Le repos avant la guerre

Mes amis,

vous allez pouvoir souffler un peu :-D.   Le rouge s’en va au vert quelques temps.  Totalement déconnecté.  Il faut en profiter car la rentrée s’annonce chargée.  Et bien sûr, les désenvoutements et les exorcismes (« Friedman, sors de ce corps! ») devront être pratiqués régulièrement pour lutter contre la désinformation qui va tourner à plein régime.  A quoi faut-il donc s’attendre ?

Il y aura bien sûr la continuité des attaques spéculatives de la finance internationale contre les dettes souveraines des états européens, France comprise.  Probablement dans des volumes, et donc avec des conséquences, beaucoup plus importants.  Il faudra reprendre le flambeau de la contre pensée-unique et réitérer, encore et encore et encore, les explications sur les causes des dettes souveraines et les solutions à y apporter.

A ce sujet, il est à la fois amusant et frustrant de constater que certaines des solutions que nous proposons depuis des années (voir quelques exemples de ces propositions concrètes, en rouge, dans la colonne de droite) et qui sont depuis toujours écartées d’un revers hautain de la main (invisible, comme il se doit) par les apôtres du Dogme, commencent aujourd’hui, petit à petit, à faire surface sans que leur paternité ne soit révélée.  Ne parle-t-on pas beaucoup plus librement aujourd’hui, dans beaucoup de formations politiques, d’échelle des salaires ou de salaire maximum ?  En tous cas, on peut aborder le sujet sans se faire traiter d’archaïque collectiviste nostalgique de Staline.  C’est un progrès.  De même, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre la semaine dernière que l’autorité de régulation financière européenne (ESMA), allait « interdire » les ventes à découvert.  Enfin, me suis-je alors écrié tout en recherchant immédiatement le hic.   En fait, il s’agit d’une mesure touchant uniquement certaines sociétés financières (les titres de onze banques et assurances cotées sur le marché français sont concernés : April, Axa, BNP Paribas, CIC, CNP Assurances, Crédit Agricole, Euler Hermès, Natixis, Paris Ré, Scor et la Société Générale) dans seulement 4 pays (France, Espagne, Italie et Belgique), et pour à peine 15 jours.  MDR, comme disent les jeunes smsistes.  C’est un peu comme si un médecin prescrivait une seule petite pilule d’antibiotique pour éradiquer une infection pulmonaire, ou une seule séance de chimiothérapie légère contre un cancer bien implanté, ou bien encore, comme si les américains avaient débarqué avec un effectif de 10 hommes au total (dont 2 parachutistes sur Sainte-Mère-Église) le 6 juin 1944 et était repartis chez eux le 7 juin.  Et puis, il y a eu les dernières annonces de nos deux super héros de la planète Europe, Sarkorman et Caterkel, qui sont soi-disant parvenus à imposer à la BCE de racheter des bons de dettes des pays attaqués (n’aurait-il pas été plus simple de laisser directement la BCE prêter aux états, comme on le demande depuis le début de la crise, sans avoir à passer par un rachat de bons sur le second marché), et qui envisagent même, nous dit-on, de mettre en place une taxe sur la finance.

