315 petits milliards, Juncker, Lenglet et moi et moi et moi

Putain que c’est dur de reprendre le clavier.  J’ai les doigts tout rouillés.  Et mon neurone ankylosé.

Allons-y donc doucement, si vous le voulez bien.  Juste pour me remettre en bras, voici un (tout petit) mot sur un sujet dont j’avais pourtant décidé de ne pas parler.  Et je n’avais pas envie d’en parler, ben parce que … tout le monde s’en fout (ou presque), tout simplement.  C’est comme le réchauffement climatique.  Tout le monde s’en tape (ou pire, considère qu’il s’agit d’une arnaque et qu’on ferait mieux de s’engouffrer corps et âmes dans l’enfer carbonique des pétroles et gaz de schistes).  Les rêves humides de 19ème siècle de Gattaz et sa clique de patrons opprimés qui veulent « libérer l’entreprise » ?  Tout le mon s’en cogne (voire, trouve ça moderne).  La réécriture délirante par l’Usotanue* de la situation en Ukraine et la propagande va-t-en-guerre colportée par ses cerfs médiatiques ?  Tout le monde s’en bat (et puis dans le doute, suivons les gentils étasuniens puisqu’ils sont gentils, eux au moins).  Et ainsi de suite.  Une fois écartés tous les sujets dont tout le monde se fout … ben … il ne me reste plus grand chose à dire, finalement.  Faudrait que j’arrive à m’intéresser à la dernière émission télé à la mode, c’est quoi déjà, ah oui, Le Mur des Graines de Top Chef Pâtissiers en Colère en Cuisine (le MGTCPCC).

Bref, en attendant un billet sur le MGTCPCC, venons-en à mon sujet du jour.  En fait, il s’agit d’un chiffre, 315.  Les fameux 315 milliards d’euros du non moins fameux Plan d’investissement de Juncker annoncé à grands renforts de communication en fin de semaine dernière.  Mais oui, vous savez bien, tout le monde en a parlé, des étoiles plein les yeux et des hormones plein les glandes :

(Vade retro Google !)

Selon le tout frais président de la Commission européenne, Juncker 1er lui-même, successeur de Barroso le terrible, il s’agit d’une

« nouvelle initiative majeure pour relancer la croissance et l’emploi en Europe. »

Le plan, le voici.  Je l’avais parcouru il y a quelques jours, dès sa sortie en fait (ben oui, c’est pas parce qu’on ne poste plus qu’on ne peut pas rester informé, ou, dit autrement, c’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa cervelle), et y avais immédiatement décelé les monumentales entourloupes que toute personne qui suit à peu près régulièrement ces sujets économiques européens ne pouvaient s’empêcher de repérer également.  Les ficelles étaient tellement grosses que je ne pensais vraiment pas qu’un « décryptage » soit nécessaire.  Bien sûr, je n’allais pas jusqu’à benoitement m’imaginer qu’un Poujadas ou que Libé ou Le Monde n’en décrypte quoi que ce soit au delà de l’écume de la surface marketing publicisée.

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Budget 2015 de Hollande et Valls, quelques commentaires sur l’austérité

Pas d’inquiétude.

Les commentaires qui suivent ne sont pas de moi. Tout le monde sait que je suis un immonde rouge dégénéré, un crétin obtus, une brute bornée fort peu avertie des choses de l’économie. Ce que je pourrais dire ne saurait donc avoir une quelconque portée.

En revanche, qui, selon vous, a pu dire ce qui suit. Mélenchon ? Besancenot ? Tsipras ? Lisez et vous saurez.

« Si les faits ne correspondent pas à la théorie, il faut changer la théorie », dit le vieil adage. Mais trop souvent, il est plus facile de garder la théorie et de changer les faits, comme la chancelière allemande Angela Merkel et d’autres dirigeants européens pro-austérité semblent le croire. Bien que les faits s’imposent à eux, ils continuent de nier la réalité. (…)

L’austérité a échoué. (…)

L’austérité a été un désastre total et absolu, qui est devenu de plus en plus évident. Même dans les économies les plus performantes, comme l’Allemagne, la croissance depuis la crise de 2008 a été si lente que, dans toute autre circonstance, elle serait classée comme mauvaise. (…)

Les pays les plus touchés sont en dépression. Il n’y a pas d’autre mot pour décrire une économie comme celle de l’Espagne ou de la Grèce. (…)

Pendant ce temps, l’Allemagne oblige les autres pays à suivre des politiques qui affaiblissent leurs économies – et leurs démocraties. (…)

La France a en effet voté pour changer de cap il y a trois ans. Au lieu de cela, les électeurs ont reçu une nouvelle dose d’austérité pro-entreprise. L’une des propositions les plus anciennes dans l’économie est le « multiplicateur de budget équilibré » – l’augmentation simultanée des impôts et des dépenses de l’État en tandem stimule l’économie. Si les impôts ciblent les riches et si les dépenses ciblent les pauvres, le multiplicateur peut être particulièrement élevé. Mais le gouvernement soi-disant socialiste (sic) de la France réduit les impôts des entreprises et coupe dans les dépenses – une recette qui garantit inévitablement l’affaiblissement de l’économie mais une recette qui permet de s’attirer les éloges de l’Allemagne. (…)

