Noam Chomsky : l’interview qui dénonce l’Occident | euronews, the global conversation

Noam Chomsky : l’interview qui dénonce l’Occident | euronews, the global conversation.

Extraits:

« Rappelez-vous que la pire campagne terroriste dans le monde est de loin, celle qui est orchestrée à Washington même. C’est une campagne mondiale d’assassinat. Il n’y a jamais eu de campagne terroriste de cette échelle . »

Dette publique grecque : l’audit citoyen est lancé

Eric Toussaint, porte-parole du CADTM, s’est exprimé à la conférence de presse tenue le 7 avril 2015 au parlement grec pour lancer la commission de la vérité sur la dette grecque (commission d’audit de la dette publique grecque) :

Rappelons qu’Eric Toussaint et le CADTM avaient déjà participé à l’audit de la dette équatorienne en 2008, audit qui avait permis de découvrir que 70% de la dette publique de l’Équateur ne devait pas être remboursé (pour illégitimité, illégalité ou caractère odieux).  Et c’est exactement la décision qu’avait alors prise Rafael Correa, président de l’Équateur.  Le plan de restructuration à 30% de la dette équatorienne avait d’ailleurs été accepté sans piper mot par 95% des créanciers de l’Équateur d’alors (FMI, Banques, et autres fonds institutionnels).

Espérons que la Grèce saura faire la même chose.

Puis, ce sera peut-être le tour de l’Espagne, avec Podemos …

La France ?  Pffft, j’y crois plus une seconde.  Tout le monde a l’air bien trop heureux comme ça à continuer de voter pour la droite dès qu’on leur en donne l’occasion.

La guerre aux côtés de nos amis les nazis !

La marche annuelle en commémoration des soldats de la légion lettone de la Waffen SS s’est déroulée hier, froidement, à Riga, en plein centre de la capitale de la Lettonie.  Ça s’appelle le Latvian Legion Day (le Jour de la Légion Lettone) et ça a lieu imperturbablement tous les 16 mars, sous l’œil bienveillant de l’Union Européenne, vous savez le truc qui défend la paix, les valeurs d’humanisme, de lutte contre l’extrémisme et le racisme, le béhachellisme (BHLisme) et bla bla bla :

Après une rapide recherche, il semblerait que seuls Euronews et le Figaro en aient parlé … un peu … juste quelques mots, mais bon, c’est déjà pas si mal par ces temps d’anesthésie pré-guerrière.

Pourtant, c’est pas rien, quand même, nan ?

Réfléchissons.

Des partisans et des anciens membres d’une escouade de Waffen SS défilent dans une capitale européenne, mieux, dans la capitale européenne dont le pays, la Lettonie, assure la présidence tournante de l’Union Européenne depuis le 1er janvier 2015 ; ils défilent en l’honneur de nazis qui ont perdu la vie en combattant du côté allemand pendant la Seconde Guerre mondiale.

Nan ?  Ça choque personne ?  Parmi les dirigeants du « monde libre » ?  Fabius ?  Valls ?  Hollande ?  Merkel ?  Obama ?  Kerry ?  Juncker ?  Schulz ?  Allo, y’a quelqu’un ?  Alors peut-être chez nos éditocrates de la liberté d’expression charliesque ?  Barbier ?  Apathie ?  Cohen ?  Elkabbach ?  Mendras ?  Quatremer ?  Quint ?  Rien.  Bon alors, attendez, peut-être la chemise blanche de BHL ?   Faut croire que ce sont des gens biens finalement, ces légionnaires nazis lettons, puisqu’aucun des braves gens de l’axe du Bien (par opposition à l’axe du Mal composé comme on le sait maintenant des musulmans et des russes, faudrait commencer un peu à connaitre votre géopolitique black&white maintenant les gars!) ne semble y trouver à redire.

Ah si, finalement, heureusement, Lire la suite

Syriza, paralysée avant d’exister ?

Beaucoup de mes accointances virtuelles de la blogosphère, nettement plus qualifiées que moi, ont déjà donné leur avis, fort pertinent comme à l’accoutumée, sur ce que d’aucuns appellent la « capitulation en rase campagne », voire « la bérézina »,  de Varoufakis, Tsipras et Syriza face à la Troïka, la BCE, l’Union Européenne, Mame Merkel et le sinistre Schäuble.

