La dette souveraine des pays européens

L’histoire officielle à dormir debout

Les apôtres du Dogme montent la garde. Leur clergé, à tous les niveaux, simples curés, évêques et cardinaux, tient les media et les postes de pouvoir. Ils continuent de répandre la bonne parole. L’évangélisation a réussi. Chaque jour, ils nous le martèlent : « tout cela est très compliqué, mais croyez-nous, il n’y a rien d’autre à faire. C’est dur mais c’est comme ça que ça marche. C’est la mondialisation. »  Les bons croyants, du coup, ils font confiance. C’est normal, c’est dans leur nature. En plus, « les apôtres, ils sont savants, et ils sont tous d’accord entre eux, ils ne peuvent donc dire que la vérité pure et aveuglante ». Et ainsi certains portent même à leur tour la parole sainte aux détours de repas entre amis ou de discussions enflammées avec quelque sauvage qui n’a pas encore été converti.

Tenez, prenons l’histoire des dettes souveraines des pays européens par exemple. Tout le monde a bien compris l’explication, j’espère : « les responsables, ce sont les peuples (vous quoi) qui, fainéants, voleurs et assistés comme vous êtes avez creusé les déficits budgétaires et donc la dette de votre pays. Et donc, on est bien obligé de vous imposer un remède de cheval. Cela ne nous fait pas plaisir, croyez-le bien, mais c’est pour votre bien. C’est notre remède miracle élaboré par l’oracle OMC. »

« Allez, ouvrez la bouche et avalez ! »

Mais voilà, c’est une histoire pour enfants qu’on nous raconte, une légende, un mythe. Laissez-moi vous conter la véritable histoire de la dette souveraine. En vérité, c’est une histoire à la fois toute con et en même temps incroyable.

Vous connaissez les bonbons kiss cool avec leur double effet. Ben c’est ça. Les problèmes de dette des pays européens, c’est une sucrerie à sextuple effet kiss cool. Mais uniquement pour les hauts dignitaires du Dogme, s’entend.

Le 1er effet kiss cool

Il était une fois les institutions financières transnationales (banques, compagnies d’assurance, fonds de pension, fonds d’investissement, hedge funds comme ils disent) et leurs actionnaires. Nous sommes dans les années 1990-2006 et ces institutions font joujou dans leurs corbeilles avec tous leurs jouets (produits dérivés, CDO, junk bonds, CDS, marché à terme, LBO, etc). Elles créent ainsi ce que l’on appelle des bulles et se gavent comme c’est pas permis.

Et que l’on arrête de me gonfler avec des « Mais on a besoin d’investisseurs pour que l’économie fonctionne » : seulement 3% des transactions financières dans le monde servent à financer une activité économique réelle (production ou circulation de marchandises ou services). Le reste (97%) des transactions financières alimente donc … la finance, les bu-bulles. Nous parlons donc bien tout simplement de spéculateurs sans scrupules, point barre.

Donc, disais-je, ces institutions financières privées se gavent. C’est le premier effet kiss cool.

Le 2ème effet kiss cool

Les bulles vivent leur vie de bulle, et forcément, comme toute bonne bulle qui se respecte, un jour, une d’entre elles éclate. Nous sommes en 2007-2008, c’est la crise des subprimes, la bulle des produits dérivés. Là, le clergé du Dogme aurait pu légitimement s’inquiéter et se dire « merde, cette fois on est allé trop loin les gars, on est grillé ! ». Eh bien, pas du tout ! On les absout. Les états renflouent ces banques criminelles , (et se portent garant en alimentant des fonds de soutien) et rachètent leurs titres pourris qui ne valent pourtant même plus la valeur du papier sur lequel ils sont rédigés.

On vient de transformer une dette privée en une dette publique. C’est le deuxième effet kiss cool.

