La rentrée … prévue

Salut les potos,

me voici de retour !   Après une petite remise à niveau sur l’actualité, je rédige vite fait ces quelques lignes pour une revue de presse rapide (si, si, juré !).

Londonderry, Irlande, 2011

À tout seigneur tout honneur, commençons pas la crise économique.  Je vous l’avais annoncé pour la rentrée, et bien, ça a l’air d’en prendre la forme !  Depuis plus d’un an, on le répète (contre l’avis des doctes personnes, spécialistes et autres économistes de tout poil qui nous serinaient exactement l’inverse dans tous les médias): les plans d’austérité imposés aux pays européens sous prétexte de résorber les dettes souveraines ne serviront à rien.  Plus exactement (car ils servent parfaitement les intérêts de ceux qui nous les imposent), ils seront inefficaces pour diminuer les dettes.  Au contraire même, ils contribueront mécaniquement (Keynes) à augmenter ces dettes.  Il ne fallait pas être devin, ni prix Nobel d’économie.  Il suffisait juste ne pas se laisser endoctriner.  Bref, on le disait: la Grèce, soumise à ce régime de cheval, ne pourra pas rembourser sa dette.  On le disait, … et on nous traitait de charlots.  Aujourd’hui, Merkel le dit, … et d’un coup, pof, l’idée semble plausible.  On en discute.  Ces mêmes experts et économistes viennent sur les mêmes chaines de désinformation expliquer comment pourrait se passer le défaut de paiement grec.

On atteint aujourd’hui des sommets dans la connerie: le rendement des obligations grecques à 2 ans atteint … 95,5 % !!!  J’espère que ceux qui étaient encore sceptiques sont maintenant convaincus: il faudra restructurer la dette grecque, c’est à dire qu’il faudra leur permettre de ne pas rembourser une partie de leur dette.  De faire défaut, en d’autres termes.  Les détenteurs de CDS sur la dette grecque vont encore se gaver.

Maintenant, une des questions est de savoir jusqu’où se propagera l’effet dominos ?  Je rappelle que les « stress tests », ces tests de résistance bancaire consistant à simuler des conditions économiques et financières extrêmes, passés haut la main cet été par les banques françaises ne signifient rien.  En effet, comme je l’expliquais dans un message cet été, aucun scénario ne prenait en compte un éventuel défaut de paiment de l’état grec.  Je suppose que le scénario extrême le plus vraisemblable auxquels ces banques se sont soumises est le fameux scénario dans lequel Mickey Mouse et l’abominable homme des neiges retirent tous 2, et en même temps (!), tous leurs avoirs.  Ça a été chaud, mais c’est bon.  Nos banques peuvent tenir le choc 😀  D’ailleurs, on vient d’apprendre ce matin que 2 de ces banques, qui avaient réussi les tests, Société Générale et Crédit Agricole, viennent de voir leur note dégradée d’un cran par ce bon vieux Moody’s (BNP reste sous surveillance négative).

Londonderry, Irlande, 2011

Toute cette sauvagerie, plans d’austérité, règle d’or (déjà entérinée en Allemagne et Espagne et bientôt en Italie et en France), privatisations, la plus grande régression sociale de toute l’histoire contemporaine, tout ça uniquement pour rassurer des financiers afin qu’ils puissent continuer à se gaver toujours plus.  Même les apôtres du Dogme le reconnaissent maintenant, comme par exemple Jean-Francis Pécresse (beau-frère de Valérie Pécresse) qui dans « les Echos » admet:

« Parmi les objections, vient en premier celle sur l’inutilité de céder des actifs [de l’état] dont la valeur représente un verre d’eau dans un océan de dettes […] Mais là n’est pas l’essentiel : il faut adresser aux marchés financiers – accessoirement à l’opinion -un signe fort de la volonté de désendetter le pays, au besoin en cédant des éléments constitutifs du patrimoine national. »

Pour ce triste sire, le peuple, pourtant seul et unique souverain de notre république, n’existe même plus. Il reste « l’opinion » ! Et encore n’a-t-elle qu’un rôle « accessoire ».  Voilà la dérive adémocratique de la pensée unique néolibérale dont je vous parlais.  Cette vision est ancrée au plus profond de leur raisonnement.  C’est une évidence, un axiome, une seconde nature pour ces doctes personnes.  Ce qui est important c’est de rassurer « les marchés financiers », c’est à dire une clique non élue de possédants, les nouveaux maîtres  du monde.

