Le droit de tuer


Une brève reprise d’oxygène après cette longue période d’apnée bloguistique (surchauffe?) pour commenter cette hécatombe qui semble unanimement susciter … l’adhésion de la bien-pensance médiatique et politique des Grandes Démocraties Occidentales (les GDO).

Et ça m’énerve.

On a en effet appris que 8 britanniques, membres supposés actifs du parti conservateur, ont encore été lâchement assassinés, jeudi dernier, sur le sol anglais, dans deux attaques simultanées menées par des agents infiltrés, probablement iraniens.  Ce dernier assassinat porte ainsi à 7 les attaques iraniennes de ce genre dans la perfide Albion depuis fin juillet.  Ces attaques sournoises, menées dans l’impunité et l’omerta les plus totales depuis plusieurs mois, alourdissent un bilan déjà très lourd.  Rien que depuis le 28 juillet, ces attaques iraniennes sur sol anglais ont fait au total 32 morts.

Et en creusant un peu, on apprend que, avant la Grande-Bretagne, c’étaient les USA qui payaient un lourd tribut aux espions iraniens infiltrés.  Des centaines d’attaques commandos visant de présumés activistes opposés au régime iranien ont eu lieu sur le sol américain.  Leur bilan est un secret d’État bien gardé, le gouvernement iranien refusant bien sûr d’évoquer publiquement les détails de ce programme.  On estime cependant à 350 le nombre de frappes effectuées depuis 2004.  Entre 1.963 et 3.293 morts, dont 261 à 305 civils.  Une autre source avance un chiffre plus élevé: entre 2.627 et 3.457 morts, dont 475 à 900 civils.

Totalement scandalisant, n’est-il pas?  Comment un état peut-il s’arroger ainsi le droit de tuer, sur simples présomptions d’appartenance à un groupe?  Comment un pays peut-il décider d’éliminer ceux qu’il considère comme ses ennemis, juste comme ça, sans jugement, sans défense, sans tambour, ni trompette?

Et puis, deuxième interrogation intéressante, comment cet état pourrait-il alors compter échapper à l’opprobre international pour ce qu’il est fondé d’appeler un programme d’assassinats politiques à échelle internationale?

La réponse à la première question est évidente.  Tout simplement parce que le pays en question n’est pas une démocratie!  Un individu qui, tout seul sur son trône, pointe 2 ou 3 noms sur une liste établie par sa cour (sur la base de on-dit, d’aveux arrachés sous la torture et de divination maline) et tranche « tiens, cette fois-ci, éliminez-moi donc ces trois-là … et ne lésinez surtout pas sur les victimes collatérales, Dieu reconnaitra les siens! », cet individu est ce que l’on appelle communément un tyran (ou un dictateur, ou un despote, ou un roi).  Facile.

Quant à la seconde question, sa réponse est toute aussi évidente.  Comment s’en sortir aux yeux de l’opinion?  Toujours la même histoire.  Les médias.  Il suffit que les médias jouent leur rôle.  Qu’ils cachent les événements le plus longtemps possible.  Et lorsqu’il devient difficile de cacher, tenter de les justifier.  La preuve?  Vous en avez beaucoup entendu parler de cette histoire?  Non, hein?  Ben voilà.  C’est ce que je vous disais.  Pourtant les faits sont là.

Mais, me direz-vous, comment est-il possible que mes médias chéris, si manichéens dans leur « décryptage » du monde, ne se soient pas jeté sur cette magnifique occasion pour en rajouter encore une belle grosse couche bien baveuse sur l’irresponsabilité internationale de l’Iran?

Ah oui, pardon, léger détail (vous en conviendrez ;-)) de perspective, j’ai commis une petite erreur d’angle de vue.  Je vous prierai, pour rétablir les faits dans toute leur vraie véracité authentique, de remplacer dans tout ce qui précède, Iran par USA, activistes présumés anti-Iran par terroristes présumés anti-américains et commandos iraniens infiltrés par drones nord-américains.  Les victimes existent bel et bien.  Mais il ne s’agit pas de joggers Bostoniens.  Ces assassinats se déroulent en effet au Pakistan et au Yémen, et pas dans une GDO.  Aucun intérêt, donc.

Et ils sont perpétrés par Obama OO7.  Mais c’est pas grave, parce que lui, il est cool, et puis c’est un prix Nobel de la paix. Et puis les Etatzunisdamérik, c’est le Pays de la Liberté et de la Démocratie (le PLD), c’est bien connu.  Donc, les assassinats d’Obama, ben, c’est swag.

Allez, je m’en retourne vite à mon jardin et ses petits oiseaux bavards qui me contaient, avant cette rechute impromptue sur mon clavier, une histoire à dormir debout à base de cui-cui-cui, de piou-piou-piou, de gazouillis, de piaillements et autre babils.

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Une réflexion sur “Le droit de tuer

  1. oui, le droit de tuer à l’étranger, sous couvert de sécurité nationale …. n’est pas une nouveauté. ça me fait penser à farhat hached, fondateur de l’ugtt, assassiné par les autorités françaises en décembre 1952, avec l’appui de la main rouge, groupuscule composé de colons et de policiers français piloté par le sdece, service de barbouzes français de l’époque.
    mais la raison d’état est toujours la meilleure …. non ?

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