Ménage de rentrée

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Je me doute que vous n’en avez pas grand chose à faire … mais ça m’fait plaisir … alors … voilà l’histoire.

Je rentre ce weekend de congés (bien mérités, promis ;-) ) et je tente, comme chaque fois, de refaire un peu mon retard sur l’actualité de l’été. À tout seigneur, tout honneur, je commence bien entendu par les quelques abonnements de presse écrite que j’ai conservés (Le Monde Diplo, Politis et Fakir) et qui attendent donc sagement que je les aère dans ma boite aux lettres.

Et là … paf … le chien, la goutte d’eau, la glissade, la bévue, la bourde, l’article de trop !

Je me jette alors sur mon clavier, bouillonnant intérieurement (mais ça se voit quand même de l’extérieur, croyez-moi) et envoie illico le mail qui suit, que je tenais donc, en toute impudeur, à partager avec vous :

Date :  7 septembre 2014 17:18
À : abonnement@politis.fr

Bonjour,

ne pouvant plus supporter la couverture de la crise Ukrainiaine par Politis depuis plusieurs mois et ne désirant pas continuer à subventionner un (autre) organe de propagande du consortium OTAN-US-UE, c’est avec regret que je vous demande de mettre fin à mon abonnement à Politis le plus tôt possible.

Au cas où cela vous intéresserait (pour vous remettre éventuellement en question), sachez que je m’étais donné l’été comme temps de réflexion. Mais la goutte d’eau a été le dernier petit article de M. Denis Seiffert (que j’apprécie pourtant énormément par ailleurs pour ses analyses politico-économiques) dans le N°1317 intitulé "UKRAINE Poutine poursuit son offensive sur l’est du pays" et qui commence par "Il est aujourd’hui évident que la Russie intervient directement, avec ses chars et ses troupes". Pas de conditionnel, pas de gants, pas de relais des informations et des analyses qui vont à l’encontre de cette affirmation (comme ceci ou cela, exemples parmi tant d’autres de contre-propagande ou de propagande opposée si vous y tenez). Je n’étais pas abonné à Politis pour lire la propagande de M. Obama et ses sbires que je peux entendre et lire n’importe où ailleurs.

Dommage que ce ne soit plus M. Bernard Langlois qui s’occupe de l’international.

Bref, pouvez-vous svp accuser réception de ma requête et m’indiquer quand mon désabonnement sera effectif.

Cordialement,

<ma signature>

Ça m’a apaisé. Finalement, je me suis totalement calmé avec la lecture de l’édito de M. Serge Halimi dans le Monde Diplo. de septembre, "Nouvelle guerre froide".

Je pouvais alors reprendre le boulot.

Bonne rentrée à tous !

Les valeurs que défendent l’Euuuurope … et BHL

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La télé dans l’Ukraine post-Maidan d’aujourd’hui, cette magnifique Ukraine mise en place par l’UE, les USA et … BHL.

D’après l’auteur du post Youtube, il ne s’agit nullement d’un dérapage exceptionnel et l’infect Bogdan Boutkevitch que l’on voit se répandre dans cette interview sans plus aucune humanité, n’aurait encouru, suite à cette éructation de haine placide, aucune poursuite judiciaire, aucune sanction (puisque je vous rappelle que c’est Poutine qu’il faut sanctionner), ni même aucune réaction scandalisée de la bienpensance nouvellement établie en Ukraine (qui n’est pas nazie puisque Laurent Fabius et Caroline Fourest nous l’ont juré-craché-promis-sur-la-tete-dmamère).

À la longue liste d’êtres humains inutiles du régime nazi, mêlant juifs, tziganes, malades psychiatriques, slaves, homosexuels, communistes et tant d’autres, il s’agirait donc d’ajouter urgemment les sous-hommes du Donbass.

L’auteur du post donne également la vidéo originale non coupée pour que les ukrainophones (ce qui n’est pas mon cas) puissent vérifier que les propos n’ont pas été déformés (ce que je n’ai donc malheureusement pas pu faire).

Vol 17 de la Malaysia Airlines: mais laissez leur un peu de temps !

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Pour une fois, je voudrais prendre la défense du régime surréaliste étasunien :-D

Comme vous le savez, dès le jour même du crash du vol Malaysia Airlines 17 tous les officiels US, le président Obama et le sous-président (ah non pardon, on doit dire, le vice président parait-il) Biden en tête, proclamaient disposer, sans même le bénéfice d’une enquête officielle, d’un dossier solide accusant les séparatistes ukrainiens de l’Est et leurs "bailleurs de fonds russes" (ça, c’est pour pour Poutine) d’être responsable.

Poussant toujours plus loin sa "narrative" russophobe, le régime fantoche des états-unis n’a pas résisté plus de quelques heures avant de se laisser aller en désignant aux yeux du monde entier leur véritable coupable, le président russe Vladimir Poutine.

