Macron, Valls, Hollande et les autres : droit d’inventaire

La saynète est savoureuse (quand on goute aux stratégies, plans et autres bidouilles de communication du Parti des Médias et de l’Argent, le PMA).  Elle est méprisable lorsque l’on n’y goute pas du tout, ce qui est mon cas, tu t’en seras douté, toi ami fidèle. En tous cas, le dernier enfumage du pouvoir s’étale sur les devantures de tous les journaux d’actualités du matin, écrit, radio, télé ou internet, en ce gris dimanche, douzième jour du mois d’octobre.

Notre jeune et flamboyant nouveau ministre de l’Économie, ce winner dynamique à l’américaine qui monte les marches d’escaliers deux à deux et qui ne dépaillerait certainement pas en trônant, avec un énorme cigare (Dominicain et surtout pas Cubain hein passeque la démocratie bla bla bla) entre ses dents de carnassiers, à la table du conseil d’administration de Fucktheworld Capital Inc., Emmanuel Macron, serait donc un p’tit trop à droite au goût à la fois de notre bon président et du parti qui l’a enfanté, le PS, qui-eux-par-opposition-seraient-donc-vraiment-de-gauche-zavez-compris-oui.

Que s’est-il donc passé ? Ben, en fait … rien.  Rien de nouveau en tous cas.  Notre malicieux Macron s’est prononcé, tenez-vous bien, en faveur … d’une réforme approfondie de l’assurance-chômage.  « Il ne doit pas y avoir de tabou ni de posture » a-t-il même déclaré, brrr.

Écoutez (quelques bribes de) l’orchestration impeccable qui s’en est suivie :

Le Figaro : Le président de la République, François Hollande, qui a déjà dû recadrer le premier ministre sur la question de l’indemnisation du chômage, risque de devoir réitérer avec le ministre de l’Économie.

Le Monde : Une déclaration qui n’a pas plu au premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Jean-Christophe Cambadélis, qui a pris le contrepied du ministre [Macron] dimanche.

Le Nouvel Obs : Le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a pris le contrepied dimanche 12 octobre du ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, favorable à une réforme de l’assurance chômage, en lui rappelant que les ministres devaient se conformer à la parole présidentielle.

L’écho Républicain : Assurance chômage: Cambadélis s’oppose à Macron

Non, mais qui peut sérieusement prétendre croire, ne serait-ce qu’une toute petite fraction de seconde, à cette mascarade ?  Quand on veut bien se souvenir que Cambadélis était le bras droit de l’affameur de la Grèce, M. Strauss-Kahn !

Ce qui va se passer est écrit d’avance.  C’est écrit dans le programme de François Hollande pour la présidence de la république en 2012.  Macron va pondre, à n’en pas douter, un projet de loi rétrograde à la façon Lois Hartz, en le parant probablement d’un patronyme business-sexy, genre « Loi de modernisation et dynamisation de l’assurance chômage ».  Les députés socialistes, Cambadélis en tête, suivi de près des Fondeurs du PS 😀 , voteront comme un seul homme le texte Macronesque.  En privé, Macron, Valls et Hollande recevront les éloges qu’ils méritent de la part de Junker (le nouveau Barroso, pour ceux qui n’ont pas suivi 😉 ), d’Angela Merkel et de Pierre Gattaz.

Ces misérables ne seront bien entendus jamais confrontés à leur responsabilité, ni même inquiétés lorsque, dans quelques années, les inégalités, la précarité et la pauvreté se seront encore inexorablement accentuées et que l’espérance de vie en bonne santé pour les Français et les Françaises aura diminué de cinq années comme chez nos malheureux cousins allemands.  Eux, bien sûr, les Macron, Valls, Hollande et tous leurs complices du PMA (le Parti des Médias et de l’Argent, je te le rappelle, pour toi, lecteur de peu de concentration 😉 ) continueront de sévir à visage découvert. Même si c’est éventuellement dans le privé. Macron aura peut-être enfin rejoint Fucktheworld Capital Inc. et savourera à pleines dents carnassières ses énormes cigares (Dominicains et surtout pas Cubains hein passeque la démocratie bla bla bla) à la table du conseil d’administration.

Alors, brisons net cette nouvelle tentative de manipulation, si tu me le permets, camarade.  Ni Hollande, ni Cambadélis, ni qui que ce soit au PS, n’est opposé à Macron ou à Valls.  Tout ce cirque n’a bien évidemment qu’un seul but, nous faire croie qu’il y a vraiment des oppositions d’idées parmi les valets qui nous gouvernent. Que l’on aurait vraiment un choix lors des élections.  Balivernes !  Tous ces personnages fats et irresponsables sont exactement sur la même ligne, sur la même pensée politique (même si le mot « pensée » est quelque peu exagéré les concernant, certes).

