Brévissime leçon de journalisme pour ceux qui croient encore à l’information

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Originally posted on Venezuela infos:

Bc6Q7UEIIAA79dnDans le cadre de la formation permanente de la génération actuelle de journalistes européens dont l’Histoire retiendra qu’ils n’ont pas hésité à appuyer, à quelques milliers de kilomètres de distance, une enième tentative de renverser un gouvernement de gauche démocratiquement élu en Amérique Latine, l’heure est venue d’un modeste bilan en dix questions…

1 – Pourquoi affirmer que le Venezuela est en proie à une “guerre civile” alors que les violences sont circonscrites à la frontière avec le paramilitarisme colombien et à 18 municipalités – gouvernées par l’opposition – sur 335 ?

2 – Si la majorité de la population a voté pour un programme de gauche lors d’élections validées comme “transparentes par les observateurs de  l’Union Européenne, de l’Organisation des États Américains, de l’UNASUR, de l’Association des Juristes Latino-américains et qualifiés de “meilleur mode de scrutin du monde” par l’ex-Président Jimmy Carter, pourquoi…

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Le rouge et le gris, don’t clean up this blood !

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Interdit au moins de 16 ans !

C’est avec cet avertissement dérisoirement inquiétant que le site de location de vidéos d’Orange tient le chaland ingénu à l’écart de ce coup de poing cinématographique, à la fois puissant et bouleversant, dérangeant et pourtant indispensable, qu’est "Diaz, un crime d’État" en français, ou "Diaz, don’t clean up this blood" (ne nettoyer pas ce sang) en anglais.

Certes, le film est violent.  Très violent.  En même temps, c’est le but, puisqu’il relate l’épisode excessivement sanglant survenu à la fin du sommet du G8 de Gênes, en 2001.  Il s’agit de l’assaut sauvage et inhumain de l’école Diaz, en pleine nuit, par les forces de police italienne, suivi, pour ceux qui n’ont pas dû être envoyés directement à l’hôpital, de l’arrestation et la séquestration pendant 3 jours (dans la caserne de Bolzaneto) de 93 militants altermondialistes qui se trouvaient dans l’école.  Trois jours de sévices, d’humiliations, d’exactions et divers actes de torture – oui, oui, torture, en Italie, en 2001 !

Le film, de Daniele Vicari, n’est pourtant probablement pas plus violent que tout un tas de conneries sanglantes et malsaines à souhait, à base de moult tronçonneuses, machettes, machines à coudre et sauces barbecue, dans lesquelles se délectent souvent notre jeunesse déboussolée.  Mais, au moins, dans Diaz, cette violence n’est pas gratuite (et encore moins divertissante, oxymore malheureusement très répandu).  Elle sert un but louable.  En nous faisant ressentir (presque physiquement) la peur et la douleur de ces jeunes, le film vise (et réussit) à graver au fer rouge dans nos mémoires des images percutantes, persistantes, pour que soit sauvegardé à jamais un témoignage de ces faits historiques.  Don’t clean up this blood !  Ne nettoyez pas ce sang pour que l’on se souvienne.  Car il s’agit bien d’Histoire !  Le film est en effet basé sur les minutes de la procédure judiciaire qui s’en est suivie et qui a permis (c’est déjà ça, comme dirait Alain Souchon) de reconstruire minutieusement les événements d’alors grâce à d’innombrables témoignages, rapports, photographies, films et preuves.  Les faits sont reconnus … et pourtant fort peu connus, voire totalement inconnus pour beaucoup.

En fait, loin d’être interdit à certains, ce film devrait au contraire être obligatoire !

