7 minutes d’émotion

C’est pas du people, c’est pas de la tv réalité, c’est pas un film hollywoodien, c’est une histoire vraie. Et pour ceux qui aiment Verdi, alors là …

Riccardo Muti fait chanter le «Va pensiero» de Nabucco de Verdi au public du Teatro dell’Opera de Rome.  Nabucco est une œuvre autant musicale que politique qui évoque l’épisode de l’esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés.  En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 – époque où l’opéra fut écrit – était opprimé par l’empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu’à la création de l’Italie unifiée.

Voici ce qui s’est produit en cette fameuse soirée du 12 mars 2011, date anniversaire en Italie du 150ème anniversaire de l’Unité italienne. À cet occasion l’œuvre symbole de l’unification de l’Italie, Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti au Teatro dell’Opera di Roma est donné en présence de Giorgio Napolitano, président de la République italienne et de Silvio Berlusconi, président du Conseil.

A la fin du concert, à l’ambiance tendue, après que les appels pour un « bis » du « Va Pensiero » se soient tus, on entend dans le public : « Longue vie à l’Italie ! ».

Le chef d’orchestre Riccardo Muti prend alors la parole :

« Oui, je suis d’accord avec ça, « Longue vie à l’Italie » mais…

[applaudissements]

« Je n’ai plus 30 ans et j’ai vécu ma vie, mais en tant qu’Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j’ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j’accède à votre demande de bis pour le « Va Pensiero ». Ce n’est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Chœur qui chantait « O mon pays, beau et perdu », j’ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle est bâtie l’histoire de l’Italie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment « belle et perdue ».

[Applaudissements nourris, y compris des artistes sur scène]

« Depuis que règne par ici un « climat italien », moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant que nos donnions du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le Théâtre de la Capitale et avec un chœur qui a chanté magnifiquement et est magnifiquement accompagné, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble. »

C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves.

Pour en savoir plus sur cette soirée ou sur Nabucco de Verdi, voir ici.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s