Transe révolutionnaire


C’est en ces mots qu’un certain Jean-Marc Le Scouarnec a visiblement voulu déprécier, sur le site de La Dépèche, la tournée actuelle de Damien Saez, le Miami Tour.  Il ne fait aucun doute que ce monsieur s’était égaré.  Sûrement, croyait-il s’être enrôlé pour suivre, les mains sagement posées sur sa gabardine pliée sur les genoux, un concert de Michel Sardou en duo avec Dorothée.  Son "article" étant daté du 30 mars, je suppose qu’il a assisté au concert de la veille, au Zénith de Toulouse.

J’étais pour ma part, hier, le 19 avril, à celui du Zénith de Paris.

Et, vous savez quoi?  J’accepte, que dis-je, je reprends totalement à mon compte cette expression.  Mais dans ma bouche, bien sûr, elle prend une toute autre connotation.  Comment dire?  Beaucoup moins réac!

Une transe révolutionnaire!  C’est exactement ce que j’ai senti.  Plus de 3 heures (au moins 3 heures 1/4 sans compter l’entracte de 20 mns bien sûr), de rage crue, de rock dru, de poésie hurlante, de guitares saturées, de mots puissants, de percus entêtantes, de désespoir insurrectionnel, de poing levé … sans la culotte baissée (pour ceux qui connaissent ;-) ).

Entre autre cadeau, une version de plus d’un quart d’heure de "Ma petite couturière" enrichie d’un cri de colère ravageur dont une transcription est donnée en fin de billet:


(cette version est celle du 18/04 mais on a eu la même chose, en mieux ;-) , hier)

C’était juste énorme.  Juger plutôt.  Vingt six morceaux!  Et attention, les chansons de Saez c’est pas du pré-formaté à 2m45 par morceau.  Pour ceux qui ne connaissent pas bien cet artiste hors norme et sa discographie, sachez que c’est plutôt du genre 5 à 8 minutes par chanson.  Dans la version album!  Alors imaginez la version live!  Ben, c’est plus de trois heures, c’est tout.

  1. Quais de Seine
  2. Tango
  3. Marie
  4. Elle était profonde
  5. Pour y voir
  6. Betty
  7. Les printemps – J’hallucine
  8. Fin des mondes
  9. Miami
  10. Mix
  11. Le roi
  12. Pilule
  13. Cigarette – Voici la mort – Massoud
  14. J’accuse
  15. Into the wild
  16. Rochechouart
  17. Marie ou Marilyn
  18. Fils de France
  19. Ma petite couturière – Les anarchitectures 2 – Embrasons-nous
  20. Marguerite
  21. Putains vous m’aurez plus
  22. Tricycle jaune
  23. On a pas la thune
  24. J’veux qu’on baise sur ma tombe
  25. Tu y crois
  26. Châtillon-sur-Seine

Un petit conseil à La Dépèche: la prochaine fois, envoyez plutôt Jean-Marc à un concert de Von Karayan.  Ah, il est mort?  Bon, ben, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Un dernier mot: merci Aurélie pour ce magnifique cadeau!

Un dernier dernier mot ;-) : merci Aurélie (ouais, encore elle!) pour la transcription du texte ajouté par Damien Saez au milieu de "Ma petite couturière":

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Par SimplyLeft Posté dans Divers Tagué

Bernard Arnault ou la lutte des classes pour les nuls N°2


Hé, m’sieur Cahuzac, z’êtes toujours là ?

Parfait, alors continuons.  Euh … d’ailleurs, j’y pense, les autres, vous pouvez lire aussi ;-) .

Voici un nouvel épisode haletant de notre série sur la lutte des classes, à laquelle les "socialistes" modernes ne croient donc pas :-D (imaginez des évêques de la Très Sainte Église Catholique et Apostolique qui ne croient pas en Jésus-Christ-Notre-Seigneur-amen, ou des p’tits gars du Front National qui ne croient pas au xénopho-antisémi-islamopho-homopho-racisme, franchement, mais que fait la police !).

Il s’agit d’un dossier spécial, réalisé par François Ruffin (encore) pour le journal Fakir, le "journal fâché avec tout le monde, ou presque", sur Bernard Arnault, le prédateur du Nord.  Le dossier est paru en fin d’année dernière, mais puisqu’il n’a évidemment eu que très peu d’échos dans les médias mainstream de la bienpensance autorisée (c’est à dire, de manière moins euphémisante, aucun écho du tout, à ma connaissance), je me permets de le remettre sur le devant de mon humble scène afin d’illustrer avec un nouvel exemple concret ce qu’est la lutte des classes, prétendument inexistante pour Cahuzac, et pourtant menée de main de fer par les tenants du grand capital.