Ce n’était toujours pas mon cas.  Cédant à mes vils penchants narcissiques (que j’essaie de réprimer au tréfonds de mon surmoi probablement tout à fait infréquentable), je voudrais aujourd’hui combler cette lacune (qui vous a probablement profondément perturbé, je me doute, si, si, ne le niez donc pas).

La plupart de ceux de mon bord (ceux qui comme moi avaient fondé un véritable espoir de révolution douce en Europe grâce à la victoire de Syriza en Grèce le mois dernier) voient dans cette base d’accord un compromis temporaire ayant pour but d’éviter une crise immédiate tout en permettant au gouvernement de Tsipras de préserver l’essentiel de ses engagements.  Certains y voient même l’achat de temps (4 mois) afin de se préparer à l’inévitable, c’est à dire la sortie de l’Euro (le fameux Grexit).  Vous pouvez par exemple aller lire (si vous jurez de revenir après!) les articles de Jacques Sapir ou de Jean-Luc Mélenchon, ou les billets, plus légers, des Pas Perdus ou de Gauche de Combat.

Mouais …

Désolé les gars, mais j’vous suis pas sur ce coup-là.  Désolé M. Mélenchon, je crois que vous allez pouvoir me classer irrémédiablement parmi les, comment dites-vous encore?, ah oui, parmi les « gauchistes toujours prompts à excommunier qui ne se plie pas à leur mantras abstraites ».

Je peux avoir tort bien évidemment.  Je souhaite avoir tort.  Je dois avoir tort.  J’ai tort, c’est sûr.

Car certes, en étudiant de près les mesures proposées par Varoufakis aux « institutions européennes », que voici, Lire la suite

Une bien belle union nationale

Les Athéniens unis pour soutenir la Grèce nouvelle :

Beaucoup de gens, de tous bords, de tous milieux sociaux, sortent pour défendre un but commun.

Nous avons l’impression que pour la première fois, un gouvernement est réellement à la manœuvre et qu’il va défendre du mieux qu’il peut l’intérêt du peuple grec.

Nous, le peuple, nous allons pousser le gouvernement à l’action.  Nous ne le laisserons pas reculer.

Nous exigeons de notre gouvernement qu’il ne recule pas, qu’il ne brade rien, qu’il ne signe rien qui puisse nuire à la Grèce.

Une union nationale pour soutenir ça :

« Le verdict des électeurs grecs ferme définitivement le cercle vicieux de l’austérité dans notre patrie.  Le verdict du peuple grec, votre verdict, annule aujourd’hui et de manière définitive les mémorandums, synonymes d’austérité et de catastrophe.  Le verdict du peuple grec relègue la Troïka au passé de notre cadre européen commun. »

(Source : suite du discours d’Alexis Tsipras le 25 janvier, suite à l’annonce du résultat des élections)

De Grèce, un vent du sud contre la résignation

Une nouvelle semaine s’achève.  Une semaine qui a vu notre petit monde tourbillonner nonchalamment à ses bien belles occupations machinales.

Les fusionnelles foules de la bienpensance charlienne s’en sont retournées chez elles, remisant au fin fond du grenier de leur apathie engagée leur habit du dimanche (de marche) en pure « union nationale » 100% made in France.

Les experts des médias ont continué de nous régaler, jusqu’au bout des nuits, de leurs inestimables péroraisons sur la liberté de la presse, les mesures qu’il serait urgent de prendre pour lutter contre la radicalisation des islamistes de France, que ce soit en prison, sur internet ou à la maternelle, et les restrictions de nos libertés individuelles qu’il serait urbain d’accepter (dans le cadre de notre si chère servitude volontaire) afin de mieux garantir notre sécurité tant menacée (car nous sommes en guerre Mame Lucette ! z’étiez pas au courant !  allez donc acheter des pâtes et du sucre ! vite ! et n’oubliez pas les piles pour votre transistor !).

Les 85 personnes les plus riches du monde sont officiellement devenues aussi riches que 50% de l’humanité, soient 3,5 milliards de personnes, et se sont déclarées tout à fait enthousiastes à l’idée d’aller chercher la richesse des 3,5 milliards restants (ah, que c’est beau cet esprit d’entreprise !).  Leurs missionnaires et serviteurs zélés se sont d’ailleurs immédiatement attelés à la tâche en se réunissant comme chaque année à Davos pour discuter, confronter et affiner leurs stratégies dans la lutte des classes qu’ils sont seuls à mener.

