Encore une Doze de modèle Allemand


Je sais, j’aurais pas dû.  Putain, je m’en veux, je m’en veux, je m’en veux !

Je me suis envoyé une nouvelle Doze !   3mn55 de blanche chronique néolibérale extra-pure !  Je sais, j’ai déconné, c’est dangereux, j’aurais pu y rester.  Aucune substance édulcorante pour couper cette came économique stupéfiante.  Une coulée ininterrompue d’un concentré capitaliste mortifère, à base d’ austérité, de compétitivité et de flexibilité. Ce Doze vit vraiment dans un autre monde (BFM, le monde merveilleux des traders, de la finance et des petits branleurs inutiles).  Quand on pense que même le FMI, pourtant le plus redoutable grossiste en produits toxiques libéraux de la planète, reconnait aujourd’hui qu’il a commis des erreurs en élaborant sa potion létale pour l’Europe, on se dit que cela devrait faire réfléchir tous ces pseudos sachants, grands maîtres es économie, qui bavent doctement quotidiennement dans nos médias !

Ben, non.  Il est là, serein, plaisantant, pontifiant, assénant ces messages archaïques, prêchant pour un retour béni au XIXème siècle.  Non, mais écoutez ça, si vous en avez le courage, c’est à hurler:

Je synthétise les perles de maître Nico la Doze d’inepties:

Chez Renault, ils sont en train de finaliser un accord d’entreprise.  Il s’agit « d’assouplir le marché du travail chez Renault » (leur marché interne, je suppose), en augmentant le temps de travail (+6.5%) sans savoir comment les salaires suivront.  « L’enjeu c’est de doper la compétitivité de Renault pour maintenir l’outil industriel en France, tout simplement. »

Tout simplement !  Le chantage habituel: vous bossez plus sinon on délocalise !   Tout simplement !

« On peut difficilement augmenter la durée du travail si on touche pas au salaire, en théorie, mais ça existe ».  Et Le Doze de citer les exemples de Renault Espagne et de KLM Air France.  Devinez ce qu’ont obtenu les salariés de ces entreprises … tantantan … eh oui, toujours la même chose … « la promesse de zéro licenciement ou la promesse d’un retour à meilleure fortune (sic) en 2015 si l’objectif d’augmenter de 20% la productivité a été atteint. »

Hum.  Imaginons la situation inverse.  Imaginons un accord d’entreprise prévoyant une augmentation de salaire immédiate contre la promesse de travailler plus d’heures d’ici à 2 ans, si l’objectif d’augmenter de 20% le pouvoir d’achat a été atteint.  Vous n’y croyez pas ?  Vous ne croyez pas à l’égalité patron-salariés dans une négociation de contrat ?  Franchement, vous êtes chafoins !

« Cette réforme du marché du travail, quelle qu’elle soit, elle entrainera des sacrifices pour les salariés. »  Naturellement.  Comment serait-il même pensable d’oser imaginer qu’il serait possible de croire que l’on pourrait concevoir un accord entrainant des sacrifices pour les actionnaires ?  Non, non, restons sérieux.  Et d’ajouter, dans toute sa splendeur doctrinale infinie:  »  Partout, dans tous les cas, ça passe par une augmentation du temps de travail et l’affaiblissement du pouvoir d’achat. »

Voilà.  Fermer le ban.  On se demande bien pourquoi on négocie, d’ailleurs.  Car, son altesse économiquissime nous le dit.  Il n’y a pas d’alternatives, ce sont les travailleurs, ceux qui produisent la richesse du pays, qui vont devoir cracher au bassinet.  C’est le TINA, les gars.  Vous vous imaginiez quoi ?  Allez !  Au turbin !  Et bouffez un peu moins, non mais merde maintenant !

Comme tout est simple pour cet esprit simple vivant dans son monde simple de dépravés bisounoursesques (BFM, j’vous ai dit):

« Nulle part la guerre de la compétitivité ne peut être gagnée sans privation, sans renoncement.  Ce n’est pas un jeu à somme nulle, tout simplement (ndlr: à se pisser de rire, nan ? :-D).  On vit une phase de transition qui, à l’évidence, sera pénible, y’aura des gens qui morfleront tandis qu’on peut espérer qu’effectivement la majorité à terme en profitera. »

L’arnaque absolue des salariés résumée dans cette phrase immonde: privation, renoncement, pénibilité, morflage contre … contre l’espoir qu’un jour ça aille mieux !  Le capitalisme, en somme.  Des années que ça dure.