Voici, avec l’autorisation et même les encouragements de la rédaction, une synthèse vidéo de cette enquête.  Espérons que ceci incitera ceux qui le peuvent à s’abonner à ce journal qui, avec quelques rares autres, résiste encore et toujours à l’envahisseur néolibéral.  La lecture régulière de tels journaux représente un traitement préventif (voire curatif dans certains cas peu avancés) très efficace contre la lobotomie virale criminellement propagée par les chiens de garde omniprésents.

Et pour ceux qui préfèrent lire que regarder une vidéo (non, sans déc, ça existe encore ce genre d’hurluberlus anachroniques ;-) de nos jours ?), je m’en vais de ce pas alerte mettre les points sur les i.

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Les Grecs choisissent la sortie de l’Euro


Après quelques heures pour digérer (brrrrp, pardon, c’est pas complètement passé encore), je me suis finalement persuadé qu’il fallait tout de même en dire un petit mot.  Je veux bien sûr parler de ça:

Les élections législatives du 17 juin 2012 en Grèce !

Grâce À cause du bonus des 50 sièges accordés au vainqueur, le parti de droite Nouvelle Démocratie (ND) aura 128 sièges (sur 300).  Et tout porte à croire, à l’heure où je dégueule ces quelques lignes,  qu’il trouvera même le moyen de s’allier aux restes du Parti socialiste (12% des voix, 33 sièges) pour obtenir la majorité absolue (151 sièges) afin de former un gouvernement pro-mémorandum, comme ils disent, c’est à dire, un gouvernement favorable aux plans d’austérité imposés par la troïka (Europe, BCE, FMI).

Il est indéniable que ce scrutin a été travesti sous les oripeaux d’un référendum sur le maintien du pays dans la zone euro.   Pur montage mensonger, puisque Syrisa est également fermement attaché à l’Euro, et même, probablement, plus encore que les autres formations politiques (mais j’anticipe mes conclusions, un peu de patience).  Lire la suite

Frissons garantis, même si vous n’y étiez pas


Vidéo filmée depuis le haut de l’Opéra, une vidéo de Charlie Hebdo.

Les 2 plus grands chants révolutionnaires, l’Internationale et la Marseillaise, chantés par plus de 120 000 personnes à la fin du discours de Jean-Luc Mélenchon, le 18 mars à la Bastille.

Oui, parce que, n’en déplaise aux incultes réactionnaires de droite, la Marseillaise a toujours été et est toujours resté depuis sa création un grand chant révolutionnaire de la gauche internationale, connue et chantée dans le monde entier.

Juste un exemple pris dans un livre dont je vous ai déjà parlé, un roman qui vous prend aux tripes ;-) , LA JUNGLE de Upton Sinclair paru en 1906.  Sa parution provoqua un scandale sans précédent : Upton Sinclair y dévoile l’horreur de la condition ouvrière dans les abattoirs de Chicago aux mains des trusts de la viande.  La Jungle fut très vite traduit en dix-sept langues tandis qu’Upton Sinclair, poursuivi par les menaces et les promesses des cartels mais porté par le mécontentement populaire, était reçu à la Maison-Blanche par le président Theodore Roosevelt.  Une enquête fut ordonnée, l’exactitude des critiques de Sinclair confirmée. Une vague de réformes épura les abattoirs et l’industrie alimentaire; elle s’étendit bientôt à la vie économique tout entière. Les révélations d’Upton Sinclair, son habileté à dénoncer la misère ouvrière et l’absence de contrôle sanitaire ne suffisent pas à expliquer le retentissement international de La Jungle.  C’est que ce livre a une force d’évocation, une puissance de conviction, un souffle enfin, qui transforment le message humanitaire en épopée. La Jungle est le plus spontané, le plus vigoureux, le plus engagé des romans à thèse.

Voici donc un extrait du Chapitre 29.  Je rappelle que l’histoire se passe aux USA, à Chicago pour être précis, en 1906, époque où il existait encore une gauche dans ce pays.  Il s’agit du moment où le héros, Jurgis, qui vient d’assister à son premier meeting politique, se libère enfin de son oppression et s’engage dans la voie du militantisme de gauche.

"Sur l’estrade, l’orateur avait regagné son siège.  Jurgis comprit tout à coup que le discours était terminé.  Quand, au bout de plusieurs minutes, les applaudissements eurent cessé, quelqu’un entonna un hymne que toute l’assistance reprit en chœur avec une ferveur qui fit vibrer les murs de la salle.  Jurgis n’avait jamais entendu ce chant et n’en comprenait pas les paroles, mais la force sauvage de la mélodie le subjugua: c’était La Marseillaise!  Il resta assis, les mains jointes, les nerfs à vif, pendant que l’audience s’époumonait, couplet après couplet.  Jamais de sa vie il n’avait été aussi ému.  Un miracle s’accomplissait en lui.  Il était trop abasourdi pour pouvoir penser.  Il savait pourtant que le bouleversement phénoménal qui s’était produit dans son âme avait fait de lui un autre homme, l’avait délivré de l’anéantissement, arraché à l’emprise du désespoir.  Le monde entier s’était transformé à ses yeux.  Il était un homme libre, oui, libre. (…)  Il ne serait plus le jouet des circonstances; il serait résolu, tendu vers un objectif.  Il combattrait pour une cause et mourrait pour elle s’il le fallait!  Des camarades étaient là pour l’aider et lui montrer la voie.  Il allait avoir des amis, des alliés, avec qui coopérer à l’œuvre de justice et, main dans la main, marcher vers le pouvoir."

