« J’ai cru pouvoir ancrer le PS davantage à gauche, je me suis trompé »


Je posai une question il y a quelques jours: mais où est donc passé le courage en politique ?

Nous venons d’en trouver quelques traces dans le Nord Pas de Calais.  Et pour une fois, cela vient d’un socialiste … ah non merde … justement … d’un ex-socialiste en fait.

J’ai cru longtemps possible, avec beaucoup d’autres, pouvoir, grâce notamment à la démocratie interne de mon parti [le PS, ndlr], pouvoir ancrer celui-ci davantage à gauche.

J’ai enfin la lucidité (il m’aura fallu vingt trois ans) de constater que je me suis trompé.

Bravo M. Moglia !

[EDIT DU 9/12/2012]

Depuis ce billet, M. Moglia a expliqué sur son blog sa décision de quitter le Parti Socialiste.

Quelques extraits:

(…) il me semblait possible d’ancrer à gauche notre ligne politique.

Des personnalités telles qu’Henri Emmanuelli et Benoît Hamon autrefois, ou telles qu’Emmanuel Maurel aujourd’hui, ont simplement permis de maintenir, en façade tout au moins, l’image d’un vrai parti de gauche. Tel est le rôle d’Arnaud Montebourg au Gouvernement ; tel a été mon rôle dans le Nord. À un parti en pleine dérive idéologique, il fallait ses « idiots utiles ».

(…) Sur chacun de ces sujets, le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault a soit renoncé purement et simplement, soit reporté les réformes sine die, soit affadi leur contenu jusqu’à les rendre inutiles.

La liste des reculades, des incohérences et des échecs ne s’arrête malheureusement pas là. (…)

La droite n’a jamais tant aimé le PS ; Manuel Valls est plus que jamais sa coqueluche.

Les chômeurs, les précaires, les toxicos, les taulards, les prostitués, les paysans, les mères célibataires, les surendettés, les malades, les psychotiques, les handicapés, les sans-abris : les exclus de tous poils et les onze millions de pauvres qui vivent en France ne comptent pas, ou si peu.

De deux choses l’une. Soit il n’y a qu’une seule politique à mener, que l’on soit de gauche ou de droite, et dans ce cas le PS s’est moqué des Français pendant dix années d’opposition, plus particulièrement pendant une campagne électorale toute entière axée autour de la promesse du changement (« maintenant ! »).  Ou alors une autre politique est possible, et dans ce cas qu’attendez-vous  pour changer de stratégie ?

Je rappelle que c’est un socialiste, nouvellement ex-socialiste, qui parle.

Encore une fois, bravo M. Moglia !

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8 Replies to “« J’ai cru pouvoir ancrer le PS davantage à gauche, je me suis trompé »”

  1. @yveline : bien sûr , pas question d’attendre un évènement désintégrateur. il faut continuer notre boulot d’éclaireurs de consciences, tracter , manifester, et résister tant que possible dans notre quotidien , semer les petites graines révolutionnaires qui feront la différence au moment opportun. je ne doute pas que beaucoup d’entre nous s’y emploient. néanmoins , je persiste à penser (à rêver ?) qu’une bascule se fera bien avant que le fdg n’obtienne 51% des voix , déclenchée par un évènement fortuit , imprévu , et qui par la force des choses bloquera la machine néo-libérale.
    @22 henri : constatons quand même que malgré l’immense misère où sont plongés nos frères grecs et espagnols , leur résistance n’a pour l’instant pas fait dévier d’un iota la machine répressive au service des dominants ( ça viendra ). en grêce , malheureusement , on constate même un essoufflement des manifs , et des revendications à la baisse , tant ils sont absorbés par leur survie . je ne crois pas qu’ici les choses seraient différentes si nous en arrivions au même point ; je pense qu’il serait illusoire de ne miser que sur la casse à venir ( qui comme tu le dit profite autant à l’extrême droite ). nous devons tirer les leçons de leurs tristes expériences pour faire en sorte de ne pas en arriver là ; se souvenant quand même que les révolutions ont rarement été déclenchées par des majorités , mais bien par des minorités conscientes rebondissants sur des évènements déclencheurs – une famine , un scandale , un mort de trop , un décret inique …
    on lâche rien !

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  2. Si au lieu d’argumentaire, c’était la possibilité de se rassurer d’avoir voté Iznogoud?
    Si attendre la désintégration suffisait, comme ça serait simple et peut être que d’autres y aurait déjà pensé
    Si plutôt on prenait notre destin en mains?

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  3. d’accord avec @obermeyer, mais les solutions ne viendront que. lorsque les niveaux de misère et de chomage seront celles de la Grèce ou de l’Espagne,nous ne sommes pas encore assez désespérés à ce jour (encore 1 an ou 2 si pas de crash d’ici la? ).Et surtout je pense que malheureusement les francais se tourneront plus vers les fachos du FN qui tiennent un discours raciste et simpliste plutôt que vers le FDG (cf les résultats des présidentielles).Les français sont trop paresseux pour réfléchir ou relire leur histoire (et les médias « chiens de garde » de gauche comme de droite ne les aident pas). JL Melenchon nous a dit qu’un jour ça finirait FN contre FDG, je crois qu’il a raison.Il y donc un énorme travail d’éducation populaire à faire. Quand j’entends les syndicalistes d’Arcelor se sentir trahis par François Hollande et ses promesses, comment pouvait-on y croire? il y a belle lurette que le PS n’a plus de socialiste que le nom et ne remet plus en cause le néolibéralisme (tout comme les PS européens qui ont conduit les peuples espagnols et grecs a la misère) c’était pourtant évident il suffisait de regarder ce qui se passait autour de nous, mais non, aucun effort de reflexion ou d’analyse de la majorité des français ne s’est traduit dans les urnes. le score du FDG, pour en progression qu’il soit, n’est partagé que par 1 français sur 10.Un seul espoir, que la misère ouvre enfin les yeux , en particulier ceux des jeunes peu politisés . Tout ça ce n’est pas gagné, courage a tous quand même. »Cent fois sur sur le métier ….. » et merci à simply de gauche pour son blog, ça fait du bien entre les oreilles..

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  4. @yveline : les bonnes questions ne sont que murmurées à la marge du ps , sur des dossiers comme mittal , notre dame des landes ou la capitulation face aux pigeons (liste non exhaustive) .les bonnes questions sont posées majoritairement par le front de gauche , et ce n’est que leur confrontation face à la réalité quotidienne qui ouvrent peu à peu les yeux de nos concitoyens malgré l’omerta globale des médias. c’est un mouvement inéluctable dont on ne peut mesurer la masse critique , mais qui un jour, par un évènement imprévisible foutra en l’air l’ordre libéral établi .
    résistance !

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  5. il est probable qu’on ne soit qu’au début de la désintégration du ps , astre aussi mort que l’ump . les plus courageux , ou les plus clairvoyants , ou ceux qui n’ont rien à perdre quitteront le navire les premiers. ouvrant les yeux aux alentours , ils ne verront guère que le front de gauche comme possibilité pour changer l’ordre des choses . on les attends .

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