlies étant maintenant pleinement concentrés sur la préparation de leur guerre avec la Russie (attention, bientôt le joli printemps et son traditionnel afflux de sève, de testostérone et de combattants sur les chemins), j’en profite pour vous citer cet extrait d’un texte de Damien Saez, les Anarchitectures, extrait qui évoque la Liberté d’expression, avec un grand L, vous savez le fringant cheval de bataille à deux vitesses que nos communicants et politiques (ah merde, encore un pléonasme) ont chevauché à bride abattue tous les jours de janvier et février, drapés dans leur trop ample union nationale.

Cela faisait longtemps que je voulais partager ça avec vous.  Pourquoi pas aujourd’hui :

(…)

au libre échange du néant
à chacun son bon mot bien sûr
c’est la liberté d’être con
la liberté d’être ignorant
tous égaux dans le carnaval
je sais mon ami ça fait mal
c’est la liberté d’expression
c’est la liberté d’expression
pour clamer à tous les faubourgs
surtout à tous les râteliers
nos faiblesses et puis nos discours
sur nos tristes identités.

Salut toi mon frère de faubourg
salut à toi le Bérurier
je ne vois rien aux alentours
que des tristesses à bon marché
salut à toi frère de banlieue
toi qu’on voudrait laisser pourrir
dans le ghetto des consommants

(…)

Et pour ceux qui ne connaissent pas Damien Saez, le voici déclamant les Anarchitectures un soir (ou jamais) chez Taddéi :

Les parasites

Si je vous demandais, comme ça, à brûle-pourpoint, quelle est la monomanie des hebdos d’actus préférés des incultes de droite en quête d’un quelconque sens à leur triste vie égo-centrée, je parle des revues à faible valeur ajoutée telles que l’Express, le Point ou Valeurs Actuelles, vous me répondriez illico, je suis sûr, l’Islam et ses cohortes de barbares voulant détruire nos bonnes actuelles vieilles valeurs françaises …  Et vous auriez raisonJ’en parlais d’ailleurs encore il y a quelques jours.

Oui, mais non, c’est pas de ça dont je souhaite vous entretenir aujourd’hui.  Alors si je vous demandais quelle est leur deuxième marotte obsessionnelle, celle qui fait l’objet de leur Une et d’un dossier spécial dès que plus aucun massacre perpétrés par de quelconques fous de Dieu hallucinés ne fait plus l’actualité immédiate ?  Je vous en ai souvent parlé aussi.  Tiens, comme ici, par exemple.  Bien sûr, vous aurez deviné, il s’agit de ces pourris de fraudeurs-chômeurs (qui, dans leur bouche, est un pléonasme), ces crevures d’assistés de l’État providence, ces sales tricheurs de la carte Vitale, ces putrides tire-au-flanc de l’éducation nationale qui somnolent sous leur parasol, ces fonctionnaires paresseux (encore un pléonasme) qui n’en foutent pas une, se la coulent douce et se gavent sur le dos de « ceux qui en ont marre (et qui ont raison) ! ».

Il s’agit d’une véritable phobie compulsive.  Le Point et Valeurs Actuelles sont les preux chevaliers journalistiques qui osent pointer du doigt sans complaisance (car, croyez moi, il faut beaucoup de courage pour dénoncer les faibles et les sans voix) les parasites qui sucent le sang de notre si beau pays.  C’est très simple, une semaine sur deux, les parasites sont les musulmans, et la semaine qui suit, ce sont les chômeurs et les malades qui portent le chapeau.  Sans ces vermines, la France serait un véritable petit paradis sur terre dont pourraient enfin pleinement profiter nos chers éditocrates méritant, tels le FOG et le Barbier.  Ah oui, et sans les syndicalistes aussi, naturellement, cela va sans dire.  Allez, séquence émotion, souvenons-nous et versons une larme :

  etc etc etc

Et ce matin, Poursuivre la lecture de « Les parasites »

Dérive vers les années ’30

La France en plein choc des civilisations :

Comme malheureusement anticipé, finies les précautions oratoires, adieu les finesses, oubliés « l’islamisme » et « l’islam radical », la France serait maintenant face à … l’Islam !  Et ça ne choque même plus personne.

Les néocons atlantistes (et les terroristes, puisqu’ils poursuivent le même but, le chaos) ont donc gagné.

Et surtout, ne parlons pas, jamais, d’un quelconque deux-poids-deux-mesures, sous peine d’être immédiatement assimilé par les jesuischarlistes bon ton, sans autre forme de procès, à un dangereux apologiste du terrorisme ne rêvant que de pourfendre notre si chère et si versatile « Liberté d’Expression ».  Enfin, certain osent (encore) s’exprimer.  Ils sont rares et bien sûr peu médiatisés.  Voici par exemple (encore) Didier Porte.  Celui-là même que le très sérieux jesuischarliste Philippe Val, la principale cheville ouvrière de la dérive atlantiste du journal anciennement anarchiste et libertaire Charlie Hebdo, avait tenté de faire taire (en le virant tout simplement) alors qu’il était patron de France Inter :

Deux poids, deux mesures ?  Poursuivre la lecture de « Dérive vers les années ’30 »