La réécriture de l’Histoire s’est accélérée puisque l’on a appris de source sûre (Porochenko, tout de même, c’est du sûr ça, nan? la preuve c’est qu’il était à quelques pas de Hollande le 11 janvier à Paris et qu’il se pavane à Davos en ce moment même, nananère) que, outre le fait d’avoir envahi l’Ukraine, la Russie est maintenant officiellement responsable (par un tour de passe-passe dont seuls nos médias délavés et nos gouvernants dépravés ont le secret) de la mort des milliers de civils du Dombass pourtant pilonnés sans relâche par l’artillerie de l’armée Ukrainienne, armée dirigée par des nazis et soutenue par l’Otanusue, Le Monde et Arte (liste non exhaustive).  On a également appris que la Russie avait honteusement envahi la paisible Allemagne pendant la seconde guerre mondiale et que l’armée rouge n’était pour rien dans la libération du camp de concentration d’Auschwitz puisque ce sont en fait les ukrainiens de Bandera le nazi qui en serait le héros.

Rien que de très normal donc.

Ah oui, la semaine a également été marquée, c’est vrai, par la mort du roi Abdullah ben Abdulaziz d’Arabie Saoudite.  Nouvelle tragique s’il en est (un peu du niveau de l’annonce de la mort de De Margerie) qui sera heureusement rapidement adoucie par la procession larmoyante des dignitaires du « monde occidental » (un peu la même que la procession du 11 janvier à Paris) venus rendre à Riyad un dernier hommage bitumeux à l’abondante richesse et la considérable influence géopolitique de ce phare de l’humanité.

Pour nous rendre compte de l’importance de l’événement, examinons la réaction officielle du chef du régime étasunien à l’annonce de cette tragédie (il est inutile de s’intéresser aux autres réactions, celles des serviteurs, des sous-fifres, genre Cameron ou Hollande, puisque leur maitre a montré la voie):

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Piketty, illumination ou opportunisme ?

La foule était immense ce dimanche 11 janvier 2015 pour … pour quoi au fait ?

Oublions bien vite la misérable cinquantaine de chefs d’État et de gouvernements venus pitoyablement tenter de récolter quelque notoriété sur les restes des victimes pas encore enterrées, écartons (pour l’instant) les lamentables récupérations et autres détournements politiciens qui commencent à affluer comme attendu, et écoutons simplement les français qui s’étaient donnés rendez-vous.  Selon les interviewés, ils se sont rassemblés pour montrer que la France n’avait pas peur, pour rendre hommage à Charlie Hebo, à nos forces de l’ordre et aux juifs de France, en mémoire des 17 victimes des trois attentats, pour montrer un front uni face au terrorisme, à tous les terrorismes, pour défendre la liberté d’expression, pour affirmer notre République une et indivisible, pour la liberté, pour l’égalité, pour la fraternité, pour l’amour entre les peuples, pour la paix (pour le ciel bleu et les p’tits oiseaux, nan pardon, là, j’déconne) …

L’image est belle même si, comme vous le savez, je n’y étais pas, ayant préféré organiser notre propre marche républicaine alternative.

Bien entendu, à l’exception de M et Mme Bisounours, chacun sait que cette pseudo « union nationale » ne peut s’afficher que le temps de l’évocation sur le mode émotionnel de thèmes tout à fait génériques, de vagues vœux pieux universellement consensuels, de mots d’ordre qui ne mangent pas de pain, et tant qu’aucune solution concrète ou mesure pratique n’est à l’ordre du jour.  Car dès lors, dès que l’on passe des objectifs aux moyens, comme toujours, le clivage entre les différentes manières de voir le monde reprend tout naturellement le dessus.  Et c’est bien normal.  C’est sain.  C’est la démocratie.

Et ce sera bien sûr également le cas du sujet que je voudrais aborder aujourd’hui.  Un sujet politique.  Un sujet noble.

Je veux parler du célèbre (surtout aux zétazunis) économiste Thomas Piketty, auteur du best-seller « Le capital au XXIe siècle », dont le constat implacable est porté aux nues par toute intelligentzia socialo mondiale sans pour autant vouloir en porter les conclusions dans les législations.  Adoncques, voilà-t-y pas que, dans une interview télévisée avec Pablo Iglesias, leader et fondateur du nouveau parti espagnol Podemos, Piketty, nouvelle girouette Filochienne, s’extasie sur la montée des partis anti-austérité, Syriza en Grèce et Podemos en Espagne, qui serait selon lui une « bonne nouvelle pour l’Europe ».

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