Bien entendu, il ne s’agit probablement que d’effets d’annonce.  Au mieux, on fera en petite dose, doucement, pas trop fort, pas trop vite.  Il ne faut surtout pas affoler les Marchés.  Il faut au contraire les rassurer ces enfants terribles, paraît-il.  Au pire, on fera … rien du tout.  Comme d’habitude.  Comme pour les paradis fiscaux qui « n’existent plus » selon Sarkozy l’illusionniste (vous ne vous souvenez pas qu’il a réglé le problème!).  Il ne se passera rien.  Ce genre de mesures contre une infection grave et profonde, que ce soit une pneumopathie, un cancer, le nazisme ou la spéculation financière, ne peut fonctionner que si « on met le paquet ».  Fortes doses.  D’un coup.  Sur de longues durées, voire en traitement chronique à vie.  Typiquement (comme vous le trouverez dans la colonne de droite) les ventes à découvert doivent effectivement être interdites, mais elles doivent l’être … pour tous les types de titres, dans tous les pays de la zone et pour toujours, point-barre.  Sinon, on pisse dans un violon.  Mais, à y regarder de plus près, ce qui se passe prouve que nous avions raison depuis le début.  En prenant ces mesures, même à dose infinitésimale et donc inutilement, en indiquant qu’elles sont aptes à lutter contre le problème, ils reconnaissent de facto que le combat contre la spéculation financière sera gagné par des mesures de restriction, d’encadrement, d’interdiction, de régulation, de réglementation, de mise au pli, de cou-couche-panier-à-la-niche-plus-bouger et certainement pas en laissant la main invisible des marchés auto-réguler tout ce joli petit monde.

La rentrée sera probablement marquée par le martèlement de la nécessité de l’austérité dogmatique libérale pour réduire le déficit, et donc supposément l’endettement.  On nous vantera l’idée qu’il est naturel et sain qu’un état inscrive dans sa constitution leur putain de « règle d’or« .  On nous parlera alors encore de la bonne petite famille dont les parents responsables ont un budget à ne pas dépasser pour vivre.  Comme si un état n’avait à sa disposition pour unique variable d’ajustement que les dépenses budgétaires, comme c’est effectivement le cas pour les foyers.  L’économie expliquée par des neuneus à des enfants.  Il faudra donc, en réponse, reprendre dès la rentrée les explications sur l’inefficacité, le caractère totalitaire et l’injustice de cette débilité (Keynes doit être transformé en tunnelier maintenant à force de se retourner dans sa tombe).  L’austérité n’est pas la solution, c’est le problème en temps de crise.  Il faudra marteler le contre-message : les dettes souveraines, ou en tous cas leur plus grosse partie, sont illégitimes; elles sont indues et le peuple n’a pas à les payer.  Présenter et expliquer la seule solution démocratique envisageable: nommer un mission d’audit de la dette et récuser la partie qui sera déclarée odieuse.  Expliquer que ce n’est pas grave (ton corps change :-D), que cela est déjà arrivé, même les USA l’ont fait, et on leur prête toujours.  Certes, cela signifie défaut.  Mais c’est un défaut contrôlé, et non subi, par le peuple .  La peur doit changer de côté.  Merde quand même.  Ce ne sont pas les marchés qu’il faut rassurer mais les salariés, les entrepreneurs, les artisans, les paysans, les commerçants, ceux qui produisent.  Et vous verrez qu’ils se remettront tous en rang serré pour recommencer à prêter à la France, ces spéculateurs, même après un défaut.  « Moi, moi, non moi, c’est moi qui vous prête, s’il vous plaît, d’accord ? ».  C’est le propre du capitalisme.  Dès qu’il y a 10 centimes de profit à se faire les vautours planent.

Ces sujets économiques formeront sans doute la trame de fond de la campagne pour les élections de 2012 qui sera lancée dès la rentrée.  Nous allons entamer une longue et dure ligne droite de combat.  Il va falloir lutter contre la désinformation permanente entourant l’action de Sarkozy l’illusionniste.  Sur ce dernier point, après mon inventaire des mesures prises par Sarkozy au cours son quinquennat, je prépare maintenant un bilan chiffré de ces mesures.  Un désastre.  Le gouvernement et les médias inféodés vont donc essayer de détourner l’attention.  Un bon moyen, c’est de diviser les français, désigner des boucs-émissaires, des souffre-douleur.   Je sens venir bien un bon vieux « débat » sur la fraude aux allocations sociales.  C’est dans l’air du temps.  Déjà, Wauquiez avait lancé un ballon sonde en mai dernier en parlant de « cancer de la société » au sujet de l’assistanat.  Le message est évident: « vous voyez, ce sont eux qui vous foutent dans la merde, tous ces assistés qui profitent du système, qui ne branlent rien et qui volent les allocations sociales que vous, bons français travailleurs, versez à la sueur de votre front. »   En gros, le même message qui avait été sorti aux sujet des grecs vis à vis de l’union européenne.   Je prépare donc un article comparant les chiffres des fraude sociale et fraude fiscale.  Il faut remettre les rolex à l’heure.  La fraude aux prestations sociales existe, certes, et il faut lutter contre, évidemment.  Mais c’est epsilonesque dans les comptes sociaux, du pipi de chat.  Le vrai problème, le véritable cancer de la société c’est la fraude aux recettes, la fraude fiscale des employeurs.  Mais vous jugerez.

