Vidéos FB du jour

[ NOTE : en ayant marre de ne pas pouvoir retrouver facilement des vidéos qui circulent sur Facebook et que je partage pourtant sur ma page FB, j’ai décidé (d’essayer) de publier régulièrement sur mon blog (avec un moteur de recherche digne de ce nom) quelques unes d’entre elles.  Voici pour commencer.]

Guillon : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir », Jean de La Fontaine

 

Gégé sur le Code du Travail et la loi El Khomri

 

Message de solidarité et de soutien de salariés du géant pétrolier au Brésil, Petrobras, avec la lutte des travailleurs et de la jeunesse en France contre la Loi Travail.

 

Bon, je file à la manif.

Ken Loach : « Comment voulez-vous ne pas être en colère ! »

Deux extraits de « I, Daniel Blake » le dernier film de Monsieur Ken Loach et nouvelle Palme d’Or Cannes 2016 :

Mais les sociaux-démocrates n’ont jamais été de gauche ! Pour moi ils ont toujours été de droite, d’une façon ou d’une autre. De droite extrême ou modérée. Mais jamais de gauche. Blair n’était pas un homme de gauche, Brown n’était pas un homme de gauche. La guerre impérialiste en Irak à laquelle nous avons participé, ce n’est pas la gauche, c’est la droite dure ! Pour les sociaux-démocrates, la première priorité est que le patron fasse des profits. Avant tout le reste. Pour moi la vraie gauche doit se distancier au maximum des sociaux-démocrates et mettre la défense des travailleurs en tête de ses priorités. »  Ken Loach, Cannes 2016

Monsieur Ken Loach, pour les sauvages qui ne le connaitraient pas, c’est un engagement humaniste constant, la fidélité et la lutte, le politique au cœur du quotidien, c’est plus de 20 films réalistes et touchant, un regard implacable et fin sur notre société capitaliste et ses ravages, un récit « vu d’en bas » de l’histoire du vingtième siècle de la Grande Bretagne (une histoire populaire de la Grande Bretagne aurait dit Howard Zinn), c’est la dénonciation intelligente de la vulnérabilité des plus démunis, c’est aussi le rouge de Manchester, ses banlieues industrielles, ses fish & chips et ses équipes de foot (enfin, surtout United) …  Un bel homme de gauche.  Voici, une (très) petite rétrospective (à peine 1 minute) de quelques uns de ses films, réalisée en 2012 lorsqu’il a reçu le 4e Prix Lumière au festival Lumière 2012 à Lyon :

« J’ai entendu parler de votre ministre de l’Economie, oui. Et je crois que ce qu’on voit dans le film est inévitable si on ne continue pas à se battre. Vous savez, c’est quelque chose qui est à l’œuvre à travers toute l’Europe, à différents stades. Depuis 40 ans, la Grande-Bretagne est le pays qui applique les préceptes du néo-libéralisme de la façon la plus agressive. Depuis Margaret Thatcher, nous sommes ceux qui avons lancé les premiers la privatisation de l’industrie et des services publics. Des politiques qui ont entraîné la destruction de l’Etat-providence et de ses bienfaits pour les citoyens. Aujourd’hui, c’est l’Union européenne qui pousse en faveur de ces décisions qui favorisent les profits des grandes corporations. On voit le résultat en Grèce… Et ne vous trompez pas : ça va vous arriver aussi en France ! »  Ken Loach, Cannes 2016

Son film « The Spirit of ’45 » explique tout ce que l’équivalent de notre CNR outre-Manche avait mis en place à la sortie de la guerre et que les « réformes » néo-libérales (comme la loi El Khomri)  détruisent peu à peu depuis les années Thatcher dans tous les pays occidentaux (à divers stades d’avancement, ou plutôt de régression) :

« [Blair hier et Hollande aujourd’hui] estiment qu’être de gauche, c’est se mettre au service des entreprises pour qu’ils fassent des profits. Et que si à la fin on peut laisser un euro aux pauvres, c’est suffisant. Ce qu’ils oublient, c’est que le profit réclame des travailleurs mal payés, des taxes les plus faibles possibles et des compagnies privées qui contrôlent tout. Les sociaux-démocrates veulent peut-être faire le bien. Mais face à la loi du marché, c’est perdu d’avance. »  Ken Loach, Cannes 2016