Lors de sa dernière interview dimanche dernier, sur "Meet the Press" de NBC, John Kerry,  le Secrétaire d’État étasunien (un peu comme notre Fabius, un ministre des affaires étranges, mais en étasunien au lieu d’être solférinien, ce qui n’est pas très éloigné, je vous le concède) expose ses sources :

Il y a un empilement de preuves (…) qui pointe la Russie comme responsable.

Il y a plusieurs semaines, un convoi d’environ 150 véhicules, comprenant des transporteurs de troupes blindés, des chars, des lance-roquettes, d’artillerie a été transféré aux séparatistes. Nous savons qu’ils avaient un système SA-11 (système de missile air-sol Buk russe capable de d’intercepter un vol à 10 000 m d’altitude, ndlr) à proximité du site du crash juste quelques heures avant que l’avion ne soit abattu. Il y a des enregistrements dans les médias sociaux de cela.

« Les médias sociaux les montrent en train de … Les médias sociaux montrent des enregistrements d’un … Le ministre de la Défense, soi-disant auto-désigné de la République populaire de Donetsk, M. Igor Strelkov, a publié une déclaration sur les médias sociaux sur …

A en croire les même sources que celles du Secretary of State étasunien (ça en jette, nan? allez-y, dites-le, vous verrez, Secretary of State, avec des cailoux chauds dans la bouche, alors? ça pète, hein?), Lire la suite

Des nouvelles de … la Grèce … entre autres

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Encore un petit billet sur l’international, désolé.

Ça y est. La Crimée a fait son referendum. Un referendum constitutionnellement tout à fait illégal, au moins aussi illégal que le nouveau gouvernement d’Ukraine (qui n’est nazi qu’à 20%-25% [1], ouf, rien de grave donc), ou que la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo en 2008 par exemple, ou que l’occupation expansionniste d’Israël en Palestine, ou évidemment, que l’ensemble des interventions et ingérences étasuniennes de par le monde durant ces 70 dernières années. Que va-t-il se passer maintenant ? Escalade belliciste avec sanctions économiques de "l’Empire du Bien" et contre sanctions de "l’Empire du Mal" (n’oublions pas en effet que s’il y a des FDI, investissements directs étrangers, russes aux USA ou en UE, il y en a également énormément des occidentaux en Russie, tiens je pense soudainement aux titres de dette souveraine en dollars ou en euros détenus par la Russie), accélération du processus de signature du Traité de libre-échange entre UE et Ukraine, balkanisation du pays ? Ah, si seulement l’UE avait accepté en novembre 2013, la demande de la Russie de les inclure dans une négociation tripartite sur les accords de libre-échange de l’Ukraine avec ses voisins au lieu de suivre les va-t-en-guerre OTANiens en soutien des surexcités de Maïdan.

Une chose est sûre. Les médias, perpétuellement à la recherche de sang frais, quitteront bientôt la place Maïdan et la Crimée (qui parle encore de la Syrie?).  Le chef du régime étasunien a réussi à foutre le bordel aux portes de son rival de toujours. Le tsar russe a réussi (ou va réussir) à récupérer la Crimée. L’extrême droite a réussi une nouvelle percée sur la scène "démocratique" européenne. Reste sur le carreau le peuple ukrainien dépossédé de sa légitime révolution. Le peuple ? Pfff, pas assez photogénique. Sauf quand il est en colère comme sur Maïdan ou Tahrir. Le rouge lui va si bien. Le rouge qu’il verse bien sûr, pas le rouge qu’il arbore. La presse aux ordres va maintenant pouvoir se concentrer de manière plus méthodique sur la nouvelle assignation du régime étasunien, la prochaine cible de la pensée officielle, le Venezuela bien sûr. La droite anti-démocratique vénézuélienne ne peut en effet compter que sur un tir de barrage nourri (façon pluie de bombes à la Curtis LeMay) des médias "occidentaux" pour espérer pouvoir reprendre illégalement le pouvoir (faut les comprendre aussi, 18 élections perdues et un coup d’état foiré, ‘sont un peu démoralisé les Kapriles, López et autre Machado). Pour arriver à se ré-accaparer le pouvoir et les richesses du pays sans attendre les prochaines élections, ils ont besoin de leurs brigades internationales de désinformation au meilleur de leur forme et de tout le vocabulaire de la manipulation quotidienne de l’AFP et Reuters (vous savez à base de "manifestation pacifique", "intensification du mouvement", "raz-le-bol populaire", "répression policière", "dictature", "régime totalitaire"), et pour ce qui nous concerne plus directement, de nos plus brillants artilleurs de la démocratie à vitesse variable, les Christophe Barbier, Jean-Pierre Elkabbach, Jean-Michel Aphatie, Nicolas Domenach, Renaud Dély, Yves Thréard, Jean Quatremer, Laurent Joffrin, Daniel Cohn-Bendit, Claire Chazal et Laurent Delahousse, j’en passe et des meilleurs. Aux abris [2], le pilonnage va commencer.