L’espoir est que les réductions d’impôts sur les sociétés stimuleront l’investissement. C’est une pure absurdité. Qu’est-ce qui retient l’investissement (à la fois aux États-Unis et en Europe) ? C’est l’absence de demande, et non pas des impôts élevés. En effet, étant donné que la plus grosse partie des investissements est financée par la dette et que les paiements d’intérêts sont déductibles de l’impôt, le niveau d’imposition des sociétés a peu d’effet sur ​​l’investissement. (…)

[Un autre exemple d’absurdité est] la privatisation des retraites. Elle a toujours coûté chère dans les pays qui ont tenté l’expérience. Le système de soins de santé en grande partie privatisé des USA est le moins efficace dans le monde. Ce sont des questions difficiles, mais il est facile de montrer que la vente à bas prix d’actifs appartenant à l’État n’est pas un bon moyen d’améliorer la solidité financière à long terme. (…)

Toutes les souffrances en Europe – infligées au nom d’un artifice, l’euro – est encore plus tragique quand on sait qu’elles sont inutiles. Bien que les éléments de preuve que l’austérité ne fonctionne pas continuent de s’accumuler, l’Allemagne et les autres faucons doublent sans cesse la mise en pariant l’avenir de l’Europe sur une théorie discréditée depuis très longtemps.

Alors, vous avez trouvé ?

C’est un économiste, un prix Nobel d’économie même. Bon, vous me direz, cela ne présage pour autant aucun talent particulier dans le domaine. Le criminel de guerre Obama est bien Prix Nobel de la paix, nan ? Et vous aurez raison. Mais bon, ça en jette toujours !

C’était Joseph E. Stiglitz, un professeur d’économie à l’Université Columbia, aux USA, donc très loin du bolchévisme échevelé qui s’exprimait dans The Guardian, un journal anglo-saxon pas marxiste pour un sous.  Stiglitz est un adepte (tendance molle) du keynésianisme , fondateur même du « nouveau keynésianisme » (c’est dire !). Il jouit d’une grande notoriété suite à ses violentes (mais légitimes et fondées) critiques du FMI et de la Banque mondiale, alors qu’il a été lui-même économiste en chef dans cette même Banque mondiale jusqu’en 2000.

Rien à ajouter ou à retrancher de cette article. Comme quoi finalement, j’suis p’têtre pas si rouge que ça. Merde les gars, je me rosis ! Vite mes pilules !

Autodérision rafraichissante et informative

Une chaine de média mainstream allemande, la ZDF, qui déconstruit, avec un humour fort efficace, la propagande russophobe va-t-en-guerriste des médias occidentaux (dont elle fait elle même partie, donc) sur la crise en Ukraine ! Les (quelques rares) résistants au grand lavage de cerveau otanesque sont aujourd’hui … en Allemagne. Bravo messieurs.

Voilà un modèle allemand que l’on devrait suivre, à l’inverse de son modèle économique bien sûr, hein Monsieur Doze !

Dettes publiques : mémoire du pouvoir et impunité

Eduardo Galeano, écrivain uruguayen, écrivait en août 1997 (son très bel article, Les braises de la mémoire, vient de reparaitre dans le « Manière de voir », le bimensuel de Monde Diplo, d’Octobre/Novembre 2014) :

« La mémoire du pouvoir ne se souvient pas : elle absout. Elle reconnaît la perpétuation des privilèges par héritage, permet aux oppresseurs de jouir de l’impunité des crimes qu’ils commettent, et trouve des alibis à leur discours qui déguise la vérité avec une admirable sincérité. »

Encore une preuve de cette terrible vérité hier soir avec notre oppresseur local, j’ai nommé le monarque républicain hexagonal du moment, descendant d’une longue lignée de monarques républicains hexagonaux de droite (c’est à dire qui privilégient les intérêts du capital au détriment de ceux du travail, je précise ça pour mes très bons amis Vincent et Malo qui n’aiment pas trop les étiquettes, m’ont-ils récemment déclaré). Hollande 1er, à son pupitre, devant le parterre bigarré traditionnel de lèche-cul (ou de faire-valoir pour être moins injurieux) se prétendant journalistes et se croyant de surcroit fort piquants, débite son propos liminaire (avant les questions cinglantes :-D ) pleinement conscient de sa totale impunité future face à l’histoire. Un discours d’une vingtaine de pages mêlant comme il est d’usage poncifs, banalités, vœux pieux et platitudes, sauce fadasse relevée par endroits de quelques beaux morceaux de mensonges, boniments, charlataneries et affabulations.