Monsieur Ken Loach reçoit donc sa (deuxième) palme d’or pour son film « I, Daniel Blake » à Cannes ce weekend :

« Le drame le plus terrible, c’est la faim. Avec Paul, nous sommes allés à Nuneaton, ma ville de naissance, dans les Midlands. Nous avons rencontré un jeune homme qui faisait des petits boulots, ici et là. Il habitait dans une petite chambre, financée par une association de charité. Il avait pour seul mobilier un matelas sur le sol et un vieux réfrigérateur… On a ouvert la porte et il n’y avait rien dedans. On lui a demandé pendant combien de temps il lui arrivait de ne pas manger et il a dit : « quatre jours, la semaine dernière ». Il avait 19 ans, il aurait pu être mon petit-fils, et il n’avait pas mangé pendant quatre jours ! » Ken Loach, Cannes 2016

Standing ovation pour Monsieur Ken Loach.  Tout le gratin Cannois debout, la larme à l’œil, le papillon de guingois et la robe fendue, qui applaudit notre vaillant révolutionnaire socialiste octogénaire et qui pourtant, n’en doutons pas, dès les prochaines élections s’empressera de retourner bien vite au bercail droitier en votant pour un Hollande ou un Sarkozy, un Valls ou un Juppé, un Macron ou un Lemaire, un Montebourg ou une Kosciusco-Morizet, bref l’un quelconque des innombrables thuriféraires du système que dénonce précisément Monsieur Ken Loach depuis des décennies.  « Parce qu’il est bien gentil, le Ken, mais faut pas déconner, l’est quand même un p’tit peu trop rouge à not’goût. »

« Disons que je suis en colère au nom des autres. Regardez, nous sommes assis ici à Cannes, face aux yachts de milliardaires. Quelle ironie bizarre… Mais comment voulez-vous ne pas être en colère devant les choses que je vous décris ? J’espère transmettre ce sentiment à travers mon film. »  Ken Loach, Cannes 2016

Merci Monsieur Ken Loach.

(Interview source des citations de Ken Loach)

Docteur Lucet et Madame Cash ?

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec Élise Lucet.  Probablement, le fait qu’elle présente, tous les jours de la semaine, depuis plus de 10 ans, le journal de 13 heures de France 2 n’y est pas pour rien.  Car on ne propage pas la peste de la pensée unique néolibérale depuis autant de temps sans en être soi-même une disciple fervente depuis le départ ou sans en avoir été au fil du temps mortellement affectée ; ce qui au final, vous en conviendrez, revient parfaitement au même quant à son degré de nocivité en matière de dissémination de propagande.

L’appartenance de Mme Lucet à la caste zélée des chiens de garde du capital ne fait pour moi aucun doute.  Aussi suis-je toujours aussi surpris de voir à quel point son émission phare, Cash Investigation, peut encore susciter quelque espoir de rebellitude iconoclaste.  C’est pourtant encore ce qui semble s’être passé pour le dernier numéro de son magazine, intitulé « Cash Investigation. Salariés à prix cassé : le grand scandale » et diffusé mardi soir dernier à 20h30, puisque j’ai reçu de nombreuses sollicitations (sur mon compte Facebook en particulier) m’enjoignant à regarder l’émission.  Même Jean-Luc, qui maitrise pourtant parfaitement la directive sur les travailleurs détachés et le dumping social qui en découle, y était allé de son petit coup de pouce :

N’étant toujours pas convaincu par la théorie selon laquelle une lourde pathologie d’ordre schizophrénique transformerait régulièrement (un mardi par mois) la respectueuse Docteur Lucet de la journée en révolutionnaire Madame Cash Investigation à la nuit tombée, je décidai sur le coup de m’abstenir et vaquai donc mardi soir à mes occupations (qui ne vous regardent en rien😉 ).