Mais je me laisse emporter … Le but de ce billet était juste en fait de vous faire part d’une petite info concernant … la Grèce. Lire la suite

Maidanleaks

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Puisque les journaux de désinformation nationaux ont choisi de ne pas en parler, voici donc [une partie de] la fameuse (pour ceux qui se baladent sur Internet ;-) ) conversation téléphonique fuitée entre Catherine Ashton, représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, et Urmas Paet, ministre estonien des Affaires étrangères.

Cet enregistrement est naturellement bien moins important, je vous le concède, que ceux de N. Sarkozy effectués par P. Buisson dans lesquels on apprend … ben, rien en fait (j’ai ma théorie la-dessus, mais je vous en parlerai peut-être un jour prochain).

Non, cette conversation rapporte juste :-D que, selon une personnalité ukrainienne qui ne peut clairement pas être suspectée d’être un sous-marin pro-russe*, le médecin Olga Bogomolets, ce sont les mêmes snipers qui tiraient sur les deux camps sur la place Maidan à Kiev, sur les insurgés et sur les policiers.  Ce qui expliquerait, selon Urmas Paet de retour de Maidan, pourquoi la nouvelle coalition au pouvoir se refuse à lancer des enquêtes sur ces événements tragiques.

BHL, DCB, vous en pensez quoi ?

* Olga Bogomolets a fait partie des activistes de Maidan dès le début.  Elle encourageait les étudiants à prendre part aux protestions EuroMaidan dès novembre 2013. Elle est actuellement Cordinateur médical pour le mouvement d’opposition sur Maidan.  Ses couleurs Ukrainiennes pro union européenne sont affichées sur tout son site web (coin supérieur gauche).  Le 27 février, elle refusait un poste dans le nouveau "gouvernement" pour continuer de travailler pour le peuple de Maidan :

Tonight I, Olga Bohomolets, refused an offer to hold a post of the Deputy Prime Minister of Ukraine for Humanitarian Affairs in the new government. I inform everyone that I will continue working for the people on Ukrainian Maidans to support the unity of our country as much as possible.

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Le Parlement des invisibles, "C’est très chouette" (sic)

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On commençait à s’inquiéter (si, si, vous aussi, j’espère).

L’impatience grandissait. Sept mois sans aucune parution sur la pompe à phynance.  Enfin, c’est fait, Frédéric Lordon est de retour.  Avec un billet décapant sur l’initiative de Pierre Rosanvallon, bien entendu immédiatement saluée (l’initiative, pas le billet, d’où le e, faut suivre les gars) de manière unanime par tous les médias "courant-principal" (effort de Toubonisation, louable, reconnaissez-le, vis-à-vis de l’angliciste mainstream), l’initiative, disais-je, de fonder un "Parlement des invisibles".

Même si l’exercice est particulièrement ardu lorsqu’il s’agit d’articles, toujours très denses, de M. Lordon, il me semble néanmoins indispensable d’essayer de résumer ce dernier opus de mon économiste atterré préféré, tant son alambic télépathique est parvenu, encore une fois, à distiller de manière parfaitement limpide l’essence même de ce qui macère confusément dans ma propre petite tête.  Avant de commencer, plantons rapidement le décors.  Il ne s’agit bien sûr pas ici du "parlement des invisibles" évoqué par La Pen lors de la campagne présidentielle de 2012. Non, le parlement de M. Rosanvallon consiste à raconter la vie, et éventuellement les souffrances, des simples Français "invisibles" (loin de moi l’envie de défendre la blonde brune mais faut bien reconnaitre que, exception faite que cette nouvelle initiative est aujourd’hui lancée par un prédicateur émérite du Dogme, il s’agit exactement de la même chose). Le projet se décline donc en un site participatif et une collection de livres.  Dont celui de Pierre Rosanvallon himself (au diable Toubon), évidemment.  Précisons rapidement également (mais ceci a son importance pour la bonne compréhension du billet de M. Lordon) que Pierre Rosanvallon, historien et professeur au Collège de France, est le fondateur de la Fondation Saint-Simon, creuset, jusqu’à très récemment, de la pensée unique et fervent défenseur du capitalisme néolibéral comme horizon indépassable pour l’humanité.

Si vous avez le temps, allez lire l’article.  Sinon, vous pouvez tenter l’ersatz de résumé qui suit.  Bonne chance !  Allons-y.  L’article de M. Lordon débute ainsi:

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