Les 10 meilleures blagues d’Obama devant l’ONU

Cette semaine, le président du régime étasunien, Barack Obama, s’est adressé à l’Assemblée générale des Nations Unies dans un discours convenu sur des questions mondiales comme l’épidémie d’Ebola en Afrique, la guerre civile en Ukraine ou encore les terroristes d’ISIS. Bien sûr, d’autres dirigeants du monde se sont également exprimés. On me souffle même dans l’oreillette que notre propre président-monarque, Moi-François-Le-Mouton-Sans-Peur-Premier, aurait lui aussi déblatéré quelques belliqueuses fadaises devant l’Assemblée générale. Mais qu’importe ces poncifs de seconde main et intéressons-nous aux positions du pays qui donne le la dans tout l’Empire.

Au delà de l’arrogance traditionnelle (une tradition des dirigeants de cette nation terroriste depuis … ben … depuis sa création, finalement), au delà de l’insolence condescendante de ceux qui se sentent supérieurs en tout, au delà de la morgue hautaine de ceux qui savent qu’ils peuvent tout se permettre, au delà de cette indécrottable fatuité à se croire le phare de l’humanité, le chef de l’autre peuple élu, Obama, nous a encore régalé de quelques magnifiques blagues d’anthologie amnésique, expression facétieuse de l’humour noir historiquement désopilant de cette nation de demi-dieux (oh, et puis, ne soyons pas mesquins, de dieux vivants, carrément).

Il s’agit bien entendu d’un humour tout à fait involontaire puisque l’auteur de ces plaisanteries, le bellâtre en chef des US, se donne visiblement beaucoup de mal pour tenter d’être crédible lorsqu’il enfile ses sornettes. Mais qu’importe ! Admirez la verve, l’aplomb, l’outrecuidance, le culot !

Les présidents US, ça ose tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnait !

Voici donc, à mon avis, les 10 meilleurs blagues d’Obama lors de ce discours :

N°10 : L’économie mondiale continue de se renforcer :-D

N°9 : C’est le meilleur moment de l’histoire humaine pour naître

N°8 : L’Amérique poursuit des réductions ambitieuses de ses émissions de carbone

N°7 : Nous tous – grands et petits pays – devons être à la hauteur de notre responsabilité à respecter et à faire respecter les normes internationales :-D

N°6 : L’agression russe en Europe rappelle l’époque où les grandes nations piétinaient les petites à la poursuite de leur ambition territoriale

N°5 : Nous croyons que les grandes nations ne devraient pas être en mesure d’intimider les petites

N°4 : L’Amérique est et continuera d’être une puissance pacifique, promouvant la paix et la stabilité :-D

N°3 : L’Irak s’est dangereusement rapproché du point où il pourrait replonger dans l’abîme

N°2 : Nous tenons nos dirigeants responsables de leurs actes

Tiens, d’ailleurs, regardez la férocité avec laquelle sont traités les dirigeants US responsables de crimes de guerre (attention, image insoutenable) :

Brr, regards terrorisés, têtes basses, on les sent humiliés, désespérés, anéantis. Ça fait froid dans le dos. Il ne leur manque plus que la magnifique combinaison orange Guantanamesque.

Quant à la blague N°1, je suis dans l’obligation de citer tout le paragraphe tellement c’est énorme :

Les actions de la Russie en Ukraine remettent en cause l’ordre d’après-guerre-froide. Voici les faits (sic). Après que la population de l’Ukraine s’est mobilisée pour appeler à la réforme, leur président corrompu s’est enfui. Contre la volonté du gouvernement à Kiev, la Crimée a été annexée. La Russie a déversé des armes en Ukraine orientale, alimentant les séparatistes violents et un conflit qui a tué des milliers de personnes. Quand un avion civil a été abattu dans des zones que ces séparatistes contrôlaient, ils ont refusé de permettre l’accès à la zone de l’accident pendant des jours. Lorsque l’Ukraine a commencé à reprendre le contrôle de son territoire, la Russie a renoncé à juste soutenir les séparatistes, et a déplacé des troupes à travers la frontière.

