Je vagabondais sur le Net à la recherche de … et puis cela ne vous regarde pas
… quand je suis tombé par hasard sur cet article du Dr. Robert Zaretsky, professeur à l’université de Houston, Texas, États-Zunis, paru sur le site du Courrier International. Son titre, "Stéphane Hessel face aux nouveaux populistes européens", m’a immédiatement interpelé. Une sorte de sixième sens. Je l’ai donc lu. Et là, paf … le chien. J’ai vérifié l’article dans sa version originale, en langue yankee, sur le site de The Atlantic. Il s’avère que l’article du Courrier International a été expurgé de tout le milieu de l’article original dans lequel l’auteur trace le parcours de M. Hessel. Mais l’introduction et la conclusion du texte original sont traduites fidèlement et ne dénaturent pas la pensée de l’auteur.
Je me suis donc fendu du commentaire suivant en réponse à l’article en question. Commentaire qui n’apparaît toujours pas … hum … Dire que j’ai dû spécialement créer un compte sur le site du Courrier International pour pouvoir laisser ce commentaire, c’est tout de même frustrant s’il n’est finalement jamais posté. Bref.
Monsieur, votre article fait montre, au mieux, d’une affligeante méconnaissance des sujets que vous abordez (avec cet aplomb assuré que seuls les incompétents arborent en permanence), ou au pire, d’une perfide volonté de propagande en faveur du statu quo politique et économique mondial (celui-là même que M. Hessel dénonçait à l’envi).
Prenant en considération votre localisation géographique supposée, corroborée par le titre de la rubrique, « Vu des États-Unis », je veux bien vous donner le bénéfice du doute, et imputer ce tissus d’inepties au compte de votre ignorance. Peut-être en effet que « vu des États-Unis », c’est finalement beaucoup trop loin pour voir quoi que ce soit.
D’un autre côté, prenant en considération cette même localisation géographique supposée, je serais plutôt enclin à douter de votre bonne foi intellectuelle. En fin de compte, on ne vit probablement pas au pays des Bush impunément. Cela laisse nécessairement des traces. Et cet article en est une assurément.
Car derrière le prétexte d’un hommage au courage d’indignation de M. Hessel, votre dessein est évidemment de tenter d’amalgamer au sein d’un même « phénomène paneuropéen » des programmes politiques de gauche (de vraie gauche) à des mouvements protestataires éphémères, des formations populistes révoltées et des partis d’extrême droite classiques en utilisant la technique éprouvée qui consiste à tous les accoler dans une même phrase (ce que vous faites à plusieurs reprise dans votre article) et à laisser le subconscient de chacun consolider le tout en un seul et même ciment nauséabond.
Alors regardons dans le détail.
D’abord la chronologie des évènements. Vous dites
« Depuis [la parution de l'opuscule de M. Hessel, Indignez-vous], dans toute l’Europe, du parti Syriza en Grèce, au Front de gauche en France et, bien entendu, à Occupy Wall Street aux Etats-Unis, des mouvements politiques comme celui des grillini ont repris le flambeau de l’indignation ».
Il vous reste à apprendre que, au moins concernant le Parti de Gauche, membre fondateur du Front de Gauche, la seule formation parmi celles que vous citez que je connais suffisamment pour m’autoriser cette mise au point, les choses se sont plutôt passées dans l’autre sens, comme l’attestent la quantité extraordinaire d’ouvrages et d’articles de M. Mélenchon, le fondateur du Parti de Gauche, parus bien avant la fin 2010, et qui traitent des mêmes sujets qui ont indigné M. Hessel en Décembre 2010. À une différence près. Outre l’indignation légitime, vous y trouverez également des propositions de solution. Si je faisais donc preuve de la même malhonnêteté intellectuelle que vous, et du même manque inculte de respect envers M. Hessel que vous, envers les membres (ou sympathisants) de la vraie gauche, je pourrais même prétendre que c’est M. Hessel qui a « repris le flambeau de l’indignation ».
Sur le fond maintenant. Lire la suite


Allez, je vais tenter d’aller jusqu’au bout de ce que j’ai à dire. Sans trembler. Sans reculer. Sans renoncer. Le fait de le coucher sur le papier, ou sur l’écran de mon ordi, me permettra de mieux structurer mon raisonnement et de là, de valider ma décision. C’est également une manière de m’auto-contraindre. Une fois écrit, comment pourrais-je en effet me renier? Je suis conscient que les élucubrations personnelles qui suivent peuvent ne pas intéresser grand monde. Je ne m’offusquerai donc pas si certains préfèrent retourner au passionnant grand-débat-d-entre-les-deux-tours, comme il est maintenant convenu de nommer le rituel qui se tient en ce moment même sur l’autel cathodique, devant des millions de télé-fidèles. Pourquoi le premier candidat a-t-il choisi une cravate de couleur bleue marine et pourquoi l’autre en a-t-il plutôt choisie une de couleur … bleue marine, est-ce que les fauteuils dans lesquels trônent et pérorent nos 2 impétrants étaient à la bonne hauteur, est-ce que la température était plutôt proche de 19° ou plutôt de 20°, quelle petite phrase assassine et savamment préparée marquera l’histoire de ce cru 2012, … Voilà les questions de fond sur lesquelles plancheront ensuite les politologues et communicants avertis (mais y a-t-il une différence?) qui pullulent dans notre presse, écrite et audiovisuelle, afin de nous éclairer le chemin vers la lumière de la décision. Ils appellent ça un "décryptage".