« The world is a better place » grâce aux USA


« Le monde est un endroit meilleur » , grâce aux USA !

Si, si.  C’est un prix Nobel de la paix qui vous le dit.  Et tous les crimes contre l’humanité ne changeront rien à l’affaire.  L’allégation ne saurait souffrir d’aucune remise en cause.  Ni même du moindre petit sarcasme.  Vous, là-bas!  Je vous ai vu pouffer!  Veuillez ôter tout de suite ce sourire narquois de votre visage d’impie bolchévik!

Je veux bien sûr parler du discours de Barack Obama à ses cons citoyens sur la Syrie, le 10 septembre dernier.  Un discours?  Que dis-je!  Un panégyrique à la gloire de la grandeur éternelle de l’Amérique et des Américains (oui, parce qu’il faut savoir que quand les étatzuniens parlent des « américains », il s’agit en fait juste des étatzuniens, mais bien sûr, pour eux, rien d’autre n’existe, ni n’a existé, ni n’existera sur le continent d’Amérique à l’exception de leur illustre civilisation.  D’ailleurs, si l’appellation de « peuple élu » n’était pas déjà malheureusement réservée, ils se la seraient certainement déjà appropriée depuis fort longtemps), un dithyrambe, disais-je, de « la plus ancienne démocratie constitutionnelle du monde » (world’s oldest constitutional democracy, sic) qui se termine par ces mots traditionnels:

« That’s what makes us exceptional. With humility, but with resolve, let us never lose sight of that essential truth.  Thank you. God bless you. And God bless the United States of America. »

Traduction:

« C’est ce qui nous rend exceptionnels.  Avec humilité :D, mais détermination, ne perdons jamais de vue cette vérité essentielle.  Merci.  Que Dieu vous bénisse.  Et que Dieu bénisse les États Unis d’Amérique. »

Exceptionnels!  Et Dieu qui les bénit!  Le Peuple Élu n°2, en quelque sorte.

Parmi toutes les inepties, niaiseries, fadaises, omissions, contre-vérités et mensonges éhontés habituels accumulés dans cette adresse présidentielle vespérale, j’ai souhaité mettre en exergue le paragraphe qui suit car il synthétise parfaitement, à mon sens, à la fois le contenu du discours en lui-même, mais également le sentiment général d’une grande majorité de béats plus ou moins bien intentionnés de par le monde (dont en particulier la quasi unanimité de nos dirigeants politico-économico-médiatiques):

« My fellow Americans, for nearly seven decades, the United States has been the anchor of global security. This has meant doing more than forging international agreements — it has meant enforcing them. The burdens of leadership are often heavy, but the world is a better place because we have borne them. »

que je pourrais traduire par (sautez si vous maitrisez la langue coboil):

« Mes chers compatriotes Américains (voyez ce que je vous disais!), depuis presque 7 décades, les États-Unis sont une ancre de stabilité pour la sécurité dans le monde.  Ceci a signifié beaucoup plus que de  juste forger quelques accords internationaux – cela a impliqué de les faire appliquer.  La charge qui incombe au meneur est lourd, mais le monde est un endroit meilleur parce que nous avons su la porter ».

N’êtes vous donc pas, comme je le fus moi-même pendant plusieurs minutes, soufflé par un tel aplomb mystificateur?  Une véritable pantalonnade lancée à la gueule cassée de l’Histoire, ai-je pensé!  Sept décades, dit-il?  70 ans?  J’en parlais justement en début d’année dans un billet qui listait les conflits, les interventions, les guerres, les coups d’état, les coups fourrés, les coups tordus dans lesquels « le pays qui rend le monde meilleur » a trempé depuis ces 70 dernières années, depuis le largage de 2 bombes atomiques sur des populations civiles au Japon (une bonne entrée en matière, je trouve, pour ce qui est de rendre le monde meilleur).

Et pourtant, je reste perplexe, encore une fois, devant le peu de bruit, voire le silence absolu, qui a suivi cette forfanterie dans nos médias, chez nos politiques, dans mon entourage.  Sommes-nous réellement si peu nombreux à trouver ce discours indécent, à trouver obscène que l’on laisse les USA et la Russie négocier ensemble le démantèlement de l’arsenal chimique Syrien?  Un peu comme si on demandait à Marc Dutroux et à Émile Louis de définir un programme d’activités extrascolaires pour la petite enfance!  Ou à Jérôme Cahuzac et à Pierre Moscovici d’établir une politique de lutte contre la fraude fiscale!  Ah merde, ça, ça c’est déjà fait, me souffle-t-on dans l’oreillette…

Adoncques, pour finir, je vous propose, avec humilité mais détermination ;-), un … petit jeu, comme sur TF1.  Juste pour connaitre votre avis.  Parmi les innombrables raisons pour lesquelles les USA rendent notre monde meilleur, votez pour vos favorites, comme sur les « anges de l’ile de l’école de la nouvelle popstar academy X ».  Trop suave, non?

Attention, prêt?  À vos buzzers!  Partez!

Notes: Les 2 bombes atomiques sont hors concours, puisque hors catégorie.  Vous pouvez choisir plusieurs réponses.  Vous pouvez entrer votre propre réponse.  Attention, Caroline de Monaco n’est pas une réponse acceptable  Attention 2, seules les 70 dernières années sont concernées (sinon, la taille de mon espace d’hébergement ne suffirait probablement pas à stocker toutes les réponses possibles).  Attention 3, pas de conneries où je serai obligé de sévir comme une « anchor of global security », et ça rigole pas…

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5 Replies to “« The world is a better place » grâce aux USA”

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