On cherche en vain dans ce fatras de propagande russophobe le moindre « fait », comme il dit, qui soit vrai, la moindre assertion qui ne soit pas une parfaite inversion de la réalité. Écouter un dirigeant du bloc occidental (le bloc US-UE-OTAN), c’est comme regarder le négatif d’une photo – j’vous parle d’une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre, une époque de pellicules, une époque analogique. Il suffit de tout inverser pour obtenir la véritable image.

Allez, en cherchant bien, il y a deux moments, deux phrases, dans lesquels Obama est parfaitement honnête. Mais du coup, c’est beaucoup moins rigolo, c’est sûr ! Voici :

« Les États-Unis n’hésiteront jamais à défendre nos intérêts »

« Je peux vous promettre que les États-Unis d’Amérique ne seront pas distraits ou dissuadés de ce qui doit être fait »

Et des menaces en plus ! Comment peut-on laisser ces putains de terroristes proférer de telles menaces, comme ça, devant l’Assemblée générale de l’ONU ? Non, mais que fait la police, merde ! Ah, c’est eux, la police, me dit-on dans l’oreillette. Ben, on est mal barré alors, j’vous l’dit Mame Crhistine !


EDIT 03/10/2014

Je vois depuis plusieurs jours fleurir de partout sur le web la même perception que la mienne sur ce discours insultant (pour l’intelligence humaine) d’Obama. C’est rassurant. Un peu. Parmi tous les billets fort bien tournés sur les délires d’Obama, je vous conseille celui de Robert Parry, journaliste d’investigation (si, si, ça existe, ou ça a existé, fut un temps) étasunien (si, si, même aux USA ça a existé, fut un temps) bien connu et respecté qui a fait éclater de nombreuses histoires dont l’affaire Iran-Contra dans les années 80. La traduction de son article a été assurée et mise en ligne par le remarquable site – remarquable sur le fond, les billets, et la forme, le travail collaboratif – d’Olivier Berruyer, Les Crises.


EDIT 04/10/2014

Tiens, encore un autre article sur la ré-écriture de l’histoire par Obama devant l’ONU. Celui-ci est de Garry Leech, un journaliste indépendant et conférencier à l’Université de Cape Breton au Canada. La traduction de son article a encore été assurée et mise en ligne par le toujours aussi remarquable site d’Olivier Berruyer, Les Crises.

Dettes publiques : mémoire du pouvoir et impunité

Eduardo Galeano, écrivain uruguayen, écrivait en août 1997 (son très bel article, Les braises de la mémoire, vient de reparaitre dans le « Manière de voir », le bimensuel de Monde Diplo, d’Octobre/Novembre 2014) :

« La mémoire du pouvoir ne se souvient pas : elle absout. Elle reconnaît la perpétuation des privilèges par héritage, permet aux oppresseurs de jouir de l’impunité des crimes qu’ils commettent, et trouve des alibis à leur discours qui déguise la vérité avec une admirable sincérité. »

Encore une preuve de cette terrible vérité hier soir avec notre oppresseur local, j’ai nommé le monarque républicain hexagonal du moment, descendant d’une longue lignée de monarques républicains hexagonaux de droite (c’est à dire qui privilégient les intérêts du capital au détriment de ceux du travail, je précise ça pour mes très bons amis Vincent et Malo qui n’aiment pas trop les étiquettes, m’ont-ils récemment déclaré). Hollande 1er, à son pupitre, devant le parterre bigarré traditionnel de lèche-cul (ou de faire-valoir pour être moins injurieux) se prétendant journalistes et se croyant de surcroit fort piquants, débite son propos liminaire (avant les questions cinglantes :-D ) pleinement conscient de sa totale impunité future face à l’histoire. Un discours d’une vingtaine de pages mêlant comme il est d’usage poncifs, banalités, vœux pieux et platitudes, sauce fadasse relevée par endroits de quelques beaux morceaux de mensonges, boniments, charlataneries et affabulations.