Et n’en déplaise à ma très bonne amie Anne (avec qui j’ai eu encore – désolé, j’peux pas m’en empêcher, j’ai essayé pourtant, promis – une discussion enflammée hier soir), il s’agit bien d’une politique de droite (ou une politique libérale favorisant le capital au détriment du travail, je précise pour mes amis Vincent et Malo 😉 ).  Puisqu’il faut, pour contrer la propagande médiatique permanente, sans cesse argumenter ce qui semble pourtant évident pour qui s’intéresse à la politique, je voudrais reprendre ici aujourd’hui la synthèse des mesures économiques et sociales prises depuis juin 2012 sous la présidence Hollande pour que ceux qui doutent encore se fassent leur propre opinion, en dehors du brouhaha sémantique médiatique qui sème volontairement la confusion et brouillent en conscience les repères.  Cette synthèse est extraite de l’excellent dossier sur la Politique Déboussolée paru dans le Monde Diplo de Septembre (auquel je ne saurai trop te recommander encore une fois de t’abonner, si tes moyens te le permettent).

À vous de juger.

Baisse du SMIC

Depuis le 1er juillet 2012, le smic net (c’est-à-dire compte tenu des cotisations) est passé, pour 35 heures, de 1 118,29 euros mensuels à 1 128,70 euros. Soit une augmentation de 0,8 %, et une baisse de 1,5 % si l’on tient compte de l’inflation.

Gel des salaires des fonctionnaires

La révision générale des politiques publiques (RGPP) instaurée par M. Nicolas Sarkozy est remplacée par la modernisation de l’action publique (MAP), sa quasi-jumelle. Les salaires restent bloqués.  Le point d’indice, gelé depuis 2010, le demeurera jusqu’en 2017.  La perte de pouvoir d’achat oscille déjà entre 0,5 et 0,8 %, selon les catégories, pour 2011 et 2012.

Précarisation du travail

Les principales dispositions de la loi de « sécurisation de l’emploi » du 14 juin 2013 autorisent les employeurs à augmenter le temps de travail tout en gelant ou même en diminuant les salaires (sauf ceux inférieurs à 1,2 smic) pendant deux ans en cas de « graves difficultés conjoncturelles ».  Il faut pour cela l’aval de syndicats représentant plus de 50 % des salariés ; mais on sait que, en période de fort chômage, le chantage fonctionne. En cas de refus, le salarié est mis à la porte selon la procédure du licenciement économique. La loi instaure également des « plans sociaux » express, considérés comme valables au bout de trois semaines à moins d’un veto de l’administration.

Autre innovation : le contrat à durée indéterminée intermittent (CDII), grâce auquel, lorsqu’on travaille quelques mois, on voit sa rémunération lissée sur l’année — tout comme son droit aux indemnités de chômage. Enfin, il devient impossible de poursuivre son employeur en justice au-delà de trois ans après les faits, contre cinq ans auparavant.

Une « sécurisation » à l’envers

La surtaxe sur les contrats à durée déterminée (CDD) de moins de trois mois (de 0,5 point à 3 points selon la durée) est très faible, et les exceptions sont nombreuses (exécution de tâches précises comme pour les sondages, emplois saisonniers…). « La mesure, en vigueur depuis un an, n’a pas modifié les comportements d’embauche », admettent Les Echos (6 juin 2014).  La mesure de généralisation d’une assurance-maladie complémentaire (souvent présenté comme une mesure de gauche) est en fait purement d’inspiration libérale puisque elle offre un nouveau marché aux assureurs privés comme Axa.  Hollande aurait pu préféré (s’il avait été de gauche) une mesure visant à augmenter le remboursement des soins pour tous.

De même, les droits rechargeables pour les chômeurs (qui ne perdent pas leur droit aux indemnités lors d’un contrat court) représentent une amélioration, mais qui va être payée par les autres demandeurs d’emploi, puisque les recettes n’augmentent pas.

Retraites, nouvelle régression

Hollande a poursuivi la réforme de Sarkozy, qui, déjà, fixait à 62 ans l’âge de départ à la retraite pour les personnes nées après 1954 et ayant cotisé tous leurs trimestres (plus de quarante et un ans et demi), et à 67 ans (et non plus 65 ans) pour les autres.  La durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein s’accroît d’un trimestre tous les deux ans jusqu’en 2020. Les personnes nées en 1973 devront ainsi cotiser quarante-trois ans.

Le « compte pénibilité » qui devait permettre à certains salariés travaillant dans des conditions difficiles d’accumuler des points pour partir plus tôt, a été reporté, sous la pression du MEDEF, à la veille du sommet social des 6 et 7 juillet.

Les pensions supérieures à 1 200 euros brut par mois ne seront plus revalorisées (loi de finances rectificative pour 2014, juillet 2014).

