Des nouvelles de … la Grèce … entre autres

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Encore un petit billet sur l’international, désolé.

Ça y est. La Crimée a fait son referendum. Un referendum constitutionnellement tout à fait illégal, au moins aussi illégal que le nouveau gouvernement d’Ukraine (qui n’est nazi qu’à 20%-25% [1], ouf, rien de grave donc), ou que la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo en 2008 par exemple, ou que l’occupation expansionniste d’Israël en Palestine, ou évidemment, que l’ensemble des interventions et ingérences étasuniennes de par le monde durant ces 70 dernières années. Que va-t-il se passer maintenant ? Escalade belliciste avec sanctions économiques de "l’Empire du Bien" et contre sanctions de "l’Empire du Mal" (n’oublions pas en effet que s’il y a des FDI, investissements directs étrangers, russes aux USA ou en UE, il y en a également énormément des occidentaux en Russie, tiens je pense soudainement aux titres de dette souveraine en dollars ou en euros détenus par la Russie), accélération du processus de signature du Traité de libre-échange entre UE et Ukraine, balkanisation du pays ? Ah, si seulement l’UE avait accepté en novembre 2013, la demande de la Russie de les inclure dans une négociation tripartite sur les accords de libre-échange de l’Ukraine avec ses voisins au lieu de suivre les va-t-en-guerre OTANiens en soutien des surexcités de Maïdan.

Une chose est sûre. Les médias, perpétuellement à la recherche de sang frais, quitteront bientôt la place Maïdan et la Crimée (qui parle encore de la Syrie?).  Le chef du régime étasunien a réussi à foutre le bordel aux portes de son rival de toujours. Le tsar russe a réussi (ou va réussir) à récupérer la Crimée. L’extrême droite a réussi une nouvelle percée sur la scène "démocratique" européenne. Reste sur le carreau le peuple ukrainien dépossédé de sa légitime révolution. Le peuple ? Pfff, pas assez photogénique. Sauf quand il est en colère comme sur Maïdan ou Tahrir. Le rouge lui va si bien. Le rouge qu’il verse bien sûr, pas le rouge qu’il arbore. La presse aux ordres va maintenant pouvoir se concentrer de manière plus méthodique sur la nouvelle assignation du régime étasunien, la prochaine cible de la pensée officielle, le Venezuela bien sûr. La droite anti-démocratique vénézuélienne ne peut en effet compter que sur un tir de barrage nourri (façon pluie de bombes à la Curtis LeMay) des médias "occidentaux" pour espérer pouvoir reprendre illégalement le pouvoir (faut les comprendre aussi, 18 élections perdues et un coup d’état foiré, ‘sont un peu démoralisé les Kapriles, López et autre Machado). Pour arriver à se ré-accaparer le pouvoir et les richesses du pays sans attendre les prochaines élections, ils ont besoin de leurs brigades internationales de désinformation au meilleur de leur forme et de tout le vocabulaire de la manipulation quotidienne de l’AFP et Reuters (vous savez à base de "manifestation pacifique", "intensification du mouvement", "raz-le-bol populaire", "répression policière", "dictature", "régime totalitaire"), et pour ce qui nous concerne plus directement, de nos plus brillants artilleurs de la démocratie à vitesse variable, les Christophe Barbier, Jean-Pierre Elkabbach, Jean-Michel Aphatie, Nicolas Domenach, Renaud Dély, Yves Thréard, Jean Quatremer, Laurent Joffrin, Daniel Cohn-Bendit, Claire Chazal et Laurent Delahousse, j’en passe et des meilleurs. Aux abris [2], le pilonnage va commencer.

Mais je me laisse emporter … Le but de ce billet était juste en fait de vous faire part d’une petite info concernant … la Grèce. Lire la suite

Maidanleaks

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Puisque les journaux de désinformation nationaux ont choisi de ne pas en parler, voici donc [une partie de] la fameuse (pour ceux qui se baladent sur Internet ;-) ) conversation téléphonique fuitée entre Catherine Ashton, représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, et Urmas Paet, ministre estonien des Affaires étrangères.

Cet enregistrement est naturellement bien moins important, je vous le concède, que ceux de N. Sarkozy effectués par P. Buisson dans lesquels on apprend … ben, rien en fait (j’ai ma théorie la-dessus, mais je vous en parlerai peut-être un jour prochain).

