Bravo M. Onesta, j’vais peut-être m’intéresser au hand, moi

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Pardon si j’en offusque certains, mais j’aime … le foot.  Depuis très longtemps. Je suis né dans une ville où il est difficile d’y échapper (si vous voyez ce que je veux dire).  Et … je n’y ai pas échappé.  Désolé, pas sur la tête ;-)

Mais qu’est-ce qu’elles m’énervent quand même ces quelques stars choyées, dorlotées, adulées, gâtées, pourries du sommet de la pyramide footballistique!  Suite au coup de pub de F. Hollande de taxation à 75% des revenus au-dessus du million d’euros annuels (je persiste à ne pas appeler ça une nouvelle proposition car, venant de celui qui assure à la City qu’il n’est pas « dangereux », je ne crois toujours pas une seule seconde qu’il compte vraiment la mettre en œuvre s’il était élu), le président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez, s’opposait à cette mesure en déclarant craindre «la mort programmée des équipes françaises», une cinquantaine de joueurs concernés pouvant, selon lui, être tentés d’aller exercer leur "art" :-D sous des cieux plus cléments fiscalement:

"Simplement parce que les joueurs de football sont des garçons jeunes, libres, leur patrie c’est l’Europe donc ces joueurs qui seraient ainsi surtaxés en France, quitteraient simplement la France."

Je passe sur le fait que cette réaction montre encore une fois l’impréparation et l’incohérence de l’annonce de F. Hollande.  En effet, rien n’est prévu dans son programme pour lutter contre l’expatriation fiscale.  Pour comparaison, le programme du Front de Gauche, avec sa proposition de revenu maximum à 20 fois le salaire médian, prévoit parallèlement l’instauration en France d’une règle appliquée aujourd’hui même dans beaucoup de pays, y compris aux États-Unis.  Il s’agit de l’imposition des Français résidant à l’étranger de la différence entre l’impôt qu’ils payent dans leur pays de résidence et l’impôt qui aurait été dû en France.  C’est un sujet technique que je laisse de côté pour l’instant pour revenir à nos moutons footballeurs.

Ou plutôt, pour parler de handball.  J’ai découvert avec grand plaisir M. Onesta, sélectionneur de l’équipe de France de handball, qui, dans cette interview accordée à Libération sur ce même sujet, tient des propos magnifiques de citoyen responsable, des propos à relever, à féliciter et à afficher dans les vestiaires de nos footballeux.

Extraits:

"Les revenus baissent, le chômage grimpe, les gens galèrent pour se nourrir, se loger décemment, se soigner. Et on préserverait les plus riches ? Les joueurs de foot ne seraient pas touchés ?"

"L’impôt, c’est un rendez-vous citoyen, des crèches, des écoles : en aucun cas une confiscation ou une sanction. Je répète un truc depuis des années : le sport de haut niveau n’a d’intérêt qu’à partir du moment où l’exemplarité est présente dans le tableau."

"Au lieu de se faire éliminer en quarts de finale, ils se feront peut-être éliminer en huitièmes, pour ce que ça change… Après, cela ne tuera pas le foot. Vous aurez toujours un championnat de Ligue 1, un premier, un dernier, de bonnes audiences télés"

"[au sujet du foot espagnol pris en exemple par le journaliste, ndlr] vous trouvez normal de payer des joueurs des sommes pareilles dans un pays dont 24% de la population active est au chômage ? Un champion ne vit pas dans une bulle. Il est dans la cité."

"[au sujet des sportifs de haut niveau pratiquant des disciplines individuelles, comme le tennis, qui ont déjà choisi l’exil fiscal, ndlr]  Pas de soucis. On ne reste pas dans un pays parce qu’il vous permet de protéger le trésor mais parce qu’on y a des amis, qu’on partage des valeurs avec ceux qui y habitent.  Donc, qu’ils s’en aillent."

Bravo M. Onesta!

Je ne peux m’empêcher de rajouter mentalement le mot "tous" à votre dernière phrase, et nous y sommes, l’Humain d’abord.

Résistance !