Au lycée, en cours d’histoire par exemple.  C’est un devoir civique que de voir ce film.  Car, comment, en 2001, dans l’un des 6 pays fondateurs de l’Europe, des forces de l’ordre ont-elles pu se livrer à de telles exactions, préméditées, d’une violence inouïe, frappant indifféremment jeunes et vieux, hommes et femmes, sans armes et pour certains déjà endormis ?  Comment la police d’un état prétendument démocratique (même si l’Italie pataugeait alors sous le règne de Berlusconi) a-t-elle pu procéder à des arrestations de masse, sans motif légal, falsifier des preuves pour fabriquer des crimes de résistance aux forces de l’ordre et de ports d’armes, puis maltraiter et torturer pendant des heures à l’abri des murs de leurs casernes comme aux pires heures du fascisme ?  Comment "la plus grave atteinte aux droits démocratiques dans un pays occidental depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale", comme Amnesty international a qualifié ces actes, a-t-elle pu être perpétrée à l’aube du XXIème siècle à 2 heures de bagnole de Nice (même en respectant les limites de vitesse) ?  Voilà des questions au moins aussi importantes, à mon avis, que de savoir qui sera la Nouvelle Star.

Voici la bande annonce du film:

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Un crime de l’humanité

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Onze ans déjà depuis le fameux discours de Jacques Chirac, alors Président de la République française, devant l’Assemblée plénière du Sommet mondial du développement durable de Johannesburg.  C’était le 2 septembre 2002.  Fameux discours qui commençait par ces mots devenus célèbres:

"Notre maison brûle et nous regardons ailleurs."

Du coup, je l’ai relu, le discours.  En avez-vous souvenance, vous, là, derrière votre écran?  Un constat implacable sur la destruction de la Nature et une critique virulente de l’indifférence des habitants de la Terre face à cette catastrophe mettant pourtant en danger l’espèce humaine tout entière.  Il y disait des trucs comme:

"La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer, et nous refusons de l’admettre.  L’humanité souffre.  Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents.  La Terre et l’humanité sont en péril, et nous en sommes tous responsables."

"Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas !  Prenons garde que le XXIe siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d’un crime de l’humanité contre la vie."

Chirac y listait 5 chantiers prioritaires, déjà, à l’époque:

  • "Le réchauffement climatique est encore réversible. Lourde serait la responsabilité de ceux qui refuseraient de le combattre."
  • "La persistance de la pauvreté de masse est un scandale et une aberration."
  • "L’affirmation du droit à la diversité et l’adoption d’engagements juridiques sur l’éthique."
  • "L’invention du développement durable est un progrès fondamental au service duquel nous devons mettre les avancées des sciences et des technologies."
  • "Il est temps de reconnaître qu’existent des biens publics mondiaux et que nous devons les gérer ensemble. Il est temps d’affirmer et de faire prévaloir un intérêt supérieur de l’humanité, qui dépasse à l’évidence l’intérêt de chacun des pays qui la compose."

Du Mélenchon pur jus !

Au passage, permettez-moi, cette rapide digression, un bref cours d’analyse politique.  Lorsque Chirac prononce ces paroles, tout le monde s’extasie devant un discours choc, très offensif, franchement tiers-mondiste, puissant, courageux, inoubliable, bref, historique.  Lorsque Mélenchon décrit la même situation, pratiquement mot pour mot, on parle alors de populisme et d’extrémisme.  Le premier, est surnommé affectueusement Chichi.  Le second, n’est qu’un sectaire d’extrême gauche éructant sa mauvaise humeur.  Peut-être la différence de traitement provient-elle du fait que le second propose des solutions concrètes alors que le premier, comme tous les gens non dangereux, dissertait inoffensivement dans le champ infini des belles phrases sans lendemain.  Hum.

Bref, revenons à notre mouton.  Suite à ces magnifiques paroles, on s’en souvient, Chichi le bien nommé se lance alors immédiatement dans un immense chantier de … regardage ailleurs, avec l’aide de tous les autres dirigeants mondiaux.  Un superbe exemple de coopération internationale.  Rien, absolument rien, nulle part sur notre planète, sur aucun de ces 5 chantiers n’a évolué, du moindre petit centimètre.  Pourtant, Chirac, il y a 11 ans, regrettait déjà que rien n’eusse (eh oui, m’ssieurs-dames, l’imparfait du subjonctif, siouplait !  Requis dans une subordonnée introduite par un verbe au passé, je rappelle !  Ou plus prosaiquement, requis quand on veut se la péter !), il regrettait, disais-je donc, que rien n’eusse bouger depuis le précédent sommet à Rio:

"Dix ans après Rio, nous n’avons pas de quoi être fiers.  La conscience de notre défaillance doit nous conduire, ici, à Johannesburg, à conclure l’alliance mondiale pour le développement durable." disait-il, contrit.