Bon, je vous passe les détails, mais sachez juste qu’hier je me suis finalement décidé à me taper les 2 heures de reportage.  En rediffusion sur le site de France2.  Ici.

Dès le départ, pourtant, j’ai senti, j’ai su que ça allait encore une fois m’exaspérer au plus haut point.  Je ne parlerai même pas ici des petits problèmes de forme.  La voix off d’un narrateur qui débite des blagues Carambar … des effets de montages incongrus ou disruptifs pour tenter de dynamiser et de garder le public attentif … une scénarisation parfois bien trop évidente (comment expliquer par exemple qu’une caméra soit en train de filmer Mme Lucet en plein travail à son bureau pile-poil au moment précis où elle reçoit un coup de fil de … oups j’ai failli lâcher un big spoiler là ;-)  Après tout, je veux bien admettre que garder des téléspectateurs de prime time accrochés à une enquête journalistique de presque 2 heures sans qu’ils zappent sur une chaine avec plus de sang, plus de nibards ou plus de téléréalité, doit représenter une gageure colossale qui justifie ma foi l’emploi de quelques grossières ficelles de communication.

Mais restons sur le fond.  Lire la suite

Gattaz, Parisot et Reynié en soutien d’El Khomri

Impayable.

Alors que notre pétition de rejet de la loi de retour au XIXème siècle de Mme El Khomri atteint les 650 000 signataires et que s’organise la résistance dans la rue pour le 9 mars (pour commencer), voilà-t-y pas que Dominique Reynié lance une pétition (sur le même site que la précédente) pour … soutenir ladite loi du gouvernement Hollande-Valls.

Vous savez Dominique Reynié, c’est ce chantre du néolibéralisme, omniprésent dans tous les médias français.  Il possède d’ailleurs son propre rond de serviette avec monogramme en or massif incrusté à l’émission « C dans l’air » sur la 5 (entre celui de Roland Cayrol et celui de Christophe Barbier).  C’est un cumulard des think tanks et autres cercles de réflexion libéraux ; il est par exemple directeur général de la Fondation pour l’innovation politique.  Il est évidemment un soutien infaillible de l’UMP et probablement (encore pour quelques temps) un ami de M. Sarkozy.  Bref, un pur produit Sciences Po.  Tiens, j’suis pas allé vérifier si il a été nommé Young leader de la French American Foundation comme Wauquiez ou Vallaud-Belkacem.  Ce ne serait pas étonnant.   Enfin bref, c’est lui :

dominique-reynie

La pétition de Reynié POUR la loi Khomri, la voici.  On peut y lire cette motivation débordante de jalousie revancharde :

Ceux qui protestent aujourd’hui [ça, c’est moi😉 , ndlr] ont été bien silencieux pendant les mois et les années précédents, alors que le chômage ne cessait de croître. On ne se souvient pas d’une mobilisation de leur part contre le chômage comparable à celle qu’ils mettent en œuvre aujourd’hui pour empêcher l’adoption d’une loi espérant juguler ce fléau national !

Ben merde.  J’ai oublié de manifester contre … le chômage !  C’est ballot de ma part.  Pfft.  Mais t’as vu ça où, Doumé ?  Sans dec !  Et manifester contre la méchanceté, on peut, dis, on peut ?  Pauvre petit !

Bref, après 6 heures de mise en ligne, sa pétition atteint valeureusement les 700 signatures (ouais ouais, c’est bien ça j’ai pas oublié de zéros).  Sept cents signatures.  Bon, ne tirons pas sur un corbillard.  Ce qui est extraordinaire, c’est que 700 gus aient tout de même pris la peine de signer ce torchon.  En même temps, qui trouve-t-on dans les 700 malfaisants ?  Pierre Gattaz et Laurence Parisot, entre autre !