Non, cette conversation rapporte juste :-D que, selon une personnalité ukrainienne qui ne peut clairement pas être suspectée d’être un sous-marin pro-russe*, le médecin Olga Bogomolets, ce sont les mêmes snipers qui tiraient sur les deux camps sur la place Maidan à Kiev, sur les insurgés et sur les policiers.  Ce qui expliquerait, selon Urmas Paet de retour de Maidan, pourquoi la nouvelle coalition au pouvoir se refuse à lancer des enquêtes sur ces événements tragiques.

BHL, DCB, vous en pensez quoi ?

* Olga Bogomolets a fait partie des activistes de Maidan dès le début.  Elle encourageait les étudiants à prendre part aux protestions EuroMaidan dès novembre 2013. Elle est actuellement Cordinateur médical pour le mouvement d’opposition sur Maidan.  Ses couleurs Ukrainiennes pro union européenne sont affichées sur tout son site web (coin supérieur gauche).  Le 27 février, elle refusait un poste dans le nouveau "gouvernement" pour continuer de travailler pour le peuple de Maidan :

Tonight I, Olga Bohomolets, refused an offer to hold a post of the Deputy Prime Minister of Ukraine for Humanitarian Affairs in the new government. I inform everyone that I will continue working for the people on Ukrainian Maidans to support the unity of our country as much as possible.

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Le mauvais côté de l’Histoire

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Le président du régime étasunien, Barack Obama, a affirmé, à propos de la crise en Ukraine, et sans éclater de rire (ce qui est déjà en soi une immense performance), que

"Ce qui n’est pas acceptable, c’est que la Russie (…) viole des principes fondamentaux reconnus par tous"

Il a ajouté, toujours très sérieux :

la Russie est "du mauvais côté de l’Histoire" en Ukraine

Je suis bien conscient que mon influence internationale pèse peu comparée à celle de ce prix Nobel de la paix (tiens, là non plus, personne n’avait pouffé), je me doute en outre que vous vous foutez royalement, et à juste titre, de mon avis sur la question, et je sais que je dois faire très attention à ce que mon anti-étasunisme (qui est loin d’être primaire mais tout à fait construit et argumenté) ne m’entraine pas dans des contrées trop extrêmes (j’ai pris mes cachets, ça devrait donc bien se passer), mais, malgré tout, permettez-moi de vous faire part de ce que je trouve, moi, tout aussi inacceptable.

Je trouve tout aussi inacceptable que le seul pays qui soit en guerre de manière permanente depuis plus de 70 ans (guerre ouverte, guerre secrète, coups d’états, etc) de partout sur la planète et au-delà, qui n’a ratifié pratiquement aucun des grands traités internationaux destinés à tenter de bâtir un monde meilleur, qui assassine régulièrement sur sol étranger principalement des civils (98% du total des morts selon le Bureau du Journalisme investigateur) avec des attaques de drones aveugles (rien qu’au Pakistan, au Yémen et en Somalie, le gouvernement d’Obama a lancé 390 attaques de drones en 5 ans, pour un bilan de 4000 morts dont 954 étaient des civils, et 225 des enfants), qu’un tel régime terroriste, disais-je, s’arroge le droit, ou se croit même tout simplement habilité à parler de paix au nom de "la communauté internationale" en lieu et place de l’ONU qui a été créée à cette fin.  Ça aussi, ce devrait être inacceptable, me semble-t-il.

Je trouve tout aussi inacceptable que la "communauté internationale" Lire la suite

Les démocrates et le cas Ianoukovitch

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Adoncques, Viktor Ianoukovitch était un dictateur, et l’Ukraine par conséquent, si je suis bien (du verbe "suivre" voyons, faut suivre les gars), une … dictature.  Voilà une chose avérée. Les Guignols, faisant honneur à leur patronyme, nous ont fait passer le message :

C’est également une évidence pour Catherine Ashton, la transparente chef (ou peut-être cheftaine devrait-on dire, hum, j’suis pas sûr) de la diplomatie de l’Union Européenne (si, si, y’en a une).  Pour Libé, n’osant pas assumer ses positions (mais pouvions vraiment nous attendre à autre chose de la part d’un journal de droite qui se dit de gauche), il ne l’est … qu’à moitié. "Ianoukovitch, un «semi-dictateur» jusqu’au-boutiste" titrait-il fin janvier.  Un dictateur à 50%, si vous préférez.  Pas à 20%, ni à 30%, mais … à 50%, quoi que cela puisse bien vouloir dire.