Le 3ème effet kiss cool

Le plus beau, c’est que ce renflouement est réalisé avec de l’argent que ces états … n’ont pas ! Et ce qui est encore plus beau, c’est qu’en Europe (ce qui n’est pas vrai pour les USA ou le Japon par exemple) l’article 25 de la loi du 3 janvier 1973 puis l’article 104 du traité de Maastricht qui l’a remplacé et enfin l’article 123 du traité de Lisbonne qui l’a remplacé interdisent aux États européens d’emprunter directement auprès des banques centrales (de leur pays ou de la Banque Centrale Européenne, la fameuse BCE). En d’autres termes, les banques centrales ont abandonné aux banques privées le droit d’émettre de la monnaie.

Bref, cet argent que les états ne possèdent pas, ils vont donc … l’emprunter. Et l ’emprunter à qui ? Ben, nécessairement, « sur le marché » comme ils disent ! C’est à dire à des institutions financières privées ! Je résume : pour renflouer des institutions financières les états vont emprunter à des institutions financières. C’est pas magnifique ça ! C’est le troisième effet kiss cool.

Le 4ème effet kiss cool

Les institutions financières ainsi reparties en pleine bourre reprennent leurs petits jeux. Et maintenant, est apparu dans la corbeille un nouveau jouet : les dettes souveraines des états. « C’est trop gros, ça va jamais passer, pensent-ils alors. Qui sait ? On tente ! Ils sont tellement croyants et notre église est tellement bien implantée dans chaque foyer que cela pourrait bien marcher ».

Les voilà donc qui se mettent à examiner les pays endettés (à cause de leur sauvetage, je rappelle), pour s’attaquer, spéculativement parlant, à leur monnaie, l’un après l’autre, dans l’ordre et le silence s’il vous plait. La méthode est la suivante : leurs instituts de notation inféodés (un autre de leurs jouets) font passer le message effrayant que la confiance est rompue, que le pays TrucMuche est trop endetté et qu’il ne pourra jamais payé le prochain service de la dette (principalement composé d’ intérêts). Et quel est l’effet mécanique de la baisse de la note d’un état attribué par ces instituts druides faiseur-de-pluie-et-de-beau-temps ? Tout simplement, la hausse des taux d’intérêt et donc du montant du service de la dette de cet état. Il est quand même extraordinaire que jamais aucun prêtre des medias ne fasse remarquer que la première mesure prise par « les marchés » lorsqu’un pays a des difficultés à payer une tranche de remboursement (plus exactement, lorsque les prêtres prétendent qu’un pays risque d’avoir du mal à rembourser)… , c’est d’augmenter le montant des susdits remboursements. Cela diminue le risque, bien sûr, c’est limpide. C’est le quatrième effet kiss cool.Le 5ème effet kiss cool

Les institutions financières s’amusent comme ça avec un même pays pendant quelques temps, avant de fondre sur le suivant (après la Grèce, l’Irlande, le Portugal, il faut s’attendre à ce qu’elles continuent de « jouer »). Comme un chat avec une souris. Elles jouent aussi longtemps que possible sans arracher la tête de la souris (arriver jusqu’au défaut de paiement).

Et les peuples dans tout ça ? Me direz-vous ( je vous voie, je suis un NaVi, rouge certes, mais NaVi quand même, je vous voie ;o).

Eh bien, le peuple du pays victime de l’attaque prédatrice se déverse alors dans les places centrales de ses grandes villes. Il s’indigne. Mais lorsqu’une élection se présente à lui, il ne fait rien pour changer les choses. En fait, il se résigne. Le Dogme a gagné.

Quant aux peuples des autres pays, eh bien eux, regardent ailleurs. Cela ne peut pas leur arriver. C’est bien connu. Les autres, ils l’ont mérité : « ils branlent rien de toute la journée, ils sont passés maîtres dans l’art de la fraude aux allocations sociales et dans le travail au noir », mais « nous, on risque rien ». Ils préfèrent alors s’informer sur les choses importantes de la vie citoyenne : les détails croustillants du dernier fait divers sordide monté en tête de gondole ou sur le luxe de l’établissement dans lequel le couple princier nouvellement marié va partir en voyage de noces. Pour ces dévotions-là, pas de problèmes, le peuple communie directement avec le Saint-Esprit du Dogme grâce à la chapelle cathodique qu’il a aménagée au cœur même de son salon.