Enfin, le président et sa majorité ont augmenté les cotisations retraite payées par les salariés et les employeurs : 0,15 point chacun en 2014 et 0,30 point entre 2015 et 2017 (loi du 13 décembre 2013). Toutefois, la hausse à la charge de l’employeur en 2014 sera compensée par une baisse équivalente du taux de cotisation de la branche famille (coût estimé : 1 milliard d’euros).

TVA sociale, le retour

Inventée par M. Sarkozy, la TVA « sociale », qui portait le taux normal de 19,6 à 21,2 % pour compenser le crédit d’impôt aux entreprises, abrogée par l’Assemblée nationale le 17 juillet 2012, renaît sous une autre forme le 29 décembre de la même année, lors de la loi de finances rectificative pour 2013.  Le taux normal passe à 20 % ; le taux intermédiaire, de 7 à 10 %. Le taux réduit sur les produits de première nécessité, qui devait baisser, est finalement resté à 5,5 %.

Augmentation d’impôts pour les petits contribuables

M. Hollande, comme son prédécesseur en 2010 et 2011, n’a pas relevé du montant de l’inflation le seuil à partir duquel on paie l’impôt.  Résultat : bien qu’ayant un revenu identique, certains ménages qui n’étaient pas imposés le sont devenus.  Le nombre de contribuables est passé de 17 millions en 2010 à 19,2 millions en 2013.  Pour 2014, des réductions d’impôts ont donc été décidées : 350 euros pour un ménage d’une personne dont les revenus 2013 sont inférieurs à 14 145 euros, 700 euros pour un couple jusqu’à 28 290 euros. Au total, 4 millions de ménages sortent de l’impôt sur le revenu.

Dans le même temps, l’avantage lié au quotient familial est bloqué à 1 500 euros et la demi-part supplémentaire accordée aux personnes vivant seules et ayant élevé un (ou des) enfant(s) est définitivement supprimée.

Le leurre de la compétitivité

Le plan d’abord connu sous le nom de « crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi » (CICE), adopté en décembre 2012, entérine une baisse des cotisations payées par les entreprises équivalant à 4 % de leur masse salariale en 2013 et à 6 % en 2015 (restitués sous forme de crédit d’impôt). Rebaptisé « pacte de compétitivité et de responsabilité » lors du conseil des ministres du 14 janvier 2014, il amplifie les réductions de cotisations patronales (aucune cotisation sur le smic à partir du 1er janvier 2015, baisse des cotisations à la branche familiale de la Sécurité sociale) et instaure une baisse des impôts sur les sociétés, censés passer de 33 % (officiellement, c’est-à-dire hors niches fiscales et autres optimisations) à 28 % d’ici à 2020.  Au total, les cadeaux représentent 40 milliards d’euros.  Le gouvernement n’a demandé aucune contrepartie — tout au plus a-t-il nommé une … commission de suivi présidée par M. Jean Pisani-Ferry, du Cercle des économistes.

S’y ajoute le maintien du crédit d’impôt recherche (CIR), créé en 2003, amplifié par M. Sarkozy.  Le coût pour l’Etat, qui a atteint 5,1 milliards d’euros en 2011, devrait dépasser les 6 milliards cette année.  Entre 2008 et 2012, les effectifs de la recherche dans les entreprises ont baissé de 1,8 % (selon la Cour des comptes).

Vraie-fausse imposition du capital

La loi de finances rectificative pour 2013 vise à imposer les revenus du capital (intérêts, dividendes, plus-values mobilières…) comme ceux du travail.  Les prélèvements forfaitaires (de 21 ou 24 %) qui permettaient d’éviter la progressivité de l’impôt sont supprimés.  Mais les exceptions se sont multipliées, comme pour les plus-values réalisées par les créateurs d’entreprises après la fameuse bataille des « pigeons ».  Celles liées à la vente de la résidence principale restent exonérées, de même que celles réalisées sur une résidence secondaire détenue depuis vingt-deux ans et plus.

Suppression des élections prud’homales

Le gouvernement va présenter à la rentrée parlementaire un projet de loi l’autorisant à désigner les juges aux prud’hommes.  Jusqu’à présent, issus à parité des syndicats patronaux et ouvriers, ils étaient élus pour cinq ans.

La non-réforme bancaire

La loi du 26 juillet 2013 est censée séparer les activités spéculatives (« non utiles à l’activité économique ») des autres (prêts, gestion des comptes courants).  Mais les critères retenus pour définir les premières sont si restrictifs que, de l’aveu même du président de la Société générale, entendu lors de l’examen du projet de loi par la commission des finances de l’Assemblée nationale (30 janvier 2013), ils ne concernent que 1 % des activités bancaires.