Pendant ce temps, l’Europe fait face à une vague de pauvreté généralisée.  Le capitalisme, quoi.  Une des causes principales de cette montée de la pauvreté mise en avant par cet article ?  L’austérité.  Sans appel.

La seconde ?  La flexibilité du travail.  Le nec plus ultra du Doze.  Et quel est le pays que l’article cite en exemple ?  Je vous le donne en mille.  J’en parle ici, parce que c’est le pays que le facétieux Doze cite à longueur de chroniques.  Il en a plein la bouche.  Eh oui, l’Allemagne et son si fameux modèle allemand.  Quelques extraits de l’article:

Son [de l’Allemagne] taux de chômage reste nettement inférieur à celui de la France. Et pourtant, le taux de pauvreté allemand est supérieur. En ascension depuis 2005, il culmine aujourd’hui à près de 20%.

Une personne sur 5 !  Comme nous ne cessons de le dire aux béats du modèle teuton:

Les lois Hartz, mises en place en 2005 pour lutter contre le chômage, ont fortement flexibilisé le marché du travail. Mais elles ont aussi paupérisé les chômeurs et les travailleurs fragiles. « Il n’y a pas de Smic en Allemagne. Le pays a fait de gros efforts de modération salariale. Entre le milieu des années 90 à 2005, la croissance des salaires allemands a été inférieure d’1% par rapport à celle de la France et s’est en plus accompagnée d’une augmentation des inégalités salariales. Depuis 2005, la situation s’est dégradée avec la baisse des indemnités chômage. Donc, même si le chômage a beaucoup baissé en Allemagne, le taux de pauvreté des chômeurs, lui, a beaucoup augmenté », analyse Guillaume Allègre, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques.

Eh, M’ssieur Doze !  Vous voulez vous inspirer du modèle Allemand ?

Alors inspirez-vous, pour vos chroniques incantatoires pseudos-économiques, de la manière dont un Land allemand, la Sarre, donc l’État, ne vous en déplaise, a sauvé, en 2001, les 5400 salariés de Dillinger Hütte (tôle forte) et 6000 métallos de Saarstahl (produits longs et pièces forgées) en prenant la décision de se substituer aux actionnaires privés.  Ouuuh, attention, l’ombre de M. Montebourg plane.  On parle de nationalisation, là.  V’zêtes toujours vivant, M’ssieur Doze ?

Et c’est à à soixante kilomètres de Florange, de l’autre côté de la frontière avec l’Allemagne !  Appuyé par les syndicats et l’ensemble des forces politiques, un long processus de sauvetage a permis de placer sous le contrôle d’un organisme codirigé par les syndicats, la Montan-Stiftung-Saar, une fondation destinée à « promouvoir et renforcer la sidérurgie sur les rives de la Sarre », à « soutenir la recherche scientifique et la formation » et dont l’« objectif d’éviter le chômage » figure dans les statuts.

Et, cerise sur la forêt noire, les bénéfices sont réinvestis localement.  Pas mal, hein !  Que n’avons-nous eu ce courage pour ArcelorMittal, nan ?  Une petite chronique peut-être ?

Allez, j’arrête.  J’en ai ma Doze de vous et de vos compères, chiens de garde anachroniques stupéfiants, les Barbier, Le Boucher, Colombani, Cohen (Elie et Patrick), Attali (le seul), Apathie, Elkabbach, Sylvestre, Baverez, Demorand, Giesbert, Joffrin, Gernelle et tous les autres.

Vous m’avez saoulé.

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3 Replies to “Encore une Doze de modèle Allemand”

  1. Tant de ficelles, tant de marionnettistes, tant de marionnettes, cernés, ficelés, submergés, oui, on peut dire qu’on sait comment ça marche, mais franchement je ne crois pas que nous puissions quelque chose. Désespérant !

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  2. putain de pensée unique ! quand on pense que « nous , on peut !  » un beau jour , il faudra confronter publiquement tous ces médiacrates face à leurs erreurs prouvées .

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