Avant d’en venir à mon sujet, accordez-moi un bref détour par la VIème république, la nécessité d’une VIème république. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve totalement insupportable d’entendre qui que ce soit se prendre pour … la France. C’est bien entendu encore plus visible dans un régime présidentiel comme le nôtre, ou comme sous le régime terroriste (qui répand la terreur) étasunien. Et ça n’a rien à voir avec la personne de Hollande (même si sa personnalité amplifie le phénomène, il est vrai). Ce serait n’importe qui d’autre, ce serait la même chose. Tenez, par exemple, lisez-ceci :

Le gars, y’croit réellement qu’il est la France ! Écoutez encore :

Le mec, il est élu pour mettre en place un vague programme de 60 points, et le voilà qu’il décide seul dans son coin d’aller faire le mariole aux quatre coins du monde et ce, au nom de la France, c’est à dire au nom des Français, en notre nom à tous, en mon nom propre, putain de merde ! Alors, certes il a été élu, et certes avec plus de 60 millions de Français on ne coupe pas à une certaine représentativité, une certaine délégation de pouvoirs, mais au moins que ce soit un collège de représentants du peuple (par exemple une Assemblée Nationale, voilà une putain d’idée qu’elle est originale ;-) ) qui prennent les décisions au nom de la France et non pas un monarque, quel qu’il soit, aussi brillant croie-t-il qu’il soit, qu’il s’appelle Louis, Charles ou François. Vivement une nouvelle règle du jeu !

Bref, venons-en à l’impunité.

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Ukraine : nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude


Je suis (j’étais ?) abonné à Politis. Tous les vendredis, ou samedis (ce détail de calendrier étant nécessairement soumis aux aléas bien compréhensibles de la chaine de distribution des abonnements par courrier postal), j’entame invariablement la lecture de mon hebdomadaire politique favori (en fait, le seul hebdo auquel je sois abonné ;-) ) par l’édito de Denis Sieffert. Ce dernier fait en effet preuve, semaine après semaine, d’un talent incomparable pour synthétiser parfaitement et tout à fait clairement ce que je pense. Et ce, quel que soit le sujet qu’il aborde (qu’il abordait !).

Quelles ne furent donc pas ma gêne, ma contrariété et mon exaspération, quand j’ai lu son dernier billet intitulé « Complexités Ukrainiennes », dans le numéro 1302 du journal. Se dissimulant derrière ce titre modéré qui nous prépare à un article visant à l’impartialité (inaccessible, on le sait bien), voilà-t-y pas notre habituellement-si-clairvoyant éditorialiste qui s’en va colporter la pénible vieille rengaine entêtante du monde Occidental, « pour ne pas dire occidentaliste » (selon les propres mots de M. Sieffert). Dès l’exergue de son billet, on comprend  :

« Le coup de génie de Poutine a consisté à rejouer la Deuxième Guerre mondiale : résistance soviétique contre nazisme. »

Tout son édito, qui se prétend donc plus modéré que le pilonnage d’obus de manichéisme de la presse occidentaliste, est construit sur le mode : « bien sûr l’UE et les USA … bla-bla-bla, mais ce qu’il faut vraiment voir c’est que la Russie … déblatérage-déblatérage-déblatérage »

Surtout qu’il s’agit en fait d’une récidive ! Car c’est son second billet en un mois sur l’Ukraine. Et voici comment débutait le premier :

« Ukraine : Le chaud et le froid
Les dirigeants russes alternent les propos rassurants et les menaces, mais dans l’est du pays, la violence gagne du terrain.

On devine assez clairement quelles sont les fins que poursuit Vladimir Poutine. …  »

Et voilà, le principal grand méchant machiavélique (machiavélique ? incontestablement, méchant ? probablement, grand ? pas vraiment, et principal ? certainement pas) est montré à la vindicte inculte occidentale. Indubitablement, la lecture de ces 2 articles, même le second supposé être un peu plus équilibré, laisse une sorte de mauvais goût dans la tête, un irrépressible sentiment diffus que tout ce bordel Ukrainien est dû à … la Russie en général et au satanique Poutine en particulier. Lorsqu’on connait le talent d’écriture de M. Sieffert, il ne fait aucun doute que cet effet ne peut être que volontaire, recherché.