Aujourd’hui Lire la suite

Ça sert à se culturer

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Ni économie, ni politique (quoi que).

Une fois n’est pas coutume, je viens quémander une faveur.  Oh, par pour moi bien sûr, mais pour eux:


Signez la pétition, à l’attention de madame Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication et monsieur Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, pour la création du centre de création vocale et scénique d’Aulnay-sous-Bois.

Transe révolutionnaire

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C’est en ces mots qu’un certain Jean-Marc Le Scouarnec a visiblement voulu déprécier, sur le site de La Dépèche, la tournée actuelle de Damien Saez, le Miami Tour.  Il ne fait aucun doute que ce monsieur s’était égaré.  Sûrement, croyait-il s’être enrôlé pour suivre, les mains sagement posées sur sa gabardine pliée sur les genoux, un concert de Michel Sardou en duo avec Dorothée.  Son "article" étant daté du 30 mars, je suppose qu’il a assisté au concert de la veille, au Zénith de Toulouse.

J’étais pour ma part, hier, le 19 avril, à celui du Zénith de Paris.

Et, vous savez quoi?  J’accepte, que dis-je, je reprends totalement à mon compte cette expression.  Mais dans ma bouche, bien sûr, elle prend une toute autre connotation.  Comment dire?  Beaucoup moins réac!

Une transe révolutionnaire!  C’est exactement ce que j’ai senti.  Plus de 3 heures (au moins 3 heures 1/4 sans compter l’entracte de 20 mns bien sûr), de rage crue, de rock dru, de poésie hurlante, de guitares saturées, de mots puissants, de percus entêtantes, de désespoir insurrectionnel, de poing levé … sans la culotte baissée (pour ceux qui connaissent ;-)).

Entre autre cadeau, une version de plus d’un quart d’heure de "Ma petite couturière" enrichie d’un cri de colère ravageur dont une transcription est donnée en fin de billet:


(cette version est celle du 18/04 mais on a eu la même chose, en mieux ;-), hier)

C’était juste énorme.  Juger plutôt.  Vingt six morceaux!  Et attention, les chansons de Saez c’est pas du pré-formaté à 2m45 par morceau.  Pour ceux qui ne connaissent pas bien cet artiste hors norme et sa discographie, sachez que c’est plutôt du genre 5 à 8 minutes par chanson.  Dans la version album!  Alors imaginez la version live!  Ben, c’est plus de trois heures, c’est tout.

  1. Quais de Seine
  2. Tango
  3. Marie
  4. Elle était profonde
  5. Pour y voir
  6. Betty
  7. Les printemps – J’hallucine
  8. Fin des mondes
  9. Miami
  10. Mix
  11. Le roi
  12. Pilule
  13. Cigarette – Voici la mort – Massoud
  14. J’accuse
  15. Into the wild
  16. Rochechouart
  17. Marie ou Marilyn
  18. Fils de France
  19. Ma petite couturière – Les anarchitectures 2 – Embrasons-nous
  20. Marguerite
  21. Putains vous m’aurez plus
  22. Tricycle jaune
  23. On a pas la thune
  24. J’veux qu’on baise sur ma tombe
  25. Tu y crois
  26. Châtillon-sur-Seine

Un petit conseil à La Dépèche: la prochaine fois, envoyez plutôt Jean-Marc à un concert de Von Karayan.  Ah, il est mort?  Bon, ben, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Un dernier mot: merci Aurélie pour ce magnifique cadeau!

Un dernier dernier mot ;-): merci Aurélie (ouais, encore elle!) pour la transcription du texte ajouté par Damien Saez au milieu de "Ma petite couturière":

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