D’autres sujets importants sont d’ores et déjà noté dans mon agenda: à l’international, il faudra voir où en sont les mouvements révolutionnaires et indignés du Proche Orient et d’Europe.  Et puis, bien sûr, le 20 septembre, suivre le sort qui sera réservé à la demande officielle pour l’adhésion d’un état Palestine à l’ONU.  Comment vont voter les USA (veto or not veto) ?  Jusqu’où Obama va-t-il abaisser ses prétentions, ses valeurs, ses promesses,  son pantalon ?  Sur le plan national, il ne faudra pas lâcher l’enquête sur Christine Lagarde dans l’affaire Tapie-Crédit Lyonnais qui devrait, on l’espère, déboucher sur une mise en examen de la directrice générale du FMI.  En toute circonstance, le but est de faire vivre les visions alternatives du monde.  La très grande majorité des économistes est aujourd’hui de notre côté de la barrière: citons pour la langue française, Jacques Généreux, Philippe Larrouturou, Jacques Sapir, Étienne Chouard, André-Jacques Holbecq, ou bien sûr les économistes atterrés, dont F. Lordon, et même des économistes américains plutôt libre-échangistes, tel Joseph Stiglitz, prix nobel d’économie.  Qu’ils soient altermondialistes ou « démondialistes » (partisans de la démondialisation), tous prônent une sortie urgente du néolibéralisme (avec des nuances parfois enflammées).  Et pourtant seuls le Dogme néolibéral a pignon sur média !

En revanche, vous le savez, je laisserai les « grands médias » traiter des grandes sagas people qui vont continuer d’agiter le microcosme parisiano-politico-jetseto-oligarchique, telles que l’affaire déheska, la primaire au partie socialiste, la grossesse de la femme du président (et je vous en prie, arrêter de l’appeler « première dame », arrêter cette américanisation grotesque de notre culture, si les américains veulent avoir une première dame, que grand bien leur fasse, après tout, leur république est bien « under God », mais nous, nous n’en avons pas, ou alors, cela signifie qu’il y a une deuxième dame, une troisième dame, …, une vingt-cinq-million-trois-cent-cinquante-mille-sept-cent-soixante-douzième dame, …, et vous, madame, vous êtes à quel rang au juste ?) ou les sondages qui ne manqueront pas de déferler sur nos plages de programmes informatifs pour lessiver les cerveaux engloutis de nos concitoyens résignés tout en masquant le manque sidéral d’idées de nos doctes faiseurs d’opinion.

Bref, mes amis, la reprise va être bien remplie comme vous pouvez le voir.  Sans parler de la vie professionnelle et de la vie personnelle.  Là aussi, il va se passer des choses, mais cela ne vous … regarde pas ;-).

Donc, je pars mais sans vous avoir laissé auparavant une dernière petite vidéo, pour détendre l’atmosphère.  Je sais que vous êtes quelques uns à avoir apprécié la faconde et le style explosif de ce Max Keiser lors de l’un de mes derniers messages.  En voici donc un nouveau.  Attention tout de même au personnage qui fait partie du système et dont le fond de l’argumentation reste parfois très fragile, quelquefois même incohérent.

Que se vayan todos !

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