13 mai 2012: un jour marqué d’infamie


EDIT (15 mai à 17h30): Il semblerait que ma prudence à employer un conditionnel là où le Nouvel Obs. et l’AFP employaient, eux, le présent de l’indicatif, ait été récompensée puisque, finalement, on vient d’apprendre cette après-midi, que l’accord outrageant dont je faisais l’écho dans mon billet ci-dessous n’existe pas (ou plus? ;-)).  Le bureau présidentiel grec a en effet fait un communiqué, au sortir des réunions du jour, dans lequel il déclare qu’une dernière réunion aura lieu demain (16/05) à 13h dans le but de former un gouvernement qui s’occupera des affaires courantes et qui devra s’occuper de l’organisation des prochaines (re-)élections.  Le choix du peuple est donc respecté et c’est le plus important.  Je ne change néanmoins pas un seul mot de mon billet d’il y a 2 jours, afin de pouvoir se souvenir, dans quelques temps, que nous sommes passés à 2 doigts d’un nouveau coup d’état en Grèce.  Heureusement que SYRISA veillait au grain.  Bravo à eux pour leur honnêteté et leur résistance!

Mon billet original:


Je vais utiliser le conditionnel tellement cette nouvelle me parait tout simplement incroyable.  Et pourtant, le Nouvel Obs., en partenariat avec l’AFP, l’a annoncé avec un présent de l’indicatif assez effrayant, dois-je dire, aujourd’hui à 14h30:

« Un accord a été conclu entre trois partis – conservateurs, socialistes et un petit parti de gauche – pour un gouvernement intérimaire de deux ans chargé de mettre en œuvre le programme d’austérité « criminel » en Grèce »

Je rappelle que le nouveau parlement grec, issu des urnes dimanche denier, le 6 mai 2012, ressemblait à ça:

Outre le fait que le parti Syriza, le Parti de Gauche grec, a été propulsé par ce scrutin comme deuxième parti du pays (52 sièges avec 16,78% des voix), il faut bien se rendre compte que cette élection a marqué le refus clair et net, le rejet sans hésitation, ni atermoiement, des plans d’austérité imposé par la troïka européenne, et en particulier du denier mémorandum, par le peuple grec.  En effet, le Pasok (socialiste) et la Nouvelle Démocratie (droite), les deux partis gouvernementaux sortant ayant accepté de signer le « programme d’assainissement de l’économie grecque », les 2 seuls partis favorables à l’application des remèdes mortifères de l’Europe et du FMI, sont sortis laminés des élections, avec respectivement, 13,18% des voix (correspondant à 41 sièges) et 18,85% des voix (correspondant à 108 sièges, grâce au bonus de 50 sièges accordés par la Constitution grecque au parti en tête).

Tous les autres partis, représentant donc 67.97% des électeurs, s’étaient donc déclaré contre l’application de ces mesures.  Le peuple grec a voté en connaissance de cause, en toute intelligence et en conscience!  Et il s’est clairement exprimé contre ces mesures!

Le processus constitutionnel grec de formation d’un gouvernement devait par conséquent nécessairement échouer.  Si le mot « démocratie » a encore un sens, il était impensable de pouvoir envisager la constitution d’une majorité (151 sièges) favorable au plan d’austérité, puisque plus des 2/3 des grecs se sont exprimés contre.  De nouvelles élections étaient donc incontournables.  Tous les experts, commentateurs, politologues, et autres grands esprits médiatiques s’étaient d’ailleurs fait à l’idée.  Même eux, ces fidèles chiens de garde du système totalitaire européen, ne pouvait s’imaginer un tel retournement de situation.

Il semblerait donc que le parti de la gauche démocratique (19 sièges) ait trahi ses promesses électorales, et se soit rangé du côté des soumis, Pasok et ND, pour former ainsi une majorité de 168 députés.

Certainement que les derniers sondages, qui donnaient la gauche, la vraie, Syrisa, largement en tête aux futures élections, ont dû fortement influencé ces rassemblements contre-nature. Le responsable de Syrisa, M. Tsipras, déclarait 10mn avant la nouvelle:

« Les 2 partis continuent ce qu’ils ont toujours fait : du chantage au peuple qui a pourtant fait un choix clair. Ils insistent pour que Syriza coopère avec eux dans une politique que nous refusons. Ils nous demande de continuer leurs erreurs. Je leurs ai encore dit que nous ne changeons notre position, ni avant les élections, ni après.

Aussi longtemps qu’ils veulent continuer leur politique d’austérité, ils n’auront pas le soutien du peuple. Ils nous demandent d’être responsables de leurs erreurs, mais au nom de la démocratie, nous ne pouvons accepter.

Aux citoyens, je souhaite leur assurer une seule chose : nous n’allons pas vous trahir et nous ne laisserons pas l’espoir mourir. »

Afin que le peuple soit éclairé des marchandages, bassesses, tergiversations, magouilles et autres trahisons de ses « représentants », M. Tsipras a en outre demandé la publication de l’enregistrement de sa réunion avec les autres leaders.

Ouvrons les yeux.  Cette Europe n’a plus grand chose de démocratique.  Rappelons-nous des premiers pas du tyran:

  • Ratification et entrée en vigueur en décembre 2009 du Traité de Lisbonne malgré le refus catégorique de 3 peuples d’Europe.  Seul peuple consulté par voie référendaire sur ce traité, les Irlandais le rejettent le 12 juin 2008.  Le Traité Constitutionnel Européen, le TCE dont le Traité de Lisbonne est un copié-collé, avait préalablement (2005) été rejeté par referendum par les Français (55%) et les Hollandais (61%)
  • Nomination en Italie, en novembre 2011, après la démission de Silvio Berlusconni, en dehors de toute consultation du peuple, d’un gouvernement dit « technique » dirigé par l’ex-commissaire européen Mario Monti
  • Création du Mécanisme Européen de Stabilité (MES), un organisme financier jouissant d’une immunité et d’une inviolabilité totales, exempt de restrictions, réglementations, contrôles et moratoires de toute nature, de perquisition, réquisition, confiscation, expropriation ou de toute autre forme de saisie, de prise par action de l’exécutif, judiciaire, administrative ou législative

Aujourd’hui marque donc un nouveau pas vers l’irréversible, l’insoutenable, l’impardonnable.

Une nouvelle date marquée d’infamie!

Résistance!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s