Une amie m’a demandé il y a quelques temps quelle était ma position exacte sur la crise Ukrainienne qui, disait-elle, ne ressortait pas clairement (ma position, pas la crise) dans les quelques billets que j’ai pu pondre sur le sujet. Pour ceux que ça intéresse, la voici donc, ma position. C’est en quelque sorte, et de manière tout à fait inhabituelle donc, exactement l’opposée de celle de M. Sieffert. Abritée sous le même chapeau de « complexités Ukrainiennes », je pourrais la résumer ainsi  : « bien sûr l’islamophobe-et-homophobe Poutine … bla-bla-bla, mais ce qu’il faut vraiment voir c’est que les USA, l’OTAN et l’UE … déblatérage-déblatérage-déblatérage ».

Pour ce qui est de l’exprimer plus précisément, je préfère laisser l’écran à Lire la suite

L’Ukraine, le FMI et l’ukrainien moyen


Beaucoup de conneries manichéennes ont été dites sur la crise politique en Ukraine.  Suffit d’allumer la télé ou d’ouvrir le Monde pour s’en prendre plein la gueule. Beaucoup d’analyses plus fines, moins sectaires et plus objectives, ont également été exprimées. Fallait bien les chercher, en même temps ;-) . Tiens, comme ce dernier petit billet de Jacques Sapir qui, bien que jamais invité sur les plateaux de désinformation nationale (ou alors peut-être très exceptionnellement chez Frédéric Taddeï, à un horaire fort peu bourgeois, à l’heure où les lieux de débauche nocturnes ouvrent leurs portes insonorisées), n’en est pas moins un « expert » (à utiliser avec précaution, je sais) de l’économie européenne en général et de la Russie en particulier. Car Jacques Sapir n’est pas un membre du sérail de la pensée officielle. C’est un un hétérodoxe, un compliqué, un qui dit pas comme les autres, un qui nous emmerde quoi !

Jack RasmusL’article dont je souhaite vous entretenir aujourd’hui aborde les aspects purement économiques de la crise. En détails. Très fouillé, très complet, très long et très … en anglais (‘fin, en yankee plus exactement). Normal puisque son auteur, Jack Rasmus, est prof. d’économie dans deux universités étasunienne : le St. Mary’s College et l’université Santa Clara. Encore un hétérodoxe. Un syndicaliste. Très engagé. Si, si, voyez, y’a encore des êtres humains dans l’État Voyou. La preuve.

Ce considérable billet, intitulé « Qui tire profit de la crise économique en Ukraine ? » et sous-titré « (Indication: pas l’Ukrainien moyen) » traite des conséquences économiques du « coup d’état [en Ukraine] » et des événements qui s’en sont suivis (par exemple en Crimée), ainsi que des scénarios possibles pour le futur.

Je ne vais pas tout vous traduire, les amis. Je voudrais profiter un peu de mon dimanche aussi ;-) . Juste un petit résumé des chapitres 1 et 7 qui présentent les conséquences probables sur la population Ukrainienne de « l’accord d’aide » :-D du FMI en cours de négociation par le gouvernement de Yatsenyuk. Yatsenyuk, vous savez le nouveau premier ministre de pays (nommé par les nazis de Maïdan ajouteraient ironiquement certains).

Sachez cependant, pour ceux que cela intéresse (les aussi malades que moi) et qui ne sont pas rebutés par la langue anglaise (avec moult verbiage économique), que l’article analyse également longuement :

2. Les pertes Russes dans la Crise
3. Comment les USA tire profit de la Crise
4. L’économie Européenne : à la fois des gains et des pertes
5. Ce que les multinationales US-EU veulent en Ukraine
6. Les connections entre potes capitalistes d’Ukraine et des USA

Bon, on y va.