Pierre Gattaz, Laurence Parisot, Dominique Reyié (et tous les autres petits droitiers à Papa, j’entendais par exemple ce matin la nouvelle coqueluche des médias, Bruno Lemaire qui va voter en faveur du texte) en soutien d’un projet de loi issu d’un gouvernement qui se croit de gauche !  En fait, je pense qu’on va  bientôt assister à une grande première dans la 5ème république, puisqu’il y a en effet de fortes probabilités que ce projet de loi soit adopté à l’Assemblée nationale (si jamais il va jusque là) grâce au vote de l’intégralité des députés de … l’opposition.  Chapeau.  Du grand art socialiste.

Et puis après, on lit les commentaires au bas de sa pitoyable pétition, et le sourire nous revient.  Florilège :

  • Je pense qu’il est important de lutter contre le chômage et la misère en établissant plus de misère et de chômage.
  • Je signe parce qu’il est urgent de revenir au XIXe siècle. Il est évident que cette loi ne va pas assez loin mais l’effort du gouvernement Valls pour faire progresser les droits des patrons opprimés est louable. PDG de tous les pays, unissez-vous !
  • Y’en a marre des planqués, des chômeurs qui ont trop de privilèges !!!
    Qu’on revient au bon vieux temps des serfs, pour qu’enfin les patrons puissent jouir des bienfaits de la société capitaliste, parce que, ne l’oublions pas, la vie d’un entrepreneur est plus compliquée que celle d’un ouvrier..
  • C’est un pas – certes insuffisant mais – essentiel en direction du rétablissement du servage. Il est temps de faire comprendre à ces fainéants d’assistés de salariés qui est le Boss. Oui à la création de richesse par le patronat, non à la redistribution. Et vive l’esclavage !
  • etc

Allez, on se retrouve dans la rue le 9.

Énormissime, la rage difficilement contenue de Apathie

Quand François Ruffin décide de détourner ses quelques minutes d’interview (qu’Europe 1 s’est finalement senti obligé de lui accorder pour tenter de faire oublier la censure initiale que la station de radio avait d’abord voulu imposer sur son film Merci Patron!), quand François Ruffin détourne donc son temps de parole pour dénoncer l’oligarchie en général et plus particulièrement Arnaud Largardère, le patron d’Europe 1 et par voie de conséquence celui de Jean-Michel Apathie, ce dernier, qui s’attendait visiblement à une campagne de promotion plan-plan, laisse alors éclater sa rage au grand jour.  Sa haine de classe transparait alors dans chacun de ses mots, dans la moindre de ses mimiques, dans son sourire hautain, ses petits mots condescendants.  Comment ce sans-nom se permet-il de prendre à parti son bienfaiteur et patron, le grand Arnaud Largardère !  C’en est trop pour ce pauvre Apathie au bord de l’explosion.

Je n’ai pas fait le décompte exact, mais à vue de nez, je dirais que sur les 6 minutes « d’interview », plus de la moitié du temps est utilisée par Apathie pour déverser son fiel.  François Ruffin, calme, courtois, implacable, se lève finalement et quitte le studio avant la fin de « l’entretien ».

François Ruffin, j’adore !

Merci patron, merci Bernard et surtout, merci François !

Ca y est c’est aujourd’hui la sortie nationale du film de François Ruffin (de Fakir), Merci patron !  Teaser :

Oh, et puis tiens, voici la première bande annonce :

Alors heureux ?  Allez, courrez-y vite.  Voici les salles qui le jouent.  Trouvez-en une près de chez vous et hop c’est parti.  Tiens, par exemple, pour les parisiens :

Rapport sur le crash du vol MH17 : comme disait mon ami Jean-Jacques …

« Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, et c’est alors seulement qu’il paraît vouloir ce qui est mal. »
Du contrat social, Chapitre III « si la volonté générale peut errer »,
Jean-Jacques Rousseau, 1762

Je reste encore quelquefois abasourdi (innocent que je suis) par le niveau qu’a atteint de nos jours la propagande médiatique, en toute impudeur, en toute irresponsabilité, en toute impunité.  Encore un exemple tout récent.

Cette semaine, les enquêteurs du Bureau néerlandais pour la sécurité (OVV) ont rendu leur rapport tant attendu sur le crash du vol MH17 au dessus de l’est de l’Urkaine.

Le jour même, la déferlante nous submergeait.

Dans la presse de référence française :

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