Selon Wikipedia :

« La dictature désigne un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu’aucune loi ou institution ne les limite. »

Pour l’Encyclopædia Universalis :

« La dictature est un régime politique autoritaire, établi et maintenu par la violence, à caractère exceptionnel et illégitime. »

Entendons-nous bien, les amis.  Loin de moi l’idée, et encore moins l’envie, de vouloir défendre cet abject oligarque dévoyé dont la cupidité ne semblait avoir d’égal que sa perfidie (et aussi sa cruauté, ah, pi y’a aussi sa malhonnêteté, ah oui, et j’oubliais sa couardise, et … bon j’arrête), mais les mots ont un sens, et nous devons nous efforcer de leur conserver leur sens. Sinon … ben sinon c’est la perversion de la cité qui s’installe et nous autres, pauvres citoyens, sommes complètement perdus au beau milieu d’un immense désert démocratique où tout est n’importe quoi, et vice versa.

Or, et même si peu de média le précisent, force est de rappeler que Lire la suite

Un crime de l’humanité

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Onze ans déjà depuis le fameux discours de Jacques Chirac, alors Président de la République française, devant l’Assemblée plénière du Sommet mondial du développement durable de Johannesburg.  C’était le 2 septembre 2002.  Fameux discours qui commençait par ces mots devenus célèbres:

"Notre maison brûle et nous regardons ailleurs."

Du coup, je l’ai relu, le discours.  En avez-vous souvenance, vous, là, derrière votre écran?  Un constat implacable sur la destruction de la Nature et une critique virulente de l’indifférence des habitants de la Terre face à cette catastrophe mettant pourtant en danger l’espèce humaine tout entière.  Il y disait des trucs comme:

"La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer, et nous refusons de l’admettre.  L’humanité souffre.  Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents.  La Terre et l’humanité sont en péril, et nous en sommes tous responsables."

"Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas !  Prenons garde que le XXIe siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d’un crime de l’humanité contre la vie."

Chirac y listait 5 chantiers prioritaires, déjà, à l’époque:

  • "Le réchauffement climatique est encore réversible. Lourde serait la responsabilité de ceux qui refuseraient de le combattre."
  • "La persistance de la pauvreté de masse est un scandale et une aberration."
  • "L’affirmation du droit à la diversité et l’adoption d’engagements juridiques sur l’éthique."
  • "L’invention du développement durable est un progrès fondamental au service duquel nous devons mettre les avancées des sciences et des technologies."
  • "Il est temps de reconnaître qu’existent des biens publics mondiaux et que nous devons les gérer ensemble. Il est temps d’affirmer et de faire prévaloir un intérêt supérieur de l’humanité, qui dépasse à l’évidence l’intérêt de chacun des pays qui la compose."

Du Mélenchon pur jus !

Au passage, permettez-moi, cette rapide digression, un bref cours d’analyse politique.  Lorsque Chirac prononce ces paroles, tout le monde s’extasie devant un discours choc, très offensif, franchement tiers-mondiste, puissant, courageux, inoubliable, bref, historique.  Lorsque Mélenchon décrit la même situation, pratiquement mot pour mot, on parle alors de populisme et d’extrémisme.  Le premier, est surnommé affectueusement Chichi.  Le second, n’est qu’un sectaire d’extrême gauche éructant sa mauvaise humeur.  Peut-être la différence de traitement provient-elle du fait que le second propose des solutions concrètes alors que le premier, comme tous les gens non dangereux, dissertait inoffensivement dans le champ infini des belles phrases sans lendemain.  Hum.

Bref, revenons à notre mouton.  Suite à ces magnifiques paroles, on s’en souvient, Chichi le bien nommé se lance alors immédiatement dans un immense chantier de … regardage ailleurs, avec l’aide de tous les autres dirigeants mondiaux.  Un superbe exemple de coopération internationale.  Rien, absolument rien, nulle part sur notre planète, sur aucun de ces 5 chantiers n’a évolué, du moindre petit centimètre.  Pourtant, Chirac, il y a 11 ans, regrettait déjà que rien n’eusse (eh oui, m’ssieurs-dames, l’imparfait du subjonctif, siouplait !  Requis dans une subordonnée introduite par un verbe au passé, je rappelle !  Ou plus prosaiquement, requis quand on veut se la péter !), il regrettait, disais-je donc, que rien n’eusse bouger depuis le précédent sommet à Rio:

"Dix ans après Rio, nous n’avons pas de quoi être fiers.  La conscience de notre défaillance doit nous conduire, ici, à Johannesburg, à conclure l’alliance mondiale pour le développement durable." disait-il, contrit.

Aujourd’hui Lire la suite