Londonderry, Irlande, 2011

À ce propos, une étude de 3 chercheurs de l’Institut fédéral de technologie de Zurich, mêlant finance, mathématiques et statistiques est sortie cette été: « The network of global corporate control » (le réseau de domination globale des multinationales). Elle met en lumière les interconnexions financières complexes entre les multinationales (TNC) : part du capital détenu, y compris dans les filiales ou les holdings, prise de participation croisée, participation indirecte au capital…  Résultat :

80 % de la valeur de l’ensemble des 43.000 multinationales étudiées est contrôlé par 737 « entités » : des banques, des compagnies d’assurances ou des grands groupes industriels. Et:  147 multinationales, tout en se contrôlant elles-mêmes entre elles, possèdent 40 % de la valeur économique et financière de toutes les multinationales du monde entier.

D’autres conclusions de l’étude sont présentées iciLa World Company existe bel et bien.

Pour finir, quelle ne fut pas ma surprise, mon dégoût et ma colère, hier soir, de voir, invité sur un plateau télé (en l’occurrence, « Ce soir ou jamais » sur France 3), un grand évêque du Dogme, un affameur de peuple, un fervent défenseur des recettes barbares et  régressives, un des responsables de la crise mondiale actuelle.  J’ai nommé Michel Camdessus, actuel conseiller de Nicolas Sarkozy pour la  dette de l’Etat, conseiller du pape pour les questions sociales (on croit rêver !) et bien sûr ex-Directeur Général du FMI qui a, entre autres méfaits, soumis l’Argentine à une cure particulièrement violente d’austérité, avec des plans successifs d’économies et de privatisations (original, non ?) qui ont logiquement, comme en Grèce, aggravé la récession et plongé des millions d’Argentins dans la misère.  Je mets en fin de message une petite fiche biographique du personnage.  Bref, le voici donc, à la télé, en train de discourir, de pérorer, de recevoir du « Môssieur le Président ».  Mais comment peut-on encore accorder la moindre légitimité à son discours ?  Au contraire, ces personnes devraient être à mon avis poursuivies en justice.  Au Tribunal Pénal International, pour crimes contre l’humanité, c’est tout ce qu’ils méritent !  Et ce n’est pas une exagération de ma part.  Enfin quoi !  Combien de morts, de désespoir, d’exodes, de tortures sont directement ou indirectement liés aux mesures imposées au peuple au nom de leur foi aveugle dans le Dogme néo libéral ?  Fera-t-on un jour le décompte ?  Les Islandais, eux, ils osent, ils résistent, ils ont des c….  Après avoir, par 2 fois, refusé par référendum que l’état renflouent le système bancaire en faillite, les voilà qu’ils poursuivent l’ex-Premier ministre Geir Haarde devant un tribunal spécial pour sa responsabilité dans l’effondrement du système financier de l’Islande en 2008Vive les Vikings !    Prenons exemple !

Résistance, résistance, résistance !

Michel Camdessus

Economiste français néo-libéral, Michel Camdessus est aujourd’hui consultant financier de l’Etat du Vatican, auprès duquel il a été recruté par Jean-Paul II comme membre du Conseil pontifical Justice et Paix, chargé de la promotion de la doctrine sociale de l’Eglise.
Michel CAMDESSUS est surtout tristement célèbre pour avoir présidé le Fonds monétaire international de 1987 à 2000 et pour lui avoir donné une impulsion très libérale et brutale à l’égard des pays les plus pauvres. Partout où il est passé, à coup de privatisations, de réductions des budgets sociaux et d’austérité monétaire, les économies émergentes ont trépassé. Les effets de sa thérapie de choc libérale ont été tellement dévastateurs pour les populations, que sa présence à la tête du FMI a fini par être une menace pour l’avenir de l’institution elle-même. Camdessus fut ainsi contraint de démissionner en 2000, un an avant la fin de son mandat.
Il faut dire qu’en 13 ans, sous sa direction, le FMI a aggravé ou même parfois directement déclenché une dizaine de crises financières majeures : Mexique (1994), Asie du Sud Est (1997-1998), Russie (1998), Brésil (1999), Argentine (2000-2001). Fin 1998, il vante ainsi au siège du FMI sa politique à l’égard de l’Argentine comme un véritable laboratoire : « L’Argentine a une histoire à raconter au monde : une histoire sur l’importance de la discipline fiscale, des changements structurels et une politique monétaire rigoureusement maintenue ». Au lieu de ça, l’Argentine offre quelques mois plus tard le spectacle d’une économie complètement ruinée par les crises financières et les recettes libérales. En à peine quelques mois, sous l’effet des mesures préconisées par le FMI, le taux de pauvreté va bondir de 25 % à près de 70 % de la population. De toute cette période de thérapie de choc libérale, la CNUCED conclura qu’elle a « provoqué le chaos en extrême orient et en Russie et neutralisé les progrès accomplis en Amérique latine ».

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