Les institutions financières, disais-je donc, s’amusent avec la souris du moment. Le jeu est le suivant : « vous, état TrucMuche, vous devez nous rembourser une grosse somme dans quelques semaines. Mais on n’a pas confiance. On baisse donc votre note chez Moody’s ou Standard & Poor’s. Du coup, bien sûr, vous comprenez, on augmente votre taux d’intérêt. Vous nous devez donc encore plus. Ah, mais évidemment vous n’avez pas cet argent. Hum … Que cela ne tienne, on vous le prête. » Et ainsi de suite. Cela paraît impossible. C’est pourtant exactement ce qui se passe.

Les états dans le collimateur empruntent pour rembourser les intérêts d’ emprunts précédents. A chaque tour, les taux augmentent, cela va sans dire. Le cinquième effet kiss cool n’est donc en fait que le quatrième effet kiss cool répété ad nauseam.

Une cerise sur le gâteau kiss cool

Un détail, puisque j’y suis.

Si en outre, ils ont joué un poil trop loin, et que le chat a arraché la tête de la souris, ils s’en contre-foutent. Car, cerise sur le gâteau, ces mêmes institutions ont en plus souscrit tout des fameux CDS (Credit Default Swaps) qui sont des assurances sur le défaut de paiement. En clair, si un pays ne peut pas assumer un remboursement (credit default), les détenteurs de CDS sur cette dette là gagnent la prime d’assurance qui est inscrite sur leur contrat CDS. Et oui, c’est la magie de la dérégulation et de la titrisation à tout va. On autorise quelqu’un à s’assurer contre … le défaut de paiement de quelqu’un d’autre. Si c’est pas une incitation au crime ça !

Le 6ème effet kiss cool

La dernière phase est la plus énorme, si j’ose dire. Au moment où tout le système, complètement décrédibilisé, aurait dû tout simplement voler en éclats comme le système soviétique à la fin des années 1980, les institutions financières sont arrivées au contraire à profiter de la situation pour « enfin » faire accepter au niveau de chacun des pays de l’union européenne leurs fantasmes les plus anciens, les plus inavoués, les plus barbares.

Il s’agit de la plus grande régression sociale de tous les temps.

Les détenteurs de capital / spéculateurs rêvent d’un retour aux conditions du XIXème siècle dans la vieille Europe. Ils ont déjà bien sévi, avec les mêmes recettes en Afrique, en Amérique du Sud et dans les pays de l’ex-URSS. Donc, ils passent à l’Europe. Ils commanditent l’inquisition du Dogme, j’ai nommé la troïka UE-FMI-BCE pour faire la sale besogne : imposer aux peuples européens le démantèlement total et la vente au monde privé (toujours les fameux marchés auto-régulés par la main invisible d’Adam S.) de tout ce qui fait un État : les services publics, les systèmes de protection sociale, les richesses nationales … Tout cela tombe dans le coffre à joujoux des institutions financières.

C’est incroyable. Grâce à un culot inimaginable, soutenu il est vrai par un clergé toujours plus prosélyte, ils ont réussi à faire avaler aux peuples européens des mesures si rétrogrades qu’il n’aurait probablement jamais été possible de les faire passer en temps normal. C’est le sixième effet kiss cool : les spéculateurs de tout poil récupèrent tout : des assurances santés, des retraites par capitalisation, des hôpitaux, des écoles, des sociétés d’énergie, de téléphone, de train, des bâtiments, des monuments, des ports, des ruines, des îles, le beurre, l’argent du beurre, la vache, le lait, la crémière, et ses enfants, et le chien, et le chat de la ferme…. Youpi ! C’est la fête du slip. Pleins de nouveaux jouets avec lesquels spéculer !

Les effets kiss pas-cool-du-tout

Voilà comment se gavent ces spéculateurs sans vergogne. A chaque phase de ce processus, un nouvel effet kiss cool pour les institutions financières et leurs fidèles serviteurs et vassaux. On parle ici de gavage exorbitant distribué sous forme de bonus, dividendes, et autres retraites chapeaux à des spéculateurs egocentrés. En outre, la plupart du temps, ces sommes astronomiques sont sorties du circuit légal productif et accumulées dans des paradis fiscaux (mais ceci est une autre histoire).