Une banque d’investissement assez pauvre

Créée par une loi du 31 décembre 2012, la Banque publique d’investissement (Bpifrance) doit porter la politique d’aide à la modernisation industrielle.  Mais son capital reste faible : 54 milliards d’euros, alors que celui de toutes les banques françaises dépasse les 8 000 milliards d’euros.

Logement : des progrès déjà remis en question

Une série d’ordonnances, ainsi que la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) du 24 mars 2014, visent à plafonner les loyers dans vingt-huit agglomérations, à limiter les frais de gestion des syndics, à instaurer une garantie universelle des loyers (GUL) — sans financement supplémentaire prévu —, à assouplir les contraintes de hauteur pour les immeubles…  Mais, d’ores et déjà, M. Valls a précisé qu’il fallait « apporter un certain nombre de modifications » (Libération, 16 juin 2014).

La culture sacrifiée

Hors remboursement de la dette, justice, sécurité et éducation, tous les budgets sont en baisse.  Et, pour la première fois depuis des décennies, celui de la culture régresse : — 4,3 % en 2013, — 7,5 % d’ici à 2015.

Le droit social encore attaqué

M. Hollande a donné son feu vert à la mise en cause des « seuils sociaux » : présence de délégués du personnel élus dans les entreprises de plus de dix salariés, contribution au logement (« 1 % logement ») pour celles de vingt salariés et plus, comité d’entreprise pour celles de cinquante salariés…  Le patronat promet que si ces « verrous » sont levés, des emplois seront créés. Aucune étude officielle ne le confirme.

Lois et mesures auxquelles il conviendra donc bientôt d’ajouter la future « réforme de modernisation et dynamisation de l’assurance chômage » du sieur Macron.

Tiens, un petit jeu.  Essaye donc, toi mon ami qui t’ennuie sérieusement devant ton écran lumineux en ce crépuscule de weekend automnal, de trouver dans cet inventaire une seule mesure que désapprouverait un Sarkozy ou n’importe lequel de ses suppôts.  Je ne parle pas de ces gesticulations creuses devant caméra destinées à jouer, pour la galerie des incultes et des croyants (qui sont souvent les mêmes, je te le concède), la Commedia dell’alternance.  Je pose la question (toute rhétorique) de savoir si, une fois de retour aux affaires, une seule de ces mesures serait défaite par un gouvernement UMP.  Une seule !

Comme a déjà certainement dû dire quelqu’un, on est ce que l’on fait.  Plus que ce que l’on dit, en tous cas. Tu conviendras avec moi que ce n’est pas parce que Hollande se dit (et se croit, j’en suis sûr, tellement il a perdu tout repère) de gauche qu’il l’est. Ce n’est pas parce que les médias continuent de présenter le PS comme « la Gauche » qu’ils le sont (de gauche).  Il ne suffit pas de se prétendre quoi que ce soit pour l’être, bien sûr.  Sinon, Elkabbach serait journaliste et BHL serait philosophe !  Non, soyons sérieux et regardons les faits, les actes qui, eux, ne sauraient mentir.

Cet inventaire de mesures, d’actes politiques, est tout à fait homogène, harmonieux, rationnel.  Il présente la cohérence d’un projet intelligible, clair, ferme et méthodique.  Un projet de réduction du périmètre et de la puissance du service Public, de précarisation des plus faibles, de rabotage des droits de ceux qui créent la richesse (les travailleurs, je précise pour les ignorants adeptes de N. Doze qui croient encore que ce sont les spéculateurs qui créent la richesse), de subordination aux intérêts des plus puissants, d’austérité, de compétitivité et de régression sociale pour tous les sans-dent,

… bref, un projet de ce que l’on a historiquement pris pour habitude d’appeler, la Droite.

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2 Replies to “Macron, Valls, Hollande et les autres : droit d’inventaire”

  1. @obermeyer
    Oula, attention mon ami, affirmer haut et fort, comme je le fais, que ce n’est pas Poutine qui est responsable de la merde en Ukraine mais plutôt les US+UE et que Obama et les US représente un régime terroriste qui devrait être mis au ban du concert des nations ne revient pas pour autant à cautionner (et encore moins à appeler au secours) le réactionnaire Poutine, qui reste à mes yeux un libéral nationaliste ultra religieux homophobe et islamophobe (un peu comme Marine Lepen, effectivement).
    Mais, te connaissant un peu (par tes commentaires), je suppose que tu plaisantais 😉
    A bientôt

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  2. Dire qu’après ça il leur reste plus de deux ans pour casser tout ce qui reste. Pas plus de différences entre le PS et l’UMP ( parfois , même marine le PEN dit des choses sensées ) qu’entre démocrates et républicains aux usa. Tous ( y compris marine le PEN ) au service de l’oligarchie. Camarade Poutine , au secours !

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