Bernard Arnault ou la lutte des classes pour les nuls N°2


Hé, m’sieur Cahuzac, z’êtes toujours là ?

Parfait, alors continuons.  Euh … d’ailleurs, j’y pense, les autres, vous pouvez lire aussi😉.

Voici un nouvel épisode haletant de notre série sur la lutte des classes, à laquelle les « socialistes » modernes ne croient donc pas😀 (imaginez des évêques de la Très Sainte Église Catholique et Apostolique qui ne croient pas en Jésus-Christ-Notre-Seigneur-amen, ou des p’tits gars du Front National qui ne croient pas au xénopho-antisémi-islamopho-homopho-racisme, franchement, mais que fait la police !).

Il s’agit d’un dossier spécial, réalisé par François Ruffin (encore) pour le journal Fakir, le « journal fâché avec tout le monde, ou presque », sur Bernard Arnault, le prédateur du Nord.  Le dossier est paru en fin d’année dernière, mais puisqu’il n’a évidemment eu que très peu d’échos dans les médias mainstream de la bienpensance autorisée (c’est à dire, de manière moins euphémisante, aucun écho du tout, à ma connaissance), je me permets de le remettre sur le devant de mon humble scène afin d’illustrer avec un nouvel exemple concret ce qu’est la lutte des classes, prétendument inexistante pour Cahuzac, et pourtant menée de main de fer par les tenants du grand capital.

Voici, avec l’autorisation et même les encouragements de la rédaction, une synthèse vidéo de cette enquête.  Espérons que ceci incitera ceux qui le peuvent à s’abonner à ce journal qui, avec quelques rares autres, résiste encore et toujours à l’envahisseur néolibéral.  La lecture régulière de tels journaux représente un traitement préventif (voire curatif dans certains cas peu avancés) très efficace contre la lobotomie virale criminellement propagée par les chiens de garde omniprésents.

Et pour ceux qui préfèrent lire que regarder une vidéo (non, sans déc, ça existe encore ce genre d’hurluberlus anachroniques😉 de nos jours ?), je m’en vais de ce pas alerte mettre les points sur les i.

Première fortune de France, première fortune d’Europe et quatrième fortune mondiale, Bernard Arnault, comme d’ailleurs la plupart des soi-disant et prétendus « grands hommes » que l’on nous montre comme modèles, comme parangons, comme étalons, et que l’on construit artificiellement (et quotidiennement) à la gloire du mérite et de la réussite de ceux qui se lèvent tôt, n’est pourtant en fait qu’un mensonge, un leurre, un poltron (industriellement parlant s’entend, car pour le reste, pour ce qui concerne sa vie privée, cela ne nouuuuus regarde pas) dont le seul fait d’armes est d’avoir eu …

… la capacité d’être violent socialement.

Bien sûr, il s’efforce de le cacher, bien aidé en cela par la meute des chiens de garde béats.  Mais qu’a concrètement fait ce dépeceur ?

En 1984, Bernard Arnault rafle pour une bouchée de pain l’empire Boussac Saint Frères, groupe de 23 000 salariés spécialisé dans l’industrie textile principalement en Picardie, grâce au gouvernement « socialiste-post-tournant-de-la-rigueur » de l’époque qui l’impose comme « repreneur ».  Il reçoit au passage un milliard de francs de subvention d’état contre la promesse de conserver pratiquement (+80%) toutes les activités du groupe.  Et bien sûr, que s’est il passé ?  Curieusement😉, le groupe sera peu à peu nettoyé, dispersé, liquidé, kascherérisé.  Le bon Bernard s’assoit sur ses promesses et ne conserve que le joyau, Dior-j-adore.

Et sa fortune alors ?  C’est simple, depuis lors, la seule « valeur ajoutée » de Bernard Arnault au sein du groupe, devenu entre temps le groupe LVMH, est de miser sur le dumping social et le dumping fiscal, les deux mamelles de l’accumulation du capital par la classe dirigeante (qui n’est pourtant pas en lutte, on rappelle).

Côté dumping social, il joue à fonds la carte de la concurrence des prix de revient de la main d’œuvre entre les états. Et il assume:

« Les entreprises, surtout internationales, ont des moyens de plus en plus vastes et elles ont acquis, en Europe, la capacité de jouer la concurrence entre les États.  L’impact réel des hommes politiques sur la vie économique d’un pays est de plus en plus limité.  Heureusement. » Bernard Arnault

« Heureusement que ces sauvages du peuple et leurs représentants élus ne nous font plus chier dans nos affaires ! »  Quel toupet !  Quelle arrogance !

Côté dumping fiscal, il soustrait du périmètre de la redistribution par l’impôt une grande partie de la richesse créée par son groupe, non pas par lui-même (règle de base de l’économie, faut-il le rappeler) mais bien par les gens qui travaillent « pour lui », en jouant avec les diverses législations fiscales européennes et mondiales (Belgique, États-Unis, autres paradis fiscaux).  Typiquement, grâce à diverses techniques d’expatriation d’actifs du groupe (sans même parler de sa grotesque demande de nationalité belge afin d’échapper à l’impôt également à tire personnel), LVMH paye un taux d’imposition réel d’environ 3% au lieu des 33.9% affiché en Belgique.

Voilà, c’est tout.  Dumping social et dumping fiscal sont les deux seuls facteurs à l’origine de sa fortune indécemment incalculable.

Qu’est-ce que Bernard Arnault a réellement créé ?  Rien.  Sur le plan de la créativité, qu’a-t-il inventé ?  Rien.  Louis Vuitton, Dior, Guerlain, Moët & Chandon, Hennessy, et les 60 marques de luxe qui composent le groupe existaient bien avant Bernard Arnault, et existeront probablement bien après Bernard Arnault.  Sauf s’il lui passe par la tête d’en dépecer une ou deux, pour le fun, pardon, pour la compétitivité, voulais-je dire, ma langue a fourchuuuu.

Ah si.  Il a quand même été précurseur dans un domaine, nous dit-on.

Férocité financière et cynisme total qui étaient moins répandus à cette époque en France, nous dit-on encore (mouais, faut voir).  Et qui sont devenus la norme mondiale aujourd’hui (ah, là, par contre, y’a pas débat, je crois).

En tout cas, une chose est sûre.  Malgré sa férocité et son cynisme, ce n’est pas une lutte à mort contre ceux qui travaillent qu’il mène notre grand saint Bernard, hein m’sieur Cahuzac !  Noooon, bien sûr, ce n’est qu’une vue de l’esprit, de l’esprit dérangé de quelques bolchéviks nostalgiques probablement, n’est-ce pas ?

Pfff.

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