Or, l’économie est un circuit fermé.  A chaque effet kiss cool pour les uns correspond un effet kiss pas-cool-du-tout pour d’autres. Les autres, pas de cul, c’est le peuple. Et le peuple, c’est vous, c’est nous quoi.

Voyez comment les effets se balancent : le premier effet kiss cool, en simplifiant (ce n’est pas le but d’expliquer ici en détails comment), accentue la paupérisation toujours plus grande des travailleurs par le détournement de la richesse produite vers la rémunération du capital au détriment de la rémunération du travail. Le deuxième effet kiss cool a rendu chaque citoyen responsable d’une dette qu’il n’avait pas souscrite. Les troisième, quatrième et cinquième effets kiss cool augmentent inexorablement le montant de cette dette individuelle. Et enfin, le sixième effet kiss cool engendre, comme je l’ai déjà beaucoup expliqué dans mes mails précédents, des régressions sociales considérables qui rendent la vie de chaque citoyen toujours plus dure.

Là où les prêtres sont très forts, c’est qu’ils arrivent en plus à faire croire aux paroissiens (grâce bien sûr aux messes quotidiennes dispensées par les « vrais medias ») que tout cette régression, toute cette misère, toute cette injustice : « c’est pour votre bien, vous dépensez trop, vous coûtez top cher, vous êtes trop fainéants et assistés, c’était inévitable, on doit tout vous couper, mais, faites-nous confiance, ça ira mieux demain. »

Connerie ! Mensonges ! Propagande !

Il faut dire et répéter que l’augmentation exponentielle de la dette souveraine des états n’est due pratiquement qu’aux intérêts et non pas à des prétendues dépenses somptuaires des états. Beaucoup d’études le montrent. Et cela a commencé bien avant « la crise ». Prenez par exemple cette analyse pour la France qui s’arrête à 2006. On y voit l’augmentation quasi surnaturelle de la dette de la France chaque année. On y découvre par exemple que certaines années, par exemple en 1999, la dette continue d’augmenter, et ce, même lorsque le budget n’est pas en déficit. Cette année-là, le montant des intérêts qui se cumulent fait que la dette a augmenté malgré l’excédent budgétaire.

Laissez-moi le formuler plus simplement : la dette des états augmentent principalement à cause de l’usure pratiquée par les institutions financières.

L’efficacité réelle

Je ne saurais terminer cette histoire sans revenir sur le fait que, comme je l’ai déjà évoqué à maintes reprises, toutes les mesures de la phase 6 imposées adémocratiquement aux peuples européens par la troïka despotique sont totalement inefficaces. Mais attention, j’entends « inefficaces » pour les peuples eux-mêmes. (Sans vouloir reprendre toute l’argumentation de mes mails précédents, je rappelle juste en 2 mots que ces mesures compriment encore plus l’économie réelle, réduisant les rentrées d’argent dans les budgets des états, augmentant leurs déficits, budgétaire et sociaux, et de là, réduisant encore leur faculté à rembourser le service de la dette, alimentant ainsi le cercle vicieux.)

Je vous entends d’ici, moi le NaVi rouge : « mais pourquoi le font-ils alors ? ».

Poser cette question sous-entend que l’on prend comme axiome de base incontournable, comme vérité absolue, comme argent comptant si j’ose dire, que ces gens agissent toujours et en toute circonstances pour le bien des peuples. J’entends déjà le paroissien pratiquant : « Ils ne sont quand même pas complètement stupides, si nous, pauvres citoyens de base, comprenons que ces mesures d’austérité rétrogrades ne vont pas nous sortir de la merde, eux, compétents et puissants comme ils sont, ils devraient également le comprendre. Alors pourquoi nous disent-ils l’inverse ? »

La réponse n’est pas « Ils doivent avoir raison et cela va certainement allez mieux bientôt, d’ailleurs ça va mieux déjà mais je ne le vois pas parce que je suis trop con »  La réponse est toute simple.  En fait, c’est l’axiome de base qui est faux. Leur souci n’est pas le bien-être de leurs peuples.