Le FMI a donc Lire la suite

Le rouge et le gris, don’t clean up this blood !


Interdit au moins de 16 ans !

C’est avec cet avertissement dérisoirement inquiétant que le site de location de vidéos d’Orange tient le chaland ingénu à l’écart de ce coup de poing cinématographique, à la fois puissant et bouleversant, dérangeant et pourtant indispensable, qu’est « Diaz, un crime d’État » en français, ou « Diaz, don’t clean up this blood » (ne nettoyer pas ce sang) en anglais.

Certes, le film est violent.  Très violent.  En même temps, c’est le but, puisqu’il relate l’épisode excessivement sanglant survenu à la fin du sommet du G8 de Gênes, en 2001.  Il s’agit de l’assaut sauvage et inhumain de l’école Diaz, en pleine nuit, par les forces de police italienne, suivi, pour ceux qui n’ont pas dû être envoyés directement à l’hôpital, de l’arrestation et la séquestration pendant 3 jours (dans la caserne de Bolzaneto) de 93 militants altermondialistes qui se trouvaient dans l’école.  Trois jours de sévices, d’humiliations, d’exactions et divers actes de torture – oui, oui, torture, en Italie, en 2001 !

Le film, de Daniele Vicari, n’est pourtant probablement pas plus violent que tout un tas de conneries sanglantes et malsaines à souhait, à base de moult tronçonneuses, machettes, machines à coudre et sauces barbecue, dans lesquelles se délectent souvent notre jeunesse déboussolée.  Mais, au moins, dans Diaz, cette violence n’est pas gratuite (et encore moins divertissante, oxymore malheureusement très répandu).  Elle sert un but louable.  En nous faisant ressentir (presque physiquement) la peur et la douleur de ces jeunes, le film vise (et réussit) à graver au fer rouge dans nos mémoires des images percutantes, persistantes, pour que soit sauvegardé à jamais un témoignage de ces faits historiques.  Don’t clean up this blood !  Ne nettoyez pas ce sang pour que l’on se souvienne.  Car il s’agit bien d’Histoire !  Le film est en effet basé sur les minutes de la procédure judiciaire qui s’en est suivie et qui a permis (c’est déjà ça, comme dirait Alain Souchon) de reconstruire minutieusement les événements d’alors grâce à d’innombrables témoignages, rapports, photographies, films et preuves.  Les faits sont reconnus … et pourtant fort peu connus, voire totalement inconnus pour beaucoup.

En fait, loin d’être interdit à certains, ce film devrait au contraire être obligatoire !

Au lycée, en cours d’histoire par exemple.  C’est un devoir civique que de voir ce film.  Car, comment, en 2001, dans l’un des 6 pays fondateurs de l’Europe, des forces de l’ordre ont-elles pu se livrer à de telles exactions, préméditées, d’une violence inouïe, frappant indifféremment jeunes et vieux, hommes et femmes, sans armes et pour certains déjà endormis ?  Comment la police d’un état prétendument démocratique (même si l’Italie pataugeait alors sous le règne de Berlusconi) a-t-elle pu procéder à des arrestations de masse, sans motif légal, falsifier des preuves pour fabriquer des crimes de résistance aux forces de l’ordre et de ports d’armes, puis maltraiter et torturer pendant des heures à l’abri des murs de leurs casernes comme aux pires heures du fascisme ?  Comment « la plus grave atteinte aux droits démocratiques dans un pays occidental depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », comme Amnesty international a qualifié ces actes, a-t-elle pu être perpétrée à l’aube du XXIème siècle à 2 heures de bagnole de Nice (même en respectant les limites de vitesse) ?  Voilà des questions au moins aussi importantes, à mon avis, que de savoir qui sera la Nouvelle Star.