Avant d’en venir à mon sujet, accordez-moi un bref détour par la VIème république, la nécessité d’une VIème république. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve totalement insupportable d’entendre qui que ce soit se prendre pour … la France. C’est bien entendu encore plus visible dans un régime présidentiel comme le nôtre, ou comme sous le régime terroriste (qui répand la terreur) étasunien. Et ça n’a rien à voir avec la personne de Hollande (même si sa personnalité amplifie le phénomène, il est vrai). Ce serait n’importe qui d’autre, ce serait la même chose. Tenez, par exemple, lisez-ceci :

Le gars, y’croit réellement qu’il est la France ! Écoutez encore :

Le mec, il est élu pour mettre en place un vague programme de 60 points, et le voilà qu’il décide seul dans son coin d’aller faire le mariole aux quatre coins du monde et ce, au nom de la France, c’est à dire au nom des Français, en notre nom à tous, en mon nom propre, putain de merde ! Alors, certes il a été élu, et certes avec plus de 60 millions de Français on ne coupe pas à une certaine représentativité, une certaine délégation de pouvoirs, mais au moins que ce soit un collège de représentants du peuple (par exemple une Assemblée Nationale, voilà une putain d’idée qu’elle est originale ;-) ) qui prennent les décisions au nom de la France et non pas un monarque, quel qu’il soit, aussi brillant croie-t-il qu’il soit, qu’il s’appelle Louis, Charles ou François. Vivement une nouvelle règle du jeu !

Bref, venons-en à l’impunité.

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Les valeurs que défendent l’Euuuurope … et BHL


La télé dans l’Ukraine post-Maidan d’aujourd’hui, cette magnifique Ukraine mise en place par l’UE, les USA et … BHL.

D’après l’auteur du post Youtube, il ne s’agit nullement d’un dérapage exceptionnel et l’infect Bogdan Boutkevitch que l’on voit se répandre dans cette interview sans plus aucune humanité, n’aurait encouru, suite à cette éructation de haine placide, aucune poursuite judiciaire, aucune sanction (puisque je vous rappelle que c’est Poutine qu’il faut sanctionner), ni même aucune réaction scandalisée de la bienpensance nouvellement établie en Ukraine (qui n’est pas nazie puisque Laurent Fabius et Caroline Fourest nous l’ont juré-craché-promis-sur-la-tete-dmamère).

À la longue liste d’êtres humains inutiles du régime nazi, mêlant juifs, tziganes, malades psychiatriques, slaves, homosexuels, communistes et tant d’autres, il s’agirait donc d’ajouter urgemment les sous-hommes du Donbass.

L’auteur du post donne également la vidéo originale non coupée pour que les ukrainophones (ce qui n’est pas mon cas) puissent vérifier que les propos n’ont pas été déformés (ce que je n’ai donc malheureusement pas pu faire).

Deutsche Qualität


Écoutez donc Sahra Wagenknecht au Parlement Allemand ! Docteur Sahra Wagenknecht. Une parfaite synthèse en à peine un quart d’heure de la crise dans l’UE et de la guerre en Ukraine. Sans surprise, pour avoir l’esprit aussi clair, elle appartient à Die Linke, le Front de Gauche allemand.

Bravo Madame ! Et quel magnifique rouge, ce chemisier !

Regardez en parallèle cette pitoyable grosse conne de Merkel qui fait ostensiblement son courrier pendant l’intervention pour bien afficher son mépris de classe !

(Désolé, vidéo compréhensible uniquement par ceux qui entendent l’allemand parlé ou qui lisent l’anglais écrit en sous-titres – je traduirai peut-être un jour dès que j’aurai 1 heure)

Les 10 meilleures raisons pour justifier les (nouvelles) sanctions contre Poutine


Poursuivant toujours impeccablement le plan Brzezinski, le roi de l’Obamonde (qui restera probablement dans l’Histoire comme le premier prix Nobel de la paix à vouloir déclencher une guerre mondiale), entouré de sa petite cour de petits importants décérébrés, a donc décidé un nouveau train de sanctions contre la Russie en général et Poutine plus particulièrement.

Pour faire bonne mesure, en parallèle, trois petits vieillards de la caste des dominants, nostalgiques de Reagan et secrètement amoureux depuis toujours de la-fort-heureusement–morte Margaret Thatcher, ont quant à eux condamné la Russie en général et Poutine en particulier à payer 50 milliards de dollars d’indemnisation dans l’affaire Ioukos, pour spoliation d’oligarques mafieux appartenant au même clan qu’eux (celui des maitres du monde). C’est le plus gros jugement arbitral de tous les temps et une répétition générale en costumes de ce que seront demain, après la mise en œuvre du TTIP (ou GMT, ou TAFTA), les condamnations d’États souverains dans le cadre du règlement des différends les opposant à des multinationales et des actionnaires avides.

Alors pourquoi tant de mensonges, de haine et d’irresponsabilité ?

Voici le top 10 des meilleurs arguments qui justifient la mise en œuvre de sanctions contre les Russes en général et Poutine en particulier.

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