En revanche, il est exact qu’ils savent très bien ce qu’ils font. Leur politique fonctionne même à merveille, comme sur des roulettes. Elle atteint parfaitement son objectif. Le truc c’est que leur objectif c’est faire toujours plus de plus-value avec leur putain de capital, qu’elles qu’en soient les conséquences (quitte à plonger toujours plus le système, y compris eux-mêmes donc, dans l’abîme, phénomène qu’un certain K.M. appellait la contradiction interne du capitalisme, et qu’un certain Lénine a synthétisé en cette phrase célèbre « les capitalistes vendront jusqu’à la corde pour les pendre »).

Le rêve et l’utopie

Regardons les choses en face.

Pour les institutions financières, à l’origine de tout ce marasme, l’Histoire se déroule exactement comme dans un rêve, le rêve qu’aurait pu avoir l’être cauchemardesque issu de la fusion transgénique d’un Adam Smith, d’un Friedrich Hayek et d’un Milton Friedman. Pour elles, c’est Noël tous les jours. Elles sont encore plus riches, encore plus puissantes. Elles possèdent toujours plus de jouets. Leurs fidèles serviteurs et évangélistes sont toujours à l’ouvrage dans tous les media, anesthésiant toujours plus les cerveaux. La pensé unique se renforce chaque jour. Les mythes qui fondent la religion sont définitivement acceptés. La sainte trinité, « le Marché, la Concurrence libre et non faussée, et la dérégulation, Amen », est adulée. De partout des églises de verre, de marbre et d’acier consacrent son avènement. Le peuple, transformé en dévot béat, accepte sans broncher sa déchéance. La démocratie recule. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Tout hérétique qui ose remettre en question les fondements de la religion est immédiatement et irrémédiablement traité d’utopiste, classé parmi les fous dangereux ne comprenant rien à la mondialisation, parmi les abrutis archaïques, nostalgiques du collectivisme soviétique, parmi les bolchéviques hirsutes et populistes.

Pourtant les solutions justes, sociales, progressistes, modernes et démocratiques sont là, à la portée de tous. Connues, expliquées, chiffrées. Elles sont certes radicales mais réalistes et, somme toute, assez simples à mettre en œuvre. Il s’agit d’accepter le combat, car il s’agit bien d’une opposition frontale entre deux visions du monde.  Le courage de la résistance.  Il ne sert à rien de s’indigner sur une place publique si c’est pour se résigner à la moindre élection venue.

Mais je m’emporte, je m’emporte. J’allais presque reprendre espoir. Désolé pour cette outrecuidance. J’avais oublié. Le Dogme interdit ces solutions-là. Il est même interdit d’en discuter. Ce serait une hérésie. Je dois me repentir et rentrer dans le droit chemin:

« Le Dogme a toujours raison. Donc, il doit bien y avoir une raison pour laquelle il refuse les solutions des hérétiques. Je sais bien que le Dogme existe uniquement pour l’amélioration des conditions de vie de l’être humain. Et moi, je suis raisonnable et non pas utopiste. Merde, c’est pas moi l’utopiste après tout, ce sont ces putains d’hérétiques, les utopistes. C’est le Dogme qui le dit. D’ailleurs, c’est évident. Je la vois cette amélioration de la condition humaine. Partout, tous les jours, elle se répand, nous submerge. Les conditions des êtres humains et l’état de la planète s’améliorent à une cadence folle. »

« Être utopiste, c’est « croire en une conception politique ou sociale purement idéale irréalisable ». Et ben, c’est clairement pas mon cas puisque moi, je crois dans le Dogme et que le Dogme l’a réalisé, cette conception politique et sociale idéale. »

«Je suis un être raisonnable car j’ai la foi dans le Dogme,
Je suis un être raisonnable car j’ai la foi dans le Dogme,
Je suis un être raisonnable car j’ai la foi dans le Dogme. »

Que Le Dogme règne.
Au nom du Marché,
de la Concurrence
et de la Dérégulation,
Amen

ou alors … résistons !

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