Bonne année Mame Parisot !


C’est le week-end.  Repos hebdomadaire oblige, il est bien naturel de ne pas trouver encore grand chose en ligne concernant l’accord sur « la sécurisation de l’emploi » 😀 conclu hier soir entre le MEDEF, la CGPME et l’UPA, côté patronat, et la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC côté syndicat (FO et la CGT ayant refusé d’apposer leur signature à cette régression historique).  En particulier, impossible de mettre les yeux sur le fameux accord.

En revanche, un petit article de synthèse , impartial comme il se doit ;-), est disponible sur le site … du MEDEF.

Au risque d’être accusé de procès d’intention, je dois admettre qu’en voyant à quel point le MEDEF a l’air satisfait de cet accord, je n’ai pu n’empêcher de prendre peur.  En fait, je pense que tout salarié normalement constitué (ce qui exclue, si j’ai bien compris, les dirigeants des syndicats CFDT, CFTC et CFE-CGC) devrait être totalement terrorisé à la lecture du communiqué de l’organisation Cacquanrantale.  Le titre déjà plante le décors:

Accord pour un nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité et de l’emploi

Oh putain, z’avez bien lu ?  « Nouveau modèle économique et social » !  Dois-je rappeller que le nouveau modèle économique et sociale rêvé par Dame Parisot est celui décrit dans Germinal.  Le tout « au service de la compétitivité ».  Et dois-je également rappeler que la lutte pour la compétitivité est une ineptie (au niveau mondial) causant précarité, chômage et pauvreté ?  Non, je ne le ferai pas, je pense que vous avez compris.

Puis, le communiqué débute ainsi:

Ce soir, les partenaires sociaux ont placé la France en haut des standards européens en matière de marché du travail et de relations sociales.

L’accord place la France « en haut des standards européens en matière de marché du travail » !  Là, ce devrait être l’affolement général.  Façon « Y’a-t-il enfin un pilote pour sauver l’avion », quand les passagers apprennent qu’il n’y a plus de café:

Je me permets un peu d’humour car rien n’est encore définitif.  Le texte doit en effet servir de base à un projet de loi qui sera présentée en Conseil des ministres début mars, pour une promulgation fin mai.  D’ici là, beaucoup de choses peuvent se passer.  Nous verrons bien le texte que notre gouvernement de droite en tirera et qu’il soumettra au parlement et les amendements que nos députés, dont la prétendue aile gauche du Parti de Solférino, présenteront.  Bref, nous jugerons sur pièce le texte final qui sera adopté.

Mais s’il contient les éléments de l’accord d’hier que j’ai pu trouver sur Internet et listés ci-après, il s’agira probablement de la pire régression sociale que la France ait connue depuis … depuis … ben,, à mon avis … depuis toujours, en fait.  Même Sarkozy n’avait pas osé.  Voyez:

  • Accords de maintien de l’emploi: le cœur de la flexibilité.  En cas de « graves difficultés conjoncturelles » (??), les entreprises pourront imposer à tous les salariés une baisse momentanée des salaires (dans la limite du montant horaire du SMIC) et une modulation de la durée du travail (baisse ou hausse) pendant une durée de deux ans au maximum.
  • Mobilité des salariés: lorsque le contexte économique l’impose (??), les entreprises pourront réorganiser l’activité sans avoir à passer par un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Des mutations obligatoires seront proposées aux salariés (à salaire et qualification inchangés) dans la limite d’un éloignement de 50 km ou quarante-cinq minutes. S’ils refusent, c’est la porte pour motif personnel.
  • Recours contre un licenciement: un salarié licencié, qui veut contester la rupture de son contrat de travail, devant les prud’hommes, aura deux ans pour le faire (contre cinq ans actuellement). Quant à ceux qui sont victimes après coup d’une maladie professionnelle, ils auront trente-six mois maximum une fois le diagnostic de la maladie établi (contre cinq ans actuellement) pour réclamer une indemnisation à l’employeur.

Tout ça en échange d’une augmentation des cotisations chômage sur les CDD (alors qu’il faudrait les limiter en nombre): 7% pour les contrats à durée déterminée de moins d’un mois et 5.5% pour ceux d’une durée de un à trois mois.  Mais attention !  Tout cela est modulé à la sauce MEDEF:

  • seulement 4,5 % pour les entreprises employant moins de 50 personnes.
  • ne sont pas visés : les missions en intérim, les contrats saisonniers, les CDD pour remplacer un salarié malade ou en congé maternité.
  • l’embauche d’un jeune de moins de 26 ans en CDI sera exonérée de cotisation chômage pendant trois mois.
  • et quatre mois pour les PME de moins de 50 salariés.

Au total, les employeurs sont encore gagnants même sur leurs « concessions » à la négociation.  Trop fort.

Bonne année Mame Parisot !

Euh … juste un truc … quelqu’un pourrait m’expliquer en quoi cet accord, dit de « sécurisation de l’emploi », sécurise quoi que ce soit en termes d’emploi ?

Je suis probablement de mauvaise foi.  Certes.  Mais j’ai du mal à voir comment un salarié pourra se sentir plus « sécurisé » sachant qu’il pourra lui être demandé de travailler plus longtemps, pour un salaire moindre,  potentiellement dans un établissement différent tous les 4 jeudis.  Comment pourra-t-il se sentir plus « sécurisé » sachant qu’il aura moins de temps pour poursuivre aux prud’hommes ou réclamer une indemnisation.  Franchement, je ne saisis pas le truc.

Mais ce doit être moi, laissez tomber.

2 réflexions sur “Bonne année Mame Parisot !

  1. Sécurisation mon c… Ils vont être contents les travailleurs de bosser comme des dingues ou courir comme des dingues pour chercher un boulot de dingue… La compétitivité ou la vie ?

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  2. concernant parisot , je me souviens d’une émission de daniel mermet à son sujet ; ça donnait déjà froid dans le dos . mes voeux pour 2013 : à la lanterne , elle et tous ses suppôts !

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