Voici la bande annonce du film:

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Dogma


Explication liminaire

Je vous présente mes excuses pour le manque de fraicheur des sujets abordés dans ce billet.  Il était pourtant prêt pour diffusion depuis jeudi dernier.  Malheureusement, n’ayant pas eu le temps de me relire jeudi soir – et devant alors laisser de côté mon clavier pour vaquer à mes occupations conjugales en tout bien tout honneur – j’ai remis sa diffusion au lendemain, au vendredi matin donc.  Et voilà t’y pas que vendredi matin … paf … plus d’internet.  Après investigation, il s’est avéré que c’était tout le village qui s’était ainsi retrouvé coupé du monde virtuel.  Je précise que notre village n’a subi aucun cyclone, aucun tremblement de terre, aucun tsunami, aucune attaque terroriste syrienne, ni même nord-américaine.

Bref, comme chacun sait (c’est écrit dans le Dogme), les entreprises privées sont beaucoup plus efficaces que la pesante machine publique (étatique, dirait probablement Copé).  Il n’a donc fallu que … 5 malheureux petits jours et demi à Orange pour reconnecter notre village au réseau.  J’ai fouillé ma mémoire, jusqu’à ma plus tendre enfance, et je ne me souviens pas avoir jamais été coupé de téléphone pendant plus de 5 jours.  Pourtant, je suis d’une génération qui a connu les lourds blocs en bakélite noire, propriété de feu les PetT. Des appareils aujourd’hui devenus « vintage » (comme on dit).  Vous savez ceux avec le volant perforé pour la numérotation (par impulsion sioupliat!) qui faisait clac-clac-clac quand on composait un numéro.  Ah, le bon temps…

Bref, aujourd’hui, me voici reconnecté.  Le crieur public et le rémouleur sont repartis.  Le XXI siècle est de retour et voici donc l’article, tel que rédigé jeudi dernier.


Le discours d’un roi

Il est descendu majestueusement de son Carrosse d’Or, sa reine en chapeau d’apparat à son bras, il a salué son peuple d’esclaves en liesse, il s’est pompeusement juché sur son trône royal et a solennellement prononcé son discours.  Puis il s’en est retourné prestement à ses occupations royales, qui consistent principalement, comme chacun sait, à se vautrer quotidiennement dans le luxe et la frivolité auxquels pourvoit inexorablement son peuple-providence vassalisé.  Le discours?  La présentation du budget 2014 pour son pays, la Hollande.  Le roi Willem-Alexander, roi des Pays-Bas, puisque c’est de lui dont il s’agit, y annonce la fin de l’État-providence.  Il y encourage chaque Néerlandais à « prendre ses responsabilités pour sa propre vie et pour son entourage ».  En gros, démerdez-vous, mes bataves!

Au programme pour les Hollandais?

Rigueur et austérité.  Encore et toujours.  En Hollande, comme chez Hollande.  Comme de partout ailleurs en Europe.  Normal, puisque l’économie néerlandaise est en récession. Il faut donc continuer les politiques de … récession.  Logique, non?   Et allez!  6 milliards d’euros de coupes budgétaires supplémentaires prévues pour 2014 qui viennent s’ajouter au vaste programme d’austérité (hausse de la TVA, baisse de l’aide aux pays en voie de développement, etc.) mis en place depuis le début de la crise financière.  Les mesures annoncées comprennent, entre autres, attention à la surprise … tantantan … tenez-vous bien … des coupes dans le budget alloué aux soins de santé et à la sécurité sociale.  Putain, trop fort.

Arme de destruction massive en Serbie

Dans la même déveine, Lire la suite

« L’Europe des truismes », par …


J’ai tellement ri qu’il fallait que je partage ces lignes avec tous ceux qui me lisent mais qui n’iront jamais (Dieu seul sait pourquoi … et Christophe Barbier aussi, mais c’est peut-être la même chose finalement) s’encanailler sur le blog de leur auteur.

Il s’agit d’un député européen qui décrit une journée comme une autre au parlement européen.  Bonne lecture.