Je rappelle que j’avais posté quelques photos de ma prise de la Bastille, le lendemain même, dans mon billet "Le bruit et la fureur de retour à la Bastille".

Et en bonus, voici les paroles de ces 2 chants mythiques.

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Bravo M. Onesta, j’vais peut-être m’intéresser au hand, moi


Pardon si j’en offusque certains, mais j’aime … le foot.  Depuis très longtemps. Je suis né dans une ville où il est difficile d’y échapper (si vous voyez ce que je veux dire).  Et … je n’y ai pas échappé.  Désolé, pas sur la tête ;-)

Mais qu’est-ce qu’elles m’énervent quand même ces quelques stars choyées, dorlotées, adulées, gâtées, pourries du sommet de la pyramide footballistique!  Suite au coup de pub de F. Hollande de taxation à 75% des revenus au-dessus du million d’euros annuels (je persiste à ne pas appeler ça une nouvelle proposition car, venant de celui qui assure à la City qu’il n’est pas « dangereux », je ne crois toujours pas une seule seconde qu’il compte vraiment la mettre en œuvre s’il était élu), le président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez, s’opposait à cette mesure en déclarant craindre «la mort programmée des équipes françaises», une cinquantaine de joueurs concernés pouvant, selon lui, être tentés d’aller exercer leur "art" :-D sous des cieux plus cléments fiscalement:

"Simplement parce que les joueurs de football sont des garçons jeunes, libres, leur patrie c’est l’Europe donc ces joueurs qui seraient ainsi surtaxés en France, quitteraient simplement la France."

Je passe sur le fait que cette réaction montre encore une fois l’impréparation et l’incohérence de l’annonce de F. Hollande.  En effet, rien n’est prévu dans son programme pour lutter contre l’expatriation fiscale.  Pour comparaison, le programme du Front de Gauche, avec sa proposition de revenu maximum à 20 fois le salaire médian, prévoit parallèlement l’instauration en France d’une règle appliquée aujourd’hui même dans beaucoup de pays, y compris aux États-Unis.  Il s’agit de l’imposition des Français résidant à l’étranger de la différence entre l’impôt qu’ils payent dans leur pays de résidence et l’impôt qui aurait été dû en France.  C’est un sujet technique que je laisse de côté pour l’instant pour revenir à nos moutons footballeurs.

Ou plutôt, pour parler de handball.  J’ai découvert avec grand plaisir M. Onesta, sélectionneur de l’équipe de France de handball, qui, dans cette interview accordée à Libération sur ce même sujet, tient des propos magnifiques de citoyen responsable, des propos à relever, à féliciter et à afficher dans les vestiaires de nos footballeux.

Extraits:

"Les revenus baissent, le chômage grimpe, les gens galèrent pour se nourrir, se loger décemment, se soigner. Et on préserverait les plus riches ? Les joueurs de foot ne seraient pas touchés ?"

"L’impôt, c’est un rendez-vous citoyen, des crèches, des écoles : en aucun cas une confiscation ou une sanction. Je répète un truc depuis des années : le sport de haut niveau n’a d’intérêt qu’à partir du moment où l’exemplarité est présente dans le tableau."

"Au lieu de se faire éliminer en quarts de finale, ils se feront peut-être éliminer en huitièmes, pour ce que ça change… Après, cela ne tuera pas le foot. Vous aurez toujours un championnat de Ligue 1, un premier, un dernier, de bonnes audiences télés"

"[au sujet du foot espagnol pris en exemple par le journaliste, ndlr] vous trouvez normal de payer des joueurs des sommes pareilles dans un pays dont 24% de la population active est au chômage ? Un champion ne vit pas dans une bulle. Il est dans la cité."

"[au sujet des sportifs de haut niveau pratiquant des disciplines individuelles, comme le tennis, qui ont déjà choisi l’exil fiscal, ndlr]  Pas de soucis. On ne reste pas dans un pays parce qu’il vous permet de protéger le trésor mais parce qu’on y a des amis, qu’on partage des valeurs avec ceux qui y habitent.  Donc, qu’ils s’en aillent."

Bravo M. Onesta!

Je ne peux m’empêcher de rajouter mentalement le mot "tous" à votre dernière phrase, et nous y sommes, l’Humain d’abord.

Résistance !