Flot de truismes et cuistreries ce matin-là au parlement européen. Barroso parlait, sautant de langue en langue, pour ne rien dire. En grande forme monsieur Barroso ! Il a enfoncé environ mille portes ouvertes, dont une bonne part était installée par lui-même ! Résumé : tout va bien ! Et même : tout va de mieux en mieux. Ne croyez pas que j’exagère. Même ses amis de droite étaient consternés ! Si vous avez du temps à perdre et si vous lisez couramment l’anglais, allez lire ça sur le site du Parlement européen. Il bouge ses petits doigts d’un air terrible et appuie sur les mots d’un air plein de conviction pour proférer des paroles aussi terribles que « il n’est pas venu le moment de se reposer (hélas, beaucoup de gens y pensaient !) mais de se retrousser ses manches (sacré bonhomme, quand même !) » Sans oublier les puissantes pensées qui nous obligent à méditer : « la force de l’esprit dépend de notre réflexion et de notre endurance pour trouver les bonnes solutions et les mettre en œuvre ! » Entre les cris de joie pour ce futur étincelant et le présent radieux, de fortes injonctions nous sont adressées: « nous devons être fiers de ce qu’est l’Europe ! » Bien sûr ! Pour ma part j’ajouterai même : « Pouet ! pouet ! ».

Tous les eurobéats de droite et de gauche éclatent en applaudissements. Mais oui, en plus ils en sont fiers ! Mais avons-nous le choix ? Barroso a, en effet, parfaitement identifié l’alternative à cette fierté. Il pourfend « ceux qui veulent revenir en arrière dans une Europe des tranchées ». Je suppose qu’il s’agit de nous. Oui « les tranchées », voilà notre projet politique, c’est bien connu. Sans oublier les armes chimiques qui allaient avec jusqu’à 1925, comme chacun le sait maintenant.

Quoiqu’il en soit Barroso nous prévient : il ne permettra pas qu’on « oublie l’essentiel ». Oui, prenons de la hauteur comme il nous le recommande. Et souvenons nous bien qu’il s’agit « d’éviter une reprise sans emploi et donc accélérer le rythme des réformes structurelles » et surtout « éliminer tous les obstacles pour les entreprises ». Ouf ! On respire ! Beaucoup craignaient que Barroso nous annonce la socialisation des moyens de production. Et n’en profitons pas pour « oublier la défense des valeurs qui ne peuvent être négociées ». Je crois qu’il s’agit sans doute de la cupidité qui est le moteur de la concurrence libre et non faussée. Mais il est possible que ce soit les Droits de l’Homme à Cuba, ou la remise pied et poing liés de terroristes ignobles comme Snowden. A moins que ce soit la bonne tenue des bases secrètes nord-américaines, le droit pour les USA de nous espionner librement et ainsi de suite.

Emouvant Barroso !

Après lui commence le beau défilé : droite « populaire » et sociaux-libéraux bêlent en cadence. Les uns contiennent raisonnablement leur enthousiasme, les autres maîtrisent dignement leurs insatisfactions. Tous communient dans le futur merveilleux que contient cette chose admirable qu’est l’Europe des pères fondateurs blablabla. Le porte parole des sociaux libéraux et des solfériniens dit que « le centre gauche et le centre droit diffèrent sur bien des points, mais…. (ah ! « mais ») » « le centre doit s’entendre pour faire vivre l’Europe ! » Voila qui est clair. Car, bien sur, mesdames et messieurs qui seriez tenté de vous disperser, quelle est l’alternative ? Hein ? « Il faut barrer la route à la xénophobie et au racisme ! » Vous voilà placés devant le vrai choix : le centre (gauche et droit) ou bien le racisme. Vous hésitez ? Du coup la seule chose intelligente qui est dite revient à la droite libérale dont l’orateur déclare : « ceux qui croient à la fin de la crise sont des somnambules. Le futur c’est une longue période de stagnation, comme au Japon après l’explosion de la bulle immobilière ». Je crois exactement la même chose. (…)

Rien d’utile ne peut sortir de ces bavardages.

En début d’après-midi, voici le clou du spectacle : Lire la suite